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  • Écouter cœur

    Catégories : Ennéasyllabes (9)

    Lécher le doigt qui revient de l’oint
    Réveil a geint pour rien me délivre
    Vivre et laisser vivre et lécher ivre
    Mouiller dans l’œuf couler par les joints

    Lécher moi seule avec ma tartine
    De jour nouveau s’en va par les trous
    Écouter cœur si l’ami s’ébroue
    Et boire un jus plein de vitamines

    Lécher de moi l’index avoir soin
    Des plaies ô corps d’accord il me plaît
    Bouche alléchante et cheveux de blé
    Ce soir qui sait
                                          Rouler dans le foin

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  • Sur le bout des doigts

    Catégories : Jocelyn Witz

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    À force de me tâter, me tripoter, m’explorer sans relâche, sillonnant en tous sens mes épidermes torrides, écumant mes muqueuses, déflorant mes territoires vierges (s’il en reste), hantant mes vallées de l’amour, m’acharnant sur mes parties charnues, escaladant mes monts et mes buttes, câlinant mes collines, fourrageant au sein de mes buissons ardents, sondant mes crevasses humides et m’auscultant les régions occultes, à force, à force, je finirai bien par me connaître.

    Ou par bien me connaître.

    Bibliquement.

    Par cœur, à donf, à la perfection, de fond en comble d’obscénité et de la tête aux pieds d’enfer que je m’autoprocure quand j’ai personne… ou quand j’ai quelqu’un pour mater.

    On n’est jamais si bien fourbie que par soi-même.

    Bref, après Plaisirs solitaires, voici un nouveau petit recueil de poèmes qui ne tournent pas longtemps autour du pot, mais s’empressent au contraire de mettre le(s) doigt(s) juste là où ça fait reluire en plongeant au vif du sujet : la branlette.

    https://www.atramenta.net/lire/sur-le-bout-des-doigts/102694

     

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  • À la sauvette

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Ça m’arrive à tout un chacun
    à tout bout de chambre secrète
    ça me prend me prends pas la tête
    si je m’offre le saint-frusquin
    si parfois la fête est parfaite
    quand je savonne à la sauvette
    ça m’arrive à tout un chacun

     

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  • Jouez ! Sonnez !

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Muse ô comme il t’encorne
    Et t’enfle le biniou
    Tu sais plus quand ni où
    Il fait sauter les bornes
    Rejoint les happy few

    Muse ô le pal musette
    T’usera tôt le sac
    Et l’on verra tout secs
    Les tuyaux du poète
    Mec épuisant et fake

    Muse en attendant chante
    Jouez sonnez au bois
    La bourrée pleine voix
    Muse ô sois pas méchante
    Souffle encore une fois

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  • Perle d’O n° 85

    Catégories : Hexasyllabes (6), Perles d’O

    Accepter n’était rien :
    Quelle O jamais refuse
    Qu’on la couvre de liens,
    Qu’on s’empare et mésuse
    D’elle en fauve, en vaurien ?

    Dire oui ? La belle affaire !
    Pouvais-je émettre un non
    Quand leurs quatre yeux de verre,
    Braqués comme un canon,
    Me promettaient l’enfer ?

    Consentir ? Oh ! si peu…
    Juste à rouvrir la boîte
    À mes désirs râpeux,
    Ravoir le ventre moite
    S’emplissant tant qu’il peut.

    Dire oui m’était aisé :
    J’acceptai par la force
    De ces visions retorses
    Cachées sous mes écorces
    Et jamais apaisées.

