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Vers libres

  • L’ouvrir

    Catégories : Vers libres

    Cogner tout au fond d’elle
    Au poing où on en est
    L’ouvrir
    Elle avait qu’à pas l’ouvrir pas m’inviter

    Cogner rentrer dans le lard
    Frapper les esprits
    Lent face à face à l’ébranler
    La faire venir au bout des doigts qui glissent
    Tout au fond d’elle

    La retourner
    Par la force des choses
    La prendre en main
    Et la lui mettre à l’envers
    Super profond la labourer de remords
    D’avoir pas su
    D’avoir les seins si durs le sang si chaud

    Toucher le ciel en elle
    Marelle obscure trouver la terre
    Tout au cœur d’elle
    Toucher palper loin pour qu’intime elle crie Grâce
    Merci
    Si possible Encore

    L’ouvrir malgré
    La déplier aux sensations nouvelles
    Aux espaces inédits d’elle
    L’ouvrir enfin en revanche afin puisque sans que
    Sans queue ni rien
    Au poing où on en est c’est moi
    La plus mouillée

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  • Les vierges

    Catégories : Vers libres

    La nuit, dans la cité qu’étourdit le silence
    des parkings oubliés et des hauts murs de craie,
    habitées d’un désir immense,
    les vierges remuent leurs secrets.

    Chemise de coton, ventre et slip aux tons blêmes,
    quelque part un cri sourd qu’on ne reconnaît pas…
    chacune rêvant à celui qu’elle aime,
    les vierges ont le cœur qui bat.

    Poèmes troubles, chansons d’ombre
    rampent sous le drap rose et parlent de chaleurs :
    les autres gens jouent des drames sans nombre,
    mais les vierges cachent le leur.

    Patientes et moites, les vierges
    yeux de miel, antre ouvert au sein de la cité
    endormie, les tétons durs, excités
    comme des verges,
    — les vierges restent sur la berge,
    toute la nuit, du ventre inhabité.

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  • Apprentie sorcière

    Catégories : Vers libres

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    c’est ainsi que je me rêve en frissons
    tête haute
    œil cyclope et larges épaules de pourpre
    dressée sur mes ergots de sang
    faisant corps avec la bête
    centaure aux poils trempés de musc
    remplissant ma propre bouche
    mystérieusement
    mon ventre jusqu’au fond jusqu’au cri déchirant
    gonflée de cet orgueil de petit garçon
    forçant pour m’immaculer
    mille écumes aux lèvres de satin
    deux fois heureuse
    m’habiter
    puis m’essuyant aux cuisses cingler ailleurs
    vers d’autres mouillages éphémères
    un jour oui j’entrerai dans la bande

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  • Monde Vénus

    Catégories : Vers libres

          À Francine Caron,
          pour les mots vibrants que je lui ai empruntés…

    Mon sexe intempéré
    pesé du sang d’hommes et d’écume
    gonflant ses voiles
    sous le bouillon intime d’un désir
    source
    qui ne meurt jamais

    Mon sexe aux ailes fripées
    pays de pluie
    à la dérive sur le ventre du monde
    fend par son sourire
    qui quête amériques
    longs gratte-ciel à refondre
    avant l’aube

    Mon sexe brassé
    embrassé éclaboussé
    tiré des cartes du tendre viol
    là où nul combat blesse
    l’insondable
    qu’ont léché les flammes à cœur à cri

    Mon sexe clairière au dolmen
    lavoir aux marches roses glissantes
    qui se pénètre chandelle en main
    soupirant
    brillant dru les tertres sous la lune
    couchant les herbes
    crevassant la terre pour faire pousser les fleurs

    Mon sexe lèvre
    parlant éternellement les voluptés
    du monde Vénus

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  • Le bonheur premier d’aimer

    Catégories : Vers libres

    Tes seins
    à la dérive
    sucres d’orge me bousculant les yeux
    cimes renversantes
    du toujours vif désir liquide
    et du frisson

    L’arche de tes seins
    leur arc
    leur flèche qui se retourne
    au sein de ma plaie de toi

    Tes seins secret d’ancrage
    fard et phare aveuglants
    bruns phallus
    doublement magmatiques
    au centre de leur écorce de sang translucide

    Tes seins caracolants
    nerveux
    cabrés plus vite que ma main
    qui s’empêtre de chevelures

