Chanson de corps de garde
dédiée à Phil Bottle, poète en Short
Capitaine, ô vieux capitaine,
Nous t’aimons d’un cœur si brûlant
Que, lors des assauts sur la plaine,
Nous le prouvons en tant qu’uhlans.
Toujours en selle,
Le sabre au vent !
Foin des pucelles
Qu’on fout devant !
C’est nous les braves :
Otto, Roland,
Willi, Gustav
Et Jacques, uhlans !
Capitaine, ô ta noble dame
Nous inspire un respect violent ;
Sa beauté nous fait fondre l’âme
Et frissonner en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, après la bataille
Tu vantes partout nos élans,
Et, quoique pas un ne te vaille,
Nous voilà fiers en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô fin meneur d’hommes,
Si, certes, nos jeux turbulents
Singent un peu ceux de Sodome,
On se rachète en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô, c’est bien dommage !
Ton sang gicle en coagulant,
Tu meurs… mais un dernier hommage
Nous te rendons en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô, sous ta houlette
Nous eûmes un fameux bilan
De soûlographie, de boulettes
Et de scandale en tant qu’uhlans.
Toujours en selle,
Le sabre au vent !
Foin des pucelles
Qu’on fout devant !
C’est nous les braves :
Otto, Roland,
Willi, Gustav
Et Jacques, uhlans !
Quadrisyllabes (4)
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Chœur des braves uhlans
Catégories : Chanson, Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4) -
Reine d’un soir
Catégories : Hexasyllabes (6), Quadrisyllabes (4)J’ai eu la fève
Et je choisis mon roi
Ce sera toi
Puisqu’aussi bien je rêve
Refondre entre tes bras
J’ai eu la fève
À mon commandement
Sois cet amant
Pour qui mon ventre crève
Et s’ouvre avidement
J’ai eu la fève
Tu ne peux refuser
Quelques baisers
Quelques gouttes de sève
Et d’amour infusé
J’ai eu la fève
Et tant mordu dedans
Serré les dents
À force d’être une Ève
Attendant son Adam
J’ai eu la fève
C’est moi qui te dévêts
Je veux baver
Lécher ton after-shave
Et ton vit pas lavé
J’ai eu la fève
Laissons nos différends
Ce soir je prends
En plein cœur ton doux glaive
D’un geste pénétrant
J’ai eu la fève
Et je choisis mon roi
Oh baise-moi
La nuit sera trop brève
Dès que le jour se lève
Toi tu repartiras -
Brève escapade
Catégories : Quadrisyllabes (4)Quand le diable aime
Dans la nuit blême
Pas de problème
Ses fées en rang
Il les tire en
Les déchirant
Puis il s’insère
Dans des sorcières
D’un vit sincère
Baise à sa faim
Cent séraphins
Pâles et fins
Branle une nonne
Nommée Simone
Qui s’en étonne
Chez un vieux plouc
Il nique un bouc
Et fout son souk
Foin des faiblesses
Il viole et blesse
Mille diablesses
Un peu putain
Il turlute un
Gland de lutin
Tard il entube
Près du Danube
De blonds succubes
Enfin boitant
Et l’âme amère
Notre Satan
Se rentre à temps
Chez sa grand-mère -
Dès que je l’ai plus dans les pattes
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Je dis jamais pour qui j’en pince
À mon mari ce vieux bébé
Ça ferait que l’exacerber
Il est jalmince
Qui m’invente à longueur de temps
De fols et profonds adultères
Il a pas bien les pieds sur terre
C’est embêtant
Je l’apaise en taillant des pipes
En m’ouvrant douce à volonté
Pour l’empêcher de cogiter
Aux autres types
Ceux durs qui m’enfonçant le clou
Me noyautent et percent la chatte
Dès que je l’ai plus dans les pattes
Mon gros jaloux -
Perle d’O n° 20
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O, Quadrisyllabes (4)Aimée pourtant je l’aime aussi
Même s’il presse
Entre ses doigts le fouet de tresse
Je l’aime aussi
Il n’a qu’à dire Allons caresse
M’embrasse ici
Soulignant l’arc de mes sourcils
Avec tendresse
Je perds la clé d’autres soucis
Dès que se dresse
Celle qui branle à mon adresse
Je l’aime aussi
Fi donc des terreurs qui m’oppressent
Le cœur ainsi
À genoux toute ! elle durcit
Ma brute épaisse -
Devant l’entonnoir
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Plonger l’œil aux ténèbres rouges
Voir brasiller le désir quand
Couvent les ardeurs d’un volcan
Dont rien ne bouge
Défaillir devant l’entonnoir
Face à la faille ouverte immense
Se faire tendrement violence
Nue dans le noir
Chaque matin je te contemple
Et m’aime à m’érupter le sang
Quand ton sommeil m’offre indécent
Ton petit temple -
Sans beat
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Frotti-frotta de nos peaux rousses
Leur alliance dénoue la nuit
Détricote aux ventres la mousse
Cure le puits
Au désir de l’autre on aiguise
Son propre sentiment lesbien