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  • Fouette cocher

    Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)

    Faire une croix sur mes devoirs
    Et mes futurs à engendrer
    Dans la chambre face au miroir
    Faire une croix de saint André
          Je voudrais vous y voir

    J’ai coché les flèches une à une
    Que le désir m’a décochées
    Sacrifié fortune après thune
    Voulant jouer à fouette cocher
          Pour aller dans la lune

    Puis déchaînée j’ai déboulé
    Sus aux bonshommes à recadrer
    Tordants leurs membres de poulets
    Sur cette croix de saint André
          Le cœur aux pieds foulé

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  • Hardemment

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    Les jeux hards moi c’est pas dur
    Je les aime avec ardeur
    Sans hardes jusqu’à point d’heure
    À me taper des ordures
    Hardies dardant l’ardillon

    Hardemment nous godillons
    Nous heurtant tels des bolides
    Nous tamponnant sans pudeur
    Moi et mes jolis hardeurs
    Ô jeux hards et vits solides

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  • Derrière les barreaux

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Général Saul Schwartze, un pilier du régime déchu, décoré de l’Étoile d’Acier.

    Pas précisément un tendre.

    Plutôt un criminel de guerre endurci, à l’âme noire comme l’enfer.

    Du sang sur les mains, beaucoup de sang. Des millions et des millions de morts sur la conscience, en majorité des civils.

    Mais bon, que voulez-vous, c’était la guerre. Qu’on le condamne et basta !

    Vieillir de 40 ans en l’espace d’une poignée de minutes ? Drôle de sentence, mais si ça leur fait plaisir…

    Les vaincus ont toujours tort.

    https://www.atramenta.net/lire/derriere-les-barreaux/102530

    (Première publication dans mon recueil de nouvelles intitulé Évolution(s),
    N’co éditions, 2021. Prix Bob Morane 2022.)

     

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  • Régime sec

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Au bas du ventre un petit creux
    Un désir que rien n’éconduit
    Sinon l’inespéré biscuit
    D’un ami dans ce vide affreux

    Un petit creux au bas du ventre
    Boulimie que rien ne soulage
    Sauf si farci de blanc fromage
    Quelque beau bout de lard y entre

    Au bas du ventre un petit creux
    Réclamant pitance à grands cris
    Ô besoin de gras qui m’aigrit
    Et fait s’enfuir mes amoureux

    Un petit creux au bas du ventre
    Qui cause en moi la peur atroce
    À terme de devenir grosse
    Pour l’éviter je me recentre

    Au bas du ventre mon doux creux
    Se contentera d’olisbos
    J’aurai que la peau sur les os
    Mais force moments savoureux

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  • Perle d’O n° 222

    Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O

    Quand je leur dresse les tétons
    À me gémir entre les dents
    Quand mes doigts leur entrent dedans
    Auscultent fouissent le sait-on
    Toute à leur régler l’allumage
    Je vois surgir ma propre image

    Quand leur chair se resserre autour
    De mes poussées exploratrices
    Quand éperdus se rétrécissent
    Ces chas auxquels je fais la cour
    Si je me trouble et si je tremble
    C’est que ces mousmées me ressemblent

    Quand leur bouche affolée halète
    Mes lèvres leur brassant le sang
    Quand je les défais leur poussant
    Toujours plus haut l’escarpolette
    Quand je les tiens sous ma tutelle
    Je cherche au fond le savent-elles
    Ma servitude en tant que telle

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  • Faut pas lui tourner le dos (chanson profonde et joyeuse)

    Catégories : Chanson, Heptasyllabes (7)

    Oho j’ai pigé recta
    Quand il m’enfila recto
    Qu’il tramait un attentat
    À mon pétard au plus tôt

    Il avait l’air si sournois
    En m’épinglant l’abricot
    Que dans ma ciboule à moi
    J’ai tout compris illico

          J’avais affaire au sodomiseur de filles
          À l’endauffeur des familles
          Au perforateur d’oignons

          J’étais aux prises avec l’enfifreur de dames
          Un préoccupant quidam
          Au demeurant fort mignon

    Oho me dis-je in petto
    Tandis qu’il m’envaginait
    Faut pas lui tourner le dos
    Ce type est un forcené

    Souviens-toi qu’il molesta
    Y’a peu la pauvre Daphné
    Et mit dans un triste état
    Son embout de cheminée

          J’étais tombée sur le sabreur de rondelles
          Sur l’empaleur de donzelles
          Sur l’élargisseur de fions

          J’étais aux mains de l’embroqueur de viroles
          Un libéré sur parole
          De sinistréputation*

    Oho j’ai pigé recta
    En fan des plaisirs rectaux
    Mon tromblon s’en délecta
    D’avance immoderato

          J’avais affaire au sodomiseur de filles…
          ad lib.

