Pêcheur d’étrons, tu pris au pied levé
Ce chemin sombre aux heures matinales
Avec un entrain qui signale
Combien ce vœu te fit longtemps baver.
Pêcheur d’étrons, plus tu fends et patauges,
Et plus je mouille au droit de l’autre puits !
Faudra-t-il attendre la nuit
Pour qu’à son tour tu y plantes la jauge ?
Pêcheur d’étrons, résignée je me fous
Les doigts dedans, me sachant deux fois creuse,
Ahanant telle chienne ou gueuse —
Oh ! va plus fort, mon chéri, mon grand fou !
Pêcheur d’étrons, fana de l’étroitesse,
De quel harpon épais tu me remplis !
Mon boyau ne fait plus un pli,
Et j’ai bien peur que tu jutes en vitesse.
Pêcheur d’étrons, je sens à ces lancers
Dont les élans t’envoient battre les couilles
Que tu ne seras pas bredouille :
Le colombin nouveau est annoncé…
Ton pantoum dans mon haïku - Page 37
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Deux fois creuse
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8) -
Taille grand garçon
Catégories : Octosyllabes (8)L’amour est un cheval d’arçon
Greffé d’une simili-bite
Pas vraiment de pointure hobbite
Plutôt la taille grand garçon
Et que l’on chevauche très vite
L’amour est ce coursier de cuir
Qui vous fait voir des étincelles
Vous emporte et vous dépucelle
Loin des hommes bêtes à fuir
Lorsqu’on le chevauche sans selle
L’amour est un noir destrier
Silhouette vague oh simple ébauche
Dont pourtant le galop vous fauche
Les jambes et nue vous fait crier
Si trop longtemps on le chevauche -
Sous la table
Catégories : Hendécasyllabes (11), Jocelyn Witz, Octosyllabes (8)Je suis le vin, le buveur et l’échanson
Je suis la vie dans le ventre des chansons
Touchez, palpez l’inéluctable
Avant de rouler sous la table
J’ai nom Manon, la servante aux joues rubis
De vous j’ai soif et veux ôter mes habits
Mon sein s’ouvrira délectable
À vos baisers dessous la table
Demeuré droit quand vos amis gisent saouls
Qui ne voient pas mon séant sur vos genoux
Cherchez le porche de l’étable
Dans les ténèbres sous la table
J’ai nom Manon, au cœur certes déluré
Mais au con chaud qu’il est bon d’ébavurer
Fût-ce ici à même le sable
Et le paillon dessous la table
Je suis le vin, le buveur et l’échanson
Je suis la joie dans le ventre des chansons
L’amour sans loi, le foutre aimable
Qu’on se donne à deux sous la table
Je suis le buveur, le vin et l'échanson est aussi le titre d'une de mes nouvelles
fantasticochonne en lecture libre. -
Leur parlez pas d’autrui (poème cochon)
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Tout le fruit l’usufruit
Ce que les autres veulent
C’est rien que pour la gueule
Des gras enfants des truies
Vieux nourrains pourris par l’oseille
Se gargarisant au Nikkei
Polis roses instruits
Tout bardés de culture
Ils vous crient No future
Dans le monde des truies
Ils bâfrent tous au CAC 40
C’est là qu’est l’auge avec la rente
Ils dévorent sans bruit
Ce qu’au reste ils possèdent
Rongeant de A à Z
Cet univers des truies
Ils vont s’empiffrer à Wall Street
De champ’, de junk bonds et de frites
Leur parlez pas d’autrui
Ce mot les met en rogne
Craignez-les quand ils grognent
Les gras enfants des truies -
Remembrance
Catégories : Octosyllabes (8)Remembrez-moi je vis si seule
Si creuse et oubliée des mecs
Que je pourrais crever la gueule
Ouverte et le machin tout sec
Pur zéro je suis devenue
De vos équations l’inconnue
Remembrez-moi ayez du cœur
Et du plaisir à me remettre
Afin d’effacer les rigueurs
De cette absence tout votre être
Est là qui rôde et se souvient
Vaguement qu’il baisa le mien
Remembrez-moi qu’on se rappelle
Combien nos corps allaient de pair
Combien l’âme nid d’hirondelle
Me pleurait sous vos coups de fer
Remembrez-vous de moi le membre
Je vous attends nue dans ma chambre -
2069 av. J.C., l’odyssée du cul
Catégories : Heptasyllabes (7)Nous entrons tenez-vous bien
Dans l’infiniment humide
Fabuleux antre pubien
Pompe à foutre pompe à vide
Puisque nous voici gorets
Par œuvre de magicienne
Fi du sexe édulcoré
Qu’aucun frein ne nous retienne
Adieu l’ennui les écueils
De la vie civilisée
À nous la baisade à l’œil
Sous les brises alizées
Nos Pénélopes sont loin
Sus aux grottes des Sirènes
Prenons la mer sans témoin
Cœur pur et bite sereine
Affilons le pieu de bois
Qui vint à bout du Cyclope
Et que de friction flamboient
Les nymphes de ces salopes
Les Lotophages ont raison
Il faut oublier Ithaque
Tout baisoir est ma maison
Souquez ferme ou je vous saque
Les conques que l’on connut
S’avéraient trop policées
Cherchons mille autres cons nus
Ce sera notre odyssée
À jamais nous errerons
En vagabonds de la pine
Droit devant mes gais lurons
Vers les ivresses marines
Mais détachez-moi du mât
Que cesse enfin ce supplice
Par pitié ne faites pas
La sourde oreille à Ulysse ! -
La fringale et l’hyperthermie
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Fable, Heptasyllabes (7)Yacina ayant coïté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la covid fut venue.
