Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ton pantoum dans mon haïku - Page 57

  • Des fontaines la princesse

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    L'été dehors se repose
    Cependant que je dispose
    Mon frétillant petit ver
    Juste en travers de la source
    D'où viennent les univers ;
    Le Temps même rompt sa course
    Et nous sourit, l'œil pervers.
     
    L'ardeur de ton connicule
    Volcanique me bouscule
    Le sang : je bous à mon tour,
    Nos cris se démultiplient —
    Ô cris affreux de vautours
    Dont notre chambre est remplie
    En ce point de non-retour !
     
    Femme, tu seras sans cesse
    Des fontaines la princesse ;
    Te siphonnant le conduit
    D'un vit peu pressé, je darde
    Du regard ton œil qui luit ;
    Tu jouis presque par mégarde
    Et mon orgasme s'ensuit...
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Rossignol mon mignon

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Sonnet

    Rossignol mon mignon, au rostre de sagaie,
    Qui perces à l'envi mon haleine et me fends,
    Je te chante en mon for, comme font les enfants,
    Ô toi que dans ma bouche il faut toujours que j'aie.
     
    Nous soupirons tous deux : moi car je t'aime tant
    Que si tu deviens porc je me ferai ta laie,
    Et toi pour ce que passe un vent qui te balaie
    À l'instant de verser en moi ce que j'attends.
     
    Toutefois, Rossignol, nous différons d'un point,
    C'est que je fus tronchée et tu ne le fus point :
    Il me faut sans tarder te rendre la pareille
     
    En te truffant l'anneau d'un latex attachant ;
    Et si onc te venait aux lèvres quelque chant,
    Je me garderai bien de boucher mes oreilles.
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • À nos amours postérieures

    Catégories : Heptasyllabes (7), Trisyllabes (3)

    Dans le repli de ton cul,
          Je vécus
    Hier l'ivresse inédite
    De ficher enfin — ô choc ! —
          Mon estoc
    Dans la caverne interdite.
     
    Tu te débattis en vain,
          Mais je vins
    À bout de tes résistances
    Par des baisers, des mots doux
          Dans le cou,
    Et un doigt graissé de rance.
     
    Tu crias : « Arrête ! Non ! »,
          Puis mon nom,
    Mais, pour une fois, ma belle,
    Je n'eus pas de compassion ;
          La passion
    Se montre souvent cruelle.
     
    Tu avais beau câliner
          Ton minet,
    Une indicible souffrance
    T'arrachait des geignements
          Alarmants
    Qui décuplaient ma jouissance.
     
    Cependant, nulle rancœur
          Dans ton cœur
    Ne s'ancra, et tu exiges
    Que je malmène à nouveau
          Ton cuveau
    En y replongeant ma tige.
     
    Dans le repli de ton cul,
          J'ai vaincu
    La souillure qui t'écœure ;
    Ouvre encore, ouvre l'anus
          Un peu plus
    À nos amours postérieures !
     

    Lien permanent Imprimer 2 cums Pin it!
  • Mirage infinitésimal

    Catégories : Octosyllabes (8), Triolet

    Depuis que tu n'es plus en vie
    Je me referme pour jamais
    Nul autre ne me fait envie
    Depuis que tu n'es plus en vie
          Oh je te demeure asservie
    C'était toi — toi seul — que j'aimais
    Depuis que tu n'es plus en vie
    Je me referme pour jamais
     
    Il va falloir que l'on m'excise
    L'âme ensemble avec le bouton
    Je ne fais rien je reste assise
    Il va falloir que l'on m'excise
          Si j'allais peut-être à l'église
    Me coudre un cœur de blanc coton ?
    Il va falloir que l'on m'excise
    L'âme ensemble avec le bouton
     
    Ta fuite m'a laissée vacante
    Mirage infinitésimal
    Au sexe bon pour la brocante
    Ta fuite m'a laissée vacante
          Tout pourrit et rien ne décante
    Même le passé me fait mal
    Ta fuite m'a laissée vacante
    Mirage infinitésimal
     

    Lien permanent Imprimer 2 cums Pin it!
  • Au foutre, citoyens !

