Un lit de silex et sa main d’acier
Mes lèvres percées d’un amour qui pèse
Le knout comme ascèse
Me comblent de joie quoi que vous pensiez
Les cordes d’antan n’était que de paille
Le roc un caillou
Et mon premier maître un piètre voyou
Périmé dès les premières batailles
L’anneau dans la chair
La peau cochée qui jamais ne s’efface
Mes tranchées qu’on cède au pékin qui passe…
Céladons fadasses
Quoi que vous disiez tout cela m’est cher
Décasyllabes (10)
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Perle d’O n° 212
Catégories : Décasyllabes (10), Pentasyllabes (5), Perles d’O -
Le tricotin (chanson paillarde)
Catégories : Chanson, Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6)Elle croisa l’abbé
En voulant enjamber
La rivière un beau soir
À deux pas du lavoir
L’aida-t-il à charrier
Son linge encor mouillé
Manon lui souriait
Gentiment sans savoir…
Qu’il avait le tricotin sous sa bure
Des fois, quand même on voit rien, ça carbure
Il avait le tricotin sous sa bure
Et Manon ne s’en apercevait point ah ah !
Aux abords du village
Les voilà tout en nage
Le bon moine ahanait
Saignant un peu du nez
Alors la lavandière
Tirant de par derrière
Une jupe incendiaire
Vint le lui tamponner…
Il avait le tricotin sous sa bure
Et aussi pas mal de pensées impures
Il avait le tricotin sous sa bure
Et la belle s’en aperçut soudain ah ah !
Je ne vais pas vous dire
Ce jour-là ce qu’ils firent
Voilons pudiquement
Les jeux de nos amants
Mais une chose est sûre
Dès qu’un drôle à tonsure
Au prieuré murmure
Le doux nom de Manon…
L’abbé a le tricotin sous sa bure
Un machin aussi dur qu’Excalibur
L’abbé a le tricotin sous sa bure
Et Manon vient le voir tous les matins ah ah !
L’abbé a le tricotin…
ad lib. -
Perle d’O n° 196
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OIl dit ce que je suis
Ce nouvel affront je l’essuie
Et ces ardents regards je les affronte
Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte
Il dit montre tes seins
Candeurs chamarrées du dessin
Lilas qu’a là griffonné la cravache
Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche
Il dit viens là catin
J’en rougis sous mon fond de teint
Messieurs jusques au soir je vous la laisse
La sachant se prêter aux plus rêches caresses
Sent-il que l’horizon
De ma servilité touche à la déraison
Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
La miss au diapason
À complaire à tous habituée ? -
Perle d’O n° 162
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’OUn jour je quitterai la maison close
Afin qu’il m’offre à ses amis
Mais je resterai sienne il l’a promis
Toujours à lui toujours sa chose
Toujours son animal soumis
Un jour je porterai sur moi secrète
Quelque empreinte ou preuve à l’appui
Ma vérité pourra sortir du puits
À demeure et quoiqu’on me prête
Toujours son automate à lui
Un jour je m’ouvrirai désenfermée
Percée par d’autres tour à tour
Mais sa prise à jamais sa Pompadour
Sa favorite et mieux aimée
Toujours à lui toujours
Toujours -
Le feu au derrière
Catégories : Chanson, Décasyllabes (10), Heptasyllabes (7)Dieu si j’avais dix ans d’moins
Rev’nant un poil en arrière
Au temps du feu au derrière
J’pourrais encore faire carrière
Causer pas mal de tintouin
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’ai rendez-vous dans la forêt phallique
Ah si j’avais vingt ans d’moins
Je s’rais milf et la jeunesse
Rien qu’pour effleurer mes fesses
Voir tous mes tétins qui s’dressent
Viendrait d’Hong Kong ou plus loin
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’replong’rais bien dans l’océan des triques
Si j’avais que trente ans d’moins
Hantant les foutus mariages
À loilpé sous mon corsage
Je s’rais celle que dévisagent
Toute la smala des témoins
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
Je ref’rai l’tour d’mes connaissances bibliques
Si j’avais quarante ans d’moins
J’pass’rais mes nuits dans les boîtes
La jupe courte et le con moite
Je s’rais la nana qu’on doigte
Et qui turlute dans les coins
