Quand je leur dresse les tétons
À me gémir entre les dents
Quand mes doigts leur entrent dedans
Auscultent fouissent le sait-on
Toute à leur régler l’allumage
Je vois surgir ma propre image
Quand leur chair se resserre autour
De mes poussées exploratrices
Quand éperdus se rétrécissent
Ces chas auxquels je fais la cour
Si je me trouble et si je tremble
C’est que ces mousmées me ressemblent
Quand leur bouche affolée halète
Mes lèvres leur brassant le sang
Quand je les défais leur poussant
Toujours plus haut l’escarpolette
Quand je les tiens sous ma tutelle
Je cherche au fond le savent-elles
Ma servitude en tant que telle
Perles d’O
-
Perle d’O n° 222
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O -
Perle d’O n° 117
Catégories : Heptasyllabes (7), Perles d’OMiel sirop bonbon réglisse
D’eux tous me voici complice
Tablant sur les deux tableaux
Alcool fort ou menthe à l’eau
Miel sirop bonbon réglisse
Que nos destins s’accomplissent
Mes dix doigts prêtant la main
Au pouvoir du mâle humain
Miel sirop bonbon réglisse
Débusquons sous la peau lisse
De nos amies le halo
Où s’allient le feu et l’eau
Miel sirop bonbon réglisse
Moi femme de père en fils
Moi suif de mèche avec eux
Serpente avalant sa queue
Miel sirop bonbon réglisse
Leurs miroirs me réfléchissent
M’écartelant des Bosphore
Tout pantelant d’alcool fort -
Perle d’O n° 196
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OIl dit ce que je suis
Ce nouvel affront je l’essuie
Et ces ardents regards je les affronte
Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte
Il dit montre tes seins
Candeurs chamarrées du dessin
Lilas qu’a là griffonné la cravache
Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche
Il dit viens là catin
J’en rougis sous mon fond de teint
Messieurs jusques au soir je vous la laisse
La sachant se prêter aux plus rêches caresses
Sent-il que l’horizon
De ma servilité touche à la déraison
Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
La miss au diapason
À complaire à tous habituée ? -
Perle d’O n° 57
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÀ la niche O levrette
Digne seulement des donjons
Ce pelage allongeons
À même le sol qu’on nous prête
Terre battue d’envies secrètes
À la niche O chaînon
Manquant d’entre animal et fille
Au pain sec les chevilles
Entravées nous nous entraînons
À ne dire plus jamais non -
Perle d’O n° 64
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’OSimple et souple je suis encline
À m’ouvrir à sa discipline
M’ouvrir sans cesse ou vivre entrouverte plutôt
Comme avec les gens du château
Ne dresser de barrière aucune
N’être que troublantes lacunes
Disponible à loisir ainsi qu’un peu plus tôt
Dans les corridors du château
Rêve infiniment accessible
Cible avide de flèches cible
Courant s’offrir aux dards comme sur un plateau
Blessure béante au possible
Douve aux eaux de cruor que dragua staccato
Chaque suzerain du château -
Perle d’O n° 20
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O, Quadrisyllabes (4)Aimée pourtant je l’aime aussi
Même s’il presse
Entre ses doigts le fouet de tresse
Je l’aime aussi
Il n’a qu’à dire Allons caresse
M’embrasse ici
Soulignant l’arc de mes sourcils
Avec tendresse
Je perds la clé d’autres soucis
Dès que se dresse
Celle qui branle à mon adresse
Je l’aime aussi
Fi donc des terreurs qui m’oppressent
Le cœur ainsi
À genoux toute ! elle durcit
Ma brute épaisse -
Perle d’O n° 185
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OQu’on m’accorde le fouet de cordes
Paillarde aussi je me repais
De voir les tendrons qui se tordent
Quand vient mon tour de les frapper
Qu’on me l’attribue la cravache
Pour châtier céans quelque sœur
Chaque cri que je lui arrache
M’est un plaisir de connaisseur
Laissez je la battrai nue blême
Puis assécherai les sanglots
De cette identique à moi-même
Ligotée là pétale éclos
Oui m’accordez le fouet de cordes
