Ta bouche de café, un noir
Dragon s’y blottit, ô boudoir
De nos corps sur la grève,
Baisers sucrés à recevoir
Et vouloir, même si j’en crève !
T’aimer rêve que rêve !
Longue, ta gorge m’est le puits,
Le grenier, le verger aux fruits,
La table où je défaille
Et, d’appétit, me meurs depuis
Que de toi le cœur me travaille :
T’aimer vaille que vaille !
Ton sein de neige ivre : sorbet
Où je plonge à m’y résorber,
Afin que tu m’aies toute
Et j’y remplace le bébé
Que nous n’aurons pas, tu t’en doutes...
T’aime coûte que coûte !
Les pluies de ton ventre, ô, ma faim
Ne trouva jamais leurs parfums
Dans d’autres confitures ;
J’y baigne toute nue, afin
De te croquer d’après nature,
T’aimer dure que dure !
Octosyllabes (8) - Page 10
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Ô ma faim
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8) -
Alain Cabello-Mosnier
Catégories : Chanson, Jocelyn Witz, Octosyllabes (8), Pantoum, Poèmes illustrés, Poèmes lus ou chantésPoète gay et masseur à Paris, Alain Cabello-Mosnier tient depuis des années un blog où, non content de publier ses propres poèmes érotiques, il présente en outre des dizaines et des dizaines d’auteur.es LGBT, passés ou contemporains.
Il m’avait déjà fait l’honneur de réaliser, avec talent et enthousiasme, je dirais même avec feu, une lecture de mon poème intitulé « Pantoum des abeilles ». Vous pouvez encore l’entendre ici.
Aujourd’hui, il en a fait carrément une chanson et un vidéoclip qu’il a posté sur YouTube, avec mon accord, bien entendu. Si la voix ici est générée par l’IA, Alain est l’auteur de tout le reste : mélodie, orchestration, mixage, mise en image, etc. Et voici ce que ça donne :
Même que c’est sans aucun doute le tube de l'été prochain !
Chapeau bas et merci, Alain ! ♥♥
Son blog quasi encyclopédique : http://poesiesqueer.canalblog.com/
Ses autres mises en musique (sur ses poèmes ou ceux d'autres auteur.es) : https://musiqueslgbt.bandcamp.com/ -
Bien caché
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Terza rimaJ’errais parmi des foules, indécise
S’il me fallait encore un peu rester —
... Vos seins vous enflaient la chemise.
J’avais le cœur ivre et tout empesté
D’âcres fumées dont le gris vous agresse —
... Votre œil facétieux insistait.
J’étais amère, oh ! tous les nerfs en tresse,
Et fuyais chaque apparence d’émoi —
... Vos mains me parlaient de caresses.
Je me sentais malhabile aux tournois
Amoureux, je redoutais l’heure tendre —
... Vos lèvres hurlaient : « Baise-moi ! »
J’avais, au fond, de l’amour à revendre,
Bien caché... — Mais vous saviez tout cela,
Et votre corps se laissa prendre. -
S’offrir d’amour
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)Oui, je me branle à tes genoux,
Puisque c’est pute et sensuelle
Que tu me veux — tu me l’as dit dans la ruelle,
Lorsque je t’ai parlé de nous.
Sans vergogne et d’un cœur salace,
Je deviendrai celle dont tes
Fantasmes voient l’image : un animal dompté,
Et s’il faut, même, une radasse.
Ô jouir ! je foule aux pieds l’orgueil
Qui faisait que je me refuse
À t’offrir d’amour ces modestes joies infuses,
Afin d’émoustiller ton œil.
Que tous mes plaisirs t’appartiennent,
Puisque luxurieuse et catin
Doit se montrer — ne l’as-tu pas dit ce matin ? —
Celle, heureuse, qui sera tienne ! -
Maître du monde
Catégories : Octosyllabes (8)César, ô chou, viens voir maman !
Plus de prince, ici, plus d’amant,
Plus qu’un petit garçon fragile
Dont je pétris, boudin d’argile,
La bistouquette gentiment.
Fi, César, je te découronne !
