La brise ici me déshabille
M’enveloppe et s’en vient lécher
Mes chauds nichons mon poil qui brille
Au soleil mon ventre éméché
Mais toi tu aimes mieux pêcher
Y’a que le vent qui me découvre
Et qui doux sans se dépêcher
Fond sur ma peau fait que je m’ouvre
De deux doigts je peux m’en ficher
Si toi tu aimes mieux pêcher
Bel alizé m’entre et me creuse
Par l’odeur de mouille alléché
Ce franc désir me rend heureuse
Ô vent forci souffle haché
Geignons l’autre aime mieux pêcher
Mais la brise m’a rendue folle
D’envie de l’avoir nu couché
D’arracher à ses mains la gaule
Gardez vos gardons vos brochets
Tanches j’irai pas vous chercher
Moi j’aime mieux d’amour pécher
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Catégories : Octosyllabes (8)
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Sous le pull-over
Catégories : Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6)Un col roulé moulait ses seins d’ogive
Durs sous le noir du pull
Moi j’aspirais de mon œil de crapule
Sa beauté explosive
Je n’ai pas pu voulu les démouler
Ses seins pointus de Juive
À la cuisine on suçait des olives
Le soir on se saoulait
Ce col roulé caressait mes ovaires
Faut vous faire un dessin ?
Je n’ai pas pu voulu palper ses seins
Nus sous le pull-over -
Foutu mélange
Catégories : Octosyllabes (8)Je fais la bête et tu fais l’ange
Pur à m’affubler d’épithètes
Ô nous deux quel foutu mélange
Tu fais l’innocent moi la tête
Brûlée qui rejoint les phalanges
Où s’enfilent à longueur de fêtes
Les folles et les fous que tu ranges
Guère au-dessus des sanisettes
Je fais la vie parmi la fange
Si j’en crois ta mine défaite
Ô nous deux quel foutu mélange -
La fleuriste amoureuse
Catégories : Heptasyllabes (7)Je t’ai cueillie toute nue
Parmi cent filles en fleur
Cent doux boutons de chaleur
Caressés sans retenue
Je t’ai cueillie poil à poil
Effeuillant la marguerite
Au creux du ventre où s’abritent
Écloses les fleurs du mal
Je t’ai humé la corolle
Bu le suc aux lents parfums
J’ai léché léché sans fin
Chaque pétale ô frivole
Je t’ai branlé le pistil
Chiffonné les étamines
Toi fleur encor bleue gamine
Tu t’effarais grandit-il
Effleurant ton pédoncule
J’ai senti que tu t’ouvrais
Et tu proféras de vrais
Vagissements minuscules
De ton pollen entêtant
J’ai fait mon miel et mon beurre
J’aurais pu passer des heures
Et puis mourir en tétant
Je t’ai cueillie toute nue
Toi le lys toi le fleuron
Songeant nous nous aimerons
Ma rose s’était émue -
La plus belle du royaume
Catégories : Jocelyn Witz
Raide de chez raide !
Morte en apparence, mais si belle et désirable que toute Princesse charmante de passage en avait aussitôt les sangs retournés et le reste dégoulinant de pâmoison…
https://www.atramenta.net/lire/la-plus-belle-du-royaume/103594
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Rêve étrange (et pénétrant)
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Pine inhumaine elle s’inhume
Dans un ventre terrien
Elle que n’affolait plus rien
Lui vole dans les plumes
Plane au-dessus du rêve-lit
Et sans bruit la pénètre
Parfois on aspire à renaître
Lorsqu’on s’ensevelit
En une humaine de la Terre
Pine entra s’irrumant
Et s’y branlant éperdument
Troubla le cimetière -
Correspondance
Catégories : Alexandrins (12 pieds), SonnetC’est certainement ce qu’il voulait dire, mais il s’est mal exprimé…
Ma nature est un temple où de vivants piliers
Viennent pour s’emboutir entre mes deux guiboles ;
L’homme y fourre au travers des poils et carambole
Ce sanctuaire ancien d’un vit réconcilié.
Sous la houlette tendre et noueuse, profonde
Et drue, qui voue un culte à la féminité,
L’harmonie s’établit quand, serties, la bite et
Mon intime chapelle enfin se correspondent.
Il en est de pansues, poteaux de chair enflant
Gras comme des boas ou bien des otaries,
— Et d’autres dont l’ardeur me laisse sur le flanc,
L’essentiel étant que nos sexes s’apparient
Comme l’âme et le corps, la vis et son écrou :
Chacune en trouvera lui ravissant les trous. -
Les bucoliques
Catégories : Octosyllabes (8)Amour, soleil, vous triomphâtes !
Nous courûmes baiser dehors,
Tout nus parmi les épis d’or,
Toussant en raison des phosphates.
Puis, réfugiés sous l’épaisseur
D’un hallier de puissant volume,
Brûlant de désir nous voulûmes
Tirer en dépit des chasseurs.
Lui bramais : « Viens que je te foute
Ma bite au con, tel un vaurien ! »
Hélas ! moi je n’entendais rien :
À deux pas passait l’autoroute.