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Battez le con tant qu'elle est chaude,
    Barattez-moi cette ribaude
    D'où le babeurre écoule à flot !
     
    Visez dans l'axe du tableau !
    Courbet l'a peint pour qu'on la pine ;
    Piètre cochon qui s'en débine.
     
    Tirez, forcez, chevaux de trait !
    De tant d'effort quels fruits naîtraient !
    Que cent tarières la taraudent !
     
    Fini les mines, la minaude ;
    Son cri devient de l'art abstrait ;
    Battez le con tant qu'elle est chaude !
     

    Lien permanent Imprimer 2 cums Pin it!
  • L'instant prometteur

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Quintil

    Boris arbore une émotion en ronde-bosse
    Crosse encor dérobée à la courbe féroce
          En rester là serait atroce
          Ce soir c'est sûr on fait la noce
    Sans quoi je le chope aux couillons et je le rosse
     

    Lien permanent Imprimer 4 cums Pin it!
  • Que les autres se taisent

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Tire-moi tu m'attires
    Tant de fibres s'étirent
    En direction de toi
    Que ne le vois-tu pas
    Ces cris qui me déchirent
    Ne les entends-tu pas
    Hurler au fond de moi
     
    Prends-moi je veux apprendre
    À redevenir cendre
    Qu'il ne pousse plus rien
    Ni le mal ni le bien
    Mon cœur peut bien se fendre
    Je tisserai des liens
    Pour le suspendre au tien
     
    Baise-moi tout me pèse
    Que les autres se taisent
    Demain au petit jour
    J'enroulerai autour
    Du dossier de ta chaise
    Mon lierre épris d'amour
    Tout ton corps sera lourd
    Et le reste est foutaise
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Stricte obédience

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Ah ! qu'il fait bon souffrir à vos genoux, Monsieur !
    Que je chéris ces mains qui me déshabillèrent !
    Que me brûle l'acier miroitant dans vos yeux
    Quand, farouche, vous brandissez la chambrière
    Et m'en cinglez le dos, les cuisses et le cul !
    Sous vos coups virulents je sens que j'ai vécu.
     
    Pour vous j'endure tout : faites de moi l'objet
    De vos insanités ; savourant mon martyre,
    D'avance je souscris à vos plus fous projets ;
    C'est cette incertitude même qui m'attire :
    De me savoir livrée à votre esprit tordu,
    Devenir un fragment de ce qui vous est dû.
     
    Je baise, dur Seigneur, vos viriles beautés :
    Vos pieds, votre œillet noir, vos velues aumônières,
    Et rien n'est meilleur que lorsque vous boyautez
    D'un embrasant coït mes indignes ornières —
    Nirvana pour lequel, avant de l'obtenir,
    Des jours durant j'essaie de vous appartenir.
     
    Si vous me forniquez après la punition,
    Toute tremblante encore et pleine d'ecchymoses,
    Surtout ne montrez pas un signe de passion !
    Baisez-moi comme on baise une viande, une chose
    Inerte, un trou creusé dans la vase : on le prend
    Afin d'en jouir ou juste pour passer le temps.
     
    Monsieur, je ne veux pas d'autre maître que vous ;
    Chassez-moi : aussitôt je me change en cadavre ;
    Ma vie a-t-elle un sens auprès d'un être doux ?
    Hors vous je n'ai connu que pantins — il me navre
    D'entendre leurs douceurs, et surtout de subir
    Leurs mièvres palpations qui se croient des plaisirs.
    Ah ! tyran, qu'il fait bon par votre main souffrir !
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Supplique pour être enfilée à la plage par six types (ou sept)

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Chanson, Octosyllabes (8)

    Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus,
    Je me branlais la moule, un soir, faute de mieux,
          Lorsqu'au loin je vis apparaître
    Un essaim tapageur de fort jolis garçons
    Vêtus d'à peu près rien d'autre qu'un caleçon...
          Allais-je enfin me faire mettre ?
     
    Aussitôt les voilà, en rond, me reluquant,
    Tels des scouts épatants autour d'un feu de camp,
          Et tant d'yeux glissent sur mes formes
    Qu'en dépit de l'heure impossible qu'il était
    Et de mes éreintants efforts à me frotter,
          Pas de risque que je m'endorme.
     