Qu’entre mes seins ronds de matrone
Entre ton pif de déjà vieux,
Et laisse aller, ferme les yeux !
Tant pis s’il branle un peu, ton trône.
César, dis, raconte à ta femme
Chérie combien on te diffame,
Et si tu as appréhendé
Des chrétiennes faisant bander
Ce vermisseau de chair infâme.
Tu sais, Grand César, que le fouet
T’attend si tu oublies d’avouer ;
Même, au besoin, je ferai mettre
Par un verrat ton cul de maître
Du monde aux bibelots noués.
César, ô, te voilà tout chose,
Tout sanglotant, et ton bout rose
Perd sa semence sur mes paumes...
Lèche, Claude, ce précieux baume
En attendant l’apothéose ! -
Emballer la machine
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)Graisse, mécanicienne, ô presse les burettes
Lubriques, lubrifie et jamais ne t’arrête
Fonce, trace, le temps file et te colle au train
Déjà grippée le froid t’étreint
Tu fais (qui sait ?) partie des prochaines charrettes
N’importe ! tu t’en fous, pompe l’air et l’enduit
Aux membres debout dans l’encor bel aujourd’hui
Cours d’un homme au suivant, suis le vent où qu’il aille
Tant pis si ton sexe déraille
Dont les créneaux de tir flottant se sont réduits
Verse les saintes blanches huiles qui te l’oignent
Et font qu’un court instant l’horizon se réloigne
Graisse patte et fous tige à qui t’offre l’âffre, un
Appui à fond, lâche les freins
Emballe la machine, ô nympho, qu’on te soigne -
À m’agonir
Catégories : Octosyllabes (8)Fondre entre les bras de mon Dieu,
Finir torche sous l’étincelle
Et l’alcool que son œil ruisselle —
Bientôt ! D’où je vous dis adieu,
Car de moi vous n’aurez que cendres
Et parfums vagues au réveil :
Je vais plonger dans le soleil,
Vers son cœur blanc je vais descendre.
Chez d’autres la peur il répand ?
Ses pieds de bouc, son regard louche,
Les crocs de serpent dans sa bouche,
À moi me l’ont rendu cher, Pan.
S’il me déchire, oh ! s’il m’écrase
De son amour qu’on dit odieux,
Tant pis ! Qu’importe ! Il est mon Dieu,
Celui pour qui mon corps s’embrase
Depuis qu’une nuit s’est complu
À m’agonir son sexe infâme.
Il refera de moi sa femme
Bientôt !... Vous ne me verrez plus. -
Entre tendrons...
Catégories : Jocelyn Witz, Octosyllabes (8)
À l’internat parfois le soir
Quand on a fini nos devoirs
On se livre à d’autres vertiges
Pelotant de nos peaux l’ivoire
Lapant à nos miels callipyges
À l’internat parfois le soir
L’amour est un luxe accessoire
Comme on n’a pas d’automobile
Nos cons ouverts en saints ciboires
On s’adonne à des jeux débiles
À l’internat parfois le soir
Nos envies errant dans le noir
Entre tendrons on va s’attendre
Et des coups bas sont à prévoir
Tant on a du sexe à refendre
À l’internat parfois le soir
Nulle pionne ne peut nous voir
Quand frottant nos lampions occultes
Passant nos fesses au polissoir
Nos ventres on se les entr’ausculte
À l’internat parfois le soir
Dans les eaux troubles des couloirs
Quelque assoiffée rôde en nuisette
Tendez l’oreille à cette histoire
De nos partouzes à la sauvette...C'est ma dernière bluette en lecture libre :
https://www.atramenta.net/lire/jeux-pervers-a-saint-clarisses-college/98801
♥ -
En m’émoussant l’escarpolette
Catégories : Octosyllabes (8)Percée à jour c’est ma journée
Enfoutrée fourrée par fournées
Dans mon gang bang mon cinq-à-sept
J’ai dû paumer le dernier set
Qui sont ces ramasseurs de balles
Dont le revers nerveux m’empale
Je jouis ça je pourrais pas nier
D’avoir des œufs plein mon panier
Me voilà joujou femme ultime
Un con damné qu’on pousse aux cimes
Trou fion que ses persécuteurs
Taillent au vif de leur cutter
Vingt colibris divins volètent
En m’émoussant l’escarpolette
Ça fait boum boum et boomerang
Tout me revient dans mon gang bang -
L’arroseur arrosé
Catégories : Octosyllabes (8)Bob un pilier des bobinards
Claque un pacson de fric au claque
Arrosant pour prix du panard
Les p’tits tapins au cul mignard
Et surtout les mecs qui les maquent