Couchant dans la ténèbre exquise
Nos corps et biens
Frotti-frotta d’âmes muqueuses
Dont jamais ne s’use l’archet
Car c’est sans beat que les rockeuses
Vont se torcher
On délire on pleure on halète
S’affine le plaisir mutuel
Crie le soufre des allumettes
Noie les ruelles
Frotti-frotta des plus intimes
Rives jusqu’à l’écorcement
On chute ensemble dans l’abîme
Tout doucement
Tu jouis ! cet amour nous lessive
Que ma langue déculotta
Puis on repart à l’offensive
Frotti-frotta -
Envies printanières
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)L’arbre refais ton plein de sève
L’amant refais ton plein de sang
L’hiver est mort et moi je crève
D’envies je rêve
D’une saison s’épaississant
D’une année d’andouillers poussant
D’un siècle à lécher l’aftershave
D’éons peuplés d’Adam et Ève
Infinissant -
L’été du ventre
Catégories : Quadrisyllabes (4)Porte émeraude
D’un cœur ornée
Je mets le nez
Aux forêts d’Aude
Bordées d’eaux chaudes
Je bois le ciel
L’été du ventre
Où ma langue entre
Arbre pluriel
Rayon de miel
Nimbé de glauque
S’ouvre un palais
Que je balaie
Happant ma coke
Sous les cris rauques
Aude mon sang
Aude mon centre
Été du ventre
Où je descends
En paressant -
Au charbon
Catégories : Quadrisyllabes (4)Lâche ta rosée
Du fond du cœur
Lâche ta liqueur
Viens m’arroser
Lâche tes pudeurs
Enfantillages
Suis mon sillage
Jusqu’à point d’heure
Lâche donc la bride
Va au charbon
Franchis d’un bond
Ma ligne Siegfried
Lâche la morale
Sois indécent
Lâche le pur-sang
Hors du corral
Va sois pas lâche
Crache le morceau
Déverse à seaux
Les mots qui fâchent
Les secrets louches
Qu’on nous cachait
Faut tout lâcher
De bouche à bouche
Lâche une bastos
Sur mes velours
Envoie du lourd
Envoie la sauce
Le blanc qui tache
Sois fou lâche-toi
Sans ça ma foi
Moi je te lâche -
La parole est à la défonce
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Je l’ai vu ton vit en besogne
Prête-le-moi d’amour battant
Dard dardé sans perdre un instant
Qu’il me rencogne
À la tâche je l’ai vu dur
Peu pressé de purger sa pine
Prisonnier du cul des copines
Sodo au mur
Je l’ai vu niqueur à l’ouvrage
Ta belle aiguille à fricoter
Pompe à bourgogne aligoté
De blanc cépage
Je veux me chauffer de ce bois
À mon tour au gros nœud de ronce
La parole est à la défonce
Prête-le-moi -
Entre chienne et loup
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Le soir venu dans le tramway
Je me faufile
Culotte ôtée fille facile
Ventre noué
Jupe mini dans la cohue
Baignée de sueur
Cherchant la main du caresseur
Sur ma peau nue
Je dois arriver jusqu’à lui
À fond de rame
Poussez-vous donc messieurs mesdames
Son regard luit
Peu de stations faut allez vite
Se retrouver
Déjà j’ai le dedans crevé
Déjà je fuite
C’est le soir entre chienne et loup
Que ça se passe
Le tram nous étreint face à face
Et nous secoue
Les freins hurlent je suis partie
Dans le décor
Titube au sein des autres corps
Vers la sortie
Le soir venu dans le tramway
J’aime cet homme
Mon ventre s’accroche à lui comme
À une bouée -
Moi la dryade
Catégories : Quadrisyllabes (4), Trisyllabes (3)Je vis de dons
Et d’abandons
En liquide
Nymphe des eaux
J’ai mes réseaux
D’ambre humide
La dent venin
Je me donne un
Coup de peigne
En attendant
Qu’un fils d’Adam
Là se baigne
Nageons nageons
Jamais les joncs
Ne m’étouffent
J’happe mon dû
Leur résidu
Par la touffe
D’une âpre œillade
Moi la dryade
Je les tiens
Puis ventre avide
J’épuise et vide
Mes chrétiens -
Un chic type
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Que voulez-vous j’ai des principes
Jamais de pipe
Avant la messe et le repas
Ensuite oh Dieu je participe
N’en doutez pas
À mainte autre forme d’ébats
Puisque vous me tendez la bite
Je ferai vite
Bâclant s’il faut la communion
Car votre œil de démon m’habite
Soyez mignon
Ah le dilemme où nous baignons
Pour un instant je vous l’effleure
Quand sonne l’heure
À l’église où Jésus m’attend
Telle est mon envie que j’en pleure
Mais pas le temps
De vous branler le cœur battant
Rien qu’un baiser et son bout lisse
Déjà se glisse
Entre mes lèvres sans retard
Quel goût divin c’est du réglisse
Onze heures un quart
Mon curé va être en pétard
Tant pis je prends cette autre idole
Sans nulle étole
Pour diriger mon âme aux cieux
Toi me l’enfournant tu rigoles
Ô malicieux
J’aime tant sucer les messieurs
Jésus d’ailleurs est un chic type
Pour une pipe
Il ne dira trop rien je crois
Sachant combien j’ai des principes
Et de surcroît
Je me finirai sous sa croix -
Alléluia !
