Dès que je fus étreinte
Et prise enfin son vit
Dans ma chair inscrivit
L’ineffaçable empreinte
Je n’eus plus de regret
Ni l’ombre d’une crainte
Dès que je fus étreinte
Je perdis mes secrets
Du fond du labyrinthe
Je l’ai longtemps suivi
Des yeux sur le parvis
Quelque voie qu’il emprunte
Il faut lui savoir gré
De vous avoir étreinte
Sonnet
-
Du fond du labyrinthe
Catégories : Hexasyllabes (6), Sonnet -
Baiser
Catégories : Hexasyllabes (6), SonnetJe vous baise, ô muqueuses
Avec ces gestes qu’osent
Les grandes amoureuses.
Écartant l’antre rose,
Buvant l’humeur aqueuse
Du puits par où l’on cause,
Ma langue entre, elle creuse,
S’étire et prend ses aises.
Investissant l’espace
Intérieur, je te baise,
Ô bouche… Un ange passe.
Nos lèvres sont de braise ;
Nos langue, dans la place,
S’entrelaçant, se plaisent. -
Dans la chambre
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetToujours à se branler le membre
Dans mon ventre de miel mouillé,
Au parvis de douceur et d’ambre.
Dès qu’il entre me dépouiller,
Tout arque, mes raisons se cambrent
Et ploie mon être agenouillé,
Tant il a rongé de gingembre.
Scande le balancier rouillé
Entre les parois de la chambre,
Lui froisse mon déshabillé.
Il fait torride en plein décembre
À vouloir ardre l’oreiller :
Toujours à se branler le membre
Dedans mon ventre émerveillé. -
Correspondance
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetC’est certainement ce qu’il voulait dire, mais il s’est mal exprimé…
Ma nature est un temple où de vivants piliers
Viennent pour s’emboutir entre mes deux guiboles ;
L’homme y fourre au travers des poils et carambole
Ce sanctuaire ancien d’un vit réconcilié.
Sous la houlette tendre et noueuse, profonde
Et drue, qui voue un culte à la féminité,
L’harmonie s’établit quand, serties, la bite et
Mon intime chapelle enfin se correspondent.
Il en est de pansues, poteaux de chair enflant
Gras comme des boas ou bien des otaries,
— Et d’autres dont l’ardeur me laisse sur le flanc,
L’essentiel étant que nos sexes s’apparient
Comme l’âme et le corps, la vis et son écrou :
Chacune en trouvera lui ravissant les trous. -
Friandise
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetMa fente est son bonbon fourré
Elle y fout miel et crème anglaise
Confiture et morceaux de fraise
Ô doux gestes enamourés
Ma fente est sa dragée surprise
Où elle introduit des éclats
De beurre ou de noir chocolat
Ô son regard qui m’électrise
Puis nous allons longtemps marcher
Courir, jouer à chat perché
Un bouchon m’obturant la fente
Et mon ventre de four invente
Le chaud potage panaché
Qu’après sa langue ira chercher -
Direct au buffet
Catégories : Hexasyllabes (6), SonnetDentelles qu’on découd
Violence aux voies de fée
Ô s’ouvrir sous les coups
Avoir le corps défait
Qu’on la pousse à la faute
L’agressée se dépiaute
Se fend les commissures
Mon ventre et sa blessure
Vit sur la brèche et saute
Au vit de qui susurre
Je me pendrai au cou
Si l’on veut m’agrafer
Brandissant un six-coups
Ô direct au buffet -
En double
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetEnzo se caressait les boules,
Tandis que laissait pendre Alain
Sa langue avec un air malin
À vous donner la chair de poule.
L’heure était tendue ; il urgeait
D’enculer Riri et Jean-Marc
Qui jusque-là menaient la marque.
S’étant auparavant murgé
De longs pastis sans flotte aucune,
L’Enzo gardait quelque rancune
À l’endroit de ce con d’Alain
Dont l’œil, qui sans arrêt riboule,
Voyait le cochonnet, les boules
Danser sur l’allée de falun… -
Ma peau aime
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetJe m’empalais, le poing dans mon ventre crevé ;
Mes branlettes aussi devenaient vaginales,
Au point que je passais pour une originale ;
Oh ! là là ! que ces lents coïts m’ont fait baver !
Cendrillon égarée, j’avais perdu en route
Mon unique culotte — une rose à troutrous —,
Et je grimpais au lustre avec un doux froufrou
De muqueuses à vif (et de mouille, sans doute).
