Ton pantoum dans mon haïku - Page 61
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La toison, dehors !
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetMa brousse prolifère — ah ! défrichons gaiement,Soyons lisse ainsi qu'une joue de politique ;Mon mont se mirera aux lorgnons de l'amantEt lui fera de l'œil et raidira la trique.La vulve prépubère est in en ce moment ;Monsieur se sent jeunir, car mon con communiqueAu plan subliminal avec son inconscient :Il croit voir une enfant là où la vieille nique.Mais prudence ! mesure ! Usons à bon escientDe ce truc, sans couper la branche, en la sciant,Où nous aimons percher en postures lubriques.La chose veut qu'on la rafraîchisse, s'entend,Qu'on en dégage les plages roses, la criqueAu frai tout frétillant d'anguilles électriques. -
Les dubitations de Bella
Catégories : Octosyllabes (8)Je ne croirai au Père Noël
Que si, lorsque revient la date
Au lieu des joujoux habituels
Le vieux m'emporte dans sa hotte
Et me prend sans ôter ses bottes
(Ni même son rouge futal)
Sous un arc-en-ciel boréal
Je ne retournerai aux urnes
Qu'au prix que Macron (sinon rien)
Daignant enfin sonder ma turne
Me repolitise au moyen
D'arguments forts auxquels le mien
Sera sensible s'il l'enfourne
Et que je tâte un peu ses burnes
Les récits de petits hommes verts
J'en ricane, je suis méfiante
A moins que l'un d'eux (un pervers)
Ne m'emmène en soucoupe volante
M'étudie partout et me plante
Dix vits nerveux comme des vers
Dans mes replis de l'univers
Avant de fréquenter la messe
Je veux que Christ pose sa croix
Ote son pagne, offre ses fesses
Aux vœux pieux de tous mes doigts
Puis (afin d'éprouver ma foi)
Me foute en hurlant : « Ah, diablesse
Montons au ciel par voie expresse ! »
Bref, pour croire il me faut palper
Mettre l'index au fond des prises
Pour voir si ça me fait grimper
Au lustre ou si ça m'électrise
Aboulez les choses promises :
Les extases, l'éternité !
— Sans ça je reste à me shooter -
Un pas vers toi
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Nuement je suis venue
Me faire aimer de toi
Pour un baiser de toi
J'ai franchi l'avenue
Si vides sont nos mains
Si seules nos pensées
J'ai couru oppressée
Comme une fille ou un gamin
Nuement je suis venue
J'ai bouclé ma maison
Déposé ma raison
Je me ferai menue
Je voulais te revoir
Cet horizon me guide
C'est peut-être stupide
Donne-moi juste un peu d'espoir
Nuement je suis venue
Frapper à ton carreau
Dormir contre ta peau
Je me suis défendue
D'exiger par ce biais
La moindre certitude
Nuement je me dénude
Je suis celle-là qui t'épiais
Nuement je suis venue
N'avons-nous pas le corps
Robuste et beau encor ?
Nuement je suis venue
Pour te confier le mien
Décide de la suite
C'est mon offre gratuite
Hormis cela je n'ai plus rien
Nuement je suis venue
Me faire aimer de toi
Mais tu ne me vois pas
J'ai franchi l'avenue
Décroché le verrou
La demeure est déserte
En vain ! en vain ouverte
J'espérais tant ce rendez-vous... -
Quand ça veut pas… (poème subliminal)
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetSur Hercule j'avais pensé faire un sonnet ;
Vous savez, l'impétueux amant qu'eut la farouche
Omphale, la Lydienne — un sujet qui me touche
Et fait battre mon cœur, mais ça n'a rien donné.Hélas ! — gros hic — en culture antique je flanche ;
Quoique bonne en culasses et questions pour les mecs,
Onc ne vis mes élans culminer chez les Grecs,
Et me voilà face à l'affreuse page blanche.Certes il est évident qu'ululer long et fort
N'y changera rien, la rime fuit, j'en arrive
A ce point, même, à présent, qu'ulcérée à mort,J'ai des douleurs au bide — ah ! Muse, tu me prives !
Bah ! foin de ce que diront les gens (culot mer-
Veilleux !), sur ce héros pas moyen que j'écrive. -
Soifs
Catégories : Alexandrins (12 pieds)Au droit de son pertuis, je guettais que les jus
Vinssent en ruisselets se perdre dans ma gueule ;
Sans être pourtant des plus proprettes que j'eues,
Mona fleurait bon la luxure et le tilleul.Avec d'autres j'ai joué, j'ai cherché l'épissure,
Rabouté mille joints, bouté aux feux de joie,
Pour terminer toujours à genoux, en lieu sûr,
Buvant le blond mucus dédaigné des bourgeois.Fontaine, ô ! de ton eau ne fus moi-même avare,
Attendu que plus d'une amante ou que d'un homme
Sut trouver le robinet de mon samovar
Et se refaire un plein de soufre et d'ammonium. -
A cœur de plume
Catégories : Octosyllabes (8)A Ray...
