La fille nue s’en vient d’un long pas déhanché
Ma tête éclate une ruche
Ô chemins semés d’embûches
Qui mêlent au divin blé les fleurs du péché
Le bourg est loin voici ses toits noirs qui se couchent
La fille a l’or aux cheveux
Aimons-nous si tu le veux
Si tu le veux tu pourras gémir dans ma bouche
J’entends le coq j’entends la cloche un chien aboie
Qui nie ma foi mes prières
Elle m’ouvre son derrière
Ô cherche ton foutu rêve ma bite en bois
Là c’est fini une mouche passe et s’étonne
Le village aussi s’endort
Car la fille à cheveux d’or
A fermé les yeux... Que la vie est monotone !
Ton pantoum dans mon haïku - Page 11
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Un soir au village
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Heptasyllabes (7) -
Puisque nos désirs se ressemblent (remix)
Catégories : Chanson, Jocelyn Witz, Octosyllabes (8), Poèmes illustrés, Poèmes lus ou chantés, Quadrisyllabes (4)Posté jeudi, mis en musique et en images dimanche : mon compère poète Alain a visiblement flashé sur ce texte, et bien entendu je l’en remercie une fois de plus. De surcroît, si pour moi il s’agissait d’un poème parmi le flot que je diffuse quotidiennement, sa réactivité et son travail étonnant ont attiré mon attention et m’ont poussée à revenir un instant sur ces quelques vers. C’est pourquoi j’aimerais ici, contrairement à mes habitudes, vous livrer un certain nombre d’éléments qui ont présidé à son écriture.
Au plan formel, il est formé de quatre strophes identiques composées chacune de quatre octosyllabes et d’un quadrisyllabe final qui constitue le refrain.
Mon point de départ était précisément ce refrain : « Endors-toi donc ». Par conséquent, j’ai cherché des rimes en « don » : gardons, pardon, don, bidon. Au passage, signalons que j’essaie toujours de varier la catégorie lexicale de mes rimes. Rimer deux adjectifs entre eux (ex. : navré, délivré) me semble trop facile. Ici, nous avons un verbe, deux noms et un adjectif.
Pour alterner avec cette rime sourde et masculine en « don », j’ai choisi des rimes féminines tout aussi nasales (cette nasalité crée une sorte de ronflement qui s’accorde bien avec le sujet) mais plus amples et sonores : -ontre, -emble, -ense, -entre. Par ailleurs, partout dans le poème, les sons « ronflants » prédominent : chérie, chair, éternité, notre rencontre, rêve, étreinte, tirer l’or, etc., etc.
Comme souvent, j’ai éliminé au maximum les « e » muets à l’intérieur du vers, ce qui à mon avis améliore la fluidité des poèmes.
Voilà pour la sonorité. Sur le plan du sens, rien de compliqué à saisir. Au contraire, les termes employés sont des mots de tous les jours. De plus, chaque strophe est semée de notions fortes, cardinales, essentielles : vie, éternité, or, substance, amour, ensemble, baisers, désir, etc., qui soulignent de façon diffuse le caractère authentique de cet amour. Baudelaire, entre autres, utilisait beaucoup cette combinaison de notions essentielles et de musicalité.
La chute, avec ce « moi » au lieu du « toi » des refrains précédents, signifie bien sûr la réciprocité de l’amour. Quant à l’antre du vers précédent, il est à la fois un refuge contre tout le reste (ce qui est bidon, le monde extérieur) et le symbole de la passion dévorante unissant ces deux femmes.
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Une traînée
Catégories : Trisyllabes (3)Un garçon
Qui me pine
Son épine
Sans façon
Telle une arme
Dans la nuit
Sans un bruit
Une larme
Traîne à ma
Joue de fraise
Où la braise
S’alluma
Va pluie tendre
Va bavant
Souffle ô vent
Pour me fendre
Fous ce coin
Et l’enfonces
En mes fronces
Au plus loin
Je meurs puisque
Le jouir est
Désiré
Goût du risque
Goût de l’eau
D’échaudure
Perles dures
En silo
Qu’on me prenne
Sans raison
Aux maisons
Où je traîne -
L’écume de nos nuits (2/3)
Catégories : Jocelyn WitzFrappée, rouée de coups, je l’ai toujours été
Par cette chienne de vie, gavée de cruauté.