V’là qu’il tombe un soir sur Mimi
Gagneuse à la Villa Goguette
Or la pauvre a tell’ment gémi
Sous la pine à tell’ment d’amis
Qu’elle en pèle au plan d’la moquette
Bob pour la sauver de c’gourbi
Se paie le sérail à suceuses
Les harengs il t’les estourbit
Et fait dire urbi et orbi
Qu’sa Mimi s’ra la régisseuse
La taulière à vie du boxon
Sans avoir à s’gratter l’oreille
Et Bob lui fait : Bébé taxons
Aux beaux michtons tout leur pacson
À eux d’cracher l’foutre et l’oseille ! -
Après enquête
Catégories : Octosyllabes (8)Ton membre là je l’ai voulu
C’est toi toi seul oui que j’aspire
À m’enfiler tu es l’élu
Pour le meilleur et pour le pire
Cet oiseau-là je l’ai cherché
Dans tant de nids sur tant de branches
Où je me voyais nue percher
Chatte éplorée qui miaule et penche
Ne sachant plus par quel chemin
L’on redescend buvant la voie
Lactée là de ce rêve humain
Pourvu qu’enfin son œil me voie
Car ta verge je le savais
Suivait aussi sa propre quête
D’un vagin la faisant baver
Chacun de nous menait l’enquête
À présent mets là ta quéquette
Le jour de foutre est arrivé -
D’un seul coup
Catégories : Octosyllabes (8)Jamais je ne fais volte-face
Pour entre mes seins retenir
Ceux qui m’ont entendue gémir
Avant le matin je m’efface
Fuyant l’amour et les licous
Il faut me prendre d’un seul coup
Sitôt mortes les étincelles
Je fume et puis je disparais
Chevauchée d’hommes sans arrêt
Vite au retour mon cœur ficelle
Ferme la porte et se recoud
Il faut me prendre d’un seul coup
Un jour pourtant peut-être grise
D’alcool de rêve ou de serments
J’ai voulu revoir un amant
Qui jamais ne vint à l’église
Alors oui j’ai pigé beaucoup
Il m’avait baisée d’un seul coup -
À chaque fois que tu t’élances
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Verse en moi les blancs sentiments
Qui nous habitent
Pour qu’à la fin l’eau de ta bite
Fasse ciment
Ivres mes envies se referment
Autour du doigt
Que tu durcis et qui me doit
Plus que le sperme
Je sais nos noms prêts à perler
Dans le silence
À chaque fois que tu t’élances
Pour en parler
Au chaud des lèvres de ta pine
À l’air charmant
De ton respir ces sentiments
Je les devine -
En bons copains
Catégories : Octosyllabes (8)Trois coquins se secouent la queue
Pensant chacun à sa coquine
Nostalgiques OK mais pas que
Taquiner l’épée damasquine
Lorsqu’on a le cul qui s’asseoit
Sur un divan de moleskine
Constitue un délice en soi
Rendant la joue rose et poupine
Bien sot qui par suite y surseoit
Ainsi tant pis pour les copines
Si nos trois gars en bons copains
L’un l’autre se pognent la pine -
Le rebond
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Tu me fermais la porte ô proie
Mais il fallait envisager
Qu’un jour je fusse
Pouliche à m’emparer des Troie
Et qu’à la fin ma bouche suce
Le blanc-manger
Je sus prendre ta cuisse au piège
D’un vice neuf du seul élan
De ces mystères
Qui perpétuellement assiègent
Nos cœurs de filles solitaires
Un peu branlants
Il n’est que de t’entendre rire
Pour savoir que tu ne m’en veux
Plus de mon zèle
À t’imposer ce doux délire
En embrassant la demoiselle
Sous nos cheveux
Ta fente fraîche devient chaude
Et tes eaux mortes sentent bon
Quand tu les lances
De mon désir entré en fraude
Tel un shoot avec insolence
C’est le rebond -
Trop tard, trop tôt
Catégories : Octosyllabes (8)J’ai d’autres chattes à fouetter
D’autres chauds lapins sur la planche
Dans le viseur d’autres étés
D’autres orgies d’autres nuits blanches
Il est trop tard pour m’arrêter
Il est trop tôt pour qu’on calanche
C’est pas demain même on dirait
Jour et nuit des machins s’enclenchent
Je suis charrette allons tirer
Encore un coup
Jamais je flanche -
Ces filles qu’on éreinte
Catégories : Octosyllabes (8)Qu’il me retourne sur mes gonds,
Creusant la rive insoupçonnée
Jusqu’alors, me laissa sonnée,
Foutue, dans un état second,
Telle une fille à nouveau née.