Je chante le corps et la trique
Les mains dans le cambouis humain
L'aurore aux cernes électriques
Sous un double soleil demain
Je chante le corps et la trique
A crocs ardents tes pommes d'or
J'en dévore de pleins volumes
Dans mon éternel fructidor
J'offre aux Martiens à cœur de plume
A crocs ardents tes pommes d'or
Machine à vivre, ô nostalgie
D'un pays d'octobre irréel
Avec toi je me réfugie
En des cosmos plus sensuels
Machine à vivre, ô nostalgie
Sous un épiderme illustré
Du récit de mes amours sales
Comme toi je garde un secret
Parfois des océans s'étalent
Sous un épiderme illustré
Je chante le corps et la trique
Les mains dans le cambouis humain
L'aurore aux cernes électriques
Sous un double soleil demain -
Chihuahua blues
Catégories : Chanson, Décasyllabes (10), Pentasyllabes (5)Voix chaude à la Nina Simone
En mode mineur, nonchalamment
Entre les couplets, quelques mesures d'impro au piano, au sax, etc.
Il ne la croquait que du bout des lèvres
La pomme d'api
Etique intello tout bardé de livres
Poète maudit
Il cherchait le mou d'une fille mièvre
Pour chauffer son lit
Pas une gloutonne assidûment ivre
Avide de lui
Il votait à droite et portait à gauche
Ça n'est pas courant
Sans être Adonis, il n'était pas moche
La plupart du temps
Ses lunettes rondes, ses gilets bancroches
Me plaisaient pourtant
Mais pour l'éplucher, fallait patte blanche
Et des arguments
Il m'enseigna tout : l'Art, le Sacrifice
La Grâce, la Foi
Je lui montrai où doucement l'on glisse
Le dard ou le doigt
Il toléra même un soupçon de vice
Je vous dis pas quoi
J'étais le chienchien sautant sur ses cuisses
Genre un chihuahua
J'assurais la bouffe et tout le ménage
Sans faire de bruit
Car Monsieur voulait pas qu'on le dérange
Monsieur pense ! écrit !
Moi, pauvre amoureuse, adorable, un ange
Pleurant chaque nuit
Branleuse rêvant de baises sauvages
Blottie contre lui
Sans cesse il jactait des Progrès de l'Homme
Même en me pinant
Il ne put jamais me brouter en somme
Le sous-continent
Il ne la croquait, cette foutue pomme
Que du bout des dents
J'ai fini par fuir avec une nonne
C'était plus marrant
J'ai fini par fuir avec une nonne
C'était plus marrant ! -
O les las élans !
Catégories : Octosyllabes (8)Prends ton élan pour la sauter
Ne s'offre-t-elle pas languide
Inutile de discuter
Nous n'avons pas l'éternité
Vois-la qui te déploie ses ridesPrends ton élan tu viens de loin
Passe ce col indispensable
T'abouchant sur d'autres chemins
Saisis ton cœur à pleines mains
De tes pattes secoue le sablePrends ton élan lion fourbu
Qui n'as plus qu'un terne pelage
Qui à peine à demi vécus
Verse aux vieux vergers de son cul
L'eau puisée à de plus sauvages -
Tout bien pesé
Catégories : Octosyllabes (8)Infiniment je t'ai trouvée
Au fond d'un trou où sans ferveur
Tu sombrais comme la fumée
S'enfonce au ciel, et sa couleur
Se délave avant l'arrivée
S'aime aux nuages et puis se meurt
Infiniment je t'ai trouvéeInfiniment je t'ai ouverte
Aux mille sentiers d'alentour
A la musique en pure perte
Aux chevaux ivres de l'amour
Je t'ai montré de mes alertes
Le code à conserver toujours
Infiniment je t'ai ouverteInfiniment je t'ai vomie
Après t'avoir voulue cent fois
Et dévorée, je suis en vie
Qui saura comment ou pourquoi
Ma foi en nous évanouie
J'en ai ressenti de l'effroi
Infiniment je t'ai vomieInfiniment je t'ai gardée
Pas moyen que tu partes, non
Créature trop regardée
Siège au plus haut du Parthénon
Tes envies même sont fardées
Ton cul brille comme un néon
Infiniment je t'ai gardée -
Zone
Catégories : Alexandrins (12 pieds)J'ai brouté des gazons où vivait une faune
De harengs en cavale assez peu délicats
Causeuses défoncées meubles en formica
Les couteaux s'étranglaient dans les cris de la zone
Et partout rôdait âpre une vapeur d'ozone
Sous les horizons gris et luisant de mica -
Le cul, ça ne ment pas
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)Avec amour et sentiment, avec tendresse
Il suce un doigt, puis le faufile entre mes fesses
Cherchant la trouble vérité
Des élixirs qu'il a jutés
Avec ardeur, tout droit dedans, avec adresse -
Requiem pour Blanche-Neige
Catégories : Chanson, Octosyllabes (8), Trisyllabes (3)Pour un septuor de petits chanteurs (croix de bois facultative)
Sur l'air de la Marseillaise
Avec un doigt de pathos et pas mal d'alcool...
