L’amour naissant l’amour blessant
Cirque toujours recommençant
La résistance est inutile
Il te saisit foudroie ton sang
Cendre les corps incandescents
Volent au vent où s’en vont-ils
L’amour soulève ô l’amour crève
Ton ventre innocent de nacre Ève
Il te recrée te reconçoit
T’emporte et te noie loin des grèves
Que de ravage après la rave
Vagin gisant rouge hors de soie
Octosyllabes (8) - Page 7
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Cendre les corps incandescents
Catégories : Octosyllabes (8) -
Lueurs d’amour
Catégories : Octosyllabes (8)La fuite sourd tant va la cruche
Allô qui est à l’appareil
Silence mordant les oreilles
Dans l’ombre des jalousies veille
La vieille à l’estomac d’autruche
Au cou des coupables se pend
Une rumeur qui les emporte
Loin d’elle On baise entre deux portes
De blancs mensonges en cohortes
Glissent partout leurs doigts rampants
L’amant lui sème et n’en a cure
Des copeaux de rêves gâchés
Des aveux en papier mâché
Des sentiments mal harnachés
Qui voient s’emballer la voiture
Garder le cap et l’appétit
Tant pis si pissent l’eau les vases
Aux larmes citoyens Ça jase
Qui dit prises de bec de gaz
Dit lueurs d’amour abêti -
Garçons, l’addition !
Catégories : Octosyllabes (8)Vite un vit ou je me recuite
Mon cul trime et fait les trois-huit
Le temps est un cheval en fuite
Le boule à zéro des ascètes
À d’autres ! j’ai mes cinq-à-sept
Mes doubles six et mes fixettes
À couper les espoirs en deux
Qu’a-t-on jamais retiré d’eux
Le temps est un chemin merdeux
Du vin ! venez divins cousins
Me mettre en quatre au magasin
Posant neuf vits j’en retiens un -
Sœur vagabonde
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)À Manon prise encore à se mouiller les doigts,
La mèr’ sup’ dit : « Quittez sur-le-champ notre toit !
Cherchez de par le vaste monde
Un but plus altruiste et qui plaise au bon Dieu,
Sauvez des âmes en sauvant la vôtre. Adieu,
Je vous nomme sœur vagabonde. »
Après avoir versé les larmes de son corps,
Manon imagina un challenge en accord
Avec à la fois ces consignes
Et son propre besoin de se faire enfiler :
Ramener l’égaré, l’homosexuel dans les
Honnêtes clous, la droite ligne.
La novice, enfilant un habit de putain
En place de la bure, en convainquit plus d’un
Par ses arguments imparables ;
Se bousculant au seuil de son appartement,
Quelque mille invertis, tour à tour ses amants,
Vinrent lui sauter sur le râble.
Ce puissant sacrifice — il convient sans détour
De l’avouer — ne pesa sur le monde pas lourd ;
Sitôt niquée la jolie nonne
(D’ailleurs, en général, par l’antre défendu),
Les homos refoutaient d’autres hommes perdus,
La laissant là comme une conne.
La mèr’ sup’ au couvent reprit bientôt Manon,
Craignant qu’elle se fît faire un enfant sinon,
À tant se donner de la peine ;
La branleuse, ravie de retrouver ses sœurs,
Et partageuse, au fond, leur offrit ses douceurs :
Elle était devenue lesbienne. -
Un beau salopard
Catégories : Octosyllabes (8)Virée mon mari m’a virée
Vous trouvez pas ça un peu raide
Chers amis j’en appelle à l’aide
En plus ma robe est déchirée
Virée larguée mise au rancart
Foutue dehors après pendant
Trois ans m’avoir foutue dedans
Vous parlez d’un beau salopard
Bon d’accord OK pour les courses
Et passer l’aspi j’étais nulle
Tandis qu’il bosse au fond je bulle
Mais j’excelle à vider les bourses
Virée ou pas moi j’ai viré
Tout l’argent sur un compte à part
Je vais prendre un nouveau départ
Ce con j’en ai rien à cirer
Comme une merde il m’a virée
Pour un peu j’en deviendrais folle
Il faut que quelqu’un me console
Venez tous on part en virée -
Un prince indifférent
Catégories : Octosyllabes (8)J’attends
J’attends qu’il me sourie
J’attends qu’il me prenne les mains
J’attends mouillée de rêveries
J’attends la nuit le lendemain
J’attends qu’il me voie me regarde
J’attends de fondre dans ses yeux
J’attends le sein planté d’échardes
J’attends morte les joues en feu
J’attends qu’il me fasse renaître
J’attends qu’il me fasse un enfant
J’attends j’attends qu’il soit mon maître
Tâtant et prenant les devants
J’attends et mon ventre s’enflamme
J’attends le désirant des doigts
J’attends je l’attends le réclame
J’attends sa chaleur et son poids
Au bois dormant j’attends sans cesse
J’attends un prince indifférent
J’attends sang bouillant de princesse
J’attends mon cœur est un tyran
J’attends tant pis si je halète
J’atteins le point de non-retour
A-t-il ou non levé la tête ?