Plus tard, comme il bandait d’airain
Sur ma lippe libidineuse,
Voilà débouler trois bouseuses
Charriant dix tonnes de purin.
D’où ces foutues bêtes à quatre
Pattes partout, ces sangliers,
Ô Nature ? Vous sembliez
Nous en vouloir de nous ébattre.
Ce nonobstant, il m’embougra
(Comme à la Poste entre une lettre)
Au milieu d’un décor champêtre
De vieux pneus et de papiers gras.
Enfin, d’avoir lavé sa bite
Dans l’eau limpide d’un ruisseau,
Nous chopâmes de colossaux
Bubons ainsi qu’une hépatite.
Verdures, vous eûtes raison
De nos fantasmes bucoliques !
Lui et moi, désormais, on nique
À l’appart en toute saison. -
Dans la douceur
Catégories : Hexasyllabes (6)Ratons pas notre oral
Cette alléchante épreuve
Où dans la nuit s’abreuve
Notre amour sororal
Détournons tous les fleuves
Braves comme un héros
Sachant se complaire aux
Chauds éléments qui pleuvent
Ratons pas notre oral
Enlacées tête-bêche
Seules les langues pêchent
Tout le reste est moral
Élargissons la brèche
Et comblons sous les cris
Chaque mystère inscrit
Aux ventres de soie fraîche
Ratons pas notre oral
Examinons nos cœurs
Et nos suaves liqueurs
Au soleil auroral
Shéhérazades sœurs
En un jouissant choral
Baignons dans la douceur
D’un amour sororal -
Il s’appelle Hank
Catégories : Octosyllabes (8)Je braquerais des distribanques
Pour m’offrir ces mouvants piliers
Ce rêve de femelle en manque
Qui me rend presque folle à lier
Ô tentacule ô pseudopode
Entends mon cri long familier !
Faut à tout prix que je me flanque
L’appendice où ça fait du bien
Je l’épie parmi la calanque
En me brossant les poils pubiens
Ô membre agile ô tentacule
Pour m’acculer tu veux combien ?
Ah trop tard l’animal se planque
En d’obscurs antres supposés
C’est un pêcheur, il s’appelle Hank
Il a un poulpe apprivoisé -
Au fond des choses
Catégories : Octosyllabes (8)Tel un gros serpent qui ondule
Bill est plutôt mou du bidule
Ce nonobstant son épaisseur
Puisque l’avachi va si j’ose
Dire quand même au fond des choses
Bien mieux que la main de mes sœurs
De texture éminemment flasque
On dirait un vieux béret basque
Lymphatique usé languissant
Au clou d’une oubliée patère
Néanmoins son volume atterre
Et mon Bill me remue les sangs
Rien qu’en doucement l’enfonçant -
Amours liquides
Catégories : Jocelyn Witz
C’est le printemps !
Saison humide, hantée par les premières chaleurs de l’année.
Nos fissures suintent et nous démangent.
Que faire…
... sinon tomber amoureuses ?https://www.atramenta.net/lire/amours-liquides/103504
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Chœur des braves uhlans
Catégories : Chanson, Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Chanson de corps de garde
dédiée à Phil Bottle, poète en Short
Capitaine, ô vieux capitaine,
Nous t’aimons d’un cœur si brûlant
Que, lors des assauts sur la plaine,
Nous le prouvons en tant qu’uhlans.
Toujours en selle,
Le sabre au vent !
Foin des pucelles
Qu’on fout devant !
C’est nous les braves :
Otto, Roland,
Willi, Gustav
Et Jacques, uhlans !
Capitaine, ô ta noble dame
Nous inspire un respect violent ;
Sa beauté nous fait fondre l’âme
Et frissonner en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, après la bataille
Tu vantes partout nos élans,
Et, quoique pas un ne te vaille,
Nous voilà fiers en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô fin meneur d’hommes,
Si, certes, nos jeux turbulents
Singent un peu ceux de Sodome,
On se rachète en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô, c’est bien dommage !
Ton sang gicle en coagulant,
Tu meurs… mais un dernier hommage
Nous te rendons en tant qu’uhlans.
Toujours en selle etc.
Capitaine, ô, sous ta houlette
Nous eûmes un fameux bilan
De soûlographie, de boulettes
Et de scandale en tant qu’uhlans.
Toujours en selle,
Le sabre au vent !
Foin des pucelles
Qu’on fout devant !
