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Alexandrins (12 pieds)

  • Une infâme amoureuse

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)

    Aux plaines des garçons j’ai beaucoup galopé,
    Moi qui fus, à coups sûrs, une humble salope et
          Une infâme amoureuse ;
    Mon cœur voulant sans cesse au plaisir se doper,
    J’ébranlais sur l’échine amie des verges creuses
          Ma foutue canopée,
    Ô, pleine des garçons, fille des bois, coureuse !

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  • Sur les brisées des saintes

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)

          C’est à genoux, telle une nonne,
    Les mains jointes et nue, tout pénétrée d’ardeur,
    Sentant du Paradis déjà la bonne odeur,
          À deux genoux qu’on m’encanonne.

          C’est contre mes reins s’arrimant,
    À deux genoux aussi, que mon raide ministre,
    Homme de foi robuste, ahane et m’administre
          Au sacrum son saint sacrement.

          C’est en marchant sur les brisées
    Des saintes du temps jadis que je fais l’amour
    À deux genoux, pieusement — peut-être un jour
          Me verra-t-on canonisée.

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  • La cendre brûle encor

          Jeanne ô lubrique enfant du moyen âge
                      Que disaient donc ces voix
    Va-t’en quérir le mâle en armes et pavois
                Ceux-là sauront te mettre en nage

          Jeanne ô putain tu réclamas du roi
                      Des bataillons de pines
    Pour complaire aux démons t’ardant comme une épine
                Que tu voyais en cent endroits

          Jeanne ô ma sainte ô follette incomprise
                      La cendre brûle encor
    De ton ventre d’amour en dépit des efforts
                Pour les étouffer de l’Église

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  • Sauvageonne

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Je suis celle qui tremble en guettant à l’orée
    Celle qui se repaît de vous la voir sortir
    Celle au souffle coupé quand la pine adorée
    Gorgée de pluie paraît et s’ajuste le tir

    Je suis la folle à lier la jamais déflorée
    La sauvageonne sans culotte sans honneur
    Qui mate à s’en pâmer la cascade dorée
    Le jaune ru jailli du vit des promeneurs

    Puis le jet tarissant puis la bite essorée
    L’homme parti j’accours pour m’emplir les naseaux
    Des doux parfums hantant l’ortie la chicorée
    Depuis que mon oisif y a vidé ses eaux

    Alors à genoux telle une veuve éplorée
    Sur la mousse écumante et qui frémit encor
    Je caresse sans fin de mes mains décorées
    D’urine obscènement les bauges de mon corps

    Je suis celle qui fuit qui joue les mijaurées
    Celle qui s’alimente en pillant les épis
    La déséquilibrée souffrant d’aménorrhée
    Qui glorifie le mâle et son brûlant pipi

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  • À l’été dévoreur

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)

    Ô sauvages festins, banquets de cannibales !
          Ô chairs toujours plus crues
    Luisant sous le soleil, étalées dans les rues…
          Tout à coup j’ai la dalle.

    Volets écartés, je me livre au ciel, au vent,
          À l’été dévoreur,
    Moi la zombie, la morte affamée, moi l’horreur
          Au ventre ouvert devant.

    Je cours en ramasser sur les plages de fraîches
          Qui sentent fort la viande,
    Les saupoudrer de sel pour pas qu’elles faisandent
          Avant que je les lèche.

    Sang chaud, sang rubis, sang qui bouillonne, ô bon sang,
          Appétits d’animal
    Sitôt que je renifle un frisson aromal
          De corps adolescents…

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  • Mes histoires

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Je vis du souvenir des hommes, mes amants
    d’autrefois, ceux pour qui je dépêchais des sources,
    ceux qui grimpaient les flancs de ma montagne aux ours,
    m’appelaient l’allongée, la terre indécemment
    ouverte sous l’élan sans repos de leur course.

    Je vis du souvenir des amours, des chevaux
    de sang cabré, des bondissants qui m’emportèrent,
    reniflant mes toisons, y cherchant le mystère
    dont je détresse encore aujourd’hui l’écheveau
    dans ma fuite avortée, pâle écho solitaire.

    Il me reste les fleurs, leurs pétales mouillés
    du chuchotis d’anciens parfums dans ma mémoire ;
    il me reste un buisson qu’agite au gré du soir
    le doigt du vent d’hier — mais on l’a dépouillé
    de ces chercheurs de ciel qui me versaient à boire.
          De mon sommeil, en somme.

