Soif d’étaler ta propre mouille
Sur ton visage et sur tes seins
Afin de pouvoir à dessein
Lécher ces beautés je les souille
Je te rendrai plus chaude encor
En te recouvrant de salive
Nous partirons à la dérive
Sur les mers salées de ton corps
S’il est une île à ma portée
Profonde et sentant bon la nuit
J’en fouillerai les moindres puits
Des vagues t’auront emportée
Soif de paysager ton corps
Te poisser du ventre au visage
Puis arpenter tous tes mouillages
Et te rendre plus chaude encor
Ton pantoum dans mon haïku
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Paysager ton corps
Catégories : Octosyllabes (8) -
Rapine
Catégories : Hexasyllabes (6)On entre on sort on entre
Ma moule est un moulin
Vide béant les pleins
M’ont découvert un centre
On sort on entre on sort
Pour s’ébattre entre potes
Dont pas un ne chipote
À chiper mes trésors
On entre on sort on creuse
On pille l’univers
Mon ventre grand ouvert
De fille court la gueuse
On sort on entre on jouit
Dans les doux puits que j’offre
On rapine mes coffres
Jusqu’au bout de la nuit -
Sois pas si rigide
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaNos marbres sont placés si près
L’un de l’autre que je t’enfile
Après minuit sous les cyprès
Je n’ai qu’à tendre une main vile
Pour toucher ton ventre poisseux
De tous les plaisirs de la ville
Pleurent un peu je le vois ceux
Qui vivante te possédèrent
De chair sur leurs membres osseux
Feue courtisane ex-bayadère
Morte en pleine jeunesse et dont
Désormais le désir vide erre
Sois pas si rigide ô fais don
De tes seins qui déjà bleuissent
Et de tes cuisses céladon
Moi trépassé d’une jaunisse
Je viens te tirer du tombeau
Pour honorer tes orifices
Tant pis si je ne suis pas beau
Si mes os gris de pourriture
Grincent en toi comme un rabot
Je te promets que l’amour dure
Plus que la viande et ses apprêts
Chassant à jamais la froidure
Bref ils nous ont placés si près
Que c’eût été presque une injure
Que de taire mon envie pure
De t’enfiler sous les cyprès -
Elles sortaient du bain
Catégories : Heptasyllabes (7)Tripotant sa longue-vue
Il reluquait d’autres mondes
De jolies lunes girondes
Tout en cratères touffus
Elles sortaient du bain blondes
Lui se tenait à l’affût
Invisible s’il en fût
Scrutant leurs moiteurs profondes
L’une se laissait tresser
Parfois face à la fenêtre
Lui rêvant qu’il la pénètre
Seul là-bas se caressait
Il s’agissait d’un vieil être
Misanthrope et délaissé
N’ayant rien excepté ces
Beautés nues venant de naître
L’astronome à demi-fou
Chaque soir montait la garde
Vit brandi prunelle hagarde
C’était presque un rendez-vous
Il ignorait qu’elles fardent
Pour lui jusqu’à leur minou
Et s’écartent les genoux
En sachant qu’il les regarde -
Vers… à viande

15 poèmes glauques, morbides, chelous, tordus, bizarres, dégueus, sataniques, horribles, malsains, pervers, violents, crapuleux… et néanmoins cochons.
