Visage au cinabre fermé
Âme sourde indémonstrative
Mais grisée d’émoi je salive
Te revêts d’eau l’épiderme et
Les monts rosés les faux cratères
Mille accidents de ce terrain
Que tu promènes au bas des reins
Reliés de parfums solitaires
J’irai me frayer un canyon
Tout de lagunes déguisée
Jusqu’au cœur souple des brisées
Où ton cru d’écorces bouillonne
Et qu’au débouché mon empreinte
En mouillant l’orgue aille plein sel
T’éjaculer ô demoiselle
Les râles que tu tais étreinte
Octosyllabes (8) - Page 4
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Au débouché
Catégories : Octosyllabes (8) -
Perle d’O n° 195
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OAu clou les fouets et les ficelles
Fixés juste face à mon lit
Dévisageant par défi celle
Qui rêva son corps avili
Lançant cinglé des étincelles
Aussi la cravache au crochet
Pour compléter la panoplie
De celle au cœur bien accroché
L’O qui sans se plaindre se plie
Se laisse enchaîner aux rochers
Au clou les cordes et les verges
Déjà mon bas-ventre frémit
De vice et s’enfle sur les berges
Mais si le choix m’en est remis
On n’est pas sortis de l’auberge -
Rêves femelles
Catégories : Octosyllabes (8)Voiles de poils ceints des sirènes
Sillages de mouille où se traînent
Leurs hanches de rut écumant
À travers l’algue ô tout s’emmêle
En ces poisseux rêves femelles
Depuis que je n’ai plus d’amant
Au ventre lisse et hypocrite
Des falaises le blanc s’effrite
Et mes nuits forgent des trous d’eau
Où nagent de perverses filles
Qui m’attrapent par la cheville
Depuis qu’il est parti trop tôt
Cheveux vos voluptés m’étouffent
Mes doigts se perdent dans les touffes
Liquide est l’aube au fond du drap
Les pieuvres rôdeuses étravent
De caresses ma chair épave
Depuis qu’il n’est plus dans mes bras
Faut-il que défaite je cède
À ces sirènes qui m’obsèdent
Au rire aigu à l’œil dément
Ô ventre nu je me fissure
Mais suce pourtant leurs eaux sures
Depuis que je n’ai plus d’amant -
Après la nuit
Catégories : Octosyllabes (8)Il fait jouissance à mon réveil
Il fait pine dure amoureuse
Un bris de cris monte au soleil
Au fur que mon plaisir se creuse
Il fait splendeur élévation
Après le sommeil sans mémoire
Il fait doux que nous effacions
Ce reste en nous d’une humeur noire
Il fait bonheur aux seins pressés
Au ventre éventail il fait vie
Pays d’hier incaressés
Que négligions-nous vos envies
Il fait chêne enraciné loin
Mes eaux en ont retrouvé sens
Il faisait nuit seuls dans nos coins
À mon réveil il fait jouissance -
Perle d’O n° 50
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÔ élargissement
Tige dedans courroies ceinture
Me font incessamment
Béante l’intime ouverture
À lents gémissements
Mes entrailles à capsuler
Accueillant l’instrument
Vibrent d’opprobre écartelées
Et ces vits s’affirmant
Me desserrant indubitables
Prennent tout doucement
Des épaisseurs de pied de table
Moi pleine à tout moment
De desseins durs à me distendre
Otage des tourments
Pantin d’un attachement tendre
Ô avilissement
Chacun loufiat ou fille ou maître
Mesure indécemment
Quel calibre âpre me pénètre
Et m’élargit le fond de l’être -
Sa proie
Catégories : Octosyllabes (8)Je lèche l’eau des odeurs fauves
Au puits d’aisselles de my love
Tandis que lui me glisse un doigt
Un seul suffit je suis sa proie
De force me rouvre my love
Et me rend chienne de Pavlov
Giclant les braises du chaudron
Mes souffles perdus reviendront
En attendant tout vibre mauve
Entre les ailleurs où my love
Aiguise à mes chenaux étroits
Sa rauquerie de tous les droits
De musc et de muscle est my love
Divan de chair où je me love
Immense son mât qui m’emplit
De frissons sonores et d’oubli -
L’amour soit loué
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaC’est beau les chaînes au cou d’un jouet
Quand plie ce corps que je jugule
Cinglé de mes jambes et mon fouet
C’est beau son nœud sous ma férule
Tout tremblant de sang effaré