Sanglée, la chaîne au cou, peu importe où j’allais
Mettre fin à ma vie, voilà ce qu’il fallait.
Mais elle est apparue, fière et resplendissante
Tel un ange déchu perdu dans la tourmente.
Jamais je n’aurais cru que l’amour existait
Qu’il vous tombe dessus, sans même que l’on soit prêt.
Car si du « je » au « nous », il n’y a qu’un seul pas
Mourront, seuls, à genoux, ceux qui ne le font pas.
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Le chapitre 2 est désormais en ligne :
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Puisque nos désirs se ressemblent
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Endors-toi donc chérie tout contre
Ma chair contente aussi gardons
Éternité contre la montre
Le feu né de notre rencontre
Endors-toi donc
Endors-toi que l’on rêve ensemble
De cent étreintes sans pardon
Baisers tropicaux sous les trembles
Puisque nos désirs se ressemblent
Endors-toi donc
Endors-toi nue femelle intense
Toi qui de nos corps as le don
De tirer l’or et la substance
Le reste n’a pas d’importance
Endors-toi donc
Endors-toi donc ma vie mon centre
Seul notre amour n’est pas bidon
Endors-toi tout contre mon ventre
Et bouche ouverte comme un antre
Endors-moi donc -
Parfums de pute
Catégories : Alexandrins (12 pieds)Oui !
ce relent de jouir sur tes lèvres trempées
de mouille et de soleil, senteur de canopée,
de joncs fleuris aux mains pieuses,
viens ! fuyons
les hameaux noirs !
aura de fougère coupée
au soir d’un jour torride où les inflexions
des chants savent de joie gémir, et que mon âme
a peur de trop t’aimer, brise de ton jardin,
fumet de tes plaisirs velus de lys en flamme,
souffle d’encensoir,
ô, dès l’aube il est plus d’un
parfum sur ton con moite ouvert aux citadins... -
Bourrée d’Aliboron
Catégories : Chanson, Octosyllabes (8)Chanson gaie
Voici l’histoire d’une pauvresse
Qui tant et tant tournait pas rond
Qu’à la fin elle offrit ses fesses
À un bel âne aux yeux vairons
C’est la bourrée d’Aliboron
Ce baudet prompt à l’infamie
S’montra si déluré luron
Qu’aussitôt seul avec sa mie
Il y allait pine au giron
De la bourrée d’Aliboron
Ils vivaient dans l’nord de la France
Quéqu’part au pays des corons
Et bien qu’il la mit en souffrance
Elle hurlait va l’âne ah forons
Dans la bourrée d’Aliboron
Lui s’enfonçait à la hussarde
Au lieu d’rester sur le perron
Il enfilait sa longue écharde
Elle en avait la sueur au front
La pauv’ bourrée d’Aliboron
Pour se reposer la membrane
Elle lui tripotait les marrons
Qu’il avait lisses comme le crâne
Du r’gretté professeur Choron
Sacrée bourrée d’Aliboron
En amour avec la bourrique
Elle écrivit à son daron
Qui lui répondit d’puis l’Afrique
Tu f’ras ben comme tu préférons
Foutue bourrée d’Aliboron
Elle en avait tant la banane
Qu’elle épousa monsieur l’baron
Mais garda près d’elle son âne
Tant pis pour c’que les gens diront
C’est la bourrée d’Aliboron
Comment s’est terminée la farce ?
Notre animal à paturons
Fout-il toujours la jolie garce ?