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Ma nuit vous est propice
Catégories : Hexasyllabes (6)Bandez bandez messieurs
Réglez vos épinglettes
Si vous bandez mes yeux
Je tringle à l’aveuglette
Bandez-moi défendez
Que je vous reconnaisse
Prenez sans demander
Ni la moindre promesse
Bandez je n’y vois rien
Ma nuit vous est propice
Profitez ô vauriens
De mes chauds précipices
Bandez fussiez-vous vingt
Cent démons invisibles
Chaque vit me convainc
De péter les fusibles
Bandez messieurs fendez
De vos rudes rapières
Ces antres inondés
Qui n’ont plus de repères
Bandez libres de tout
Le doux comme l’infâme
Que vos brûlants atouts
Ruinent mon corps de femme
Bandez jusqu’au matin
Yeux bandés bouche grande
Ouverte la putain
S’envoie toute la bande -
Garde le feu
Catégories : Vers libresMémoire ample mémoire
Pleine de ceux qui m’ont ensemencée
Fermant les yeux j’ai dans le noir
Leur goût recommencé
Je rouvre ainsi mes déchirures
Sans bruit je jouis de ces frottées d’hier
Dont la rumeur murmure
Entière encore en toi mémoire
Amie mémoire
Que j’étais belle
Tout enlisée de foutre et de mains d’hommes
Mémoire ô mémoire fidèle
J’ai oublié l’enfance et la tristesse et Rome
Me souviens de Sodome
Et d’où mon ventre s’écartèle
Ne lâche rien mémoire
Garde le feu
Les jours d’été consumant mon histoire
Et sur mes lèvres
La poisse ardente des aveux -
L’antre morveux
Catégories : Hexasyllabes (6)Ma vulve consumée
Avale la fumée
Nuage lactescent
Qui tout au fond descend
Puis ruisselle indécent
Ô narine enrhumée
Pâle comme un aveu
Dans l’aurore embrumée
Qu’on lape je le veux
Cette mer écumée
Au bel antre morveux
Sous l’envie assumée
De la femme allumée
Qui te les jette au front
Tu bois et nous bâfrons
Ensemble tes fumées -
Toujours en laisse
Catégories : Heptasyllabes (7)Dans une cave à Soho
Mains liées dans le dos soumise
Tu t’ouvrais par l’entremise
De ton ventre nu ô O
Ta chair que chacun pénètre
Cravachée de bas en haut
Ton visage tout en eau
Appartenaient à nos maîtres
Dans une cave à Soho
Moi l’autre foutue servante
Je salivais sur les fentes
Qu’ils t’enfilaient d’assaut O
Tout en rêvant qu’on me laisse
Sous leur membre de taureau
Lécher lécher ton corps O
Fussé-je toujours en laisse
Puisque je t’aimais ô O
Moi la fille à leur service
Qui t’écartelais les cuisses
Dans cette cave à Soho -
Copie conforme
Catégories : Jocelyn Witz
Balance ton porc, d’accord... encore faut-il s’assurer que c’en est bien un. On le fréquentera donc le temps de se rendre compte, de prendre la mesure de sa porcinité et d’évaluer son degré de porcitude.
C’est ce que fait la courageuse Morgane, héroïne de ma petite histoire : telle une espionne sous couverture, elle revêt un habile déguisement qui lui permet d’infiltrer la porcherie.
Plongée immersive en territoire (très) cochon...
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La gifle
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Mouillant d’avance aussitôt qu’il me siffle
Dispose et nue les poignets pris au dos
Cuisses à angle droit grosso modo
Les yeux baissés j’attends la gifle
Lui me mate tâte écarte en visant
Mais prend son temps m’insulte et me persifle
Puis ses doigts fusent le 22 long rifle
N’est pas plus rapide et cuisant
Mouillant déjà je tremble je renifle
Ma faille ouverte mouillant plus encor
Et je vibre et jouis au fond de mon corps
À mesure qu’il me la gifle -
Trait pour trait
Catégories : Hexasyllabes (6)Les vits qu’on me montrait,
Rien ne put m’en distraire :
Tôt je les voulus traire,
Avalant à longs traits
Les litres qu’ils foutraient.
Et tant ils se vautrèrent
Entre mes lèvres très
Pleines (mon seul attrait),
S’enfilant mon portrait,
Qu’il fallut les extraire.
Une vieille arbitrait
Qui, tous, les avait traits
Longtemps avant notre ère ;
Nos soifs se rencontrèrent,
Jumelles trait pour trait. -
Pigeonnante
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)C’est moi la mamelue
C’est moi l’heureuse élue
Qui débordant du balconnet
Vous brandit dru sa loche au nez
C’est ma zone érogène
Que sans trêve et sans gêne
Je sème à vos yeux polissons
Pour me procurer les suçons
Mon sein d’antique idole
Aux pourpres aréoles
Vous dispense le lait divin
Plus suave encore que le vin
C’est moi la lactophore
Dont les rondeurs d’amphore
Vous rappellent les jeux d’amant
Que vous jouiez avec maman
C’est ma chair pigeonnante
Qui tendre vous aimante
Et vous gorge de sang le vit
Tétez, tétez... et je revis ! -
Déboussolée
Catégories : Heptasyllabes (7)Nord perdu le cœur déçu de
L’autre sexe et l’âme à l’ouest
J’ai le ventre qui exsude
Façon de lâcher du lest
Déboussolée je me tâte
Aux quatre points cardinaux
Errant seule à quatre pattes
Toute nue sur le lino -
Dernière sortie avant l’Âge d’or
Catégories : Jocelyn Witz
C’est bien ici, l’Âge d’or ?
