Très attachée à ses menottes
Je lui baise le bout des pieds
Sans oublier les fausses notes
Qu’ensuite il sait me faire expier
J’ai le gros cul la bouche à pipe
Les nichons tout pour arriver
Sauf que mon trip c’est quand je flippe
Aux pieds d’un qui m’en fait baver
Dans ma servitude attitude
Pas de tiède et juste milieu
Je vais au cœur des cités rudes
Sucer des lascars en banlieue
Parc de loisirs pour psychopathes
Dont les manèges sont gratuits
Je me pavane à quatre pattes
Un phalle enfilant chaque étui
Puis je reviens lécher mon maître
Lui relater l’air innocent
Et le supplier de me mettre
La chatte à feu le reste à sang
Octosyllabes (8)
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Servitude attitude
Catégories : Octosyllabes (8) -
Des paroles en l’air
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Jamais demain ne veut rien dire
Quand s’emboîtent nos peaux
Les autres jours c’est du pipeau
Des tickets à brandir
Pour une entrée gratuite un pot
Toujours demain c’est l’aventure
Le délire assuré
Quand il s’amène et veut fourrer
On se prend des bitures
Et sa bite envoie la purée
Peut-être demain ça ressemble
À des paroles en l’air
Des autres gens ces cons c’est clair
Quand nos peaux veulent ensemble
Devenir un la même chair -
Motte en bas de page
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Je veux un pair, je veux un prince, un page
Tendre, assidu, pur au-delà de tout
Fidèle et doux comme un toutou
Me dédiant des odes de deux cents pages
Je le veux nu, naïf à mes genoux
Ivre du vin de mon cépage
Et l’entraînant à d’ardents dérapages
Jeter ses lèvres là : sur mon minou -
Immolée
Catégories : Octosyllabes (8)Être ou ne pas être sa chienne
Le trou qui comble ses désirs
Au nom des liturgies anciennes
Ne pas parler, me dessaisir
Me donner toute en sacrifice
Nue chair éventrée sur l’autel
Par le couteau d’entre ses cuisses
Laper la lie de ses cocktails
Être ou ne pas être immolée
Pour l’amour de nos sentiments
Subir la trique et la volée
Puis me voir baisée gentiment
Lécher ce mandrin qui m’embielle
Manger le sperme au creux des mains
Bête fendue cérémonielle
Ne jamais songer à demain
Être ou ne pas être sa chienne
Ne plus parler, rien que gésir
Au nom des liturgies anciennes
Me donner toute à son plaisir -
Dans la chambre
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetToujours à se branler le membre
Dans mon ventre de miel mouillé,
Au parvis de douceur et d’ambre.
Dès qu’il entre me dépouiller,
Tout arque, mes raisons se cambrent
Et ploie mon être agenouillé,
Tant il a rongé de gingembre.
Scande le balancier rouillé
Entre les parois de la chambre,
Lui froisse mon déshabillé.
Il fait torride en plein décembre
À vouloir ardre l’oreiller :
Toujours à se branler le membre
Dedans mon ventre émerveillé. -
Cette fois tu fais dodo
Catégories : Octosyllabes (8)Ô trou chéri, mon trou qui tète,
toi qu’on dit con, fendu, barbu,
toi qui débordes d’épithètes,
bites et langues : ton tribut ;
havre d’amour, bel orifice
dont mon ventre s’enorgueillit,
suave fourreau, gaine à saucisses
s’ouvrant au moindre chatouillis ;
ô trou de service, ô val moite,
bavant mais sachant rester coi :
lorsque vient l’heure où l’on t’emboîte,
tu ne demandes pas pourquoi ;
fontaine tapie sous la mousse,
grotte sacrée des anciens dieux,
qui frottes tant qu’il en émousse
même les plus acérés pieux ;
ô trou chéri, fais pas la tête
si cette fois tu fais dodo !