Plus un seul petit rencard
Avec le moindre queutard.
En chaleur elle alla braire
Chez sa voisine Anne-Claire,
La priant de lui prêter
Un gode, par charité,
Jusqu’à la saison nouvelle.
« Je te paierai, lui dit-elle,
En te broutant le minou.
Vois ! je t’implore à genoux »
Mais l’autre n’est pas tribade ;
C’est là son moindre défaut.
« Qu’as-tu l’entre-deux si chaud ?
Lui dit-elle. Es-tu malade ?
— Que sais-je ? C’est des pulsions :
Sans cesse il me faut des bites.
— Bah ! ça se résout très vite
Par un coup de latte au fion. »
Immoralité :
La pauvre Yacina, rouge brique et confuse,
Jura de plus revoir cette connasse obtuse. -
Le grand nettoyage
Catégories : Octosyllabes (8)Les Muses m’ont remise à neuf
Débarbouillé les orifices
Comme ô hasard ils étaient neuf
Chacune offrit ses bons offices
À l’un de mes accès mondains
Ces défilés par où se glisse
Plus d’un phénomène plus d’un
Aspect des choses en coulisse
D’abord me savonner les yeux
De quelques nus à la peau fraîche
À l’ouïr le soupir merveilleux
De deux amants qui s’entrelèchent
Pour mes naseaux bien encrassés
Parfum de foutre et de livèche
Le reste il fallut le passer
À l’étrille et paluche rêche
Les Muses d’un fort lavement
M’ont baigné l’âme et le viscère
Ainsi que de tendres mamans
De leur jus de filles sincères
Je me sens belle à l’intérieur
Depuis que leurs mignonnes serres
M’ont écouvillé l’œil rieur
J’ai plus le cœur qui se resserre
Les Muses m’ont rincé lustré
Retendu poils et satinette
Effaçant ce qui me frustrait
Brossant longuement ma minette
Les neuf Muses sont très sympas
Je repars poésie en tête
Et feu partout ailleurs d’un pas
Leste et serein de midinette -
Un jour pas comme les autres
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)À la jolie Gitane qui m’a donné l’idée…
Chic alors c’est le jour de l’an
De l’an de l’an de l’enfilade
Vas-y mon chou prends ton élan
C’est l’jour rêvé pour les plans crades
Ce jour de l’an !
Darling oui c’est le jour de l’an
De l’an de l’an de l’emboîture
Fais gicler ta turbine à flan
Qu’on mixe avec ma confiture
À fond là vlan !
Pas d’erreur c’est le jour de l’an
Papa de l’empapaoutage
Prends-moi sur tes gros genoux blancs
Pour me montrer d’jolies images
Des trucs troublants !
Trop chouette hein c’est le jour de l’an
De l’enlèvement des Sabines
Ça nous fout le cœur tout tremblant
Quand vous chargez avec vos pines
Dieu quel talent !
À nouveau c’est le jour de l’an
De l’envie de cul tyrannique
Dis-moi qu’t’as toujours ton beau gland
Sans ça je cède à la panique
J’suis sur le flanc !
Ô ma sœur c’est le jour de l’an
De l’an de l’entrée en matière
Au lieu d’rester les bras ballants
Branlons-nous dans les pissotières
Tout l’bataclan !
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Patriarcat 2.0
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Jutez pour moi !
Je vous promets monts et merveilles
Des pétasses à tu et à toi
Belles et fendues jusqu’aux oreilles
Jutez pour moi !