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Ah ! l’heureux jour que celui-là
Quand surgi de la grise église
Alléluia ! Alléluia !
Dans l’ombre que les vitraux brisent
Son vit m’a prise
J’avais le cœur froid le corps las
Mais voilà qu’il paraît la verge
Alléluia ! Alléluia !
Longue et plus raide qu’une asperge
Ou qu’un gros cierge
Sans crier gare il m’encula
Décrassant mes langueurs têtues
Alléluia ! Alléluia !
Et je criais sous les statues
Pine et me tue !
Quoique craignant que le prélat
Vînt attiré par le vacarme
Alléluia ! Alléluia !
Je me voyais léchant des Carmes
La figue parme
Si bien et tant il m’enfila
Que prosternée selon l’usage
Alléluia ! Alléluia !
Sans chercher à voir son visage
Je restai sage
Puis depuis ce jour béni-là
Soudain dévote ô régulière
Alléluia ! Alléluia !
J’offre nu pendant la prière
Mon pieux derrière -
À la baguette
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Que la verge là me fustige
Me traçant de nouveaux sillons
D’un rouge ardent de vermillon
Et de vertige
Qu’on me batte et me fouette à sang
Qu’on zèbre partout la candide
Des lèvres aux larmes humides
Se déversant
J’attends nue près de la margelle
Que vienne un jonc pour me mater
Serrant le vice à la beauté
Qu’on me flagelle -
Les dessous d’une rose
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Rose tes soies je les effleure
Seule dans l’allée où tu croîs
Parfois même une rosée pleure
Au plus étroit
Rose on t’écarte les pétales
Et aussitôt dans le matin
Un bouquet de senteurs s’étale
Qui vous atteint
Rose ton bouton m’exaspère
Qui renferme tant d’appétits
Chauve et dodu comme un bon père
En plus petit
Rose ta fine chair éclose
Drague des bourdons qu’on voit saouls
En ressortant tout trempés rose
De tes dessous
Rose oh mais où sont tes épines
Je ne vois qu’un cœur allumé
Que déjà des gueules mutines
Viennent humer -
Un paillasson à escalopes
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Tords ton cul merde remue toutes
Tes agaceries sur ma gueule
Sois pas si coincée si bégueule
Jolie louloute
Branle ta chatte à en miauler
Sur l’autre moitié de ton couple
Dont la langue déploie de souples
Satins violets
Décrasse et crève à fond salope
Ton foutu fruit de la passion
Ce soir je suis un paillasson
À escalopes
Danse du ventre ô je t’atteins
À l’orgasme en suçant ta grotte
Remue du cul envoie la flotte
Et sois putain -
Là où le vit blesse
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Je les regarde tous en douce
En m’imaginant leur engin
Déjà je geins
De le sentir qui pousse et pousse
Pour me modeler le vagin
Je les regarde au bas du ventre
Voir si y a du monde au balcon
Hors de mes gonds
Je rêve que ça entre et entre
En me recalibrant le con
C’est mon vice ô c’est ma faiblesse
Mater les mecs les supputant
Déjà dedans
Je coule là où le vit blesse
À l’envisager me foutant -
Odelette aux branleurs
Catégories : Heptasyllabes (7), Quadrisyllabes (4)L’apéro onanisé
Chauffe sous la chemise et
Secoue le sucre anisé
De vos sucettes
À vos stupres j’applaudis
Transpirant dans mon body
Rêvant aux câlins maudits
Que vous vous faites
Bande de bandants branleurs
Que j’imagine en couleurs
Le Popaul qui perle en pleurs
Et qui en jette
Plus bas votre caleçon
Boit l’averse avec frisson
Puis la chose ô polissons
Redevient blette
Ô garçons que les tourments
Du foutre si fréquemment
Font s’improviser l’amant
De leur menotte
J’égrène mes chants lascifs
Afin que vos beaux rosbifs
Ne restent pas inactifs
Dans les culottes