Ceux qui veul’nt savoir écriront
À la bourrée d’Aliboron -
Jusqu’au jaillissement
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Trisyllabes (3)Coécrit avec Velvet Kiss, poétesse érotique
J’ai brûlé mes fantasmes avec les démons
De la terre
En buvant les nectars et goûtant aux poisons
De l’enfer
J’ai rêvé de combats, de plaintes, de séismes
Caressants
De longs gémissements au sein d’un cataclysme
Noir de sang
Ma langue a recueilli la lave au plus profond
De cratères
Après s’être embrasée à des ardents buissons
Éphémères
Mon désir a percé des secrets telluriques
Et foré
La soie d’un utérus qu’épuisaient cents derricks
Abhorrés
Mes doigts ont mis le feu à des vaux et de ronds
Hémisphères
Jusqu’au jaillissement des sucs de la passion
En geyser
Oui, j’ai prêté l’oreille à tous les mauvais anges
De nos corps
Pour, te rongeant la peau, arracher à la fange
Un peu d’or… -
Délectations
Catégories : Chanson, Jocelyn Witz, Octosyllabes (8), Poèmes illustrés, Poèmes lus ou chantésVous vous souvenez ?
Ma langue lampe au lupanar
De ta chatte des boissons fortes
Miels blonds ou roux de toutes sortes
...Alain, poète et militant LGBT,
Alain, l’homme qui fredonne à l’oreille de l’IA et lui fait chanter des poèmes de sexe et d’amour,
Alain, le mec qui trouve les images qu’il faut pour, en plus, nous en mettre plein les yeux,
Alain a encore frappé, et frappé fort.
Ne vous fiez pas à l’intro calme : très vite ça part en live, ça devient chaud, rock, sauvage comme j’aime et totalement barré !
Bref : un pur régal.
N’hésitez pas à laisser vos impressions directement sur YouTube, où Alain se fera un plaisir de vous répondre.
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À suce-tétin
Catégories : Dissyllabe (2), Heptasyllabes (7)Oh ! tes putains d’appui-tête...
Je m’en sens le sang qui bout
Quand j’en tète, tète, tète
Les bouts.
Rien à voir (ça me rend folle)
Avec mes laids œufs au plat :
Tes seins volent, volent, volent...
Hop là !
Sachant combien c’est pas juste
Que, toi, t’aies tous les appâts,
Tarabuste, buste, buste-
Moi pas !
Je les clouerais bien de flèches
Par dépit, ces rotoplots
Que je lèche, lèche, lèche
À flots.
Les montagnes qu’on dit russes,
À côté ? Menu fretin !
Jouons à suce, suce, suce-
Tétin.
À t’aduler la mamelle
— En mouillant, comme il se doit —,
Je m’emmêle, mêle, mêle
Les doigts.
Ça me donne envie de baise
Quand, mon chou, tes beaux lolos
Tu soupèses, pèses, pèses
Dans l’eau.
Pas besoin de trop d’étoffes
Puisqu’on a tous ces roberts
Qui nous chauffent, chauffent, chauffent
L’hiver.
Que nos amours soient pas brèves !
Tu sais, tes nénés m’ennuient
Pas : j’en rêve, rêve, rêve
La nuit ! -
L’écume de nos nuits (1/3)
Catégories : Jocelyn WitzC’est pas moi !
C’est Wedreca qui a tout manigancé. J’aime pas balancer, mais faut quand même rendre à César ce qui appartient à cézigue.
C’est Wed qui a eu l’idée de cette histoire.
Wed encore qui a pondu le scénario chiadé jusqu’au plus petit détail.
Défini les personnages et le mode de narration.
Soutiré à la célèbre chaîne de magasins suédoise un tas de pognon dont personnellement je n’ai jamais vu la couleur. (Ils avaient intérêt à raquer, sans ça elle filait proposer le deal à Conforama.)
Fait jaillir les images de son cyberchapeau.
Rédigé une bonne moitié du texte.
Poncé des heures durant le manuscrit afin d’éliminer les moindres particules de cul ayant réussi à s’y incruster. Résultat : franchement, même une bonne sœur prépubère pourra lire cette histoire sans mettre son ââââme en péril (ni mouiller son tanga).
Tout, je vous dis, Wedreca a TOUT fait !
Et puis à la fin... bon, elle s’est rendu compte qu’il restait un rôle pour une vieillasse un peu grognon, alors elle me l’a proposé.