Giclant le sel de ses cellules
C’est beau d’envisager sa raie
S’ouvrir un puits dans l’espérance
Que mon poing va s’en emparer
C’est beau ce pouvoir cette immense
Volupté ô l’amour soit loué
Qui m’enchaîne au cou de mon jouet -
À la ramasse
Catégories : Octosyllabes (8)Tombée au champ du déshonneur
Tombée sur un os escrimeur
Repose endormie sous le drap
Rêvant du jour où reviendra
Celui pour qui son ventre meurt
Étendue raide à la ramasse
Prise au collet nus dans la nasse
S’asphyxie en attendant l’heure
Du retour du vit du pécheur
Lui clouant le corps ô connasse
Tombée au champ du déshonneur -
Sur nos lèvres
Catégories : Octosyllabes (8)Nos poils mêlés draperie d’ulves
Nous deux nous salivant la vulve
Se léchant l’œil de la matrice
Sur nos lèvres le sable crisse
Nos seins de lise à s’écraser
Douleur même au cœur du baiser
Ton soupir dit la joie tactile
Sur nos lèvres l’amour rutile
Nous deux ventre à ventre vivant
D’eaux bavées de joie par-devant
Giclée des luttes quotidiennes
Sur nos lèvres qui s’appartiennent -
Perle d’O n° 37
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OPourtant mon ami semble heureux
Peu nous importe à qui je cède
C’est toujours Lui qui me possède
Jouit de ma chair à travers eux
Ils pourront bien donner les verges
À sa conquise aux cent colliers
Aucun des tyrans affiliés
N’aura ce que mon cœur héberge
Car c’est à Lui que j’appartiens
Même s’il livre et s’il procure
À d’autres vits sa créature
Lui l’immanent Lui le gardien
Oui mon despote est amoureux
Et quand trente mâles s’emparent
De moi pour leurs bonheurs barbares
C’est Lui qui jouit à travers eux -
La grande avaleuse
Catégories : Octosyllabes (8)Femme à femme léchée luisante
Ouverte et paresseuse amie
Couchée de moiteurs infinies
Harem fou que la lune argente
Femme à femme crevée d’îlots
Gémir d’écumes jamais tu
Nue dans ton ventre de tortue
Agitée des branles de l’eau
Femme à femme accrue de caresses
Éternité d’ondulation
Lèvres où nous nous émacions
Grande avaleuse ô pute ogresse
Femme à femme hachurée parfois
D’éclairs qui l’enflent d’ombres sales
Mais tu ne t’avoueras vassale
D’aucun matelot quel qu’il soit
Femme à femme affamée liane
S’envoyant les quatre horizons
Ta sueur d’algue est ma raison
Ô moirure ô mer océane -
Perle d’O n° 215
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OMon maître m’attendait, superbe et mécontent,
L’œil assoiffé d’un orifice
Ruisselant d’obédience, ou bien qu’on me punisse ;
Mon maître m’attendait : j’aime lorsqu’il m’attend,
Car moi je l’attends tout le temps.
Je me souviens d’un conte où la chaste princesse
Vit entre les murs d’une tour,
Patiente, disponible, en regardant autour,
Tâchant de voir ce prince à qui tendre les fesses…
De même je l’attends sans cesse.
Dans l’ombre du bureau se dressait mon sultan ;
De crainte mêlée de délices,
J’avais le sang remué : sait-il de nouveaux vices
Pour sa poupée de cire au ventre palpitant
Qui l’attend tout le temps ? -
Le tigre et le dragon
Catégories : Octosyllabes (8)Viens petit scarabée femelle
Et ôte ta robe à froufrou
Tu verras comment la quenelle
Martiale de maître Kung fout
Que David et son cas radinent
Aussi pour se joindre au combat
Et t’enseigner l’art du coup bas
En cas d’échec c’est la badine
Viens petit scarabée joli
Fi des gredins qui nous dénigrent
Viens en découdre avec le tigre
Et le dragon à rebrousse-lit -
Perle d’O n° 32
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OJ’ai fermé les yeux mais trop tard
Quand l’homme entra venu défaire
Mes liens de fille liens de fer
J’ai fermé les yeux mais trop tard
J’avais traversé son regard
Il m’effleurait entre les cuisses
Et moi je l’ai dévisagé
Le jugeant maigre étrange âgé
Au lieu de fixer son pénis
Les lois voulaient qu’on m’en punisse
J’ai fermé les yeux mais le froid
M’entra dans l’os à contresens
J’avais commis une insolence
Un vilain crime à son endroit
Qu’un fouet s’élance !
