Enzo se caressait les boules,
Tandis que laissait pendre Alain
Sa langue avec un air malin
À vous donner la chair de poule.
L’heure était tendue ; il urgeait
D’enculer Riri et Jean-Marc
Qui jusque-là menaient la marque.
S’étant auparavant murgé
De longs pastis sans flotte aucune,
L’Enzo gardait quelque rancune
À l’endroit de ce con d’Alain
Dont l’œil, qui sans arrêt riboule,
Voyait le cochonnet, les boules
Danser sur l’allée de falun…
Octosyllabes (8) - Page 3
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En double
Catégories : Octosyllabes (8), Sonnet -
Soleil solitude éclatant
Catégories : Octosyllabes (8)Soleil à foison tout l’hiver
Sur mes amours bien alignées
Jamais de travers de revers
J’abats sans plainte à la cognée
Tous les chagrins morts au printemps
Nulle femme n’est épargnée
Soleil solitude éclatant
Sur le bourgeon d’autres poèmes
Fermés que personne n’attend
Ô cueillez mes fictifs je t’aime
Je chante échaudée tout l’hiver
Je rêve à l’envers dans mes vers -
Petit je
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Mon je s’aime à tous vents
En attendant l’autre de pluie
Je sillonne pour lui
Ce nuage au ventre crevant
Mon je dépressionnaire
Dévale et fournit son aval
Aux sanglots qu’il ravale
En attendant son partenaire
Petit je qu’on défend
Aux enfants dont les envies croissent
Sans moi moi j’ai la poisse
Les doigts dans mon ventre crevant -
À la sauvette
Catégories : Octosyllabes (8)Ça m’arrive à tout un chacun
à tout bout de chambre secrète
ça me prend me prends pas la tête
si je m’offre le saint-frusquin
si parfois la fête est parfaite
quand je savonne à la sauvette
ça m’arrive à tout un chacun -
Fouette cocher
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Faire une croix sur mes devoirs
Et mes futurs à engendrer
Dans la chambre face au miroir
Faire une croix de saint André
Je voudrais vous y voir
J’ai coché les flèches une à une
Que le désir m’a décochées
Sacrifié fortune après thune
Voulant jouer à fouette cocher
Pour aller dans la lune
Puis déchaînée j’ai déboulé
Sus aux bonshommes à recadrer
Tordants leurs membres de poulets
Sur cette croix de saint André
Le cœur aux pieds foulé -
Régime sec
Catégories : Octosyllabes (8)Au bas du ventre un petit creux
Un désir que rien n’éconduit
Sinon l’inespéré biscuit
D’un ami dans ce vide affreux
Un petit creux au bas du ventre
Boulimie que rien ne soulage
Sauf si farci de blanc fromage
Quelque beau bout de lard y entre
Au bas du ventre un petit creux
Réclamant pitance à grands cris
Ô besoin de gras qui m’aigrit
Et fait s’enfuir mes amoureux
Un petit creux au bas du ventre
Qui cause en moi la peur atroce
À terme de devenir grosse
Pour l’éviter je me recentre
Au bas du ventre mon doux creux
Se contentera d’olisbos
J’aurai que la peau sur les os
Mais force moments savoureux -
Perle d’O n° 222
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OQuand je leur dresse les tétons
À me gémir entre les dents
Quand mes doigts leur entrent dedans
Auscultent fouissent le sait-on
Toute à leur régler l’allumage
Je vois surgir ma propre image
Quand leur chair se resserre autour
De mes poussées exploratrices
Quand éperdus se rétrécissent
Ces chas auxquels je fais la cour
Si je me trouble et si je tremble
C’est que ces mousmées me ressemblent
Quand leur bouche affolée halète
Mes lèvres leur brassant le sang
Quand je les défais leur poussant
Toujours plus haut l’escarpolette
Quand je les tiens sous ma tutelle
Je cherche au fond le savent-elles
Ma servitude en tant que telle -
Y’a comme un déphasage
Catégories : Octosyllabes (8)Après brossage humble et bien sage
La jolie bête à culbuter
S’en retourne ayant tout juté
Au fond du tuyau d’arrosage
On voudrait la réaffûter
On la soupèse on envisage
Les fièvres d’un nouveau baisage
Hélas l’animal a muté
Tel un vieux gnocchi hors d’usage
Il vous lance un regard buté
Avant d’encor crapahuter
Plus loin dans son sac de couchage
On croirait un vit d’amputé
Ou celui d’un gosse en bas âge
Vraiment y’a comme un déphasage
Entre nous après chahuter
Quand en son tuyau d’arrosage
S’en retourne ayant tout juté
Cette salope à culbuter
Bien sage oh oui !… beaucoup trop sage -
Un cas pathologique
Catégories : Octosyllabes (8)Il lui desserrait les rondelles
À force de trépidation
Tant il y mettait de passion
Car le gaillard était fou d’elle
Et la foutait sans sommation
Par des secousses ahurissantes
Il lui détraquait les gicleurs
Elle hurlait qu’elle a mal au cœur
Mais lui attaquait la descente
Debout sur l’accélérateur
Il lui déjointait la culasse
L’aplatissait tel un vingt-tonnes
Chaque fois qu’il rivait bobonne
Car ce gros homme avait hélas
La maladie de Parkinson -
Ce que tu voudras
Catégories : Octosyllabes (8)Je suis la biche et l’éléphante
Et le reste aussi je m’invente
Les mille saisons de la fente
À moi seule un kamasutra
Maman putain ou écolière
Sainte aujourd’hui salope hier
Je redessine mon derrière
Pour être ce que tu voudras -
Perle d’O n° 196
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OIl dit ce que je suis
Ce nouvel affront je l’essuie
Et ces ardents regards je les affronte
Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte
Il dit montre tes seins