Ainsi, les soirs d’octobre où l’ennui d’exister
Vous habite le cœur, seule je me fistais
La chatte, produisais des brames fantastiques,
Et, pissant à la raie de tous les ratichons,
Dans mon trip, je tirais à mort les élastiques
Du soutif dans l’idée de gifler mes nichons !S’en aller vendre des fusils en Afrique, franchement…
L’homme à la cervelle de vent, oui. -
La mauvaise graine
Catégories : Hexasyllabes (6), SonnetSorcier tu me subornes
Chaque soir on descend
Plus bas dans l’indécent
En dépassant les bornes
Innommable cochon
Dont le poison la graine
Mauvaise au fond m’entraîne
Sitôt que nous couchons
Je te hais tu m’envoûtes
Je pense tout le temps
À ton vit qui dégoutte
Pervers monstre va-t’en
Je te tuerais sans doute
Si je jouissais pas tant -
Les rêves sont inutiles
Catégories : Heptasyllabes (7), SonnetChaque chaleur humaine il
Faut l’alimenter l’étendre
L’embraser de gestes tendres
Foin des cœurs déjà séniles
Chaque peau prompte à se fendre
Couche-la dans le fenil
Cherche les sources du Nil
Perds-toi parmi ses méandres
Les rêves sont inutiles
Ils ont tous un goût de cendre
Ô apprends à redescendre
Chaque chaleur humaine il
Faut s’y brûler sans attendre
Tant le temps est volatil -
Mâlheur à moi !
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetQuéquetterie, braquemartyre…
Mâlheur à moi ! C’est embitant
D’être zobsédée tout le temps,
Surtout que c’est de pine en pire.
Nœud ris pas ! Mon intimité
Vit un véritable calverge ;
L’envie de chibre me submerge ;
Queue quelqu’un vienne m’enviter !
La moindre phallusion au membre
(Soit dit sans hyprocrizizi)
Me rend le ventre cramoisi.
L’esprit en biroute, je cambre
Les reins, des doigts m’empénissant
À m’en laisser la chatte en sang. -
Par longue et curieuse expérience…
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetJ’ai testé le vin chaud, le miel, le dentifrice,
La bave d’une amie au doux nom d’Élisa,
L’huile infusée de piment rouge des pizzas,
Le pipi d’Alexis, le sperme de Fabrice ;
J’ai essayé (combien mon mec s’en amusa !)
Le cold cream et la graisse attiédie des saucisses,
L’eau douce, en attendant que mon clito durcisse,
Et l’ouzo (un conseil de Linda de Suza),
Sans oublier la sauce blanche, le cirage,
La soupe au vermicelle ou le jus de kiwi,
Le beurre, la purée, le lait, la chantilly,
Bien sûr la vaseline — oh ! sans perdre courage
J’ai vraiment fait le tour de tous les adjuvants,
Mais rien ne vaut la mouille à se branler souvent. -
Le cœur en laisse
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetJe boirai de ton lait si cet enfant m’en laisse,
Moi qui n’ai, comme lui, aucun autre dessein
Que de vivre appendue au nourricier coussin,
Tandis que ta main tendre et chaude me caresse.
Je boirai de ton lait : mon cœur est assassin,
Mais c’est ta faute aussi, toi qui le tiens en laisse
Et soupires au fur que je renifle et presse
En mordillant, avide, un de tes bouts de sein.
Je boirais de ton lait, je t’avalerais toute
Si tu me laissais faire, oh ! je t’aime au point de
Vouloir téter ce corps jusqu’à l’ultime goutte.
Je boirais de ton lait, blottie sur tes genoux,
Chaque jour, comme avant, si nous n’étions que deux...
Ce bébé prend beaucoup trop de place entre nous. -
Repenser Galatée
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetFi, marbre froid, fi ! C’est d’airain
Que je te refondrai les membres,
Pour que chatoie quand tu te cambres
Le hâlé volcan de tes reins.
Et si ton regard tient de l’ambre
Ses fauves reflets utérins,
J’y cisèlerai du fer un
Iris et tu verras la chambre.
Ce qu’en l’humus ils ont couché
Ne fut jamais que la matrice
Du chef-d’œuvre : un rêve ébauché,
Mais ma verve blasphématrice
Plus sublimement recoudra
La morte qui hante mes draps ! -
Après le match
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetIl fait bon voir, m’amie, ces couillons mirifiques
Jouant à se cacher sous le gant savonneux,
Dégoulinants de mousse et d’eau qui perle au nœud,
Et reluquer la main qui passe et les astique.