    Tes beaux seins de muscle
    ambrés de soleil
    bouillonnant leur tendresse infinie
    tendant leur parfum tiède
    aux rêves ronds
    dont mes lèvres se pétrifient

    Tes seins aspirant à ma bouche
    tétant ma salive
    trésor qui m’engloutit
    me noie
    dans le bonheur premier d’aimer
    évidant le sommeil

    Lave de tes seins
    qui nous simule une mort douce
    framboises d’outre-hiver
    où je t’érode en soupirs florissants

    Tes seins d’eau
    lustrale
    réveillant la chaleur
    de mes fonds baptismaux

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  • Comprise dans la combine

    Catégories : Vers libres

    Prise !
    Ô ventre qui rue
    Bouche agrandissant le plaisir
    Bavant des rivages salés
    Pour engloutir des quartiers d’hommes
    Forgeant l’empreinte rauque de leur bestialité

    Prise à n’être plus que creuse
    À chambrer l’écho des râles mâles
    À se hisser à la rencontre de leurs peaux de parade
    À se tordre sous eux
    Se laisser prendre

    Prise sur le faîte
    Dès l’ouverture des festivités
    En faute
    En photo tandis qu’on la fout
    Surprise !
    Comprise dans la combine
    En fuites gémissantes
    Enfantant des roseurs de honte
    Prise en chœur
    Prise à cœur

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  • L’ultime femme

    Catégories : Vers libres

    Entre
    Mes antres rauquent
    Mes océans écument de toi

    Entre
    Ne reste pas sur la crête
    Tant d’algues mouillent là-bas
    Tout en bas
    Des trésors engloutis t’attendent

    Ô entre
    Sous l’étrave se trouvent
    Des êtres différents
    Auxquels les marins se marient
    Le temps d’un ouragan

    Entre et éclate
    En foutres sans limite
    En nuits gorgées de sel et de caresses ruisselantes
    En verdeurs glacées
    En poumons morts de chaque orgasme

    Entre en folie
    Déborde la raison et plonge en moi
    Tout au fond de mon sexe d’encre
    Oublie les cris du vent
    Les épées
    Les autres hommes
    La mer est l’ultime femme

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  • Déçois les mâles

    Catégories : Vers libres

    Branleuse incontinent
    tapie dans mes replis si peu pubères
    travailler la main gauche
    gémir à s’en lécher les doigts

    Branleuse mordue
    d’auto-amour
    inguérissable ado
    tournant le dos au cul des autres
    baiseuse interne à l’Internet
    fuckeuse de moi
    assoiffée des soies du soi
    déçois les mâles

    Branleuse férue
    des fragiles arcanes de son sexe
    galbes et trous
    bonheurs sans limite
    tensions et prétentions au divin
    un divan vagit
    cache des miels sous la cendre jamais éteints

    Branleuse tour à tour
    cuisses recroisées décroisées
    plaie vive qui se rappelle à moi
    m’appelle à elle
    équarrie chérie
    j’arrive !

    Branleuse un continent
    à sillonner au bout des pulpes
    flotter flotter
    arroser les fleurs, fleurs tendres, fleurs sauvages
    suivre les courbes du désir
    pousser jusqu’au cri des fauves
    dresser la carte de mes frissons les plus secrets
    plonger au sein de la nuit moite du corps
    d’un geste tout effacer
    recommencer

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  • Une caresse intérieure

    Catégories : Vers libres

    En délire utérin
    j’ai voulu t’avaler nu
    renaître l’enfant qui me pénètre
    digérer la raideur infinie de cet instant
    m’en repaître
    avant que ton cœur sec vomisse un autre adieu
    peut-être le dernier

    Rêveuse j’ai voulu me refermer
    sur ce qui nous ouvrait de grands yeux incendiés
    lardés de poils au soleil
    engloutir tous les demains dans la rosée
    la chaleur d’un matin
    mes lèvres autour
    et nos ventres qui se touchent
    enfin remplis d’affinités

    Tu ne savais pas grand-chose de mes failles
    mon sang visait à te coaguler
    te mutiler
    te fermenter pour mieux mourir avec toi
    dans la splendeur d’une blessure maternelle et douce
    une caresse intérieure
    au sein de l’ogresse que tes forces rassurent

    En délire utérin
    j’ai voulu couper court au geste
    pourtant d’amour
    portant souffrance
    partant d’amour pourtant
    rognant le sabot qui m’avait tant piétinée
    je t’ai voulu à moi pour jamais