Partout des meufs superbandantes
Aux trois quarts nues selon la loi
Et malheur aux contrevenantes
Jutez pour moi !
Des vierges comme s’il en pleuvait
Dont la chatte ondule et chatoie
Fleurant l’ambre et le sénevé
Jutez pour moi !
De gros nichons pour oreiller
Des foufs trempées pour rince-doigts
Ah ! c’est sûr on va s’en payer
Jutez pour moi !
Fini les mâles malheureux
Aux filles de porter la croix
Livrant pour nous leur corps moelleux
Jutez pour moi !
À chacun son grouillant harem
Mille fois mieux qu’au Walhalla
On ne compte pas quand on aime
Jutez pour moi !
Tout homme aura rang de héros
De sultan de führer de roi
Patriarcat 2.0
Jutez pour moi !
Elles vous nommeront Monsieur
Jamais n’élèveront la voix
Filant doux et baissant les yeux
Jutez pour moi !
Le matin pipe obligatoire
Un p’tit effort mesdames on boit
Et glou et glou là pas d’histoires
Jutez pour moi !
Vaisselle aspi torcher les gosses ?
Citoyen dis ça va de soi
C’est toi le patron toi le boss
Jutez pour moi !
Pas de Chéri j’ai la migraine
Ordonnez Salope ouvre-toi !
Alis Babas montés en graine
Jutez pour moi !
Chasse aux femelles le dimanche
Vous les verrez toutes aux abois
Nibards au vent culotte blanche
Jutez pour moi !
Ces enculées de féministes
Sur la grand’place un jour par mois
Subiront le pal et le fist
Jutez pour moi !
Pour vous de juteux cons velus
Offerts à l’embarras du choix
Pour moi le pouvoir absolu -
Le prof
Catégories : Octosyllabes (8)Pour additionner un et un
Faut vraiment pas compter sur Matt
Mais lorsqu’on vient à quatre pattes
Se dénombrer les poils pubiens
Il a soudain la bosse des maths
Allez savoir à quoi ça tient
En toute matière Matt est nul
Pour l’orthographe une vraie bite
En langues OK à la limite
Mais suffit que j’ôte mon pull
Le génie tout à coup l’habite
Et sa science fait des émules
Ainsi ce mec pour qui l’école
Ne fut jamais qu’un mauvais rêve
Mériterait sitôt qu’il lève
Sa férule le prix Nobel
Il est le prof et moi l’élève
Trois heures par jour de gaudriole -
Ouvre tout grand mon cœur
Catégories : Hexasyllabes (6)Avec un accent anglais à la Jane Birkin...
Be my girl friend baby
À nous le no-male’s-land
Les mecs fini ! zobi !
Pas besoin d’alibi
Be my girl friend sugar
Les goudous font le trend
Honnis soient les dragueurs
Ouvre tout grand mon cœur
Be my girl friend darling
Tétant nos whiskies blend
On est loin du jumping
Des crétins sans feeling
Be my girl friend my love
C’est D-Day ce weekend
Qu’on boive à nos mangroves
Nos cocktails Molotov
Be my girl friend baby
À nous le no-male’s-land
Les mecs fini ! zobi !
Pas besoin d’alibi -
Jungle bells
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)Or un soir de Noël je déballai ses boules
Pour y lécher les ombres du jour finissant
Pour y sucer d’amour ces longs parfums puissants
Dont mon ventre se saoule
Son arbre ayant poussé un cimier indécent
J’en rongeai la racine avant que ne s’écroule
Ce bon géant pataud palpitant sous la houle
Chaude et gorgée de sang
Des lèvres je noyais son œil sous mes salives
Lorsqu’abrupt il plongea pour s’en aller ancrer
Dans ma gorge espérant boire enfin les secrets
De sa bouteille dive
Ô blancheur de sa panse aux plis gras et sucrés
Ô désir qui m’étrangle avec son front d’ogive
Comme il branla longtemps ma bouche à la dérive
D’un viol rude et sacré
Oui un soir de Noël je déballai ses boules
Pour nous redevenir l’un à l’autre présent
Veillée sombre en vue de repriser en baisant
Nos rêves qui s’écroulent -
Le petit Noël de Jean et Jack
Catégories : Jocelyn Witz
Méfiez-vous des Pères Noël !
Arrachez-leur la barbe et vous constaterez comme moi qu’à l’instar des putains du Bois de Boulogne, les trois quarts d’entre eux sont des travelos.
Ce qui ne les empêche pas d’enfiler tout ce qui leur tombe dans la hotte, bien au contraire.