Il y a grande joie, plaisir ignominieux
À mater tant de mecs, plus muette que brique ;
On a beau être gousse, une faim atavique
Vous saisit chaque fois, et chaque fois c’est mieux.
Quand me rejoindras-tu, toi, mon amour sur terre,
Pour river ton œil bleu au trou de la cloison
Et jouir comme je jouis, espionne solitaire ?
Viens ! Voici que débute à nouveau la saison,
Nous pourrons nous repaître à perdre la raison
Des membres de l’équipe occupant les vestiaires. -
Considérons le pire
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetJe besogne mon corps d’un indigne exercice
Dont le pape éructa des bulles, condamnant
En termes vigoureux l’abominable Onan
Afin qu’aux enfers il se repente et moisisse.
Je me frotte au péché de chair incontinent,
Quêtant, bien plus que la pourpre cardinalice,
Celle du feu qui me démange entre les cuisses
Au niveau du vécu et du sous-continent.
Ô, ne sois pas sévère avec moi, gentil pape,
Si ma main s’émancipant parfois me décape !
Retiens l’auguste tienne à l’âpre couperet !
Considérons le pire : après tout, je pourrais
Païennement m’ouvrir à ce bon vieux Priape
Pour qu’il forcisse et m’entre un soc à labourer... -
Oublie les oiseaux et les roses
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetMarceline — ah ! ton con déborde,
Plus exsudant qu’un cheval mort.
D’amour pour toi, j’ai pris le mors ;
Aie donc un peu miséricorde !
Marceline, je ne démords
Pas, mais t’en supplie sans exorde :
Je veux vibrer en supercorde
Dans ta broussaille de blême or.
Oublie les oiseaux et les roses,
Et jouons à broute-minou,
À la main chaude, à je-t’arrose !
Ton Dieu pardonnera si nous
Tenons ta fente bien déclose
Pour y communier à genoux. -
Hélène en rogne
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetDeux heures moins le quart avant la guerre de Troie
… ou bien n’importe quand, n’importe où
Foutez-vous sur la gueule, et que le plus con vainque
Ou que l’autre l’emporte — il m’importe moyen
D’être pute aux genoux d’un assassin troyen
Ou grec : dans les deux cas je suis celle qui trinque.
Astiquez-vous l’épée et branlez-vous l’écu !
Puisque ça vous éclate, éclatez-les vos villes,
Et pendant dix années cognez dur, ô débiles,
En niquant au passage le moindre joli cul !
Mes sœurs et moi souffrons, comme souffre la terre
Que déchirent sans frein vos jeux de vieux ados.
Vénus ! sais-tu l’îlot sapphique et solitaire
Où l’on peut vivre encor ?... Bah ! vaine est ma prière.
À tout je me résigne, y compris la sodo,
Mais ne me mettez pas vos guerres sur le dos ! -
Ni tombe ni mal
Catégories : Décasyllabes (10), SonnetTant que mes seins frétilleront contents
Sous le baiser de ceux qui les cajolent
Tant qu’ondoiera mon giron si frivole
Quand l’homme est dur et lui entre dedans
Tant que mes sens garderont pour idole
Le bon coït qui procure bon temps
Tant que mon autre bouche et ses étangs
S’ouvrira muette aux mandrins qu’elle affole
Ni de l’or ou aucuns biens matériels
Je n’aurai cure et nue dessous le ciel
Je m’éjouirai des averses qui tombent
Tant que viendront frotter contre ma peau
D’autres humains je ne craindrai ni tombe
Ni mal ayant l’âme toute en repos -
Lors du bain
Catégories : Décasyllabes (10), SonnetJe baiserai la bouche que tu tiens
Emmitouflée entre tes cuisses pâles
À quoi bon fuir et la prétendre sale
Tu baiseras mon con et moi le tien
Étant cadette ô j’attends et ravale
Ce désir fou qui pourtant me soutient
Qu’ensorcelés tous nos replis pubiens
Mêlent leurs jus à briser leurs pétales
Mais à te voir toujours nue lors du bain
Que nous prenons à deux chaque dimanche
Il se pourrait qu’un de ces jours je flanche
Lors me coulant dans l’eau où nos eaux sourdent
J’écarterai tes jambes mie de pain
Et baiserai ta sublime palourde
