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Ton pantoum dans mon haïku

  • On s’entendait bien

    Catégories : Octosyllabes (8)

    C’était un vieux salaud sénile
    Qu’avait joué dans Mort sur le Nil
    Il me disait des trucs honteux
    Tout en tirant sur sa Dunhill

    C’était un vieux goret gâteux
    Qui pour se taper mon péteux
    Me l’emballait dans du vinyl
    En râlant comme un comateux

    C’était un vieux soûlot débile
    Sosie raté de Benny Hill
    Atrabilaire et cafardeux
    Kiffant surtout mon côté pile

    On s’entendait bien tous les deux
    Avec ce vieux hibou hideux
    Riche à nous vautrer sur son île
    Quoique enculeur assez piteux

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  • Sauvageonne

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Je suis celle qui tremble en guettant à l’orée
    Celle qui se repaît de vous la voir sortir
    Celle au souffle coupé quand la pine adorée
    Gorgée de pluie paraît et s’ajuste le tir

    Je suis la folle à lier la jamais déflorée
    La sauvageonne sans culotte sans honneur
    Qui mate à s’en pâmer la cascade dorée
    Le jaune ru jailli du vit des promeneurs

    Puis le jet tarissant puis la bite essorée
    L’homme parti j’accours pour m’emplir les naseaux
    Des doux parfums hantant l’ortie la chicorée
    Depuis que mon oisif y a vidé ses eaux

    Alors à genoux telle une veuve éplorée
    Sur la mousse écumante et qui frémit encor
    Je caresse sans fin de mes mains décorées
    D’urine obscènement les bauges de mon corps

    Je suis celle qui fuit qui joue les mijaurées
    Celle qui s’alimente en pillant les épis
    La déséquilibrée souffrant d’aménorrhée
    Qui glorifie le mâle et son brûlant pipi

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  • Dans l’odeur du formol

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Ce porc pine les mortes
    Qu’il lui faut embaumer
    C’est un dingue un paumé
    Que le diable l’emporte

    Dans l’odeur du formol
    Dans la nuit sans censure
    Il graisse leurs blessures
    Pour y glisser Popaul

    Trépassées ses épouses
    À leur corps défendant
    Se font mettre dedans
    La fente ou la bagouze

    Puis ce fou d’embaumeur
    Beau comme un dieu de Thrace
    Sait effacer ses traces
    Et meure ce qui meurt

    Moi qui guigne à la porte
    Dans l’odeur du formol
    La guibolle ô fort molle
    Je voudrais être morte

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  • Quand les rêves s’incrustent

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Alerte ! Des créatures de rêve se sont introduites au sein de la réalité et y sèment leur souk.
    À commencer par la blonde que vous voyez sur la photo, là.
    Gentille certes, peu farouche d’accord, mais infiniment dangereuse.
    On vous avait pourtant bien dit de faire attention.

    https://www.atramenta.net/lire/quand-les-reves-sincrustent/104744

     

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  • Paysager ton corps

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Soif d’étaler ta propre mouille
    Sur ton visage et sur tes seins
    Afin de pouvoir à dessein
    Lécher ces beautés je les souille

    Je te rendrai plus chaude encor
    En te recouvrant de salive
    Nous partirons à la dérive
    Sur les mers salées de ton corps

    S’il est une île à ma portée
    Profonde et sentant bon la nuit
    J’en fouillerai les moindres puits
    Des vagues t’auront emportée

    Soif de paysager ton corps
    Te poisser du ventre au visage
    Puis arpenter tous tes mouillages
    Et te rendre plus chaude encor

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  • Rapine

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    On entre on sort on entre
    Ma moule est un moulin
    Vide béant les pleins
    M’ont découvert un centre

    On sort on entre on sort
    Pour s’ébattre entre potes
    Dont pas un ne chipote
    À chiper mes trésors

    On entre on sort on creuse
    On pille l’univers
    Mon ventre grand ouvert
    De fille court la gueuse

    On sort on entre on jouit
    Dans les doux puits que j’offre
    On rapine mes coffres
    Jusqu’au bout de la nuit

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  • Sois pas si rigide

    Catégories : Octosyllabes (8), Terza rima

    Nos marbres sont placés si près
    L’un de l’autre que je t’enfile
    Après minuit sous les cyprès

    Je n’ai qu’à tendre une main vile
    Pour toucher ton ventre poisseux
    De tous les plaisirs de la ville

    Pleurent un peu je le vois ceux
    Qui vivante te possédèrent
    De chair sur leurs membres osseux