    On bavarda de tout et de rien, mais je sus
    Ramener le propos à tout instant dessus
          Mes aimables paires de dunes
    Qui semblaient retenir un peu leur attention,
    Voire soulevaient même une grosse émotion
          En faisant la nique à la lune.
     
    Soudain, n'y tenant plus, je me jetai aux pieds
    De mes badauds, criant : « Faut pas que vous loupiez
          Une aussi fabuleuse occase !
    Baisez-moi, par pitié, à cinq, à six, à sept !
    Pour me tourner le dos, je vous le dis tout net,
          Faudrait qu'il vous manque une case.
     
    Trempez, trempez la plume et le biscuit partout !
    Vous verrez que je cache encor pas mal d'atouts ;
          Jouez gros jeu, c'est moi qui donne ;
    Carpe diem, les gars ! Pourquoi cet air nœud-nœud ?
    Je suis ouverte aux plans les plus libidineux...
          Me laissez pas comme une conne ! »
     
    Bon, je vous la fais courte : ils ont carapaté
    Qui vers sa régulière ou sa tendre moitié,
          Ou — qui sait ? — vers des pédérastes ;
    À moins que je ne sois tombée — ah ! pas de bol... —
    Sur une tribu de curés, et que Popaul
          Se fût juré de rester chaste.
     
    Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus,
    J'ai donc repris en main mon petit trou mielleux
          Tandis que le troupeau d'enflures
    S'éloignait en chantant un truc un peu trop fort ;
    Ça parlait de bateaux et de copains d'abord ;
          De ma conque, ils n'en avaient cure.
    S'éloignait en chantant un truc un peu trop fort ;
    Ça parlait de bateaux et de copains d'abord ;
          De ma conque, ils n'en avaient cure.
     
     
    D'après "Supplique pour être enterré à la plage de Sète" (Georges Brassens)

    Lien permanent Imprimer 2 cums Pin it!
  • Le p'tit cul

    Catégories : Chanson, Octosyllabes (8)

    Le p'tit cul qu'on foutait tout l'temps
    Qu'il avait donc du coura-age !
    Avec son p'tit œillet troublant
    Tous derrière, tous derriè-ère
    Avec son p'tit œillet troublant
    Tous derrière et lui devant
     
    Il s'ouvrait à tout impétrant
    Ce gentil cul phallophage
    Rond et lisse et toujours content
    Tous derrière, tous derrière
    Rond et lisse et toujours content
    Tous derrière et lui devant
     
    Il s'était ainsi mis dedans
    Tous les vits du voisinage
    Ce joufflu brave et compétent
    Tous derrière, tous derrière
    Ce joufflu brave et compétent
    Tous derrière et lui devant
     
    Sa rondelle allait palpitant
    S'assouplissant à l'usage
    C'était loin d'être un débutant
    Tous derrière, tous derrière
    C'était loin d'être un débutant
    Tous derrière et lui devant
     
    Mais un sadique impénitent
    Un dompteur d'un certain âge
    Le fit mettre par son éléphant
    Tous derrière, tous derrière
    Le fit mettre par son éléphant
    Tous derrière et lui devant
     
    Il est mort dans un éclair blanc
    Ce tout p'tit cul sans visage
    Un geyser de foutre puissant
    Tous derrière, tous derrière
    Un geyser de foutre puissant
    Tous derrière et lui devant
     
    Sans doute fut-il trop gourmand
    Trop avide au ramonage
    Il rendit son âme en pétant
    Tous derrière, tous derrière
    Il rendit son âme en pétant
    Tous derrière et lui : des vents
     
     
    D'après "Le petit cheval" (Georges Brassens)

    Lien permanent Imprimer 4 cums Pin it!
  • En attendant l'aube

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Ô languide languide nuit
    Je me sens si vide et futile
    À tout le moins sondons le puits
    Du désir ce peut être utile
    Quand l'instant s'étire incertain
    Il faut tenir jusqu'au matin
     
    D'abord écarteler les pans
    De ces draps brûlants et connaître
    Si de mon trouble se répand
    À la surface de mon être
    Et se dessine sur mon teint
    La roseur des petits matins
     