    Je vis du souvenir des hommes,
          mes histoires…

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  • Correspondance

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Sonnet

    C’est certainement ce qu’il voulait dire, mais il s’est mal exprimé…

    Ma nature est un temple où de vivants piliers
    Viennent pour s’emboutir entre mes deux guiboles ;
    L’homme y fourre au travers des poils et carambole
    Ce sanctuaire ancien d’un vit réconcilié.

    Sous la houlette tendre et noueuse, profonde
    Et drue, qui voue un culte à la féminité,
    L’harmonie s’établit quand, serties, la bite et
    Mon intime chapelle enfin se correspondent.

    Il en est de pansues, poteaux de chair enflant
    Gras comme des boas ou bien des otaries,
    — Et d’autres dont l’ardeur me laisse sur le flanc,

    L’essentiel étant que nos sexes s’apparient
    Comme l’âme et le corps, la vis et son écrou :
    Chacune en trouvera lui ravissant les trous.

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  • D’amour amenuisé

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)

    À force de limer, tendre ami, tu t’émousses,
          Et je sens que le jour viendra
    Où, même ayant le sang saturé de Viagra,
          Ce membre fourbu dira pouce.

    Plus rien n’émoustillant ton moucheté fleuret,
          C’en sera fait du geste auguste
    Du limeur d’autrefois ; il me restera juste
          La fente et les yeux pour pleurer.

    Et plus tu t’uses, plus — dame ! — moi, je me mine,
          Envahie par d’épais crayons
    Qui remplacent ta pine : eux et moi bataillons
          Comme lorsque j’étais gamine.

    Oui, ton vit épuisé à force de puiser
          Pendouille ; elles sont loin ses frasques ;
    Chaque fois tes élans se font un peu plus flasques,
          Bandant d’amour amenuisé.

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  • Cruelle méprise au couvent

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Une vierge à genoux sur son lit de cellule
    (Fille pourtant très-sage et n’ayant jamais eu
    D’amant), battant des cils comme des libellules,
    Caressa d’un regard suppliant son Jésus,

    Puis, gémissante, sans rogner à la dépense,
    Elle s’échauffe et frictionne (hélas ! rien n’y fit)
    De ses linges mouillés la tache sur la panse
    Qu’arborait le Divin rivé au crucifix.

    « On croira qu’est de moi, se disait la novice,
    Ce sang ! On conclura que, d’un cœur mal-bigot
    Et d’une âme lascive habitée par le vice,
    J’ai fait entrer le Christ entre mes blancs gigots ! »

    Elle tâta des verges au bout de l’aventure,
    Mais ce fut pour avoir, dans sa sotte ferveur,
    De l’idole en Passion esquinté la peinture
    Et, par un franc récit, émoustillé ses sœurs.

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  • Ta truffe

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Théâtre

    Tragédie en cinq actes de M. de Molle-Hier

     

    Personnages :

    DON LOPE DE RUTABAGA, mari de Doña Putana
    DOÑA PUTANA, épouse de Don Lope et amante de Sancho (entre autres)
    SANCHO, (l’un des nombreux) amant(s) de Doña Putana

     

    L’action se déroule dans la chambre à coucher des époux.

    Entre Sancho, grand et beau Black qui, d’un geste mâle, arrache les vêtements de Doña Putana et lui roule une pelle des familles sous l’œil hagard de Don Lope qui bave en leur tournant autour à quatre pattes.

     

          SANCHO

    Me revoilà, poupée ! Quand tu veux je te lime.
    Est-il prêt le cocu, ton époux légitime ?

          DOÑA PUTANA

    Hélas ! il va et vient comme un homme hébété
    Depuis que de ta truffe on le voit tant téter.
    Il l’appelle sa sœur et l’aime dans son âme
    Au point d’en négliger putains, filles et femme.
    Il rêve — il m’en a fait le discours impudent —
    Que tu daignes un jour la lui mettre dedans.
    Il la choie, il l’embrasse, il la prend pour maîtresse
    Et n’a plus envers moi qu’un soupçon de tendresse.
    Au lieu, tel un toutou, de rester sage ici,
    Il se jette entre nous, veut te sucer aussi
    Ce bon morceau de chair qu’il faut que je lui cède,
    Me branlant à côté, car ton foutre l’obsède,
    Enfin, il en est fou ; tu sors ta bite et bing !…
    Je voyais autrement les joies du cuckolding.

          SANCHO

    Vertuchou ! que…

     

    Le reste du manuscrit est perdu à jamais.
    Dommage, ça commençait bien…
    Mais il semblerait qu’un certain Poquelin ait pas mal pompé (acte I, scène 2).

