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Un ange est entré dans ma vie Alors que j’errais au hasard Parmi la brume et les blizzards Et cet ange entré dans ma vie Avoua m’avoir longtemps suivie
Un ange m’a brûlé les yeux En me découvrant sa peau d’ambre Il fit soleil en plein décembre Car l’ange me baisait les yeux Et j’épousais son corps radieux
Un ange m’a percée d’une aile Dure et m’a déchiré le flanc Moi la brebis moi l’agneau blanc Fol ange il m’a percée d’une aile Sans le vouloir un peu cruelle
Un ange a lacéré mon cœur Du rubis d’une lame épaisse Et il fallut que je me baisse Pour que cet ange entant mon cœur M’en fasse aimer l’âpre liqueur
Un ange a léché de mon âme Les plis godant et les ourlets Pas une larme n’a roulé Quand l’ange qui léchait mon âme Faisait de moi une autre femme
Puis l’ange en mon ventre oublia Avant de fuir être immature Une si frêle créature Que depuis lors je souris à L’ange qu’en moi l’ange oublia
M’arrache des cris, m’arrache la gueule À coups d’amour, me laisse pas seule M’arrache à ce triste présent Mais t’arrache pas, reste en baisant
Tords-moi la vie dans tous les sens Fais-moi mal en toute innocence Mords à mes seins qu’ont plus seize ans N’en démords pas, reste en baisant
Me claque, me flaque, me tue, me gifle Tes flots d’ordure, bafoue, persifle M’éclate, me plaque à la cloison Mais me plaque pas, reste en baisant
M’étouffe de jouir et d’érection M’assène tes poings d’exclamation Me tire la jungle à la Tarzan Mais te tire pas, reste en baisant
M’imprime tes envies, tes déprimes Ton panard de vivre et tes frimes M’estampille tes rimes sans raison Ton beat à donf, reste en baisant Ma gueule en prime
Ma chatte a pris le mors aux dents Cherchant partout l’outil d’Adam Qui comblera sa démesure Ma chatte a pris le mors aux dents Mais moi je l’aurai à l’usure
Ma chatte a pris le mauvais pli De renverser l’ordre établi D’être continûment pinée Ma chatte a pris le mauvais pli Mais je lui rendrai la monnaie
Allant de frasque en jeu de con Ma chatte est sortie de ses gonds Et se fout de moi la gredine Qui va de frasque en jeu de con Quand je veux dormir ou je dîne
Pleine de vits de sacripants Ma chatte en rupture de ban Jette sa gourme et fait des siennes Pleine de vits de sacripants Au fond c’est une histoire ancienne
Je fais ses quatre volontés Ses quatre cents coups excités Bien obligée : elle m’harcèle Pour que j’alpague une bite et Qu’elle me la redépucelle
Un jour j’entrerai au couvent Fini minou le mors aux dents Et les fredaines interlopes Un jour j’entrerai au couvent S’ils veulent bien d’une salope
Posté jeudi, mis en musique et en images dimanche : mon compère poète Alain a visiblement flashé sur ce texte, et bien entendu je l’en remercie une fois de plus. De surcroît, si pour moi il s’agissait d’un poème parmi le flot que je diffuse quotidiennement, sa réactivité et son travail étonnant ont attiré mon attention et m’ont poussée à revenir un instant sur ces quelques vers. C’est pourquoi j’aimerais ici, contrairement à mes habitudes, vous livrer un certain nombre d’éléments qui ont présidé à son écriture.
Au plan formel, il est formé de quatre strophes identiques composées chacune de quatre octosyllabes et d’un quadrisyllabe final qui constitue le refrain.
Mon point de départ était précisément ce refrain : « Endors-toi donc ». Par conséquent, j’ai cherché des rimes en « don » : gardons, pardon, don, bidon. Au passage, signalons que j’essaie toujours de varier la catégorie lexicale de mes rimes. Rimer deux adjectifs entre eux (ex. : navré, délivré) me semble trop facile. Ici, nous avons un verbe, deux noms et un adjectif.
Pour alterner avec cette rime sourde et masculine en « don », j’ai choisi des rimes féminines tout aussi nasales (cette nasalité crée une sorte de ronflement qui s’accorde bien avec le sujet) mais plus amples et sonores : -ontre, -emble, -ense, -entre. Par ailleurs, partout dans le poème, les sons « ronflants » prédominent : chérie, chair, éternité, notre rencontre, rêve, étreinte, tirer l’or, etc., etc.
Comme souvent, j’ai éliminé au maximum les « e » muets à l’intérieur du vers, ce qui à mon avis améliore la fluidité des poèmes.
Voilà pour la sonorité. Sur le plan du sens, rien de compliqué à saisir. Au contraire, les termes employés sont des mots de tous les jours. De plus, chaque strophe est semée de notions fortes, cardinales, essentielles : vie, éternité, or, substance, amour, ensemble, baisers, désir, etc., qui soulignent de façon diffuse le caractère authentique de cet amour. Baudelaire, entre autres, utilisait beaucoup cette combinaison de notions essentielles et de musicalité.
La chute, avec ce « moi » au lieu du « toi » des refrains précédents, signifie bien sûr la réciprocité de l’amour. Quant à l’antre du vers précédent, il est à la fois un refuge contre tout le reste (ce qui est bidon, le monde extérieur) et le symbole de la passion dévorante unissant ces deux femmes.