    (*) Licence poétique n° 26/216/1544b

     

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  • Ma peau aime

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Sonnet

    Je m’empalais, le poing dans mon ventre crevé ;
    Mes branlettes aussi devenaient vaginales,
    Au point que je passais pour une originale ;
    Oh ! là là ! que ces lents coïts m’ont fait baver !

    Cendrillon égarée, j’avais perdu en route
    Mon unique culotte — une rose à troutrous —,
    Et je grimpais au lustre avec un doux froufrou
    De muqueuses à vif (et de mouille, sans doute).

    Ainsi, les soirs d’octobre où l’ennui d’exister
    Vous habite le cœur, seule je me fistais
    La chatte, produisais des brames fantastiques,

    Et, pissant à la raie de tous les ratichons,
    Dans mon trip, je tirais à mort les élastiques
    Du soutif dans l’idée de gifler mes nichons !

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    S’en aller vendre des fusils en Afrique, franchement…
    L’homme à la cervelle de vent, oui.

     

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  • Le tricotin (chanson paillarde)

    Catégories : Chanson, Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6)

    Elle croisa l’abbé
    En voulant enjamber
    La rivière un beau soir
    À deux pas du lavoir

    L’aida-t-il à charrier
    Son linge encor mouillé
    Manon lui souriait
    Gentiment sans savoir…

          Qu’il avait le tricotin sous sa bure
          Des fois, quand même on voit rien, ça carbure
          Il avait le tricotin sous sa bure
          Et Manon ne s’en apercevait point ah ah !

    Aux abords du village
    Les voilà tout en nage
    Le bon moine ahanait
    Saignant un peu du nez

    Alors la lavandière
    Tirant de par derrière
    Une jupe incendiaire
    Vint le lui tamponner…

          Il avait le tricotin sous sa bure
          Et aussi pas mal de pensées impures
          Il avait le tricotin sous sa bure
          Et la belle s’en aperçut soudain ah ah !

    Je ne vais pas vous dire
    Ce jour-là ce qu’ils firent
    Voilons pudiquement
    Les jeux de nos amants

    Mais une chose est sûre
    Dès qu’un drôle à tonsure
    Au prieuré murmure
    Le doux nom de Manon…

          L’abbé a le tricotin sous sa bure
          Un machin aussi dur qu’Excalibur
          L’abbé a le tricotin sous sa bure
          Et Manon vient le voir tous les matins ah ah !

          L’abbé a le tricotin…
          ad lib.

     

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  • Y’a comme un déphasage

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Après brossage humble et bien sage
    La jolie bête à culbuter
    S’en retourne ayant tout juté
    Au fond du tuyau d’arrosage

    On voudrait la réaffûter
    On la soupèse on envisage
    Les fièvres d’un nouveau baisage
    Hélas l’animal a muté

    Tel un vieux gnocchi hors d’usage
    Il vous lance un regard buté
    Avant d’encor crapahuter
    Plus loin dans son sac de couchage

    On croirait un vit d’amputé
    Ou celui d’un gosse en bas âge
    Vraiment y’a comme un déphasage
    Entre nous après chahuter
    Quand en son tuyau d’arrosage
    S’en retourne ayant tout juté
    Cette salope à culbuter
    Bien sage oh oui !… beaucoup trop sage

     

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  • Histoire d’une nana au poil

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Toute nue sous ses voiles
    Elle avait chaud l’été
    Cette nana au poil
    Grassement moquettée

    Sitôt que sa fourrure
    Ô ses pilosités
    Si touffues m’apparurent
    J’en fus tout hébétée