    Feue courtisane ex-bayadère
    Morte en pleine jeunesse et dont
    Désormais le désir vide erre

    Sois pas si rigide ô fais don
    De tes seins qui déjà bleuissent
    Et de tes cuisses céladon

    Moi trépassé d’une jaunisse
    Je viens te tirer du tombeau
    Pour honorer tes orifices

    Tant pis si je ne suis pas beau
    Si mes os gris de pourriture
    Grincent en toi comme un rabot

    Je te promets que l’amour dure
    Plus que la viande et ses apprêts
    Chassant à jamais la froidure

    Bref ils nous ont placés si près
    Que c’eût été presque une injure
    Que de taire mon envie pure
    De t’enfiler sous les cyprès

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  • Elles sortaient du bain

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    Tripotant sa longue-vue
    Il reluquait d’autres mondes
    De jolies lunes girondes
    Tout en cratères touffus
    Elles sortaient du bain blondes
    Lui se tenait à l’affût
    Invisible s’il en fût
    Scrutant leurs moiteurs profondes

    L’une se laissait tresser
    Parfois face à la fenêtre
    Lui rêvant qu’il la pénètre
    Seul là-bas se caressait
    Il s’agissait d’un vieil être
    Misanthrope et délaissé
    N’ayant rien excepté ces
    Beautés nues venant de naître

    L’astronome à demi-fou
    Chaque soir montait la garde
    Vit brandi prunelle hagarde
    C’était presque un rendez-vous
    Il ignorait qu’elles fardent
    Pour lui jusqu’à leur minou
    Et s’écartent les genoux
    En sachant qu’il les regarde

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  • Vers… à viande

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    15 poèmes glauques, morbides, chelous, tordus, bizarres, dégueus,  sataniques, horribles, malsains, pervers, violents, crapuleux… et néanmoins cochons.

    https://www.atramenta.net/lire/vers-a-viande/104596

     

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  • Ma nuit vous est propice

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Bandez bandez messieurs
    Réglez vos épinglettes
    Si vous bandez mes yeux
    Je tringle à l’aveuglette

    Bandez-moi défendez
    Que je vous reconnaisse
    Prenez sans demander
    Ni la moindre promesse

    Bandez je n’y vois rien
    Ma nuit vous est propice
    Profitez ô vauriens
    De mes chauds précipices

    Bandez fussiez-vous vingt
    Cent démons invisibles
    Chaque vit me convainc
    De péter les fusibles

    Bandez messieurs fendez
    De vos rudes rapières
    Ces antres inondés
    Qui n’ont plus de repères

    Bandez libres de tout
    Le doux comme l’infâme
    Que vos brûlants atouts
    Ruinent mon corps de femme

    Bandez jusqu’au matin
    Yeux bandés bouche grande
    Ouverte la putain
    S’envoie toute la bande

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  • Garde le feu

    Catégories : Vers libres

    Mémoire ample mémoire
    Pleine de ceux qui m’ont ensemencée
    Fermant les yeux j’ai dans le noir
    Leur goût recommencé

    Je rouvre ainsi mes déchirures
    Sans bruit je jouis de ces frottées d’hier
    Dont la rumeur murmure
    Entière encore en toi mémoire
    Amie mémoire

    Que j’étais belle
    Tout enlisée de foutre et de mains d’hommes
    Mémoire ô mémoire fidèle
    J’ai oublié l’enfance et la tristesse et Rome
    Me souviens de Sodome
    Et d’où mon ventre s’écartèle

    Ne lâche rien mémoire
    Garde le feu
    Les jours d’été consumant mon histoire
    Et sur mes lèvres
    La poisse ardente des aveux

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  • L’antre morveux

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Ma vulve consumée
    Avale la fumée
    Nuage lactescent
    Qui tout au fond descend
    Puis ruisselle indécent

    Ô narine enrhumée
    Pâle comme un aveu
    Dans l’aurore embrumée

    Qu’on lape je le veux
    Cette mer écumée
    Au bel antre morveux

    Sous l’envie assumée
    De la femme allumée
    Qui te les jette au front
    Tu bois et nous bâfrons
    Ensemble tes fumées

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  • Toujours en laisse

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    Dans une cave à Soho
    Mains liées dans le dos soumise
    Tu t’ouvrais par l’entremise
    De ton ventre nu ô O

    Ta chair que chacun pénètre
    Cravachée de bas en haut
    Ton visage tout en eau
    Appartenaient à nos maîtres

    Dans une cave à Soho
    Moi l’autre foutue servante
    Je salivais sur les fentes
    Qu’ils t’enfilaient d’assaut O

    Tout en rêvant qu’on me laisse
    Sous leur membre de taureau
    Lécher lécher ton corps O
    Fussé-je toujours en laisse

    Puisque je t’aimais ô O
    Moi la fille à leur service
    Qui t’écartelais les cuisses
    Dans cette cave à Soho

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  • Copie conforme

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Balance ton porc, d’accord... encore faut-il s’assurer que c’en est bien un. On le fréquentera donc le temps de se rendre compte, de prendre la mesure de sa porcinité et d’évaluer son degré de porcitude.