Ça fait plaisir.
https://www.atramenta.net/lire/lecume-de-nos-nuits/99205
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Pour que débute enfin l’histoire
Catégories : Octosyllabes (8)Je mettrai ma main sur ta main
T’entraînerai dans ma mansarde
Afin qu’enfin tu me regardes
Je mettrai un nœud de satin
Noir sur la nacre de ma gorge
Et sur ma langue un sucre d’orge
Je mettrai sur la lampe un drap
Espérant que nos joues plus roses
Feront ce soir que ton cœur ose
Je mettrai bas ce qu’il faudra
Pour nous enfler d’envies soudaines
Peut-être une salsa cubaine
Je mettrai du khôl à mes yeux
Énormément comme ces putes
À qui mon amour te dispute
Et des parfums dans mes cheveux
Pour te ravir par la puissance
Envoûtante de mille essences
Je mettrai mes beaux escarpins
Ceux dont les hauts talons t’excitent
Ceux qui préviennent toute fuite
Je mettrai mes bas les plus fins
Qui me font la jambe en lumière
Et m’éblouissent la première
Je mettrai l’exigu tanga
Se glissant pile entre mes fesses
Fil à coudre nos deux ivresses
Je peindrai de pourpre muscat
Les ourlets de toutes mes bouches
Qui bâilleront pour toi farouches
Je mettrai ce joli soutif
Te projetant presque au visage
Mes seins si mûrs pour le pressage
Puis d’un geste définitif
J’ôterai tous ces accessoires
Pour que débute enfin l’histoire -
À sexe et à sang
Catégories : Dissyllabe (2), Octosyllabes (8)Le sang... Qui sait ce qu’il ressent
Quand il enfle nos capillaires
À bander nos envies de plaire,
Le sang ?
Pour sexe il pousse un long réflexe,
Si vieux qu’il ne vaut pas cent sous,
Si excitant qu’il nous rend saouls
De sexe...
Au sang ! Les besoins indécents
Lancent des fusées impossibles
Illuminant l’œil de nos cibles
À sang.
Du sexe, enfin, nos cœurs indexent
Exquisément la sensation
Afin qu’onc nous ne nous passions
De sexe. -
Ô la main ! (remix)
Catégories : Chanson, Hexasyllabes (6), Jocelyn Witz, Poèmes illustrés, Poèmes lus ou chantésRassurez-vous, ce n'est toujours pas moi qui chante !
La voix est créée grâce à l'IA, mais c'est l'IN* d'Alain Cabello-Mosnier, poète gay, qui est responsable de tout le reste : mélodie, orchestration, mise en images, etc.
Merci à lui !
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(*) Intelligence naturelle, native, neurochimique, notoire, nourricière, nonpareille...
Le blog d'Alain : http://poesiesqueer.canalblog.com/ -
Son corps, ton corps
Catégories : Décasyllabes (10)son corps battu d’amour regarde-la
chanter comme des éclats nus de cuivre
à toi d’en disposer à toi d’en suivre
le reflet la luisance et au-delà
des chaleurs un grand timbre qui la frappe
son corps presque évanoui pétri de seins
où douce vient s’enrouler sa tresse un
lac une sueur un banquet l’agape
la guêpe au dard flambant rai de noirceur
comblant les vides ô foutue maçonne
son corps lascif et pur comme il frissonne
t’ouvre le futur les nuits c’est ta sœur
vos ventres abouchés le sien en tremble
qui cherche l’air se jette ah l’océan
la porte entre vos membres s’emmêlant
son corps brisé d’amour ton corps ensemble -
Tant d’hommes
Catégories : Alexandrins (12 pieds)J’aimais un millier d’hommes, tous très différents :
Celui qui me suçait longtemps le miel brûlant,
Celui qui, me prenant la main, se faisait jouir,
Celui que mon plaisir suffisait à nourrir,
Celui qui me matait prise par ses amis,
Celui des gifles, des viols, des jeux interdits,
Celui qui suppliait que je le boive en bouche,
Celui qui me lavait la chatte sous la douche,
Celui, un jour, qui m’a mordu la fesse à sang,
Celui qui m’écrivait des billets indécents,
Celui qui s’habilla en femme et se fit mettre
Par deux gars inconnus, celui qui fut mon Maître,
Celui dont plus d’un mois vécut le vit en cage,
Celui qui me jeta dehors et sans bagage,
Celui qui, de remords, s’affirma radouci
Puis m’encula si fort que j’implorai merci,
Celui avec qui j’ai ri, pour qui j’ai pleuré,
Celui des cafés noirs, celui du thé léger,
D’autres encor, les doux, les cons, les platoniques,
Le brutal qui me prit en clamant : « Je te nique ! »,
Ceux des fleurs, ceux des bons livres, ceux du silence,
Ceux qui ne me baisaient que du bout de la lance,
Les farfelus voulant me foutre sur le toit...