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  • Ma peau aime

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Sonnet

    Je m’empalais, le poing dans mon ventre crevé ;
    Mes branlettes aussi devenaient vaginales,
    Au point que je passais pour une originale ;
    Oh ! là là ! que ces lents coïts m’ont fait baver !

    Cendrillon égarée, j’avais perdu en route
    Mon unique culotte — une rose à troutrous —,
    Et je grimpais au lustre avec un doux froufrou
    De muqueuses à vif (et de mouille, sans doute).

    Ainsi, les soirs d’octobre où l’ennui d’exister
    Vous habite le cœur, seule je me fistais
    La chatte, produisais des brames fantastiques,

    Et, pissant à la raie de tous les ratichons,
    Dans mon trip, je tirais à mort les élastiques
    Du soutif dans l’idée de gifler mes nichons !

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    S’en aller vendre des fusils en Afrique, franchement…
    L’homme à la cervelle de vent, oui.

     

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  • Tropiques

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Je rêve d’un brûlant pays où les nanas
    Poussent sur les buissons comme des ananas
    Où quand le jour s’achève un autre fruit se crée
    Vous tendant sa verdeur et sa pulpe sucrée
    Sous l’écorce brunie que le soleil tanna

    Dans cet ailleurs les fleurs même cachent des langues
    Chacune babillant y va de sa harangue
    Qui tendre vous attire et vous englue le cœur
    À force d’allusions de rires de langueur
    Vers leur calice empli de chaud sirop de mangue

    Puisqu’il n’est nul hiver on y vit sans tricot
    Et batifolant aux rivages tropicaux
    D’exquises et soupirantes grappes de filles
    S’entretètent les seins au parfum de vanille
    Et s’offrent pour dessert leurs ventres d’abricots

    Ô rêve d’où la volupté l’amour émanent
    Ô lointains ô tendrons qui jamais ne se fanent
    À vous imaginer j’ai le sang qui rebout
    Et souvent je me branle en souvenir debout
    De ce pays d’où l’on a banni la banane

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  • Perle d’O n° 196

    Il dit ce que je suis
    Ce nouvel affront je l’essuie
    Et ces ardents regards je les affronte
    Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte

    Il dit montre tes seins
    Candeurs chamarrées du dessin
    Lilas qu’a là griffonné la cravache
    Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche

    Il dit viens là catin
    J’en rougis sous mon fond de teint
    Messieurs jusques au soir je vous la laisse
    La sachant se prêter aux plus rêches caresses

    Sent-il que l’horizon
    De ma servilité touche à la déraison
    Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
    La miss au diapason
    À complaire à tous habituée ?

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  • Perle d’O n° 64

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’O

    Simple et souple je suis encline
    À m’ouvrir à sa discipline
    M’ouvrir sans cesse ou vivre entrouverte plutôt
    Comme avec les gens du château

    Ne dresser de barrière aucune
    N’être que troublantes lacunes
    Disponible à loisir ainsi qu’un peu plus tôt
    Dans les corridors du château

    Rêve infiniment accessible
    Cible avide de flèches cible
    Courant s’offrir aux dards comme sur un plateau
    Blessure béante au possible
    Douve aux eaux de cruor que dragua staccato
    Chaque suzerain du château

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  • Perle d’O n° 215

    Mon maître m’attendait, superbe et mécontent,
    L’œil assoiffé d’un orifice
    Ruisselant d’obédience, ou bien qu’on me punisse ;
    Mon maître m’attendait : j’aime lorsqu’il m’attend,
    Car moi je l’attends tout le temps.

    Je me souviens d’un conte où la chaste princesse
    Vit entre les murs d’une tour,
    Patiente, disponible, en regardant autour,
    Tâchant de voir ce prince à qui tendre les fesses…
    De même je l’attends sans cesse.

    Dans l’ombre du bureau se dressait mon sultan ;
    De crainte mêlée de délices,
    J’avais le sang remué : sait-il de nouveaux vices
    Pour sa poupée de cire au ventre palpitant
    Qui l’attend tout le temps ?

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  • Demain, dès l’aube…

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Demain, dès l’aube, à l’heure hâve où chie ma compagne,
    Je partirai. Vois-tu, j’aime de temps en temps
    À retrouver Victor, fourrager sous son pagne,
    Lui tripoter les yeuks et le rendre content.

    Je marcherai la foune ardente, ô insensée !
    D’avance savourant son énorme biscuit,
    Car, si monsieur pénis n’est pas la panacée,
    Je languis pourtant de me l’avoir introduit.