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  • Tes yeux dans les miens

    Catégories : Vers libres

    Ta langue ici
    couteau
    elle desserre mes dents et suce le plaisir

    Ton mât là dans l’amas
    poils en fusion
    entre l’éclatement fou de mes cuisses
    et mon ventre dynamite

    La brute en toi en moi

    Tes reins
    pourquoi tes reins
    parce qu’ils sont là qui moutonnent
    s’élancent et dressent des horizons percés de désirs
    j’y trempe mes pieds talonnés pour t’enfoncer
    dans mon labour heureux

    Tes mains tes doigts n’oublie pas

    et puis là
    là là là encore
    partout où il reste un sein à mordre
    une gorge une chevelure rauque
    une sueur frissonnante à creuser laper rejaillir
    un antre vierge affolé

    Ta force
    ton poids m’écrase d’amour

    Tes yeux alors me font jouir
    qui sourient
    sourient dans les miens

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  • Si ronde

    Catégories : Vers libres

    Chassant loin la femelle
    il me retourne
    déplie mon côté pile
    empilant secret sur secret
    abîmant le silence
    m’enfilant les abîmes d’une pile survoltée

    Et moi qui voulais boire sa gorge
    ronger son sang durci
    j’ai dû le laisser faire un bébé
    à mon bas du dos

    quelque part une porte grince entrebâillée
    manque d’huile
    quelque part inutile je pense à lui
    qui tire la langue
    émoi émoi émoi
    bourrique
    je sève de le savoir à sa vision
    sa volupté
    même si ma bouche a mal

    Si ronde
    qu’il me prend pour me fendre

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  • Toute petite

    Catégories : Vers libres

    L’instant d’avant j’étais trou-trou dentelle
    à jour de mes déversements
    plus moi que moi
    entière à 100 % sans additif
    la synthèse je l’avais réalisée

    Nue j’étais une sans personne
    pour exiger de voir à l’intérieur
    sans rage dedans
    juste le sentiment de m’éprouver toute
    toute petite
    immensément pleine de moi

    L’instant d’avant j’ignorais qu’il manquait une perle
    au collier de mes jours futurs
    un cœur tranquille ronronnait sous mes poils
    je ne craignais pas de tourner les pages

    Mon sexe se promettait des soifs à peu près sans danger
    qui croyait vivre déjà
    qui s’imaginait mûr dans la glace
    craquant à souhait
    je trônais à la table de mon festin
    occupant tous les sièges
    singeant à la droite du père
    le fils connais pas

    L’instant d’avant j’étais trou-trou dentelle
    et puis tu es entré
    ô raison
    ô couteaux…

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  • Promesses

    Catégories : Vers libres

    Pas de brade bite sur l’écran de ma vie
    je paie trop cher la livre de chair
    pendant les pubs on m’entube
    en dehors je dors
    la speakerine me sourit
    susurrant de vieilles promesses

    Seigneur léchez mes plaies mon cœur sanguinolent
    pourquoi me remettre à demain ?
    j’ai déjà tant prié
    je sais crier
    mystérieusement dénouer les cordons de la bourse
    quand il m’écarte de fidélité
    où ça le poing bonus ?
    faut-y vous l’empaler ?
    toujours des promesses

    Pas de brade bite sur l’écran de ma vie
    vivement la fin des programmes
    on ira me coucher

    Seigneur si vous saviez comme je me refends
    pas de brade bite rien
    quelques seconds rôles sans épaisseur
    un qui s’incruste
    en surimpression sur mon piteux site comme
    une fausse promesse jamais tenue
    ex-flamme éteinte
    star d’une nuit explosée au matin
    je saigne en vain sur toutes les chaînes
    quel câble m’accable ?