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’te jure de plus m’enculer en public
Si j’avais cinquante ans d’moins
Tonton me fil’rait des fraises
Tagada après la baise
J’aurais des tifs à l’anglaise
Et du foutre au bord du groin
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’vais fourrer un cierge à la basilique
Si j’avais soixante ans d’moins
Fœtus je s’rais bourrée d’vie
Me f’sant reluire par défi
Pendant les échographie
J’aurais déjà trouvé l’joint
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
Laisse-moi r’goûter à la vie idyllique
Merde à soixante-dix ans d’moins
Je s’rais juste un connard d’ange
Dont pas une plume le démange
J’suis pas sûre que ça m’arrange
Que Dieu m’rajeunisse à c’point
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’ai jamais trop eu la fibre angélique
Jésus Jésus si t’entends ma prière
J’en finis pas d’avoir l’feu au derrière
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’ai rendez-vous dans la forêt phallique
Jésus Jésus…
(ad lib.) -
Perle d’O n° 76
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’O, Terza rimaComme au château me voici seule et nue
À m’apprêter pour combler leurs désirs
Telle une putain d’avenue
Comme là-bas j’applique avec plaisir
Un chaud carmin pour orner l’aréole
Des rondeurs qu’ils voudront saisir
Comme à Roissy je sens un raide alcool
Me calciner tous les sangs je me sais
Folle amoureuse O tu es folle
Prendre le temps qu’il faut sans se presser
Pour souligner les replis plus menus
Que leur sexe ira caresser
Quelque senteur de plantes ingénues
Complètera du tapin la tenue
Qu’au château je suis devenue -
Tu dors à mes côtés
Catégories : Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Enracinée de toi rien ne m’atteint
Plus même les éclats de foule
La fièvre du matin
Les arbres ont pleuré le ciel s’écoule
Polit le temps comme un miroir
D’ennui que tu refoules
Enracinée de toi marbrée de noir
Au ventre est le feu la lumière
Nous deux dans l’isoloir
Nous deux le fantôme et sa prisonnière
Serpente amie de ta beauté
Frisson reflet d’hier
Enracinée de toi qu’on m’a ôté
Mais rien ne m’atteint tout repousse
Tu dors à mes côtés
Je porte ta présence et tes secousses
Et ton amour au bout des doigts
Enraciné en moi -
Rêve de granit
Catégories : Décasyllabes (10), Pentasyllabes (5)Quand je viens me perdre auprès des flots gris
Une évocation tout soudain se dresse
À mon cœur d’ogresse
Engendrant un choc violent comme un cri
Ô ces monuments cailloux de Carnac
Reste concret des aimables géants
Qui furent céans
L’amour n’était pas alors une arnaque
Loin devait-on les entendre hennir
Celles qui crevant leurs lèvres géantes
La faille béante
S’enfilaient profond ces puissants menhirs
Rêve de granit portant témoignage
D’un rude passé aux énormes bites
Rêve tu m’habites
Dès que je reviens tu me mets en nage -
Constellations du désir
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Je dirai haut ce que les autres turent
L’amour tout cru avec du poil autour
Les doigts creusant la confiture
La langue canine et le souffle court
Je dirai Montre ! à qui me dit Je t’aime
Et Viens ! à qui la perche me tendra
Épaisse et gorgée de poèmes
Constellations du désir en mes draps
Je dirai tout Les envies récurrentes
Les occasions et les besoins profonds
Les fantasmes fous qui nous hantent
Je dirai haut ce que les autres font -
(re)Nativité
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Poussez toujours, ne cessez pas l’effort
D’élargir lentement la brèche
Afin d’ancrer le Jésus dans la crèche
Infâme l’espérant : mon for
Intérieur, serpente retournée
Muscle ravi vous enserrant
Bracelet brun de maréchal-ferrant
Raide à la première fournée
Forez ma chair, elle se love autour
Vous épouse à mesure qu’entre
Cet éperon vôtre au fond de mon ventre
Qu’il déchire, oh ! tel un vautour
Affamé, je sens qu’enfin ça pénètre
Poussez, ne rompez pas l’effort
De m’enculer en devenant plus fort
Le bon Jésus semble renaître -
À l’assaut !