J’attends
J’attends
J’attends son tour -
Monde tombé
Catégories : Octosyllabes (8)Ton ventre éclosant sous la lune
Monde tombé vibre en silence
Autour mille et cent astres lancent
Leur vain appel tracent des runes
Fusées mes doigts à la surface
Posément cherchent s’aventurent
Traquant l’étrange créature
Couchée là morte ou qui rêvasse
Tous tes gémirs je les explore
Je saurai l’eau l’air les collines
J’y creuserai des puits de mine
Dresserai la faune et la flore
Il m’appartient velours et moelle
Je le sillonne et le baptise
Je luis pour lui de convoitise
Ton ventre tombé des étoiles -
Dans Lewis Carroll
Catégories : Octosyllabes (8)Un jour hélas tu baisseras
Alice ton slip pour une ale
Croyant voir le bout du tunnel
Un jour Alice oui tu seras
Morte on t’aura coupé les ailes
Tu partiras tu fuiras mes
Tendres lèches de cœur Alice
Lèches à la reine au calice
Car s’il est vrai que tu m’aimais
Déjà d’entre mes doigts tu glisses
Un jour ce désir qui te fend
Cèdera la place à un drôle
Ainsi que dans Lewis Carroll
Tu te seras perdue enfant
Un homme usurpera mon rôle -
Vibrer pour toi
Catégories : Octosyllabes (8)Je crois en Toi Gode un peu trop
Partout je ressens Ta présence
Au taf au lit dans le métro
Mes pensées Tu les réagences
Tu démolis ma vigilance
Je crois en Toi Gode à jamais
Qui remplis si bien tout l’espace
Petite déjà je T’aimais
Il n’était guère un jour qui passe
Sans que je prie devant la glace
Bien sûr mon culte ardent se voit
Lorsque je m’écrie hors d’haleine
Ô Gode Tu m’ouvres des voies
De Ton amour je suis plus pleine
Même que Marie-Madeleine
Je crois en Toi Gode bon dieu
Possède-moi trouve le centre
Mon corps aspire aux désirs pieux
Je veux Te porter dans mon ventre
Sentir comme Tu sors et entres
Mais ma fièvre de Toi déplaît
Gode on me boucle on me ligote
On complote de m’accoupler
À un mortel d’allure idiote
Tout blême et mou dans la culotte
Je crois en Toi Gode au secours
Si Tu me sors de cette ornière
On se donnera libre cours
Vibrant pour Toi ma vie entière
Je m’abîmerai en prière
Je crois en Toi Gode aie pitié
Emporte-moi loin des sauvages
Impies cherchant à me châtier
Branle et brûle-moi sans partage
J’ai poussé à fond le voltage -
Sont-y pas canons ?
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaVive les gentils androgynes
Les incertains du genre humain
Les perdus loin des origines
Que ces bijoux fous de demain
Sous l’œil des projos se pavanent
À loilpé la main dans la main
Salivez straights ouvrez les vannes
Bandez écarquillez les yeux
Quand passera la caravane
Ils vont remplacer tous vos dieux
Ils feront du cul table rase
Pour rebâtir le monde en mieux
Les rôles sexuels vous écrasent ?
Vous rêvez de coïts nouveaux ?
