Toi le désir moi son objet
But et visée de tes culbutes
Douceur qu’on va se partager
Soif à laquelle tu es en butte
Moi l’appel et toi le dessein
L’épée raidie de convoitise
L’œil qui bave à mater mes seins
Le feu que ma caresse attise
Toi la force la volonté
Moi l’argile molle où s’élancent
Tes doigts diligents à sculpter
Les formes de mon indolence
Moi bloc de cire et toi long sceau
Dont j’attends le choc et l’empreinte
Ô frappe enfin passe à l’assaut
De ma chair qui se rêve étreinte
Toi l’étranger toi le sujet
Des cent joies qui m’assujettissent
À nous le plaisir échangé
À nous la fièvre au goût d’épices
Octosyllabes (8)
-
Bloc de cire
Catégories : Octosyllabes (8) -
D’autor
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Mon nouveau mec mon aventure
C’t un pas bavard tout en droiture
Un pas retors
I s’intéress’ guère à ma vie
I d’mand’ jamais si j’ai envie
I m’fout d’autor
C’gars-là est pas ben doué d’ses pognes
C’t avec sa bell’ queue qu’il besogne
Comm’ les castors
J’aim’ quand i s’point’ les yeux qui brillent
Qu’i m’traîne au lit qu’i m’déshabille
Et m’fout d’autor
Étant d’natur’ rien pudibonde
J’voudrais y dire eh ! y’a du monde
Baiss’ donc les stores
Seul’ment j’ai mêm’ pas l’temps d’faire ouf
Tandis que sa gross’ langu’ m’étouffe
I m’fout d’autor
Plus tard en tétant son yaourt
J’le pige : au fond la vie est courte
Il a pas tort
D’vouloir accélérer les choses
En allant direct à mon prose
Qu’il fout d’autor
Quéqu’fois pendant qu’i récupère
Après m’avoir tringlée sévère
J’y fais Victor
Y’a not’ compte en banqu’ qui s’débine…
Mais ça l’agace et v’là qu’sa pine
Me r’fout d’autor
Croyez pas qu’ce type est un’ brute
Un louf un branque un’ bête en rut
Ou un butor
C’est just’ qu’i m’trouv’ tell’ment chouquette
Que quand i m’voit i perd la tête
Et m’fout d’autor -
Abus d’ébats
Catégories : Octosyllabes (8)Chaque fois mon ventre fourbi
Tu te relèves hâve et fourbu
Enfiles en tremblant tes habits
Mon sexe ô mystère ô rébus
Qui même après d’ardents ébats
Brigue de reprendre au début
Mais que faire d’autre ici-bas
Si l’on n’a pas charge d’abbé
Dilemme âpre où tu te débats
Te laissant veule et perturbé
Mal assuré sur tes sabots
Au moins si j’avais un bébé
Gémis-tu pâle un peu cabot
Bah... chut ! en silence subis
Tombe le slip reporte beau
Vers mon ventre et le refourbis -
J’aime un galop
Catégories : Octosyllabes (8)D’un membre à l’autre mon œil erre,
Jaugeant ce que la mèche vaut :
D’aucuns, montés tels des chevaux,
Me font palpiter les œillères.
Fouettez mes sens, hardis cochers !
Postillons, crachez vos salives
Droit dans cet œil à la dérive !
Pas question de le rempocher.
Parmi vous, ceux qui m’étrillèrent
Savent combien j’aime un galop
Mouillant ma robe, ô, jusqu’à l’eau,
Tant je me sais fringante et fière.
Jurez ! Insultez-moi, ruffians !
Décochez-moi les mots qui fâchent !
Plus vous cinglez à la cravache
Et plus je vais me liquéfiant.
Jument chaude à l’ample crinière,
Aux reins fermes, au beau jarret,
Je piaffe aussitôt qu’effaré
D’un membre à l’autre mon œil erre… -
Envies cavalières
Catégories : Octosyllabes (8)Aux crins lécha leur palefroi
Mon œil emmouillé par les troupes
Le jour où tu m’as prise en croupe…
Ô, crains les chaleurs, pas le froid !
Fleurant ces lents vits qu’avale hier
Des preux et galants paladins,
Frottait ma lampe d’Aladin,
Fleur en selle — envies cavalières !
Aux crins câlins, bel ange, fi ! L’
Amour me traîne à leurs genoux ;
Fond, perle mon ventre et se noue…
Ô, crains qu’à l’un, bêlant, je file ! -
Épaisseur poétique
Catégories : Octosyllabes (8)À lui…
Je te salue, vieille au séant
Avide et foutrement béant !
Voici venir ton empaleuse
Munie d’un braquemard géant.
Oh ! non, ne joue pas les bécasses
Face à ton amie, fée du casse-
Rondelle, avec son zizi d’or
Fin ciselé, car ça m’agace !