    Kiffant les amours zarbs
    Je voulus mettre en nage
    La jolie femme à barbe
    Sous son soyeux pelage

    Épaisse à la culbute
    Dans des rousseurs mohair
    Sa vénusté hirsute
    Avait tout pour me plaire

    Romantique à tout crin
    Je la sortis à Londres
    Mais un Anglais chagrin
    L’attira pour la tondre

    Adieu nana au poil
    Grassement moquettée
    Glabre je suis restée
    Triste jusqu’à la moelle

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  • Perle d’O n° 117

    Catégories : Heptasyllabes (7), Perles d’O

    Miel sirop bonbon réglisse
    D’eux tous me voici complice
    Tablant sur les deux tableaux
    Alcool fort ou menthe à l’eau

    Miel sirop bonbon réglisse
    Que nos destins s’accomplissent
    Mes dix doigts prêtant la main
    Au pouvoir du mâle humain

    Miel sirop bonbon réglisse
    Débusquons sous la peau lisse
    De nos amies le halo
    Où s’allient le feu et l’eau

    Miel sirop bonbon réglisse
    Moi femme de père en fils
    Moi suif de mèche avec eux
    Serpente avalant sa queue

    Miel sirop bonbon réglisse
    Leurs miroirs me réfléchissent
    M’écartelant des Bosphore
    Tout pantelant d’alcool fort

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  • Un cas pathologique

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Il lui desserrait les rondelles
    À force de trépidation
    Tant il y mettait de passion
    Car le gaillard était fou d’elle
    Et la foutait sans sommation

    Par des secousses ahurissantes
    Il lui détraquait les gicleurs
    Elle hurlait qu’elle a mal au cœur
    Mais lui attaquait la descente
    Debout sur l’accélérateur

    Il lui déjointait la culasse
    L’aplatissait tel un vingt-tonnes
    Chaque fois qu’il rivait bobonne
    Car ce gros homme avait hélas
    La maladie de Parkinson

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  • Tropiques

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Je rêve d’un brûlant pays où les nanas
    Poussent sur les buissons comme des ananas
    Où quand le jour s’achève un autre fruit se crée
    Vous tendant sa verdeur et sa pulpe sucrée
    Sous l’écorce brunie que le soleil tanna

    Dans cet ailleurs les fleurs même cachent des langues
    Chacune babillant y va de sa harangue
    Qui tendre vous attire et vous englue le cœur
    À force d’allusions de rires de langueur
    Vers leur calice empli de chaud sirop de mangue

    Puisqu’il n’est nul hiver on y vit sans tricot
    Et batifolant aux rivages tropicaux
    D’exquises et soupirantes grappes de filles
    S’entretètent les seins au parfum de vanille
    Et s’offrent pour dessert leurs ventres d’abricots

    Ô rêve d’où la volupté l’amour émanent
    Ô lointains ô tendrons qui jamais ne se fanent
    À vous imaginer j’ai le sang qui rebout
    Et souvent je me branle en souvenir debout
    De ce pays d’où l’on a banni la banane

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  • Ce que tu voudras

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Je suis la biche et l’éléphante
    Et le reste aussi je m’invente
    Les mille saisons de la fente
    À moi seule un kamasutra
    Maman putain ou écolière
    Sainte aujourd’hui salope hier
    Je redessine mon derrière
    Pour être ce que tu voudras

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  • Perle d’O n° 196

    Il dit ce que je suis
    Ce nouvel affront je l’essuie
    Et ces ardents regards je les affronte
    Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte

    Il dit montre tes seins
    Candeurs chamarrées du dessin
    Lilas qu’a là griffonné la cravache
    Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche

    Il dit viens là catin
    J’en rougis sous mon fond de teint
    Messieurs jusques au soir je vous la laisse
    La sachant se prêter aux plus rêches caresses

    Sent-il que l’horizon
    De ma servilité touche à la déraison
    Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
    La miss au diapason
    À complaire à tous habituée ?

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