Rejoignez-les sortez des cases
Ou bavez branlez-vous les veaux
Nases nazis d’ancienne espèce
Enfermés dans vos vieux cerveaux
Foin de vos traditions épaisses
Sont-y pas canons ? matez-les
Z’ont des lèvres des seins des fesses
Sitôt qu’ils passent à la télé
Vous allumez ça vous excite
Ces êtres au génome emmêlé
Cherchez pas la fouffe ou la bite
Ces machins-là c’est dépassé
Place enfin aux hermaphrodites
C’est classe et même à tout casser
Les gros clitos les minipines
Il y en aura jamais assez
Vive les gentils androgynes
Je veux les voir j’en ai des suées
Ô monoïques intersexués
Ô l’avenir que j’imagine… -
Conte express (d’après Hoffmann)
Catégories : Octosyllabes (8)Ô Olympia
Un fol en fièvre nue l’épia
À travers sa loupe et ses verres
Un falot un pâle un pervers
Lorgna les charmes d’Olympia
Ô Olympia
Dans son boudoir aux tons sépia
Un godmiché sous sa tunique
Mu par énergie galvanique
S’envoyait au ciel Olympia
Ô Olympia
L’autre dément le galapiat
Voulant l’avoir toute à son vice
Se munissant d’un tournevis
Démonta le cœur d’Olympia -
Un jour d’été
Catégories : Octosyllabes (8)Dans l’herbe mouillée de nos sueurs
Dans l’air déchiré de tes plaintes
Je t’ai léchée petite sœur
J’en avais rêvé mainte et mainte
Fois Je m’étais branlée à cœur
Risquant que mon sexe s’esquinte
Dans l’herbe qu’arrachaient tes doigts
Tu valais la fleur en corolle
Moi l’abeille qui la nettoie
Pas question d’inverser les rôles
J’avais si soif et faim de toi
Que je jouissais pourtant c’est drôle
Dans l’herbe écrasée d’émotion
Sous le ciel et l’ombre des trembles
Je te léchais avec passion
Puis on nous a punies ensemble
Petite sœur mais nous pissions
Le jus et nos cœurs battaient l’amble -
Constellations du désir
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Je dirai haut ce que les autres turent
L’amour tout cru avec du poil autour
Les doigts creusant la confiture
La langue canine et le souffle court
Je dirai Montre ! à qui me dit Je t’aime
Et Viens ! à qui la perche me tendra
Épaisse et gorgée de poèmes
Constellations du désir en mes draps
Je dirai tout Les envies récurrentes
Les occasions et les besoins profonds
Les fantasmes fous qui nous hantent
Je dirai haut ce que les autres font -
Comme un ventre
Catégories : Octosyllabes (8)Viens faire un tour dans ma cahute
Me tripoter les bas instincts
Ce soir mon âme un peu putain
T’accoste Viens-t’en qu’on chahute
Monte avec moi Laissons raison
Bourgeoise et freins dans l’antichambre
Et sois pour un moment le membre
Viril au sein de ma maison
Viens faire un saut sous ma soupente
Pour rire et m’envoyer en l’air
J’ai lu Nin Louÿs Henry Miller
Et tous les Virginie Despentes
Aux gonds suprêmement graissés
Ma porte s’ouvre comme un ventre
Écoute ta bonne amie Entre
Une heure ou deux me caresser
Viens faisons les zouaves Exécute
Un show pour calmer mes chaleurs
De toi j’ai le désir à fleur
Ce soir Viens-t’en dans ma cahute -
Un esthète
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Taz le désaxé aux lézards
Né de mère inconnue
Les fait courir sur ma peau nue
En écoutant Mozart
Taz me ligote au lit me baise
À sa façon bizarre
Puis lâche ses amis lézards
Sur mon corps qui s’apaise
Douze langues allant au hasard
Lèchent là sueur et mouille
Quand cent griffes menues gribouillent
Tels de zélés thésards
Alors je geins mon sang se fige
Souffle comme un blizzard
Et Taz contemple ses lézards
En s’astiquant la tige
Moi pétrifiée plus que Lazare
Avant que Jésus vienne
Je perle une pluie diluvienne
Qu’ils boivent à mon bazar
Ce tableau Taz ému le scrute
De son œil de buzzard
Il aurait bien fait les Beaux-Arts
Malgré ses airs de brute -
Un total plus grand que la somme
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)Nous avons tel un pain partagé notre amante
Enfant tendre ô ma mie épaisse assez pour deux
Pourquoi ne pas suivre la pente
Soudain du triangle hasardeux
D’un bout à l’autre de ses mille itinéraires
Main dans la main nous reconnûmes nos chemins
De brebis bêlant sous la mère
De miel et d’ambre féminin
En elle nous avons comme un champ qu’on sillonne
De nos ongles creusé les plaies vives ouvert
Nos chauds et noirs terriers de lionnes