Blanche-Neige est morte, ô mes frè-ères !
Elle est tombée les pattes en l'air
Sur le dos
C'est d'avoir croqué une pomme
L'avait pas l'habitude en somme (bis)
Notre ado
Je n'ai nulle honte à prétendre
Qu'elle avait pour moi des mots tendres
Et coquins
Qui taillera dès lors nos flûtes
Rêveusement dans le bois brut (bis)
De sapin ?
La sorcière a eu gain de cause
Blanche n'aura jamais le chose
Qui prend feu
Oncques ne connaîtra les fièvres
Du bourgeon et des roses lèvres (bis)
C'est affreux
Adieu nos projets de mariage
Avec ce gus, cet enfant sage
Fils de roi
C'est préférable, au fond, le gosse
Semblait pas trop avoir la bosse (bis)
A l'endroit
Je suis contre la boîte en verre
Vous allez voir tous les pervers
Rappliquer
Pour reluquer notre biquette
Certains pourraient même en levrette (bis)
La niquer
Hurlons, frangins, notre tristesse
Et ne lui effleurons les fesses
Qu'en passant
Qui donc lui a troussé sa robe ?
Restons encore un moment probes (bis)
Et décents -
Raisons d'un fauve
Catégories : Heptasyllabes (7)Si je mords à ta pelisse,
Ça n'est pas pour te blesser,
Mais qu'entre nos corps tressés,
Par aventure il s'immisce
Le besoin d'une autre épice,
Et que le cœur est pressé.Si je déchire ton ventre
De mes ongles, en grinçant —
Fauve ! — de toutes mes dents,
Je reste, crois-moi, le chantre
De ta beauté, et il n'entre
Là aucun ressentiment.Et si parfois je te fouette,
N'y vois pas le soupçon d'un
Courroux : c'est l'amour sanguin
Qui vient, sur ces entrefaites,
Pimenter nos galipettes
Tournant à l'eau de boudin. -
Slurp !
Catégories : Pentasyllabes (5)J'ai de ton beau con
Aspiré le phlegme
Ensemble éduquons
Nos régals suprêmesIl est des besoins
Qu'on ne peut suspendre
Ton ventre disjoint
Fleure la coriandreDonne-moi encor
Les eaux de la soute
Les jus, les liqueurs
Qui de là dégouttentJ'ai de ton beau con
Aspiré le phlegme
A présent, trinquons
A bouche je t'aime -
Au sein du bocal
Catégories : Octosyllabes (8)Pour Eric Dejaeger (et son poisson rouge)
On tourne en rond petits poissons
Glissant fuyants sur nos écailles
Dans l'océan nous gémissons
De trop se ronger les entrailles
Tous solitaires à l'unisson
Sous l'œil barbelé des sirènes
O frai des jours grise rengaine
On tourne en rond petits poissonsA vouloir crever la surface
On passe le mur du frisson
L'amour ici n'a pas sa place
Qui m'a fichu tous ces glaçons ?
On tourne en rond tirant la chasse
Sur nos illusions nos regrets
L'espoir c'est se désintégrer
A vouloir crever la surfaceParfois du fond de nos prisons
Liquides on bulle on biche on mouille
Pour quelque vague à l'horizon
Un batelier rentre bredouille
On tourne en rond petits poissons
Montent des nostalgies de grève
Dans le limon froid de nos rêves
Parfois du fond de nos prisons -
A toutes les autres passantes
Catégories : Chanson, Octosyllabes (8), Tétradécasyllabes (14)Tranquillement, avec une guitare
A la Brassens, bien sûr, même si c'est sans doute un brin trop court pour faire une chanson...