Que je lui refasse un portrait
Et ses membres les désaccorde
J’aime quand ces tendrons se tordent
Qui me ressemblent trait pour trait -
Perle d’O n° 162
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’OUn jour je quitterai la maison close
Afin qu’il m’offre à ses amis
Mais je resterai sienne il l’a promis
Toujours à lui toujours sa chose
Toujours son animal soumis
Un jour je porterai sur moi secrète
Quelque empreinte ou preuve à l’appui
Ma vérité pourra sortir du puits
À demeure et quoiqu’on me prête
Toujours son automate à lui
Un jour je m’ouvrirai désenfermée
Percée par d’autres tour à tour
Mais sa prise à jamais sa Pompadour
Sa favorite et mieux aimée
Toujours à lui toujours
Toujours -
Perle d’O n° 195
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OAu clou les fouets et les ficelles
Fixés juste face à mon lit
Dévisageant par défi celle
Qui rêva son corps avili
Lançant cinglé des étincelles
Aussi la cravache au crochet
Pour compléter la panoplie
De celle au cœur bien accroché
L’O qui sans se plaindre se plie
Se laisse enchaîner aux rochers
Au clou les cordes et les verges
Déjà mon bas-ventre frémit
De vice et s’enfle sur les berges
Mais si le choix m’en est remis
On n’est pas sortis de l’auberge -
Perle d’O n° 207
Catégories : Heptasyllabes (7), Perles d’OJe fis briller plus d’une heure
Ses lobes et ses ourlets
Entrant ainsi qu’en du beurre
Tétant tous les petits-laits
De volupté déferlés
Je fis fondre sous ma langue
Son cachou de chair brûlant
Léchai la pulpe de mangue
De son temple en y mêlant
Mes mucus équivalents
Je fis râler sans relâche
N’en ayant jamais assez
Ma poseuse aimée des flashes
Aux orgasmes d’opiacé
La laissant ressorts cassés
Enfin décarapacée
Et les sangs qui s’amourachent -
Perle d’O n° 99
Catégories : Perles d’O, Tétradécasyllabes (14)Comme une flèche, enfin, c’est en ma bouche qu’il s’enfiche,
Ma bouche qu’il perce longtemps, dont il cherche le fond,
Et du reste à genoux, mon giron, ma fesse, il s’en fiche.
Mon ourlet de plaisir bave ainsi qu’un vieux carafon
Renversé sur la table, avili, confus, inutile ;
Ah ! les mâles cruels de tous mes pièges se défont.
Mes lèvres du haut sont ce qu’il distingue et qu’il récure,
C’est ma gorge meurtrie que son viril organe étouffe,
Et du reste baillé, mon cul, ma faille, il n’en a cure.
Mon four à l’abandon couve un incendie sous les touffes
Dédaignées de fourrure, et mes tétons se découragent,
Deux index décochés, piteux, y allant à l’esbroufe…
Mais les dieux sont odieux : il persiste en son rude outrage. -
Perle d’O n° 50
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÔ élargissement
Tige dedans courroies ceinture
Me font incessamment
Béante l’intime ouverture
À lents gémissements
Mes entrailles à capsuler
Accueillant l’instrument
Vibrent d’opprobre écartelées
Et ces vits s’affirmant
Me desserrant indubitables
Prennent tout doucement
Des épaisseurs de pied de table
Moi pleine à tout moment
De desseins durs à me distendre
Otage des tourments
Pantin d’un attachement tendre
Ô avilissement
Chacun loufiat ou fille ou maître
Mesure indécemment
Quel calibre âpre me pénètre
Et m’élargit le fond de l’être -
Perle d’O n° 181
Catégories : Heptasyllabes (7), Perles d’OVoici l’anneau de métal
Le disque orné d’un triskel
À l’autre côté duquel
Ma preuve d’amour total
S’étalera sans remords
Être à lui jusqu’à la mort
Voici le définitif
Fer gris me devant percer
À sang l’avant reversé
Semblable au coup de canif
Au cœur d’un amour dément
Être à lui infiniment
Voici le cercle d’inox
Où l’on gravera demain
Le nom qui me lie les mains
Il fera de moi le fox
Du maître un toutou privé
Tout à lui d’amour rivé -
Perle d’O n° 19
Catégories : Hexasyllabes (6), Perles d’O, Terza rimaAppelée la contrainte,
Voulus l’anneau, les fers,
Les cruelles étreintes,
Je plongeais en l’enfer
De mes propres cellules,
L’esprit mis à l’envers.