Catégories : Décasyllabes (10)Sus à mon mont fringants pioupious chargez
Ce soir il faut me dépasser la cotte
Chaque assaillant perçant ce qu’il dégote
Parmi l’enceinte et les butins que j’ai
Sus à ma chair à canon gros d’entrailles
Sus à la faille ô vous l’apercevez
Rêvant là-bas qu’elle se voit crever
L’ennemie jouit sitôt qu’on la mitraille
Sus à ce sein troufions grognards poilus
Que sans répit vous lui fassiez sa fête
Je sens souffler le vent de ma défaite
Ce soir j’abdique au soldat un con nu
Sus brave troupe en la boue de mes croupes
Pour sur ce corps hisser haut l’étendard
De la victoire au long membre bandard
Qu’en moi vos forces armées se regroupent
Francs tirailleurs enragés engagés
Pas de quartier fusillez les rebelles
À mon commandement sus à la belle
Et dans son mont visez et déchargez -
Le comte et le con (conte)
Catégories : Décasyllabes (10), Fable, Octosyllabes (8)Dans son caveau, le comte E. Jacula,
Mort depuis peu et qui mal se résigne
Aux vertueux hivers de l’au-delà,
Tend l’oreille qui quête un signe.
Hurle la bise à rendre fous les loups
Rôdant partout aux abords des masures,
« Libres !... » gronde E., dont le cerveau jaloux
A perdu du temps la mesure.
La crypte soudain résonne des pas
Précipités d’une chose ou d’un être
Qui tremble et geint et lui parle tout bas :
« Pouvez-vous m’entendre, ô mon maître ?
» Je suis Ninon, fille de ces croquants
Qu’un jour vous reçûtes à votre table,
Privilège eu, du reste, en le troquant
Contre ma vertu discutable.
» Sachez qu’au grand jamais je n’oublierai
Combien vous étiez ferme comme un cierge,
Et que mon con, souvent, tout déchiré,
Pleure en songeant à votre verge. »
Plus puissants que la mort, de tels propos
Font que le feu, bien qu’il y voie que dalle,
Bande à crever dans son lieu de repos
En soulevant la lourde dalle,
Et le voici qui enlace Ninon,
Lui veut planter son versoir à semence...
Mais elle tombe à genoux et crie : « Non !
Seigneur, le péril est immense,
» Car vous épient au tournant du décor
Tous ces bouseux que le curé harangue.
Ils brûleront votre si roide corps,
Puis ils m’arracheront la langue !
— Bah ! fait le comte en ricanant, moqueur,
Est-ce assez pour qu’un Jacula frissonne ?
Baisant ces rats, je leur serai vainqueur,
Mais, pour l’heure, ma polissonne... »
Et de son long pieu fend la bouche en cœur. -
Larme de ton corps
Catégories : Décasyllabes (10), Pentasyllabes (5)Vivante tu m’as si tant épousée
Qu’au dernier soir ô baise-moi encor
En jutant sur ma tombe la rosée
Larme de ton corps
Vivante tu te l’es si bien branlée
Dans mes pétales mes soies mes chaleurs
Que tu reviendras foutre souvent les
Couronnes de fleurs
Vivante tu me couvris de caresses
Toujours suivies du spasme vaginal
Pine une autre ô prends-la couchant ses fesses
Sur ce roc tombal
Vivante tu multipliais les verges
Reste raide et chauds souvenirs croissez
Tu draperas autour de belles vierges
Mon linceul froissé -
Tout au bout de la nuit
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10)Vite ! à présent lève-toi que s’écoule
Au-dedans de ta cuisse un sperme paresseux
Dont t’ont bondée avec élan tous ceux
Qui te baisent pour moi pour mes lèvres de goule
Vite ! j’ai faim de ce dessert que mon
Ignoble envie réclame et t’oblige à me rendre
Sauce blanche mêlée de mouille tendre
Dont se régaleront mes lèvres de démon
Vite ! il y a des punitions bien pires
Que d’être sucée où ton plaisir a crevé
Écarte un peu et laisse s’abreuver
Tout au bout de la nuit mes lèvres de vampire -
Son corps, ton corps
Catégories : Décasyllabes (10)son corps battu d’amour regarde-la
chanter comme des éclats nus de cuivre
à toi d’en disposer à toi d’en suivre
le reflet la luisance et au-delà
des chaleurs un grand timbre qui la frappe
son corps presque évanoui pétri de seins
où douce vient s’enrouler sa tresse un
lac une sueur un banquet l’agape
la guêpe au dard flambant rai de noirceur
comblant les vides ô foutue maçonne
son corps lascif et pur comme il frissonne
t’ouvre le futur les nuits c’est ta sœur
vos ventres abouchés le sien en tremble
qui cherche l’air se jette ah l’océan
la porte entre vos membres s’emmêlant
son corps brisé d’amour ton corps ensemble -
Bien caché
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Terza rimaJ’errais parmi des foules, indécise
S’il me fallait encore un peu rester —
... Vos seins vous enflaient la chemise.