Repose-toi, mon trou qui tète
le temps d’une soirée sodo. -
D’amour pécher
Catégories : Octosyllabes (8)La brise ici me déshabille
M’enveloppe et s’en vient lécher
Mes chauds nichons mon poil qui brille
Au soleil mon ventre éméché
Mais toi tu aimes mieux pêcher
Y’a que le vent qui me découvre
Et qui doux sans se dépêcher
Fond sur ma peau fait que je m’ouvre
De deux doigts je peux m’en ficher
Si toi tu aimes mieux pêcher
Bel alizé m’entre et me creuse
Par l’odeur de mouille alléché
Ce franc désir me rend heureuse
Ô vent forci souffle haché
Geignons l’autre aime mieux pêcher
Mais la brise m’a rendue folle
D’envie de l’avoir nu couché
D’arracher à ses mains la gaule
Gardez vos gardons vos brochets
Tanches j’irai pas vous chercher
Moi j’aime mieux d’amour pécher -
Foutu mélange
Catégories : Octosyllabes (8)Je fais la bête et tu fais l’ange
Pur à m’affubler d’épithètes
Ô nous deux quel foutu mélange
Tu fais l’innocent moi la tête
Brûlée qui rejoint les phalanges
Où s’enfilent à longueur de fêtes
Les folles et les fous que tu ranges
Guère au-dessus des sanisettes
Je fais la vie parmi la fange
Si j’en crois ta mine défaite
Ô nous deux quel foutu mélange -
Rêve étrange (et pénétrant)
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Pine inhumaine elle s’inhume
Dans un ventre terrien
Elle que n’affolait plus rien
Lui vole dans les plumes
Plane au-dessus du rêve-lit
Et sans bruit la pénètre
Parfois on aspire à renaître
Lorsqu’on s’ensevelit
En une humaine de la Terre
Pine entra s’irrumant
Et s’y branlant éperdument
Troubla le cimetière -
Les bucoliques
Catégories : Octosyllabes (8)Amour, soleil, vous triomphâtes !
Nous courûmes baiser dehors,
Tout nus parmi les épis d’or,
Toussant en raison des phosphates.
Puis, réfugiés sous l’épaisseur
D’un hallier de puissant volume,
Brûlant de désir nous voulûmes
Tirer en dépit des chasseurs.
Lui bramais : « Viens que je te foute
Ma bite au con, tel un vaurien ! »
Hélas ! moi je n’entendais rien :
À deux pas passait l’autoroute.
Plus tard, comme il bandait d’airain
Sur ma lippe libidineuse,
Voilà débouler trois bouseuses
Charriant dix tonnes de purin.
D’où ces foutues bêtes à quatre
Pattes partout, ces sangliers,
Ô Nature ? Vous sembliez
Nous en vouloir de nous ébattre.
Ce nonobstant, il m’embougra
(Comme à la Poste entre une lettre)
Au milieu d’un décor champêtre
De vieux pneus et de papiers gras.
Enfin, d’avoir lavé sa bite
Dans l’eau limpide d’un ruisseau,
Nous chopâmes de colossaux
Bubons ainsi qu’une hépatite.
Verdures, vous eûtes raison
De nos fantasmes bucoliques !
Lui et moi, désormais, on nique
À l’appart en toute saison. -
Il s’appelle Hank
Catégories : Octosyllabes (8)Je braquerais des distribanques
Pour m’offrir ces mouvants piliers
Ce rêve de femelle en manque
Qui me rend presque folle à lier
Ô tentacule ô pseudopode
Entends mon cri long familier !
Faut à tout prix que je me flanque
L’appendice où ça fait du bien
Je l’épie parmi la calanque
En me brossant les poils pubiens
Ô membre agile ô tentacule
Pour m’acculer tu veux combien ?
Ah trop tard l’animal se planque
En d’obscurs antres supposés
C’est un pêcheur, il s’appelle Hank
Il a un poulpe apprivoisé -
Au fond des choses
Catégories : Octosyllabes (8)Tel un gros serpent qui ondule
Bill est plutôt mou du bidule
Ce nonobstant son épaisseur
Puisque l’avachi va si j’ose
Dire quand même au fond des choses
Bien mieux que la main de mes sœurs
De texture éminemment flasque
On dirait un vieux béret basque
Lymphatique usé languissant
Au clou d’une oubliée patère
Néanmoins son volume atterre
Et mon Bill me remue les sangs
Rien qu’en doucement l’enfonçant -
Chœur des braves uhlans
Catégories : Chanson, Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Chanson de corps de garde
dédiée à Phil Bottle, poète en Short
Capitaine, ô vieux capitaine,
Nous t’aimons d’un cœur si brûlant
Que, lors des assauts sur la plaine,
Nous le prouvons en tant qu’uhlans.
Toujours en selle,
Le sabre au vent !
Foin des pucelles
Qu’on fout devant !
C’est nous les braves :
Otto, Roland,
Willi, Gustav
Et Jacques, uhlans !
Capitaine, ô ta noble dame
Nous inspire un respect violent ;
Sa beauté nous fait fondre l’âme
Et frissonner en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, après la bataille
Tu vantes partout nos élans,
Et, quoique pas un ne te vaille,
Nous voilà fiers en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô fin meneur d’hommes,
Si, certes, nos jeux turbulents
Singent un peu ceux de Sodome,
On se rachète en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô, c’est bien dommage !
Ton sang gicle en coagulant,
Tu meurs… mais un dernier hommage
Nous te rendons en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô, sous ta houlette
Nous eûmes un fameux bilan
De soûlographie, de boulettes
Et de scandale en tant qu’uhlans.
Toujours en selle,
Le sabre au vent !
Foin des pucelles
Qu’on fout devant !