Que mes amants pullulent !
Qu’on me tire à l’envi
Les larmes ! Qu’on m’annule !
Relevant le défi,
Je serais veule et sainte,
Ivre sous la contrainte. -
Perle d’O n° 37
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OPourtant mon ami semble heureux
Peu nous importe à qui je cède
C’est toujours Lui qui me possède
Jouit de ma chair à travers eux
Ils pourront bien donner les verges
À sa conquise aux cent colliers
Aucun des tyrans affiliés
N’aura ce que mon cœur héberge
Car c’est à Lui que j’appartiens
Même s’il livre et s’il procure
À d’autres vits sa créature
Lui l’immanent Lui le gardien
Oui mon despote est amoureux
Et quand trente mâles s’emparent
De moi pour leurs bonheurs barbares
C’est Lui qui jouit à travers eux -
Perle d’O n° 215
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OMon maître m’attendait, superbe et mécontent,
L’œil assoiffé d’un orifice
Ruisselant d’obédience, ou bien qu’on me punisse ;
Mon maître m’attendait : j’aime lorsqu’il m’attend,
Car moi je l’attends tout le temps.
Je me souviens d’un conte où la chaste princesse
Vit entre les murs d’une tour,
Patiente, disponible, en regardant autour,
Tâchant de voir ce prince à qui tendre les fesses…
De même je l’attends sans cesse.
Dans l’ombre du bureau se dressait mon sultan ;
De crainte mêlée de délices,
J’avais le sang remué : sait-il de nouveaux vices
Pour sa poupée de cire au ventre palpitant
Qui l’attend tout le temps ? -
Perle d’O n° 32
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OJ’ai fermé les yeux mais trop tard
Quand l’homme entra venu défaire
Mes liens de fille liens de fer
J’ai fermé les yeux mais trop tard
J’avais traversé son regard
Il m’effleurait entre les cuisses
Et moi je l’ai dévisagé
Le jugeant maigre étrange âgé
Au lieu de fixer son pénis
Les lois voulaient qu’on m’en punisse
J’ai fermé les yeux mais le froid
M’entra dans l’os à contresens
J’avais commis une insolence
Un vilain crime à son endroit
Qu’un fouet s’élance !
Que l’éclair danse et me foudroie ! -
Perle d’O n° 5
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’ODeux serves visage fardé
Étroit collier de cuir en place
M’ont collée nue face à la glace
Je dus m’ouvrir et regarder
Mon ventre avaler tout l’espace
On me parfuma les cheveux
Objet d’usage qu’on apprête
Pour un jeu peut-être une fête
Je dus observer tant qu’on veut
Mon ventre ouvert en tête-à-tête
Muette labiale et dans leur camp
Issue vers quoi communiquant ? -
Perle d’O n° 124
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OAbandonnez l’abandonnée
Tournez le dos claquez les portes
D’autres patrons me réconfortent
Aucun de vous ne me connaît
Partez laissez-moi seule avec
L’homme auquel vous m’avez livrée
Je tremble et frémis il est vrai
Mais c’est de ferveur intrinsèque
Trahissez qu’il s’envoie en l’air
Mes seins déchirés et mes robes
Plus rien en moi ne se dérobe
Aux pénalités exemplaires
Abandonnez mon baronnet
Tout droit sur mes joies à l’eau-forte
L’autre l’emporte qui m’emporte
M’aimant peut-être un tantinet
Aucun de vous ne me connaît -
Perle d’O n° 76
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’O, Terza rimaComme au château me voici seule et nue
À m’apprêter pour combler leurs désirs
Telle une putain d’avenue
Comme là-bas j’applique avec plaisir
Un chaud carmin pour orner l’aréole
Des rondeurs qu’ils voudront saisir
Comme à Roissy je sens un raide alcool
Me calciner tous les sangs je me sais
Folle amoureuse O tu es folle
Prendre le temps qu’il faut sans se presser
Pour souligner les replis plus menus
Que leur sexe ira caresser
Quelque senteur de plantes ingénues
Complètera du tapin la tenue
Qu’au château je suis devenue