    Je ne vois rien d'autre que moi
    Mais la chair en semble affolée
    Une lune escorte mes doigts
    Le long de plaines et vallées
    Deux orbes se dressent soudain
    Tels deux blancs soleils au matin
     
    Tout autour de leurs mamelons
    Des perles de sel apparaissent
    J'en badigeonne le sillon
    Ô mes mains pourquoi tant de presse ?
    Que n'avez-vous déjà atteint ?
    Il est encor loin le matin
     
    N'importe elles cherchent toujours
    Ailleurs plus bas c'est un supplice
    Tiens ! une forêt de velours
    Tiens ! un étrange précipice
    Il faut ici planter vite un
    Jalon à retrouver matin
     
    Crève l'orage et les éclairs
    S'engouffrent dans les embrasures
    Un ineffable me conquiert
    Hors de toute littérature
    Je vais en perdre mon latin
    Ne te dépêche pas matin !
     
    Tout tourne et roule éperdument
    Le temps devient fleuve de joie
    Perdant pied j'ai le sentiment
    Que j'enfonce oui que je me noie
    Dans le stupre en pure catin
    Se foutant pas mal du matin
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Âpres négociations

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Théâtre

    (Ébauche de tragédie retrouvée dans les brouillons posthumes de Jean Racine, parmi d'autres cochonneries plutôt... je ne vous dis que ça.)
     
    Bureau de Clitandre, qui travaille, cravaté, concentré, cerné par des piles de dossiers. Derrière lui on aperçoit : côté jardin, la cour avec les poubelles ; côté cour, un grand jardin bourgeois baigné de lumière matinale, où deux piafs s'enfilent sans vergogne à même les branches du pommier.
    Entre Cyprine, essoufflée, en jupe ultracourte et escarpins, s'efforçant de boutonner sa petite veste cintrée sur sa poitrine plus que généreuse.
     
                            Clitandre, levant le nez de ses papiers
    Vous vouliez me parler ? Un souci, ma très chère ?
    Je donnerai la lune, au bas mot, pour vous plaire.
     
                            Cyprine
    Mon ami, c'est plaisir de vous voir si joyeux,
    D'autant qu'il me faudrait...
     
                            Clitandre
                                                 Je le lis dans vos yeux.
     
                            Cyprine
    Vous savez, trois fois rien : un peu de votre flouze,
    Car la belle est gourmande, avide comme douze.
     
                            Clitandre
    La belle ?
     
                            Cyprine
                     Une amie... euh... disons...
     
                            Clitandre
                                                                  Dans le besoin ?
     
                            Cyprine
    C'est ça ! Vous comprenez plus lorsque je dis moins.
     
                            Clitandre
    Dites-m'en cependant davantage. La « belle »
    Est-elle honnête ?
     
                            Cyprine
                                 Honnête ? Oh ! parfaitement. Elle
    Annonce la couleur avant que d'accepter
    Votre candidature et vous faire monter.
     
                            Clitandre
    Chère épouse, je crains presque de vous entendre.
     
                            Cyprine
    Dépêchons ! Il ne faut jamais la faire attendre.
     
                            Clitandre
    Qui est-elle, à la fin ? Je veux savoir tout !
     
                            Cyprine
                                                                       Tout ?
     
                            Clitandre
    Jusqu'au moindre détail. Oh ! cette incertitude...
     
                            Cyprine
    Soit. Je vous le dirai. Sachez mes turpitudes :
    Jouet d'une déesse aux talons haut perchés,
    Je vais à elle pour dénuder mon derche et
    Le reste, afin...
     
                            Clitandre
                              Ô dieux ! Ô infamie honteuse !
     
                            Cyprine
    Bah ! n'exagérons rien. Ça n'est qu'une gagneuse
    Qui fait profession de fouetter les masos
    Dans mon genre.
     
                            Clitandre
                                Est-ce un rêve ?
     
                            Cyprine
                                                          Elle est sur le réseau.
     
                            Clitandre
    Vous, soumise, mamour ? Et en outre gouine ?
    Je n'aurais jamais cru cela. Que la ruine
    S'abatte dès ce jour sur notre pauvre hymen !
     