Pour lui je fis le grand écart,
M’ouvris entière et tus mes craintes
Afin qu’il mît droit son empreinte
Sans prendre de gants, sans égards,
Comme à ces filles qu’on éreinte.
Qu’importe les sangs et le bas-
Ventre brûlant, pleurant à l’aide,
Quand tant de silences là plaident ;
De rares fois je me débats,
Telle une fille un peu trop laide. -
Repenser Galatée
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetFi, marbre froid, fi ! C’est d’airain
Que je te refondrai les membres,
Pour que chatoie quand tu te cambres
Le hâlé volcan de tes reins.
Et si ton regard tient de l’ambre
Ses fauves reflets utérins,
J’y cisèlerai du fer un
Iris et tu verras la chambre.
Ce qu’en l’humus ils ont couché
Ne fut jamais que la matrice
Du chef-d’œuvre : un rêve ébauché,
Mais ma verve blasphématrice
Plus sublimement recoudra
La morte qui hante mes draps ! -
L’âge ingrat
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Puisque mes joues sont des ravines
Et mon crâne un champ désherbé,
Fidèles mains demeurées fines,
Venez encor vous embourber :
Masturbez, masturbez !
Puisque mon œil à la vue basse
N’allèche plus que des barbons
D’âge en rapport et qui trépassent,
Il me reste au moins mes bonbons :
Masturbons, masturbons !
Puisque mes dents nacrées sont fausses
Et mes prestiges tous tombés,
Avant de sauter dans la fosse
Avec moi, doigts prompts à zober,
Masturbez, masturbez !
Puisque mes seins pendent à terre
Comme aux grands-mamans du Gabon,
Que faire d’autre, ô solitaire,
Sinon ce geste ? C’est si bon...
Masturbons, masturbons !
Que nul surtout ne me perturbe,
Car rien ne vaut pour l’ex-beauté
Qu’hélas ! je suis, ces privautés,
Lorsque, dans l’appart’ à côté,
Voire au sein même de la turbe,
J’avoue, je, hiver comme été,
Me masturbe et masturbe... -
Sous la loi mâle
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)Plus tendre qu’un galet, polie par le remous
De cent trop brefs regards sur sa chair trop ancienne,
Ceux des hommes indifférents qui vont et viennent,
Une femme s’offre à genoux.
Si l’aube la voit là, sans qu’aucun ne la veuille,
Sans que nul ne désire encore aimer ce corps,
Elle connaît le sort qui l’attend — c’est la mort —
Et en tremble comme une feuille.
Ô loi mâle, cruel oukase des miroirs !
Après avoir servi le vit bien des années,
Sentant combien ses pauvres beautés sont fanées,
Une femme nue perd espoir.
Mais voici qu’on lui passe autour du cou la chaîne
Et l’entraîne — elle renaît ! son cœur fait des bonds :
Elle vivra peut-être, aux pieds de ce barbon,
Jusqu’à la semaine prochaine...