C’est nous les braves :
Otto, Roland,
Willi, Gustav
Et Jacques, uhlans ! -
Suffit qu’il se dévête
Catégories : Octosyllabes (8)S’il sort son vit couche-toi vite
Ne cherche pas à l’éviter
Moi dès qu’il ôte sa lévite
J’ai l’impression de léviter
Il est assez qu’il se dévête
Pour que je devienne hébétée
Que je me doigte à la sauvette
Dégoulinante à ses côtés
S’il sort son vit prend pas la fuite
Ça servirait qu’à l’exciter
Quand l’abbé vient couche-toi vite
Et prie sainte Lubricité -
Une tragédie qui finit bien
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Voyez, là-bas, se branler sous les cèdres
Et balbutier : « Beau-fils, ô fils,
Viens me fourrer, viens enfoncer ta vis
Au con de belle-maman Phèdre ! »
Or, Jupiter, la zieutant en badaud,
Lui largue, en place d’Hippolyte,
En plein sur le clit un aérolithe
Qui la fait grimper au rideau.
Voyez, là-bas, brave seigneur Thésée !
Pour vous en dire l’essentiel,
C’est, d’un pavé tombé du haut du ciel,
Votre épouse enfin rebaisée. -
La main virtuose
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rima« Il se pourrait qu’on en mourût »
Songeai-je, en fièvre, les joues roses
Comme d’avoir longtemps couru.
Jusqu’aux noirs ourlets de mon prose,
Je sentais sourdre de doux rus ;
Tant de moiteurs se superposent !
Cependant que ses doigts bourrus
Me branlaient jusqu’à la névrose,
Nul, bien sûr, ne me secourut.
Cet homme avait la main virtuose,
Me contrôlant comme en symbiose…
J’aurais voulu qu’on en mourût ! -
D’amour amenuisé
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)À force de limer, tendre ami, tu t’émousses,
Et je sens que le jour viendra
Où, même ayant le sang saturé de Viagra,
Ce membre fourbu dira pouce.
Plus rien n’émoustillant ton moucheté fleuret,
C’en sera fait du geste auguste
Du limeur d’autrefois ; il me restera juste
La fente et les yeux pour pleurer.
Et plus tu t’uses, plus — dame ! — moi, je me mine,
Envahie par d’épais crayons
Qui remplacent ta pine : eux et moi bataillons
Comme lorsque j’étais gamine.
Oui, ton vit épuisé à force de puiser
Pendouille ; elles sont loin ses frasques ;
Chaque fois tes élans se font un peu plus flasques,
Bandant d’amour amenuisé. -
Encore un flop
Catégories : Octosyllabes (8)Éliane et moi nous nous branlâmes
Ensemble un soir de vague à l’âme
Où nos beaux flirts tombaient à l’eau
Ma chatte en feu, ses yeux de flamme
Quel pied de nez à ces salauds
Ce fut un brûlant face-à-face
De ceux qui en principe effacent
Les flops auparavant connus
Nous nous agacions la crevasse
L’une pour l’autre ventres nus
J’aime leur queue gémissait-elle
Ah la sentir qui m’écartèle
Et s’enfonce en moi comme un clou
Oui mais ce soir passons-nous d’elle
Dis-je et notre œil devenait flou
J’aime qu’il me la mette entière
Et dure ainsi qu’un bloc de pierre
Feulai-je à mon tour cependant
Mon amie semblait en prière
Qui jouissait en serrant les dents
Éliane et moi nous nous branlâmes
Sans cesser que nos cons réclament
Le gros phallus de ces félons
Malgré ces cris ces yeux de flamme
Nos doigts n’étaient pas assez longs -
Métro rétro
Catégories : Octosyllabes (8)En descendant vers Réaumur
Par un corridor dégueulasse
Il me plaqua la raie au mur
Afin la main chaude et salace
De me tirailler poils pis con
Sous une pub Amer Picon
Peu après comme entrait en gare
Notre rame à Sébastopol
Se dézippant sans crier gare
Il me fourra soudain Popaul
En pogne et susurra Soupèse
Sous l’œil d’un Bibendum obèse
Tout ça m’avait tant mise en train
Qu’en filant vers les Batignolles
Mes doigts amoureux l’ont étreint
Le temps d’une humectée pignole
Il a henni comme un poney
Sous Dubo Dubon Dubonnet -
Tendre vers
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)J’ai aimé d’amour une horizontale
Fière, droite, faisant bander
Tout homme — oh, secrètement je tendais
Vers elle et sa beauté fatale.
Ses clients nombreux la nommaient Nini ;
Je connaissais ses habitudes
Et rêvais, le soir, après mes études,
De la rejoindre à l’infini.
Que luise la lune au ciel ou qu’il flotte,
Chaque nuit je me rapprochais
D’elle sans jamais pouvoir la toucher :
Hélas ! c’était mon asymptote.