Quand je pense que les enfants les adorent…
Bref, en lisant « Le petit Noël de Jean et Jack », conte édifiant et véridique, vous saurez tout sur cette abominable engeance qui revient à chaque solstice d’hiver hanter les grandes surfaces et pousse l’abjection jusqu’à caresser en public nos chères têtes blondes.
♥
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Des gars profonds
Catégories : Ennéasyllabes (9), Heptasyllabes (7), Pentasyllabes (5), Trisyllabes (3)La motte en feu sous l’œil des motards
Cave nue mal éclairée
Et la nuit sans fard
M’a violée
Un vieux plaid sale et puant le chien
Muscles dragons électriques
Leur cran sur un sein
Qui me pique
J’ai hurlé dans le sang du chiffon
Ce plaisir-là m’épouvante
Plaie des gars profonds
Plein la fente
Mais chair vomie déchirée d’odeurs
Ne fuit pas dans l’aube grise
Reveut le bonheur
D’être prise -
Dura sex, med lex
Catégories : Heptasyllabes (7), Pentasyllabes (5)Dur, dur à la peine
T’as encor pris des cachets
Le stylet que tu dégaines
C’est pas du papier mâché
Dur, dur à la tâche
Plus tu te shootes aux poppers
Plus mon corps fuite et s’attache
À ta béquille perverse
Dur, dur, ô tu dures !
Je chante des mélopées
Et tu me fous l’échaudure
Avec ta pharmacopée
Dura sex, med lex
L’idole à dilatation
Dresse un marteau de silex
Dans ma grotte sous pression
Aimons-nous sans concession
À en crever les Durex -
Libation
Catégories : Heptasyllabes (7)Ô afro de mes débauches
Noir décalque d’Aphrodite
Par tes cuisses monolithes
Par ta panse à l’ample poche
Par tes lèvres chrysalides
Par la pourpre de tes bouches
Par ton œil luisant manouche
Ténèbre aspirant le vide
Par tes mondes d’aréoles
Par tes laines à tout crin
Par tes muscs par leur écrin
Par ces mains dont tu m’immoles
Par ton rire et sa puissance
Par ta denture blanc-bleu
Par ton con qui pleure et pleut
Pour célébrer ta jouissance
Par ta plume de charbon
Par tes pudeurs d’enfant sage
Par les lointains paysages
De ton verbe vagabond
Pour toi Vénus hottentote
Au derjo gonflé de vie
Black afro de mes envies
Libation dans ma culotte ! -
Dans l’antre clive
Catégories : Octosyllabes (8)Arrière ô ces masses énormes
Qui font le cœur concupiscent !
Ton cul fourbe, ton boule hors normes
Pèse sur ma bouche et mon sang,
Quand toujours plus bas je descends
Dans mon amour profond des formes.
Je suis devenue ton fauteuil,
Bidet que tu califourchonnes,
Qui te nettoie l’étroit à l’œil,
Et moi, vaincue, je m’abandonne
À tes envies les plus cochonnes
En me chiffonnant l’écureuil.
Popotin somptueux ! Derrière
Formant mon unique horizon !
Sens-tu s’envriller la tarière
Et se couler le doux vison
De ma langue dans la prison
De ce puits privé de lumière ?
Viens-t’en plus près, viens m’étouffer,
Me pomper l’air et la salive
À force de désir loufé !
Ne retiens pas la brune olive !
Je m’engloutis dans l’antre clive
De tes fesses pour tout bouffer… -
Le deal
Catégories : Octosyllabes (8)Là sur sa fente à demi close
Il chavirait des affluents
Et ma langue au désir gluant
Léchait ce blanc, suçait ce rose
De leurs voluptés à mon su
Je faisais mon miel sans mot dire
Savourant le goût du martyre
Chaud et lacté, tendre et moussu
Parfois je pouvais mettre aux lèvres
Un bout de gland déjà ridé
Et rêver qu’il me possédait
Comme il l’avait prise — ô ma fièvre
Jamais cependant je ne pus
Me voir baisée à part entière
De mon cœur ils faisaient litière
C’était le deal dès le début -
Je veux des mains sur mon cou
Catégories : Heptasyllabes (7), Trisyllabes (3)Mous ton sexe et notre amour
Molles nos vies sans violence
Je me vois percée de lances
Nuit et jour
Fuyant la baise étiolée
Je veux des mains sur mon cou
Être nue rouée de coups
Puis violée
Au cul les bonheurs bourgeois
Et les miaulements timides
Entre le feu et le vide
Pas le choix
Molles nos vies sans violence
Mou ton amour mou ton nœud
J’ai au ventre un blanc un creux
Turbulence