                            Cyprine
    À vous entendre, on croit que j'ai voté Le Pen.
    Reprenez-vous, chéri ! Ça n'est qu'une incartade,
    Un rien, quoiqu'onéreux. Même je me hasarde
    À dire que vous en profiterez à mort
    Quand je viendrai ce soir, percluse de remords
    Et le cul lacéré. Oui, pour vous faire envie
    Mon boule et mon honneur gaîment je sacrifie.
    Aussi, gardez-vous donc de jouer les Zorro
    Et, ladre, de fermer le tiroir aux euros.
    Il m'en faut quatre cents : c'est pas la mer à boire.
    Pour vos propres putains, vous faites moins d'histoires,
    Espèce de...
     
                            Clitandre
                         Bon, bon. N'allons pas nous fâcher,
    Ma douce.
     
    Déverrouillant un tiroir, il lui tend une liasse de billet.
     
                            Cyprine, s'en emparant d'un geste sec
                      Ah ! que je peine à vous faire cracher
    Le pognon. C'est plus dur à chaque jour qui passe.
     
                            Clitandre
    Sans doute parce que le nombre des pétasses
    Augmente chaque jour dans vos relations.
    Êtes-vous en chaleur ? Est-ce une affection
    Qui se puisse guérir avec...
     
                            Cyprine
                                                Bonne journée !
    Déjà, n'en doutez pas, je suis assez soignée
    Par la dame sévère à qui je cours m'offrir.
     
                            Clitandre
    Dites-lui de ne point trop vous faire souffrir,
    Et de surcroît, bien sûr, de revoir à la baisse
    Ses tarifs.
     
                            Cyprine
                       Ô idiot ! Je file à fond la caisse...
     
    En soupirant, elle sort. Soucieux, Clitandre referme soigneusement son tiroir et se replonge dans sa paperasse. À jardin, un enfant court. À cour, le jardinier jardine tandis qu'au-dessus de lui, indifférents à tout le reste, les piafs n'en finissent pas de s'enfiler avec des pépiements lascifs.
    Rideau.
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Merci papa

    Catégories : Octosyllabes (8)

    La baguette qui m'engendra
    Magiquement voici des lustres
    Je l'ai mise dessous mes draps
    Et dans mon petit con que frustre
    Un plaisir longtemps retardé
    Ô la sentir me posséder
     
    Il fallait la prendre à maman
    Qui la gardait pour elle seule
    Qui récusait mes sentiments
    Trop souvent les adultes veulent
    Emprisonner leurs rejetons
    On ne s'évade qu'à tâtons
     
    Maman désormais n'est plus là
    Papa erre et sa tête est vide
    Quand ce matin il mélangea
    Nos prénoms je fus intrépide
    Il bande encore avec fierté
    Je l'aime pour l'éternité
     
    Ce beau serpent procréateur
    Je le désirais dès l'enfance
    Il m'affolait j'en avais peur
    Mais le voici pour moi qui danse
    En me clouant au fond du lit
    Merci merci papa chéri
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Profession de foi

    Catégories : Chanson, Heptasyllabes (7), Pentasyllabes (5)

    Java guillerette, quelque part entre Boris Vian et Dutronc...
     
    Mon mec à moi je l'épluche
    Lui lie les pieds, les paluches
    Lui fourre un slip dans le bec
    Lui remplit le cul avec
    Un fort calibre, une bûche
    Il a l'air assez nunuche, nunuche, nunuche...
    ... Et je me casse aussi sec
     
          Ta-ï-aut mes sœurs
          Éreintons le mâle
          Sus à l'animal
          On n'en a plus peur
     
    Mon mari je le papouille
    Bien sûr il tremble de trouille
    Je l'entraîne dans les bois
    Le ligote bras en croix
    À un arbre et le chatouille
    Lui tiraille un peu la nouille, la nouille, la nouille...
    ... Puis m'en vais au cinéma
     
          Ta-ï-aut mes sœurs
          Dézinguons le mâle
          Sus à l'animal
          C'est nous les chasseurs
     
    Mes amants je les tourmente
    À la tenaille et leur plante
    Des épingles tout partout
    Droit dans les couilles surtout
    Les mélodies qu'ils me chantent
    Sont alors rafraîchissantes, puissantes, poilantes...
    ... Mais le ménage avant tout
     
          Ta-ï-aut mes sœurs
          Étripons le mâle
          Sus à l'animal
          Sinistre agresseur
     
    Les garçons faut bien qu'ils pigent
    Que cette minable tige
    Au milieu de leur buisson
    On s'en tamponne le con
    Au cas même où ça s'érige
    Ça vaudra jamais un cierge, deux cierges, Sainte Vierge !...
    ... Et vive la religion !
     