J’aimais tant d’hommes, mille et plus à travers toi ! -
Mâle d'un soir (remix)
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Chanson, Jocelyn Witz, Poèmes illustrés, Poèmes lus ou chantésEh oui !
Encore un de mes poèmes mis en musique et en images (sensuelles !) par ce cher Alain Cabello-Mosnier !
D’où ce distique holorime ruisselant de gratitude et d’admiration :
Aaah ! Sons ! Muse ! Ô ! Pour les chansons du mec Alain,
À son museau, pourléchants, sont dus mes câlins.♥
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Les malheurs de Sophie, suite et fin
Catégories : Jocelyn WitzJe peux vous l’avouer maintenant : j’ai tout pompé dans un manuscrit que la comtesse de Ségur n’a pas eu le temps de publier avant sa mort. D’ailleurs, les éditeurs n’en auraient pas voulu, ou alors ils auraient sabré les scènes cochonnes, comme dans ses précédents bouquins. Les rats !
Donc, la petite Sophie a bien grandi, elle va à l’école et tout, mais elle a toujours la langue bien pendue et continue à se fourrer dans des situasses de merde. On dirait qu’elle le fait exprès...
Là, dans cet ultime épisode dégoulinant de mouille et de bave de fille, vous saurez enfin ce que cette garce de Hilde a dans le ventre.
Au propre comme au figuré.
Lien direct vers le troisième épisode : https://www.atramenta.net/lire/jeux-pervers-a-saint-clarisses-college/98801/6#oeuvre_page
Si vous préférez (re)lire depuis le début : https://www.atramenta.net/lire/jeux-pervers-a-saint-clarisses-college/98801
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Ô ma faim
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Ta bouche de café, un noir
Dragon s’y blottit, ô boudoir
De nos corps sur la grève,
Baisers sucrés à recevoir
Et vouloir, même si j’en crève !
T’aimer rêve que rêve !
Longue, ta gorge m’est le puits,
Le grenier, le verger aux fruits,
La table où je défaille
Et, d’appétit, me meurs depuis
Que de toi le cœur me travaille :
T’aimer vaille que vaille !
Ton sein de neige ivre : sorbet
Où je plonge à m’y résorber,
Afin que tu m’aies toute
Et j’y remplace le bébé
Que nous n’aurons pas, tu t’en doutes...
T’aime coûte que coûte !
Les pluies de ton ventre, ô, ma faim
Ne trouva jamais leurs parfums
Dans d’autres confitures ;
J’y baigne toute nue, afin
De te croquer d’après nature,
T’aimer dure que dure ! -
J’attrape la queue
Catégories : Vers libresJ’suis qu’une enfant
dont le slip a grandi trop vite
poussé les seins par inadvertance
dans les bacs au balcon
c’est quand le prochain goûter ?
la prochaine sieste avec daddy ?
J’suis qu’une enfant de soixante ans
un bon 43 fillette
qui fait l’andouille avec des andouillettes
étale sa vie en multicouche
sur une tartine qu’en finit pas
À mon anniversaire
y avait toutes mes chopines
plus des types invités pour le remplissage
j’suis qu’une enfant pas très sage
une enfant gâtée
mon chat s’appelle Minou
il boit du lait tiède toute la journée
Je veux plus descendre du manège
les garçons y sont bien montés
pourquoi pas moi ?
envoyez la musique et faites-moi tourner
à tous les coups j’attrape la queue
J’arrête le ballon
j’ai désappris mes tables de multiplication
je conjugue plus qu’au présent
j’ai douze ans
pour toujours j’ai douze ans