Que l’éclair danse et me foudroie ! -
Messaline
Catégories : Octosyllabes (8)Y a tant de gens dans mes salines
Tant s’ébattant sur mes gazons
Me grimpant d’assaut les collines
M’élargissant les horizons
Me faisant perdre la raison
Tant et tant de verges câlines
Pour me foutre en toute saison
Qu’on peut m’appeler Messaline
Redoublant mes démangeaisons
Ça m’excite et nous rebaisons -
Perle d’O n° 5
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’ODeux serves visage fardé
Étroit collier de cuir en place
M’ont collée nue face à la glace
Je dus m’ouvrir et regarder
Mon ventre avaler tout l’espace
On me parfuma les cheveux
Objet d’usage qu’on apprête
Pour un jeu peut-être une fête
Je dus observer tant qu’on veut
Mon ventre ouvert en tête-à-tête
Muette labiale et dans leur camp
Issue vers quoi communiquant ? -
Perle d’O n° 124
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OAbandonnez l’abandonnée
Tournez le dos claquez les portes
D’autres patrons me réconfortent
Aucun de vous ne me connaît
Partez laissez-moi seule avec
L’homme auquel vous m’avez livrée
Je tremble et frémis il est vrai
Mais c’est de ferveur intrinsèque
Trahissez qu’il s’envoie en l’air
Mes seins déchirés et mes robes
Plus rien en moi ne se dérobe
Aux pénalités exemplaires
Abandonnez mon baronnet
Tout droit sur mes joies à l’eau-forte
L’autre l’emporte qui m’emporte
M’aimant peut-être un tantinet
Aucun de vous ne me connaît -
La malade
Catégories : Octosyllabes (8)Mon bon ami boit mon pipi
Et mes ours à la régalade
C’est moi la tarée la malade
Qui jouit du pouvoir accroupie
Sa bouche en cœur je l’escalade
Pour y décharger sans répit
Mais chéri fais gaffe au tapis
Ou sans ça gare à l’enculade
Un beau jour je chierai chipie
Appréciera-t-il la balade ?
C’est moi la givrée la malade
Je fais ça pour ma thérapie -
Perle d’O n° 76
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’O, Terza rimaComme au château me voici seule et nue
À m’apprêter pour combler leurs désirs
Telle une putain d’avenue
Comme là-bas j’applique avec plaisir
Un chaud carmin pour orner l’aréole
Des rondeurs qu’ils voudront saisir
Comme à Roissy je sens un raide alcool
Me calciner tous les sangs je me sais
Folle amoureuse O tu es folle
Prendre le temps qu’il faut sans se presser
Pour souligner les replis plus menus
Que leur sexe ira caresser
Quelque senteur de plantes ingénues
Complètera du tapin la tenue
Qu’au château je suis devenue -
Immoral et sans précédent
Catégories : Octosyllabes (8)À contrevoie à contre-allée
Paula ne m’aime qu’empalée
Tant pis si l’on m’entend râler
Pliant mes membres de chiffon
Elle fout là où c’est profond
Le gros goulot d’un carafon
Mais cela n’est que l’ouverture
Poussant le jeu contre nature
Vautrée ma Paula me triture
Je piaule et elle en contre-chant
Rit de son rire un peu méchant
Puis mouille ma chatte en crachant
M’embrassant alors le bavoir
La jolie vache m’en fait voir
J’ai plus aucun contre-pouvoir
La carafe entre et se refiche
Tournoie en moi comme un derviche
Mes cris Paula s’en contrefiche
Je dois admettre cependant
Que j’aime ce rentre-dedans
Immoral et sans précédent
Paula la garce au cœur grivois
Me lèche et m’empale à la fois
À contre-allée à contrevoie