Voici l’histoire d’une pauvresse Qui tant et tant tournait pas rond Qu’à la fin elle offrit ses fesses À un bel âne aux yeux vairons C’est la bourrée d’Aliboron
Ce baudet prompt à l’infamie S’montra si déluré luron Qu’aussitôt seul avec sa mie Il y allait pine au giron De la bourrée d’Aliboron
Ils vivaient dans l’nord de la France Quéqu’part au pays des corons Et bien qu’il la mit en souffrance Elle hurlait va l’âne ah forons Dans la bourrée d’Aliboron
Lui s’enfonçait à la hussarde Au lieu d’rester sur le perron Il enfilait sa longue écharde Elle en avait la sueur au front La pauv’ bourrée d’Aliboron
Pour se reposer la membrane Elle lui tripotait les marrons Qu’il avait lisses comme le crâne Du r’gretté professeur Choron Sacrée bourrée d’Aliboron
En amour avec la bourrique Elle écrivit à son daron Qui lui répondit d’puis l’Afrique Tu f’ras ben comme tu préférons Foutue bourrée d’Aliboron
Elle en avait tant la banane Qu’elle épousa monsieur l’baron Mais garda près d’elle son âne Tant pis pour c’que les gens diront C’est la bourrée d’Aliboron
Comment s’est terminée la farce ? Notre animal à paturons Fout-il toujours la jolie garce ? Ceux qui veul’nt savoir écriront À la bourrée d’Aliboron
Ta bouche de café, un noir Dragon s’y blottit, ô boudoir De nos corps sur la grève, Baisers sucrés à recevoir Et vouloir, même si j’en crève ! T’aimer rêve que rêve !
Longue, ta gorge m’est le puits, Le grenier, le verger aux fruits, La table où je défaille Et, d’appétit, me meurs depuis Que de toi le cœur me travaille : T’aimer vaille que vaille !
Ton sein de neige ivre : sorbet Où je plonge à m’y résorber, Afin que tu m’aies toute Et j’y remplace le bébé Que nous n’aurons pas, tu t’en doutes... T’aime coûte que coûte !
Les pluies de ton ventre, ô, ma faim Ne trouva jamais leurs parfums Dans d’autres confitures ; J’y baigne toute nue, afin De te croquer d’après nature, T’aimer dure que dure !
Poète gay et masseur à Paris, Alain Cabello-Mosnier tient depuis des années un blog où, non content de publier ses propres poèmes érotiques, il présente en outre des dizaines et des dizaines d’auteur.es LGBT, passés ou contemporains.
Il m’avait déjà fait l’honneur de réaliser, avec talent et enthousiasme, je dirais même avec feu, une lecture de mon poème intitulé « Pantoum des abeilles ». Vous pouvez encore l’entendre ici.
Aujourd’hui, il en a fait carrément une chanson et un vidéoclip qu’il a posté sur YouTube, avec mon accord, bien entendu. Si la voix ici est générée par l’IA, Alain est l’auteur de tout le reste : mélodie, orchestration, mixage, mise en image, etc. Et voici ce que ça donne :
Même que c’est sans aucun doute le tube de l'été prochain !
Oui, je me branle à tes genoux, Puisque c’est pute et sensuelle Que tu me veux — tu me l’as dit dans la ruelle, Lorsque je t’ai parlé de nous.
Sans vergogne et d’un cœur salace, Je deviendrai celle dont tes Fantasmes voient l’image : un animal dompté, Et s’il faut, même, une radasse.
Ô jouir ! je foule aux pieds l’orgueil Qui faisait que je me refuse À t’offrir d’amour ces modestes joies infuses, Afin d’émoustiller ton œil.
Que tous mes plaisirs t’appartiennent, Puisque luxurieuse et catin Doit se montrer — ne l’as-tu pas dit ce matin ? — Celle, heureuse, qui sera tienne !
César, ô chou, viens voir maman ! Plus de prince, ici, plus d’amant, Plus qu’un petit garçon fragile Dont je pétris, boudin d’argile, La bistouquette gentiment.
Fi, César, je te découronne ! Qu’entre mes seins ronds de matrone Entre ton pif de déjà vieux, Et laisse aller, ferme les yeux ! Tant pis s’il branle un peu, ton trône.
César, dis, raconte à ta femme Chérie combien on te diffame, Et si tu as appréhendé Des chrétiennes faisant bander Ce vermisseau de chair infâme.
Tu sais, Grand César, que le fouet T’attend si tu oublies d’avouer ; Même, au besoin, je ferai mettre Par un verrat ton cul de maître Du monde aux bibelots noués.
César, ô, te voilà tout chose, Tout sanglotant, et ton bout rose Perd sa semence sur mes paumes... Lèche, Claude, ce précieux baume En attendant l’apothéose !
Graisse, mécanicienne, ô presse les burettes Lubriques, lubrifie et jamais ne t’arrête Fonce, trace, le temps file et te colle au train Déjà grippée le froid t’étreint Tu fais (qui sait ?) partie des prochaines charrettes
N’importe ! tu t’en fous, pompe l’air et l’enduit Aux membres debout dans l’encor bel aujourd’hui Cours d’un homme au suivant, suis le vent où qu’il aille Tant pis si ton sexe déraille Dont les créneaux de tir flottant se sont réduits
Verse les saintes blanches huiles qui te l’oignent Et font qu’un court instant l’horizon se réloigne Graisse patte et fous tige à qui t’offre l’âffre, un Appui à fond, lâche les freins Emballe la machine, ô nympho, qu’on te soigne