    Ne dis rien à Adèle : elle viendrait en trombe
    Pour nous les briser grave avec ses cris, ses pleurs ;
    Mon Totor en perdrait l’aplomb qui lui incombe
    Et son Popaul à la tentaculaire ampleur.

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  • Perle d’O n° 176

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’O

    Quatre femmes quatre jetons
    Celle au plus petit chiffre aura le privilège
    De me cingler lolos fourreau cuissots que sais-je
    Aux quatre vents d’amour fétus nous nous jetons
    Aux quatre vents de tous les appétits gloutons
    Livrant à corps perdu le doux de nos soies grèges

    Quatre femmes tirant au sort
    Dont l’une après me fermera les bracelets
    Me conduira dedans pour m’entendre hurler
    Sous la règle me voir vibrer comme un ressort
    Aux quatre vents nous nous effeuillons sans effort
    Aux quatre vents d’amour nos cœurs manipulés

    Quatre femmes s’abandonnant
    Au hasard au bonheur à la fortune au risque
    De se retrouver vase urne trou d’amphorisque
    Un simple contenant
    Offert aux faims du chef et de ses lieutenants
    Aux quatre vents d’amour nos corps que l’on confisque

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  • Les plaisirs du notaire

    Entre mes seins bercée ta cravate enfle en coulissant
                Crachant bavant sur sa lancée
          Son plaisir étrilleur où s’entube insensée
                Ta verve à nos souffles puissants

    Entre mes seins si blancs si ronds qu’on jurerait des fesses
                Notaire entre foutre en gros plan
          Te recueillir et vivre entre mes seins troublants
                Comme d’autres vont à confesse

    Entre mes seins qu’étreint la passion nue qui nous anime
                Ton mandrin perce et va bon train
          Un tunnel espagnol entre mes seins empreints
                De la même joie unanime

    Entre mes seins materne encore ô poupon doux bandit
                Ta soif d’amour jamais en berne
          Cherche la faille interstice étroite poterne
                Pour ce vit qui tant a grandi

    Entre mes seins baratte et pour finir gicle le lait
                D’homme que celait ta cravate
          Beurre de ta cuiller au long manche écarlate
                Ces seins rêvant de t’avaler

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  • Les patauds ivres

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

          Pour Arthur R., qui se reconnaîtra…

    Comme je dégustais tes fleuves impossibles
    Je ne me sentis plus tirée par nos hâbleurs
    Paulot s’estimant gay ou pétant un fusible
    Clouait Luc en dépit de ses cris de douleur

    J’étais peu concernée par ce franc dérapage
    Chacun son tour au fond de se faire enculer
    Rien ne m’intéressait que le brûlant cépage
    Issu de ton giron d’un rose immaculé

    Dans les clapotements luxurieux des marées
    Moi la langue en haleine et le cœur s’échauffant
    En eussé-je eu le temps je me serais marrée
    De voir ce pauvre Luc que l’autre con pourfend

    Mais je n’avais d’yeux que pour tes beautés intimes
    Avec des bruits cochons je picolais tes flots
    Ces régals éternels ces jus que sous-estime
    Volontiers le machiste un peu niais c’est ballot

    Plus doux qu’aux enfants de contourner la censure
    J’y pénétrai d’un doigt coquin de chaud lapin
    Qui tendre et langoureux chatouilla ta fressure
    En t’envoyant vibrer jusqu’aux bleus escarpins

    Et dès lors je me suis baignée dans cette crème
    Cette mer infusée de ventre incandescent
    Dévorant goulue l’antre noir de Polyphème
    D’où la larme pensive en continu descend

    Toi pignant tout à coup ta volupté navire
    Devenu fou sous mes cajoleries d’amour
    Et les vapeurs d’alcool tes beaux yeux entrevirent
    Sur ton mari Paulot crispé en plein labour

    Peut-être fut-ce un choc tel l’effet d’une bombe
    De voir sur le tapis même pas dans le noir
    Que ton propre chéri un mec pourtant succombe
    Aux charmes d’un gourdin qu’il prend dans l’entonnoir

    J’ai vu ton front pâlir Mais qu’est-ce qu’ils trafiquent
    Te disais-tu sans doute Ont-ils trop picolé
    Pareil à un acteur de films pornographiques
    Cependant Luc en râle était patafiolé

    J’ai rêvé je l’avoue de le voir évanoui
    Baisé jusqu’à plus soif au cul ton culbuteur
    Lui qui souvent m’avait en l’arrière-pays
    Pris la température en jouant au docteur