Le paradis, quoi ?
Le royaume dernier de l’harmonie et du vivre-ensemble ?
Le nouveau jardin d’Éden, où les hommes sont tous des femmes à poil et les femmes des anges pétris de bienveillance, d’amour du prochain, de sensualité ?
Je voyais pas ça comme ça, mais bon.
S’il vous reste un peu de place, je poserais bien mes valises, mes névroses, mes angoisses, mon mal-être, mes regrets, mes impostures, mes peurs, ma bassesse, mes envies de meurtre, mes failles irrémédiables, mon désespoir, ma jalousie maladive, mes pulsions autodestructrices, etc., etc....
https://www.atramenta.net/lire/derniere-sortie-avant-lage-dor/104681
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Signes fastes
Catégories : Octosyllabes (8)Bel et bâti tel un gymnaste
Il fit sur moi tant d’impression
Qu’éclataient les boutons-pression
De mon corsage — un signe faste
Le reluquant au pantalon
Je sus qu’il avait là de vastes
Potentialités car baste !
Sa cambrure en révélait long
L’homme en outre n’était pas chaste
M’avoua-t-il avec gaieté
De haut en bas je m’excitais
Hélas ! il était pédéraste… -
Un chinois si poli
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)De bouche en bouche étendons, ô mes sœurs,
Ce velouté d’asperge davantage
via d’avides baisers suceurs.
De bouche en bouche avec vous je partage
ma joie d’aimer ce chinois si poli
à travers son crémeux potage.
De bouche en bouche avalez l’eau du lit,
le jus de nœud que j’ai liché, farouche ;
lui nous observe et rembellit,
se demandant laquelle, sur sa couche,
fera sa touche prochaine, ô mes sœurs
qui le goûtez de bouche en bouche. -
Tant de phalles
Catégories : Heptasyllabes (7)Sur le sofa tu t’affales
Fleur entourée d’inconnus
Te tendant leur membre nu
Pour toi seule ô tant de phalles
Sur le sofa vingt vits drus
Se farcissent la morfale
La font reluire en rafale
Pour toi seule ô que d’intrus
Sur le sofa tu t’affales
Sous tes chevaliers servants
Ô rêve rêvé souvent
Issu de ton encéphale
Tant qu’à la fin sur le flanc
Toi leur fleur philosophale
Tétant les glands triomphale
Tu les bois les désenflant -
À mon service
Catégories : Octosyllabes (8)Langue qui caresse et voussoie
Aux élans mêlés de respect
Mon ventre encore insatisfait
Où frissonne où s’ouvre la soie
D’un pétale étrange échauffé
Langue à polir l’apostrophé
M’obéissant telle une esclave
Elle entre où je lui dis d’entrer
Au ventre encore impénétré
Là sa salive effleure et lave
Mes plus attendrissants secrets
À petits coups lents et discrets
Puis voici qu’il enfonce et visse
Sous mes désirs agenouillé
Sa langue habile à me fouiller
Ô langue d’homme à mon service
Voussoie mon ventre tout mouillé
Bois de mes miels en pointillé -
Sirène au clair de lune
Catégories : Jocelyn Witz
L’été approche. Les plages vous sourient. Le soleil, la mer, parfois le clair de lune, telles des putes, vous murmurent d’irrésistibles invites. Et je ne parle même pas des sirènes en maraude qui vous épient, planquées entre deux eaux, se rinçant l’œil, remuant la queue et tendant vers vous leurs griffes poisseuses...
Accrochez-vous à votre bouée canard !
https://www.atramenta.net/lire/sirene-au-clair-de-lune/104332
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