Candeurs chamarrées du dessin
Lilas qu’a là griffonné la cravache
Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche
Il dit viens là catin
J’en rougis sous mon fond de teint
Messieurs jusques au soir je vous la laisse
La sachant se prêter aux plus rêches caresses
Sent-il que l’horizon
De ma servilité touche à la déraison
Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
La miss au diapason
À complaire à tous habituée ? -
Parfaite était la trajectoire
Catégories : Octosyllabes (8)Ça rime à rien nos arrimages
Mes sas ont beau rester ouverts
Je plane plus dans l’univers
Trop de retard à l’allumage
À quoi bon encore orbiter
Quand nos vaisseaux se désencastrent
Glacés dans le miroir des astres
Sous ces espaces inhabités
Parfaite était la trajectoire
Pourtant : lorsque dans le ciel clair
Nos engins s’envoyaient en l’air
Ensemble on écrivait l’histoire
Las ! aujourd’hui le vide affreux
S’engouffrant partout me ravage
Ça rime à rien nos arrimages
J’échoue lors de la mise à feu -
Perle d’O n° 57
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÀ la niche O levrette
Digne seulement des donjons
Ce pelage allongeons
À même le sol qu’on nous prête
Terre battue d’envies secrètes
À la niche O chaînon
Manquant d’entre animal et fille
Au pain sec les chevilles
Entravées nous nous entraînons
À ne dire plus jamais non -
Perle d’O n° 64
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’OSimple et souple je suis encline
À m’ouvrir à sa discipline
M’ouvrir sans cesse ou vivre entrouverte plutôt
Comme avec les gens du château
Ne dresser de barrière aucune
N’être que troublantes lacunes
Disponible à loisir ainsi qu’un peu plus tôt
Dans les corridors du château
Rêve infiniment accessible
Cible avide de flèches cible
Courant s’offrir aux dards comme sur un plateau
Blessure béante au possible
Douve aux eaux de cruor que dragua staccato
Chaque suzerain du château -
Que vienne un loup
Catégories : Octosyllabes (8)Déculottée pour mieux sauter
Malgré le recul de la chair
C’est l’autre la chatte beauté
J’ai pas de pantoufle de vair
Que vienne un loup pour qu’on se mente
Le prince en pince et m’antichambre
Seule laide au bois je tourmente
Ma chevillette amie du membre
Déculottée pour mieux sauter
Me retremper à d’autres peaux
Malgré mes défauts ma faute et
Ma métamorphose en crapaud
Que m’avale un ogre ou me lèche
Une sorcière c’est tout comme
De tout bois d’amour je fais flèche
Depuis que m’a quittée mon homme -
Perle d’O n° 20
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O, Quadrisyllabes (4)Aimée pourtant je l’aime aussi
Même s’il presse
Entre ses doigts le fouet de tresse
Je l’aime aussi
Il n’a qu’à dire Allons caresse
M’embrasse ici
Soulignant l’arc de mes sourcils
Avec tendresse
Je perds la clé d’autres soucis
Dès que se dresse
Celle qui branle à mon adresse
Je l’aime aussi
Fi donc des terreurs qui m’oppressent
Le cœur ainsi
À genoux toute ! elle durcit
Ma brute épaisse -
Le sillon
Catégories : Octosyllabes (8)Vous m’avez ravi un million
De baisers chauds me rendant prête
Trouvez trouvez-moi le sillon
Le sourire aux quatre lévrettes
N’attendez ! plus ne sursoyons
Vos lents atermoiements m’atterrent
Fendez fendez-moi le sillon
D’un glaive ou d’un soc volontaire
Ne me laissez pas vermillon
Lapine que votre œil envoûte
Écartelez-moi le sillon
Plus largement qu’une autoroute
Il n’est que temps que nous soyons
Un seul bel animal d’écume
Enfoncez-vous dans le sillon
Pour battre au cœur de mon enclume
Ah ! nos yeux nous les dessillons
Et l’immense avenir commence
Quand vous me comblez le sillon
De sang de rêve et de semence -
Perle d’O n° 185
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OQu’on m’accorde le fouet de cordes
Paillarde aussi je me repais
De voir les tendrons qui se tordent
Quand vient mon tour de les frapper
Qu’on me l’attribue la cravache
Pour châtier céans quelque sœur
Chaque cri que je lui arrache
M’est un plaisir de connaisseur
Laissez je la battrai nue blême
Puis assécherai les sanglots
De cette identique à moi-même
Ligotée là pétale éclos
Oui m’accordez le fouet de cordes
Que je lui refasse un portrait
Et ses membres les désaccorde
J’aime quand ces tendrons se tordent
Qui me ressemblent trait pour trait -
Devant l’entonnoir
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Plonger l’œil aux ténèbres rouges
Voir brasiller le désir quand
Couvent les ardeurs d’un volcan
Dont rien ne bouge
Défaillir devant l’entonnoir
Face à la faille ouverte immense
Se faire tendrement violence
Nue dans le noir
Chaque matin je te contemple
Et m’aime à m’érupter le sang
Quand ton sommeil m’offre indécent
Ton petit temple -
Perle d’O n° 162
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’OUn jour je quitterai la maison close
Afin qu’il m’offre à ses amis
Mais je resterai sienne il l’a promis
Toujours à lui toujours sa chose
Toujours son animal soumis
Un jour je porterai sur moi secrète
Quelque empreinte ou preuve à l’appui
Ma vérité pourra sortir du puits
À demeure et quoiqu’on me prête
Toujours son automate à lui
Un jour je m’ouvrirai désenfermée
Percée par d’autres tour à tour
Mais sa prise à jamais sa Pompadour
Sa favorite et mieux aimée
Toujours à lui toujours
Toujours