    J’ai suivi l’œil en coin la gaîté non tarie
    Les affres de l’actif se découvrant passif
    Divertie que mon homme aux brames d’otarie
    Sût lui forcer la main d’un gland supermassif

    J’ai heurté léchant toujours d’une langue avide
    Ton clito de panthère au tout petit chapeau
    Et tu lanças au ciel de longs jurons perfides
    Dignes d’ivres marins en de glauques tripots

    Je l’ai vu fermenter ta fente de chiennasse
    Qui se nourrit de joncs le plus clair de son temps
    Ses épanchements d’eau me giclaient à la face
    Truffés de germes fort acido-résistants

    De derrière sans trêve ô furieux de la baise
    Échouage hideux au fond d’un golfe brun
    Du coït vigoureux de nos maris obèses
    Et alcoolisés nous parvenaient les embruns

    Au Web j’aurais voulu montrer cette cagade
    Ce grand frisson de deux polissons s’effoutant
    Mais mon smart déchargé m’avait laissée en rade
    Et d’ineffables vents m’affolaient par instants

    Parfois martyr assez du Paulot son binôme
    Luc semait un sanglot amer au roulis doux
    Épousant chaque assaut dans sa ventouse jaune
    Et rappelant l’appel d’une femme à genoux

    Presque ivre me sentant sur les bords maquerelle
    J’incitais en mon for le perceur de côlon
    À mener jusqu’au bout l’épreuve culturelle
    Quitte à s’encanailler enculons enculons

    Paulot pataud perdu échevelé de transe
    Jetant son yatagan toujours plus sforzando
    Moi je m’interrogeais sur la jurisprudence
    À savoir faut-il pas l’arroser d’un seau d’eau

    Moi qui d’ailleurs lichais ta fente à l’aveuglette
    M’abreuvais de ces miels rougeoyants ces saumures
    Qui portent confiture en suaves gouttelettes
    Tes remuements d’orteils et tes morves m’émurent

    Moi qui matais le ventre saoul l’âme électrique
    Mon Paulot transporté tirer sa crampe au noir
    Et fouiller de ton Luc à violents coups de trique
    Les profondeurs du fion de son gros éteignoir

    Moi qui tremblais d’entendre geindre à pleines gorges
    Le rut des Béhémots à l’intellect épais
    Anticipant l’ordure et les litres d’eau d’orge
    Je pleurais le tapis qu’ils allaient saloper

    J’ai vu soudain Paulot dégager son missile
    Et partir en chandelle avec un cri du cœur
    Tandis que puits sans fond il nous lançait ses mille
    Et cent perles comme éclaboussées d’un shaker

    Mais vrai j’ai trop grimpé aux rideaux délirante
    Et c’est dur à présent de m’envoyer en l’air
    Le souvenir de cette empalade me hante
    Ô que ma figue éclate ô que vienne l’éclair

    Si je désire une eau interlope tu lâches
    Ce qu’il faut mais mon sang n’en est plus allumé
    À moins que j’aie en vue ces braves à moustache
    Tels des chiens en chaleur l’un à l’autre arrimés

    Je ne puis plus depuis tant nous nous échauffâmes
    Jouir de ces entretiens gouinassiers et gloutons
    Pleinement sans avoir près de nos peaux de femmes
    Nos maris se broutant la pine et les roustons

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  • Cet hymen imprévu

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)

    Une nuit nous ferons la noce en ce musée
    Tu le sais bien je vois à ta moue amusée
    Que nos sangs se comprennent empressés l’autre et l’un
    De tromper des gardiens la lasse vigilance
    Pour se retrouver seuls dans la pénombre immense
          Et se faire un câlin

    Tapie peut-être dans l’antique sarcophage
    De ce roi de poussière oh j’attendrai fort sage
    Que meure aussi l’écho du moindre bruit vivant
    Hors l’élan le galop de mon cœur intrépide
    Et ton appel muet tel un vent de Colchide
          Vous baise en dérivant

    Alors comme à l’époux une vierge s’avance
    J’irai tremblante et nue vers ta magnificence
    À peine luira-t-il ton membre dans le noir
    Que je le ferai mien l’étouffant de caresses
    Avant que de forcer de sa matière épaisse
          Mon trop étroit couloir

    Oui Priape ô mon dieu de marbre aux tendres veines
    Une nuit je reviendrai une nuit prochaine
    Et nous célébrerons cet hymen imprévu
    Par-delà la morale et par-delà les âges
    De mon ventre et ton vit qui met mon ventre en nage
          Depuis que je l’ai vu

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