J’avais le cœur ivre et tout empesté
D’âcres fumées dont le gris vous agresse —
... Votre œil facétieux insistait.
J’étais amère, oh ! tous les nerfs en tresse,
Et fuyais chaque apparence d’émoi —
... Vos mains me parlaient de caresses.
Je me sentais malhabile aux tournois
Amoureux, je redoutais l’heure tendre —
... Vos lèvres hurlaient : « Baise-moi ! »
J’avais, au fond, de l’amour à revendre,
Bien caché... — Mais vous saviez tout cela,
Et votre corps se laissa prendre. -
Périple
Catégories : Décasyllabes (10)Le tour de Raymonde en quatre-vingts jours
Et quatre-vingts nuits de baisers sauvages
Caressant sa chair ample je voyage
Sans quitter le canapé du séjour
Le tour de Raymonde épouse d’un jules
Qui la juge obèse ô le malappris
Digne à peine de lécher le nombril
De ma Vénus ronde un globe une bulle
Le tour de Raymonde en quatre-vingts coups
De langue à son ventre au goût d’Amériques
Nous connaîtrons des spasmes telluriques
Le jour où j’irai me pendre à son cou
Car j’arpenterai tous ses paysages
Dans l’aube infinie du rose abat-jour
Parcourant Raymonde en quatre-vingts jours
Et quatre-vingts nuits de baise sauvage -
Née d’un mystère ancien
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Qui me regarde là se change en roc,
En barreau de métal incompressible,
Rouge cuivre ou crête de coq
Pointant déjà vers le cœur de la cible.
Qui me voit là sans voile est pris soudain
Du désir fou de me vouloir percée
À force de raideur née d’un
Mystère ancien — ô, fuis plutôt Persée !
Tes serrements de dents, ton bouclier
N’y feront rien, tu deviendras rigide,
On ne pourra plus te plier,
Marbre à jamais figé sous mon égide.
Je suis celle qui rend les hommes durs
Comme l’airain, celle aux reins que rien n’use ;
Tu n’auras plus d’autre futur,
Si tu regardes là : je suis Méduse. -
Un surcroît de brillance
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Dedans le ventre obscur, il est éclos,
Rouge, le fruit tenant le monde en bride,
Semant ses perles de sirop
Dedans le ventre obscur qui le déride.
Qui découvrit l’accord et le secret
De ces fusées où nos chairs se fiancent,
Quand, l’un en l’autre bien ancré,
Le corps se donne un surcroît de brillance ?
Ici, de mille fards nous déguisons
La volupté sous l’averse impétueuse
Qui, accourue des horizons,
Dissimulait éclair blanc, lame tueuse.
Dedans le ventre obscur, il se répand
Sanglots, murmure (on célèbre la prise),
Lumière ambre et sang de serpent ;
Dedans, le ventre en cent éclats se brise. -
Ariadne aux printemps délaissés
Catégories : Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6)Sur ton thyrse s’enroule efflorescence
Mon tendre ventre ému
Volutes veloutées à contre-sens
Cuisses de pêche au charnu qui s’avance
Mords à ce fruit déchirant le feuillage
Et froisse entre tes doigts
Mes printemps délaissés qui n’envisagent
Qu’avaler dru ton vin blanc de mouillage
Comme le sable accroît notre plaisir
Comme ton cœur divin
Brûle d’amour et m’ouvre à fleur de cuir
Sur ton thyrse profond je vais jouir