          Ta-ï-aut mes sœurs
          Évinçons le mâle
          Passons l'animal
          Au démolisseur
     
          Ta-ï-aut mes sœurs...
          (ad lib.)
     

    Lien permanent Imprimer 3 cums Pin it!
  • Elle court, elle court...

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Racine humaine que j'adore
    Chauve, tors et rougeaud bébé
    Reviens-t'en et baise m'encore
     
    Tu vois le jour sous les gibets
    Où les assassins se balancent
    Geignant comme des masturbés
     
    D'infime larme de semence
    Tu deviens gros radis fendu
    Gorgé d'horreur et de puissance
     
    On t'arrache (c'est défendu)
    À contre-lune et onzième heure
    Sous les pieds même du pendu
     
    La terre gronde alors et pleure
    Ta naissance affreux avorton
    Dont chaque promesse est un leurre
     
    Sur tes échasses de bâton
    Tu cours le monde et nous les femmes
    Dociles nous nous soumettons
     
    Nous déchirant telle une lame
    Nous emplissant de flux odieux
    Tu veux pourtant que l'on t'acclame
     
    Et je t'acclame moi (grands dieux !)
    Ce viol infâme je l'implore
    Brute, sorcier que j'aime au pieu
     
    Pourquoi faut-il que je t'adore
    Oh viens-t'en et baise m'encore
    Racine humaine ô Mandragore
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Les vraies raisons de la soi-disant Chute

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Sonnet

    Traduit d'un vieux grimoire anonyme en latin acquis à l'occasion du vide-grenier annuel de la Saint-Jean à Trouville-lès-Vesoul (Haute-Saône). Franchement, moi-même je n'ai pas tout compris. Sans doute faut-il donner un sens allégorique à ce curieux sonnet...
     
    Banane, ô fruit d'amour, que j'aime à t'éplucher,
    Ou mieux : à croupetons sur ton bout me jucher,
    Dur et lisse et charnu, pour me laisser descendre !
    As-tu la moindre idée des joies que tu engendres ?
     
    Fi de l'absurde pomme : elle est ronde à pleurer !
    Je la comprends, notre Ève — à quoi bon demeurer
    Là où l'Esprit ne vous pénétrera le ventre
    Qu'à bouchées menues et sans risque de vous fendre ?
     
    Tu es, Banane, la baie divine, martiale,
    Et femelles pour toi toujours se damneront ;
    Quel paradis vaudrait plus que deux ou trois ronds
     
    Si tu n'y trônes pas en posture royale,
    Entouré d'abricots amoureux qui se calent
    Ta majestueuse pulpe — en râlant — bien à fond ?
     

    Lien permanent Imprimer 3 cums Pin it!
  • Après la partie de campagne

    Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)

    Pauvre connin qui fus tiré
          Plus qu'à ton tour
    Ce pelage qui attirait
    L'œil et te valait chasse à cour
    Le voici poisseux et gluant
    Et tu gis là vide sans gland
    Écartelé transi d'amour
    La meute t'a laissé gisant
    Parmi l'humide et frais labour
     
    Pauvre connin qui fus tiré
          Plus qu'à ton tour
    Le réveil est dur on dirait...
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • La véritable histoire de Moby Dick

    Catégories : Octosyllabes (8)

    D'après un premier jet manuscrit de Melville que j'ai découvert par hasard dans les réserves de la bibliothèque municipale de Vierzon (Cher), sous une pile de vieux Spirou.
     