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  • L’écume de nos nuits (3/3)

    Catégories : Jocelyn Witz, Vers libres

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    J’écume de rage, de solitude, de désespoir, d’ennui
    de ne pas retrouver l’envie perdue
    l’âme sœur peut-être
    ni le jour ni la nuit
    puis voilà toi, la môme, la drôle de fille

    Tout le temps j’écume
    je bulle dans les bals, les bars, les halls de gare
    les salles de cours, les séminaires
    même des endroits qui n’existent pas peut-être

    J’écume la crème des mondes possibles
    le gratin du réel
    en quête d’une terre un peu moins plate
    d’enclaves privées où l’on ne se prive de rien, où l’on s’éclate
    sortant la tête pour enfin vivre peut-être
    insensée je m’entête à chercher la fête des sens
    qui sait ? l’enfance
    j’écluse des bières en attendant

    Si seulement je pouvais disparaître sous la mousse
    moi et mes rêves et mes peut-être
    ne plus me réveiller
    mais voilà toi, qui brille, virevolte et m’émoustille

    Sauvage et fatiguée j’écume
    et personne ne m’entend
    je signe chaque soir un pacte avec le néant
    toute seule je me raconte des histoires d’amour éculées
    nettoie sans fin mes écuries
    m’enferme dans des placards
    rame, rame, rame, brame, trame des scénarios douteux
    un gramme par litre et je roule à travers mes délires d’océan
    juste dans l’espoir d’apercevoir une plage
    d’autres rivages de l’existence
    je m’échoue sans cesse en attendant

    Puis voilà toi, qui pétille
    voilà toi, libellule
    drôle de fille qui crève ma bulle d’un coup aile
    me bouscule, me stimule
    tout part en vrille
    et voilà nous…

     

    ---

     

    L’ultime chapitre vous attend :
    https://www.atramenta.net/lire/lecume-de-nos-nuits/99205/3#oeuvre_page

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  • J’attrape la queue

    Catégories : Vers libres

    J’suis qu’une enfant
    dont le slip a grandi trop vite
    poussé les seins par inadvertance
    dans les bacs au balcon
    c’est quand le prochain goûter ?
    la prochaine sieste avec daddy ?

    J’suis qu’une enfant de soixante ans
    un bon 43 fillette
    qui fait l’andouille avec des andouillettes
    étale sa vie en multicouche
    sur une tartine qu’en finit pas

    À mon anniversaire
    y avait toutes mes chopines
    plus des types invités pour le remplissage
    j’suis qu’une enfant pas très sage
    une enfant gâtée
    mon chat s’appelle Minou
    il boit du lait tiède toute la journée

    Je veux plus descendre du manège
    les garçons y sont bien montés
    pourquoi pas moi ?
    envoyez la musique et faites-moi tourner
    à tous les coups j’attrape la queue

    J’arrête le ballon
    j’ai désappris mes tables de multiplication
    je conjugue plus qu’au présent
    j’ai douze ans
    pour toujours j’ai douze ans

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  • Tout t’appartient

    Catégories : Vers libres

    Voici ma bouche prostituée à tes baisers

    Voici mon amour prostitué à ta vie

    Voici mes cris prostitués à ta joie de me faire crier

    Voici mon cœur prostitué aux cadences du tien

    Voici mes mains prostituées aux muscles souples de ton dos, aux poils de tes fesses, à l’ardente épaisseur de ta queue

    Voici le délicat de mes nymphes prostituées à tes doigts durs et fureteurs

    Voici ma salive prostituée à la lente montée de ton plaisir

    Voici mes seins prostitués à tes morsures, à tes poings qui les pressurent comme des fruits

    Voici mon sourire prostitué à ta présence

    Voici mon clitoris prostitué aux zigzags, au savoir-faire, aux cruelles fourberies de ta langue

    Voici mes cuisses, mes genoux, mes coudes, mes halètements de chien prostitués à toutes les postures obscènes dans lesquelles tu aimes me voir et me prendre

    Voici mes fesses prostituées à la brûlure de tes gifles comme à celle de tes effleurements

    Voici mon con, mes viscères tout entier prostitués à tes envies d’éventrement

    Voici ma langue et ma gorge prostituées à tes plus déchirants orgasmes

    Voici mes bras, mes hanches, le galbe de mes jambes, le brun de mes mamelons prostitués à tes érections

    Voici mon rectum prostitué à tes pires bassesses

    Voici mon œil prostitué à tes regards

    Voici ma parole prostituée elle aussi, à toi elle aussi, auquel tout appartient et qui voulais un poème…

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  • Sous le tir nourrie

    Catégories : Vers libres

           J’aime
    comme tu pries dans le sillage
    de mes génuflexions
    quand tu t’enfonces en moi jusqu’à la coulpe
    tel un gangster en plein braquage

          J’aime
    comme tu te caresses
    aux frissonnants revers de ma bouche
    dressé dans la blanche épaisseur
    des salives

