Je rêve d’un brûlant pays où les nanas
Poussent sur les buissons comme des ananas
Où quand le jour s’achève un autre fruit se crée
Vous tendant sa verdeur et sa pulpe sucrée
Sous l’écorce brunie que le soleil tanna
Dans cet ailleurs les fleurs même cachent des langues
Chacune babillant y va de sa harangue
Qui tendre vous attire et vous englue le cœur
À force d’allusions de rires de langueur
Vers leur calice empli de chaud sirop de mangue
Puisqu’il n’est nul hiver on y vit sans tricot
Et batifolant aux rivages tropicaux
D’exquises et soupirantes grappes de filles
S’entretètent les seins au parfum de vanille
Et s’offrent pour dessert leurs ventres d’abricots
Ô rêve d’où la volupté l’amour émanent
Ô lointains ô tendrons qui jamais ne se fanent
À vous imaginer j’ai le sang qui rebout
Et souvent je me branle en souvenir debout
De ce pays d’où l’on a banni la banane
Tropiques
Catégories : Alexandrins (12 pieds)