Je te salue, vieille au séant
Plus profond que nuit d’océan !
Si peu de vits s’y aventurent,
Moi j’ai trouvé un suppléant.
Ton con, ton con… la belle affaire !
C’est pas l’endroit que je préfère.
Tourne vers moi l’autre et, à mon
Commandement, laisse-toi faire !
Je te salue, vieille au séant
Ouvrant — qui sait ? — sur le néant !
Sens-tu l’épaisseur poétique
De ce beau dard télescopique ?
Tu jouiras, le cas échéant. -
En l’infime archipel
Catégories : Octosyllabes (8)À cœur de cuisse au bijou rose
Voyage au centre de la chair
Aux sources que les dieux cherchèrent
Aux verges drues qui les arrosent
À l’ineffable au ventre au cri
Dont la profondeur vous pénètre
Au savoir mourir et renaître
Ainsi qu’un fou l’avait écrit
À ce sillage où les peaux bruissent
Cousues d’impossibles appels
Périple en l’infime archipel
Au bijou rose à cœur de cuisse -
Mordre dedans
Catégories : Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Fille facile ô t’en prends plein la face
La jute la gifle et les mots
Ton ventre aura le cri des animaux
Quoique tu dises ou fasses
Fille docile tu plantes les dents
Au vit tendu des nymphos mâles
Devinant tôt leurs envies pas normales
Pour y mordre dedans
Fille fossile fonçant jamais fausse
Jamais d’embrouille ou de lézard
Ta bouche en cœur goûte aux fruits du hasard
Qui suce et boit la sauce
Fille facile ô fille au cul sensass
Se prenant des ventrées de pines
Fille à l’ouverture facile opine
Du bonheur plein la face -
Sur les brisées des saintes
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)C’est à genoux, telle une nonne,
Les mains jointes et nue, tout pénétrée d’ardeur,
Sentant du Paradis déjà la bonne odeur,
À deux genoux qu’on m’encanonne.
C’est contre mes reins s’arrimant,
À deux genoux aussi, que mon raide ministre,
Homme de foi robuste, ahane et m’administre
Au sacrum son saint sacrement.
C’est en marchant sur les brisées
Des saintes du temps jadis que je fais l’amour
À deux genoux, pieusement — peut-être un jour
Me verra-t-on canonisée. -
À papa-maman
Catégories : Octosyllabes (8)Je suis votre amour de jeunesse,
Parents par qui tout arriva,
Car il a suffi que je naisse,
Bambine armée du droit d’aînesse,
Pour que vous poussiez des vivats.
Je suis cet amour de sirène
Qui vous séduisis jusqu’à l’os ;
En un clin d’œil je devins reine,
Torchée sitôt que je m’embrène,
Promise au paternel phallos.
Je suis votre amour de jeunesse,
Mais quelque chose a dû partir
En live, et je zone à Gonesse
Aujourd’hui, cuite à la Guinness,
Mariée en outre à un satyre.
Je suis cette ado trentenaire
Qui pointe encore au Pôle Emploi,
Minée par ceux qui la pinèrent ;
Où sont mes gaietés liminaires,
L’âge où je refaisais la loi ?
Je suis votre erreur de jeunesse,
Parents par qui tout arriva… -
La cendre brûle encor
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Jeanne ô lubrique enfant du moyen âge
Que disaient donc ces voix
Va-t’en quérir le mâle en armes et pavois
Ceux-là sauront te mettre en nage
Jeanne ô putain tu réclamas du roi
Des bataillons de pines
Pour complaire aux démons t’ardant comme une épine
Que tu voyais en cent endroits
Jeanne ô ma sainte ô follette incomprise
La cendre brûle encor
De ton ventre d’amour en dépit des efforts
Pour les étouffer de l’Église -
On s’entendait bien
Catégories : Octosyllabes (8)C’était un vieux salaud sénile
Qu’avait joué dans Mort sur le Nil
Il me disait des trucs honteux
Tout en tirant sur sa Dunhill
C’était un vieux goret gâteux
Qui pour se taper mon péteux
Me l’emballait dans du vinyl
En râlant comme un comateux
C’était un vieux soûlot débile
Sosie raté de Benny Hill
Atrabilaire et cafardeux
Kiffant surtout mon côté pile
On s’entendait bien tous les deux
Avec ce vieux hibou hideux
Riche à nous vautrer sur son île
Quoique enculeur assez piteux -
Paysager ton corps
Catégories : Octosyllabes (8)Soif d’étaler ta propre mouille
Sur ton visage et sur tes seins
Afin de pouvoir à dessein
Lécher ces beautés je les souille
Je te rendrai plus chaude encor
En te recouvrant de salive
Nous partirons à la dérive
Sur les mers salées de ton corps
S’il est une île à ma portée
Profonde et sentant bon la nuit
J’en fouillerai les moindres puits