          J’aime
    comme tu tords mes cheveux dans l’écorchure du matin
    hissant le ciel plus haut
    creusant l’infini jusqu’à t’atteindre en personne
    à travers ma gorge révulsée d’amour

          J’aime
    comme tu rêves
    à quoi
    à l’angle idéal pour déployer tes racines
    à la toile vierge où tu juteras tes couleurs
    à mon animalité sans faille
    aux boules de verre de nos regards qui se dégomment
    sur un bleu tapis de soupirs

          J’aime
    comme tu nais
    comme tu renais
    comme tu n’es plus certain d’être
    comme tu baises le temps et l’espace
    le souffle mort
    fesses tendues comme pour emprisonner l’instant de ton désir

          J’aime
    comme tu grommelles un flot d’ordure
    puis gifles pour que mes joues
    ma langue
    le palais entier se referme se rencogne s’effondre tout autour
    dessus
    dedans
    implosion

    maintenant !

          J’aime
    comme tu défigures le cri même
    en ruissellements silencieux
    sanglots saccadés que tu verses à deux
    à moi
    à jeun toujours sous le tir nourrie
    qui à la fin t’ouvre ma chair obscène et rouge
    écartant les lèvres pour te montrer
    l’encore là
    l’encore à toi toute
    jouissance écumée
    méduses échouées sur la plage
    entre viande et coquillages de nacre
    entre crachat humeur vitrée dégoût verticalité sans limite
    de nos rapports
    barbouillé de sueur qui tremble

          J’aime
    comme tu te penches alors pour m’embrasser…

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  • Un inlassable amour

    Catégories : Vers libres

                                              Cent fois
    Tu aiguisas ta verge au diamant fou de mes regards
                                        Cent fois
    Tu fis connaître à mes doigts la forme exacte de sa candeur incandescente
                                  Cent fois
    Ma langue dut en apprécier le moelleux le fondant vertigineux la hâte
                            Cent fois
    Tu pris mes chevilles pour le compas du monde
                      Cent fois
    Tu disparus corps caverneux pendule de Foucault comète
                Cent fois
    Tu recrachas ma vulve pour dans ta rage
    La refermer
    Et feindre d’hésiter cent fois sur le seuil de ma raison
          Cent fois
    Je t’accueillis à lèvres humaines humides criant rêvant ravie cliente avide
    Cent fois
    Sans vergogne

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  • Tellement envice

    Catégories : Vers libres

    Ce soir je me recroquefille me raputisse me renconne
    Dans ta mâlitude
    Ce soir j’en ai envice
    Naître plus rien qu’une assouverture
    Défleure-moi
    Désêtre-moi de la bête aux pieds
    M’épouvantise bourrée de paille de fer
    Évertuée sur le coup
    Ce soir j’en ai envice
    Âmort
    Accorte perdue
    Tu auras toutes les tartes en main
    Ce soir je me féminictimise
    Faisons de moi quelque chose d’inimbitable
    Emphallucée à plein
    Vitirée jusqu’à l’os stylité
    Affroutre-moi par toutes les crevisses (si vierges soient-elles)
    J’en ai tellement envice
    C’est comme une vagine une mhoule qui me saoulèvre irrésistible
    Et m’avortonne enfin
    Naître plus rien
    Que ta masse turban critique et rutilant
    Tournant autour de ta muqueuse
    Tu frotteras ton diamant dur en stéréo dans mes amplis
    69 tours dans mon macrosillon
    Ce soir j’en ai envice follement envice
    Éprends-moi
    Marave-moi le désirâble
    Mésabuse de moi
    Rabaise-moi plus bas queutaire

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  • Celui

    Catégories : Vers libres

    Ô comme tu luis !
    Comme tu lui plais
    Comme ta plaie rêve, crève de lui
    Celui qu’appelaient tous les replis de ton palais secret
    Ta bouche s’ouvrait sur son passage
    Ton œil mouillait d’envie de lui
    Ta langue s’enroulait langoureuse autour de son nom
    Tes seins se fendaient en deux
    Tes bras esquissaient des étreintes interminables
    Ton ventre distillait des alcools puissants
    Tu le voulais saoulé
    Sous les caresses
    Sous les baisers brûlant le sang
    Sous l’effet fée de ton désir ardent de lui
    Et voilà que c’est là : tu luis
    Tu lui plais

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