    La grand-vergue enculait la lune ;
    Achab cinglait, le cœur tremblant,
    Sus au stupreux cachalot blanc
    À l'œil retors de femme brune —
    Ô fortune des faux-semblants !
     
    « Reviens, hurlait-il, ma sirène
    Obèse ! Aimons-nous malgré tout !
    Point ne veux courir le garou ;
    Juste me vautrer sur tes plaines,
    M'abîmer dans tes vastes trous.
     
    Hardi ! ho ! matelots fidèles,
    Hissez les focs ! serrez les nœuds !
    L'amour me taraude et m'émeut...
    Où crawles-tu mon hirondelle ?
    Qu'émerge ton dos lumineux !
     
    — Oublie-moi, fou ! C'est assez d'être
    La risée des nymphes céans »,
    lui dit la bête aux flancs géants,
    Puis, de la queue, l'envoya paître
    Aux pampas des noirs océans.
     
    La chose, pourtant, est connue
    Depuis au moins la nuit des thons :
    Moby et ses cent vingt tétons,
    Fourbe baleine ou garce nue,
    Les balançait tous par le fond.
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • L'arme à gauche

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Le sein des seins, c'était le sien
    Celui de Marylou la moche
    Chez elle, y avait que ça de bien
    Et encor, seulement le gauche
     
    Elle montrait à qui voulait
    Cet orbe au-dessus des reproches
    Ce surnichon qui lui valait
    Des éloges, surtout le gauche
     
    Un mamelon vaste et charnu
    Digne d'une fermière boche
    D'un rose corail jamais vu
    C'était Marylou côté gauche
     
    Cette doudoune premier choix
    Elle craignait qu'on la lui fauche
    D'où alarme et pièges à rats
    Planqués autour du téton gauche
     
    À l'ombre de ce beau néné
    On se faisait des médianoches
    Marylou fournissait le lait
    On se bagarrait pour le gauche
     
    Chacun pouvait téter à l'œil
    Il ne restait pas dans sa poche
    Elle tirait un peu d'orgueil
    De nous voir tous pendus à gauche
     
    Les Amazones n'en ont qu'un
    Pour que la flèche se décoche
    Marylou deux, ça c'est certain
    Mais nous on voyait que le gauche
     
    Il nous faisait presque un peu peur
    D'aucuns refusaient qu'elle approche
    Elle en frappait les emmerdeurs
    Vlan ! un grand coup avec le gauche
     
    Moi, je cherchais à m'y blottir
    Comme sous une aimable roche
    Pour tripoter, lécher, sentir
    Ses roberts, notamment le gauche
     
    Pour lui — ah ! que n'aurais-je fait !
    Je l'aimais, Marylou la moche
    Mais le cancer a tout bouffé
    En commençant par le sein gauche
     

    Lien permanent Imprimer 0 cums Pin it!
  • Bricolons à l’école

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    (Pour soutenir le moral des pauvres collégiennes qui, déjà, attendent les prochaines vacances...)
     
    Sous le bois de mon pupitre
    Je me branle au quotidien
    Avec des ruses d'Indien
    Le soleil mouille la vitre
     
    Il est si mignon le prof
    Si mince avec sa cravate
    Deux doigts m'écartent la chatte
    Clin d'œil amusé de Soph
     
    S'il approche ô front de neige
    Plongée dans ses yeux saphir
    Sa bouche de mes désirs
    Et s'active mon manège
     
    No risk il voit jamais rien
    Frissonnante j'imagine
    Que décalottant sa pine
    Je la berce entre mes seins
     
    Faudrait que je me réjouisse
    Des charmes du vers français
    Mais je préfère enfoncer
    Un stylo entre mes cuisses
     
    Celui à quatre couleurs
    Me garnit toute la fente
    Le cours se termine à trente
    J'ai des bouffées de chaleur
     
    Pas que j'exècre l'école
    Mais je fuis les jours d'ennui
    Alors tranquille et sans bruit
    En douce je me bricole
     
    Oh là ô le bel éclair
    Liquide ah une brûlure
    On sonne la fin de l'heure
     
    Demain je m'envoie en l'air
    Pendant le cours de peinture
    Le kif la rentrée scolaire
     

    Lien permanent Imprimer 2 cums Pin it!