    C’est ce que fait la courageuse Morgane, héroïne de ma petite histoire : telle une espionne sous couverture, elle revêt un habile déguisement qui lui permet d’infiltrer la porcherie.

    Plongée immersive en territoire (très) cochon...

    https://www.atramenta.net/lire/copie-conforme/104561

     

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  • La gifle

    Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)

    Mouillant d’avance aussitôt qu’il me siffle
    Dispose et nue les poignets pris au dos
    Cuisses à angle droit grosso modo
          Les yeux baissés j’attends la gifle

    Lui me mate tâte écarte en visant
    Mais prend son temps m’insulte et me persifle
    Puis ses doigts fusent le 22 long rifle
          N’est pas plus rapide et cuisant

    Mouillant déjà je tremble je renifle
    Ma faille ouverte mouillant plus encor
    Et je vibre et jouis au fond de mon corps
          À mesure qu’il me la gifle

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  • Trait pour trait

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Les vits qu’on me montrait,
    Rien ne put m’en distraire :
    Tôt je les voulus traire,
    Avalant à longs traits
    Les litres qu’ils foutraient.

    Et tant ils se vautrèrent
    Entre mes lèvres très
    Pleines (mon seul attrait),
    S’enfilant mon portrait,
    Qu’il fallut les extraire.

    Une vieille arbitrait
    Qui, tous, les avait traits
    Longtemps avant notre ère ;
    Nos soifs se rencontrèrent,
    Jumelles trait pour trait.

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  • Pigeonnante

    Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)

          C’est moi la mamelue
          C’est moi l’heureuse élue
    Qui débordant du balconnet
    Vous brandit dru sa loche au nez

          C’est ma zone érogène
          Que sans trêve et sans gêne
    Je sème à vos yeux polissons
    Pour me procurer les suçons

          Mon sein d’antique idole
          Aux pourpres aréoles
    Vous dispense le lait divin
    Plus suave encore que le vin

          C’est moi la lactophore
          Dont les rondeurs d’amphore
    Vous rappellent les jeux d’amant
    Que vous jouiez avec maman

          C’est ma chair pigeonnante
          Qui tendre vous aimante
    Et vous gorge de sang le vit
    Tétez, tétez... et je revis !

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  • Déboussolée

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    Nord perdu le cœur déçu de
    L’autre sexe et l’âme à l’ouest
    J’ai le ventre qui exsude
    Façon de lâcher du lest

    Déboussolée je me tâte
    Aux quatre points cardinaux
    Errant seule à quatre pattes
    Toute nue sur le lino

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  • Dernière sortie avant l’Âge d’or

    Catégories : Jocelyn Witz

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    C’est bien ici, l’Âge d’or ?

    Le paradis, quoi ?

    Le royaume dernier de l’harmonie et du vivre-ensemble ?

    Le nouveau jardin d’Éden, où les hommes sont tous des femmes à poil et les femmes des anges pétris de bienveillance, d’amour du prochain, de sensualité ?

    Je voyais pas ça comme ça, mais bon.

    S’il vous reste un peu de place, je poserais bien mes valises, mes névroses, mes angoisses, mon mal-être, mes regrets, mes impostures, mes peurs, ma bassesse, mes envies de meurtre, mes failles irrémédiables, mon désespoir, ma jalousie maladive, mes pulsions autodestructrices, etc., etc....

    https://www.atramenta.net/lire/derniere-sortie-avant-lage-dor/104681

     

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  • Signes fastes

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Bel et bâti tel un gymnaste
    Il fit sur moi tant d’impression
    Qu’éclataient les boutons-pression
    De mon corsage — un signe faste

    Le reluquant au pantalon
    Je sus qu’il avait là de vastes
    Potentialités car baste !
    Sa cambrure en révélait long

    L’homme en outre n’était pas chaste
    M’avoua-t-il avec gaieté
    De haut en bas je m’excitais
    Hélas ! il était pédéraste…

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