C’est nous les braves :
Otto, Roland,
Willi, Gustav
Et Jacques, uhlans ! -
Complainte du mari cocu
Catégories : Hexasyllabes (6)Je n’aime pas qu’Anne aille
Le cul mal fagoté
Retrouver la canaille
Au café d’à côté
Pour se faire sauter
Ça m’a perturbé qu’Anne
Ma femme à moi martyr
Juchée sur leur bécanes
Se laisse dévêtir
Sans aucun repentir
Je déteste qu’Anne hèle
Ces répugnants hâbleurs
Ou que sa peau cannelle
Aille étriller la leur
Dès qu’elle a ses chaleurs
Pour mon malheur j’aime Anne
Dont de l’œil vert aqueux
Mainte luxure émane
Lorsqu’elle est avec eux
Tout ouverte à leurs queues
Triste et déçu qu’Anne arde
Son corps moite allongé
Quand leurs vits la canardent
De blanc foutre à longs jets
Je reste à me ronger
Es-tu si salope Anne
Que ces voyous bourrés
Puissent feindre une panne
De mob pour te fourrer
À trois dans les fourrés
Quand enfin elle rentre
Il me déplaît qu’Anne ait
Les cheveux et le ventre
De sperme emboucanés
Ça la fait ricaner
Alors moi je la tanne
Léchouillant ses parfums
Afin que raconte Anne
Comme on l’a prise à vingt
Et je me branle enfin -
Suffit qu’il se dévête
Catégories : Octosyllabes (8)S’il sort son vit couche-toi vite
Ne cherche pas à l’éviter
Moi dès qu’il ôte sa lévite
J’ai l’impression de léviter
Il est assez qu’il se dévête
Pour que je devienne hébétée
Que je me doigte à la sauvette
Dégoulinante à ses côtés
S’il sort son vit prend pas la fuite
Ça servirait qu’à l’exciter
Quand l’abbé vient couche-toi vite
Et prie sainte Lubricité -
Inch’Allah
Catégories : Heptasyllabes (7), Trisyllabes (3)Ta beauté dodue bédouine
Beure au miel me toucha là
Sans faute il faut qu’on se gouine
Inch’Allah
Ton œil bleu telle une lame
Lent comme une mèche alla
M’exploser le cœur et l’âme
Inch’Allah
Cet orbe ce cul berbère
D’épice ardente achala
Mes faims qui lui succombèrent
Inch’Allah
Au hammam je vis ta bouche
Et ta jolie teuch à la
Cardamome sous la douche
Inch’Allah
On sèmera tous tes voiles
Et ton mari l’échalas
Pour s’aimer sous les étoiles
Inch’Allah -
Reine d’un soir
Catégories : Hexasyllabes (6), Quadrisyllabes (4)J’ai eu la fève
Et je choisis mon roi
Ce sera toi
Puisqu’aussi bien je rêve
Refondre entre tes bras
J’ai eu la fève
À mon commandement
Sois cet amant
Pour qui mon ventre crève
Et s’ouvre avidement
J’ai eu la fève
Tu ne peux refuser
Quelques baisers
Quelques gouttes de sève
Et d’amour infusé
J’ai eu la fève
Et tant mordu dedans
Serré les dents
À force d’être une Ève
Attendant son Adam
J’ai eu la fève
C’est moi qui te dévêts
Je veux baver
Lécher ton after-shave
Et ton vit pas lavé
J’ai eu la fève
Laissons nos différends
Ce soir je prends
En plein cœur ton doux glaive
D’un geste pénétrant
J’ai eu la fève
Et je choisis mon roi
Oh baise-moi
La nuit sera trop brève
Dès que le jour se lève
Toi tu repartiras -
Une tragédie qui finit bien
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Voyez, là-bas, se branler sous les cèdres
Et balbutier : « Beau-fils, ô fils,
Viens me fourrer, viens enfoncer ta vis
Au con de belle-maman Phèdre ! »
Or, Jupiter, la zieutant en badaud,
Lui largue, en place d’Hippolyte,
En plein sur le clit un aérolithe
Qui la fait grimper au rideau.
Voyez, là-bas, brave seigneur Thésée !
Pour vous en dire l’essentiel,
C’est, d’un pavé tombé du haut du ciel,
Votre épouse enfin rebaisée. -
Changement de protocole
Catégories : Jocelyn Witz
⚠️ Vous avez 487 mise(s) à jour de sécurité ultra urgentes à effectuer…
Rhaaaa ! salaud d’ordi. Fait chier l’informatique. Ras la souris. Je sais pas vous, mais moi je passe mon temps à télécharger des mises à jour, des mises à niveaux, des nouvelles versions de ceci, des patchs de cela, bref à m’adapter à des logiciels et des sites en perpétuelle mutation.
Et ça s’accélère sans cesse.
L’humble (quoique cochonne) humaine que je suis pourra-t-elle su(rv)ivre ?
Me laissera-t-on un jour le choix dans l’update ?
https://www.atramenta.net/lire/changement-de-protocole/102909
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La main virtuose
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rima« Il se pourrait qu’on en mourût »
Songeai-je, en fièvre, les joues roses
Comme d’avoir longtemps couru.
Jusqu’aux noirs ourlets de mon prose,
Je sentais sourdre de doux rus ;
Tant de moiteurs se superposent !
Cependant que ses doigts bourrus
Me branlaient jusqu’à la névrose,
Nul, bien sûr, ne me secourut.
Cet homme avait la main virtuose,
Me contrôlant comme en symbiose…
J’aurais voulu qu’on en mourût !