Combien de berlingots trottinant pressés par les rues
Que je ne caresserai pas !
Combien de polissonnes — qui sait ? — sous la robe nues
Où je ne mettrai pas le doigt !
J'ai chanté à foison celles que j'aimai, les connues
— Bibliquement, ça va de soi,
Mais l'herbe est bien plus verte et les chatounes plus velues
Hors l'ordinaire de mes draps.
Adieu, mes coups foirés, virtuelles déjà caduques
Qui ne levez pas le regard !
Adieu, ô mes chéries ! De mon balcon je vous reluque
En m'asticotant le bazar. -
A une (autre) passante
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)L'exigu pantalon de cuir
Moulant sa motteLa façon dont son œil veut fuir
Tout ça me botteJe la file un bout de chemin
Mais un guignol l'attend au coinEn rêvant à elle ce soir
Je me tripote -
Les lèvres bleues
Catégories : Hexasyllabes (6), Jocelyn WitzChaque fois sur tes lèvres
Mes cendres ont souvenir
Que je devais mourir
Pour que tombe la fièvreChaque fois tes mains font
De moi une aventure
Brouillon que tu ratures
Et recommences à fondO folie sans pareille
Bleu roi de tes cheveux
Morsure de tes yeux
Ta voix à mon oreilleSur ta bouche de cyan
Je réapprends le monde
Son angoissante ronde
Nous tes meilleurs patientsSommes nés l'un et l'autre
A la barbe des dieux
Et jamais tes adieux
Ne rejoindront les nôtresRien pigé ? C’est peut-être parce que vous n’avez pas lu ma nouvelle de SF intitulée elle aussi « Les lèvres bleues » — ô coïncidence ! — et qui vient de paraître (sous mon pseudo de Jocelyn Witz) dans le recueil collectif Re(Naissance), édité par l'association Bleu Héron :
https://bleu-heron.mozello.shop/boutique/item/ensemble/renaissance/ -
L'heure des baves
Catégories : Octosyllabes (8)Ma salive, je te la prête
Tu me la rendras cette nuit
Sous quelque forme que tu souhaites
Par quelque source ou quelque puitsDu bord de moi, pauvre gargouille
J'ai le vertige du péché
De laides pensées qui m'embrouillent
Des choses qu'il me faut cracherCar je suis maîtresse des fleuves
Aux désirances d'océan —
Qui devient soif, moi je l'abreuve
Pour peu qu'il s'ouvre à moi béantDe l'erg aride où tu t'enferres
Mille geysers dégorgeront
Fini le silence des pierres
Fini le cœur qui tourne en rondBel ogre, espère la tempête !
Le plafond de ton antre fuit
Ma salive, je te la prête
Tu me la rendras cette nuit -
Hommage d'un mâle
Catégories : Chanson, Heptasyllabes (7)A chantonner tendrement, d'une voix de fausset (castrats bienvenus)
Madame, je me prosterne,
Implorant vos beaux orteils
D'introduire en le sérail
Le ver, le chien vil et terne
Qui ose, la queue en berne,
Souhaiter d'être votre boy.
Sur l'autel de vos licences
J'abolis mon triste égo ;
Si les hommes sont égaux,
La femme est d'une autre essence :
Une déesse en substance
Dont je serai le Lego.
Je sais faire le poirier
Tout nu, le porc aux amandes,
Bander dur et sur commande,
Prendre un gros plug dans l'œillet,
Lécher tout, même les pieds,
Et, bien sûr, j'en redemande.
Laissez-moi, de vos soumis,
Devenir le plus commode ;
Que vos mains rudes me rodent ;
Changez mon odieux goumi
Et ma personne en fourmi
Aimant les coups et les godes.
Quoiqu'à vrai dire novice,
Inconnu dans le milieu,
Je ferai miens de mon mieux
Vos jeux cruels, vos caprices,
Vos luxures et vos vices —
Tout cela d'un cœur joyeux.
Sous le joug de vos fantasmes,
Ecrasé d'autorité,
Je plierai ma nudité
A vous offrir et le spasme
Et — j'y aspire ! — l'orgasme
Que cent fois vous méritez.
Par-dessus tout, je vous aime,
Révère vos yeux saphir,
Vos plus secrets élixirs,
Vos crocs effilés de gemme !
Votre voix comme un poème —
O l'entendre m'agonir !
En aparté :
Qu'elle dise non, je file
A quatre pattes, serein,
Frétillant de l'arrière-train,
M'offrir à Madame Odile,
Qui sera moins difficile
Et moins chère, nom d'un chien !