S’offrant le gîte et le couvert
D’elle nous nous tendions par-dessus ses soupirs
La chair encore tremblante où nous avions léché
Mordu de nos dents de vampires
Sans parvenir à l’assécher
Par elle à travers elle à nouveau nous nous sommes
Donné ô gloire à elle à ce corps consentant
Un total plus grand que la somme
De nos torts et folies d’antan
Goûte-moi ce filet qui perle sous la menthe
De son pubis et toi suce sa langue en soie
Ce soir partageons notre amante
Ce soir plus de chacun pour soi -
Je te rejoins
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaLes lèvres de nos plaies s’écartent
Dès qu’on effleure le passé
On se sent vieille on se sent tarte
Nos doigts ont peur de s’immiscer
Où dorment plaisir et souffrance
Si quelque chose était cassé
Et si l’antique délivrance
D’amour mimé ne venait plus
Mais déjà nos bassins s’avancent
Déjà l’herbe mouille il a plu
L’index retrouve la mémoire
De toi l’hier pris dans ma glu
Seule avec les bleus du miroir
Je te rejoins pour jouir oh je
Tombe à genoux devant l’armoire
Demain sera moins nuageux
Le souvenir rebat les cartes
Pas moyen de perdre à ce jeu
Les lèvres de nos plaies s’écartent
Dès qu’on effleure le passé
Je ne voulais pas que tu partes -
À la sauvette
Catégories : Octosyllabes (8)Sous le peignoir de mousseline
Lili se sait chaude et féline
Son corps entier déjà s’incline
Vers vos lèvres bel officier
Qui donc connaîtra la défaite
Ce soir au terme de la fête
Que quelque chose ou rien la vête
Lili aime à s’en peu soucier
Vous pouvez la coucher en joue
En travers des draps de neige ou
D’une table elle elle déjoue
Vos maléfices et vous bat
À votre rêverie d’enfance
Lili sait déjà par avance
Que vos armes sont sans défense
Et qu’on ne tombe pas bien bas
Sans le peignoir couvrant le ventre
S’abandonnant à ceux qui entrent
Lili halète et se recentre
Sur l’étui noir de vos couteaux
Dans l’ombre elle se donne entière
Sa tête heurtant comme des pierres
Plus rien au fond ne fait barrière
Et jaillit le plaisir bientôt
Vous pouvez la prendre pour cible
De vos ambitions impossibles
Rire aux longs crachats qui la criblent
Mordre à sa chair en carnassier
Quelque crûment qu’on la dévête
Lili au terme de la fête
Jouissant de vous à la sauvette
Gagnera quoi que vous fassiez -
Aux beaux jours
Catégories : Octosyllabes (8)Alerte alerte alerte aux gazes
Cent garces nues me tournent autour
Mamelle au balcon cuisse au tour
Les chaleurs de l’été m’écrasent
Alerte aux sentiments violents
Mon cœur en palpite à s’entendre
Mes lèvres s’écartent du Tendre
Et je vais partout me branlant
Alerte ô vois elles se vêtent
D’un rien de tissu rasibus
En rôdant par les rues les bus
Où je les mate à la sauvette
Alerte à l’armée des bimbos
Par qui chaque année je suffoque
Quoiqu’en épiant l’œil équivoque
Leurs leurres on dirait du Rimbaud
Alerte mon masque se barre
Face à ce doux bombardement
Je salive et pas seulement
Par les glandes sudoripares
Alerte aux beaux jours ô cadeau
J’en perle à mort j’en perds les phrases
Alerte alerte alerte aux gazes
Couvrant peu les jolies ados -
Poème pédophile
Catégories : Hexadécasyllabes (16), Octosyllabes (8)J’aime un enfant tout nu j’aime un ange un bambin un chérubin
Tripotant mon clito lorsqu’ensemble on s’ébat dans l’eau du bain
Nos amours certes font des vagues
On me le reproche on dit que
Je suis garce ou que je divague
Au moins s’il avait une queue
J’aime un moutard un chiard un nouveau-né pas plus haut que trois pommes
Un loupiot tendre et salopiaud un adorable petit d’homme
Est-ce un Ken ou un G.I. Joe
Quoi qu’il en soit quand il se plante
Dans ma fente oh l’affreux jojo
Je jouis d’une façon troublante
J’aime un poupon un tout-petit un gosse un joli nourrisson
Dont d’ailleurs on ne sait pas bien s’il est fille ou s’il est garçon
L’imaginer mâle me botte
Si c’est mal ma foi je m’en fous
Pour peu qu’au-dedans il barbote
Gigote et fasse bien le fou
J’aime un baigneur un beau bébé un mioche en celluloïd rose
De temps en temps j’ai honte un peu surtout quand il me fait des choses
Avec son crâne lisse et doux
Et ses mirettes à bascule
Ses cils me caressant partout
Il manquerait plus qu’il m’encule