Des vagues t’auront emportée
Soif de paysager ton corps
Te poisser du ventre au visage
Puis arpenter tous tes mouillages
Et te rendre plus chaude encor -
Sois pas si rigide
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaNos marbres sont placés si près
L’un de l’autre que je t’enfile
Après minuit sous les cyprès
Je n’ai qu’à tendre une main vile
Pour toucher ton ventre poisseux
De tous les plaisirs de la ville
Pleurent un peu je le vois ceux
Qui vivante te possédèrent
De chair sur leurs membres osseux
Feue courtisane ex-bayadère
Morte en pleine jeunesse et dont
Désormais le désir vide erre
Sois pas si rigide ô fais don
De tes seins qui déjà bleuissent
Et de tes cuisses céladon
Moi trépassé d’une jaunisse
Je viens te tirer du tombeau
Pour honorer tes orifices
Tant pis si je ne suis pas beau
Si mes os gris de pourriture
Grincent en toi comme un rabot
Je te promets que l’amour dure
Plus que la viande et ses apprêts
Chassant à jamais la froidure
Bref ils nous ont placés si près
Que c’eût été presque une injure
Que de taire mon envie pure
De t’enfiler sous les cyprès -
La gifle
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Mouillant d’avance aussitôt qu’il me siffle
Dispose et nue les poignets pris au dos
Cuisses à angle droit grosso modo
Les yeux baissés j’attends la gifle
Lui me mate tâte écarte en visant
Mais prend son temps m’insulte et me persifle
Puis ses doigts fusent le 22 long rifle
N’est pas plus rapide et cuisant
Mouillant déjà je tremble je renifle
Ma faille ouverte mouillant plus encor
Et je vibre et jouis au fond de mon corps
À mesure qu’il me la gifle -
Pigeonnante
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)C’est moi la mamelue
C’est moi l’heureuse élue
Qui débordant du balconnet
Vous brandit dru sa loche au nez
C’est ma zone érogène
Que sans trêve et sans gêne
Je sème à vos yeux polissons
Pour me procurer les suçons
Mon sein d’antique idole
Aux pourpres aréoles
Vous dispense le lait divin
Plus suave encore que le vin
C’est moi la lactophore
Dont les rondeurs d’amphore
Vous rappellent les jeux d’amant
Que vous jouiez avec maman
C’est ma chair pigeonnante
Qui tendre vous aimante
Et vous gorge de sang le vit
Tétez, tétez... et je revis ! -
Signes fastes
Catégories : Octosyllabes (8)Bel et bâti tel un gymnaste
Il fit sur moi tant d’impression
Qu’éclataient les boutons-pression
De mon corsage — un signe faste
Le reluquant au pantalon
Je sus qu’il avait là de vastes
Potentialités car baste !
Sa cambrure en révélait long
L’homme en outre n’était pas chaste
M’avoua-t-il avec gaieté
De haut en bas je m’excitais
Hélas ! il était pédéraste… -
Un chinois si poli
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)De bouche en bouche étendons, ô mes sœurs,
Ce velouté d’asperge davantage
via d’avides baisers suceurs.
De bouche en bouche avec vous je partage
ma joie d’aimer ce chinois si poli
à travers son crémeux potage.
De bouche en bouche avalez l’eau du lit,
le jus de nœud que j’ai liché, farouche ;
lui nous observe et rembellit,
se demandant laquelle, sur sa couche,
fera sa touche prochaine, ô mes sœurs
qui le goûtez de bouche en bouche. -
À mon service
Catégories : Octosyllabes (8)Langue qui caresse et voussoie
Aux élans mêlés de respect
Mon ventre encore insatisfait
Où frissonne où s’ouvre la soie
D’un pétale étrange échauffé
Langue à polir l’apostrophé
M’obéissant telle une esclave
Elle entre où je lui dis d’entrer
Au ventre encore impénétré
Là sa salive effleure et lave
Mes plus attendrissants secrets
À petits coups lents et discrets
Puis voici qu’il enfonce et visse
Sous mes désirs agenouillé
Sa langue habile à me fouiller
Ô langue d’homme à mon service
Voussoie mon ventre tout mouillé
Bois de mes miels en pointillé -
Mère immense
Catégories : Octosyllabes (8)Femme de graisse et de chair molle
Dont les parfums puissants m’affolent
Voluptueuse femme obèse
Dont la vue me porte à la baise
Femme ventrue femme à brioche
Où mon cœur blotti pique un blush
Dans vos replis sans fin je rôde
Dondon énorme et toujours chaude
Femme à massifs monde montagne
Femme où tout fond quand on l’empoigne
Mère absolue qu’un rien engrosse
Je vous aime en sucre et en sauce




