À Manon prise encore à se mouiller les doigts,
La mèr’ sup’ dit : « Quittez sur-le-champ notre toit !
Cherchez de par le vaste monde
Un but plus altruiste et qui plaise au bon Dieu,
Sauvez des âmes en sauvant la vôtre. Adieu,
Je vous nomme sœur vagabonde. »
Après avoir versé les larmes de son corps,
Manon imagina un challenge en accord
Avec à la fois ces consignes
Et son propre besoin de se faire enfiler :
Ramener l’égaré, l’homosexuel dans les
Honnêtes clous, la droite ligne.
La novice, enfilant un habit de putain
En place de la bure, en convainquit plus d’un
Par ses arguments imparables ;
Se bousculant au seuil de son appartement,
Quelque mille invertis, tour à tour ses amants,
Vinrent lui sauter sur le râble.
Ce puissant sacrifice — il convient sans détour
De l’avouer — ne pesa sur le monde pas lourd ;
Sitôt niquée la jolie nonne
(D’ailleurs, en général, par l’antre défendu),
Les homos refoutaient d’autres hommes perdus,
La laissant là comme une conne.
La mèr’ sup’ au couvent reprit bientôt Manon,
Craignant qu’elle se fît faire un enfant sinon,
À tant se donner de la peine ;
La branleuse, ravie de retrouver ses sœurs,
Et partageuse, au fond, leur offrit ses douceurs :
Elle était devenue lesbienne.
Ton pantoum dans mon haïku - Page 11
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Sœur vagabonde
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8) -
Brève idylle au XXXIᵉ siècle
Catégories : Jocelyn Witz
Grâce au ralentisseur métabolique, Moon et son père enjambent les siècles, fuient à travers le temps, espérant échapper à la folie guerrière de leur époque. Trouveront-ils finalement une ère de paix ? Et, dans l’immédiat, un homme de l’an 3000 et quelques s’est-il réellement introduit dans leur abri anti-atomique ?...
Première publication dans mon recueil de nouvelles intitulé Évolution(s), N’co éditions, 2021. Prix Bob Morane 2022.
En lecture libre ici :
https://www.atramenta.net/lire/breve-idylle-au-xxxi7497-siecle/100773♥
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Surfait
Catégories : Hexasyllabes (6)On a beau changer d’homme
C’est plus le même effet
Le chemin mène à Rome
Et fade est le café
Adieu contes de fées
Je les choisis solides
Endurants bien briefés
Un arbre au bas du bide
Mais le sexe est surfait
Adieu contes de fées
On a beau leur offrir
De la fente à bouffer
Certains ça les fait rire
Ces foutus empaffés
Adieu contes de fées
J’ai essayé les filles
Mais hélas c’est un fait
D’un mec à la cheville
Arrive une meuf et
Adieu contes de fées
On a beau changer d’homme
Ouvrir grand le buffet
Leur crier mets la gomme…
Adieu contes de fées
De mensonges truffés -
Véritable puits
Catégories : Pentasyllabes (5)Où faut-il que j’aille
Voyez comme il baille
Mon petit pertuis
Véritable faille
On voit mes entrailles
Véritable puits
Il me rend frivole
Se cherche une idole
Le jour et la nuit
Mais chacun rigole
Et bien peu le violent
Même on m’éconduit
Où faut-il que j’aille
Presque je défaille
Des vouloirs de lui
Je supplie je braille
Tant il me travaille
Véritable faille
Véritable puits -
Un beau salopard
Catégories : Octosyllabes (8)Virée mon mari m’a virée
Vous trouvez pas ça un peu raide
Chers amis j’en appelle à l’aide
En plus ma robe est déchirée
Virée larguée mise au rancart
Foutue dehors après pendant
Trois ans m’avoir foutue dedans
Vous parlez d’un beau salopard
Bon d’accord OK pour les courses
Et passer l’aspi j’étais nulle
Tandis qu’il bosse au fond je bulle
Mais j’excelle à vider les bourses
Virée ou pas moi j’ai viré
Tout l’argent sur un compte à part
Je vais prendre un nouveau départ
Ce con j’en ai rien à cirer
Comme une merde il m’a virée
Pour un peu j’en deviendrais folle
Il faut que quelqu’un me console
Venez tous on part en virée -
La mauvaise graine
Catégories : Hexasyllabes (6), SonnetSorcier tu me subornes
Chaque soir on descend
Plus bas dans l’indécent
En dépassant les bornes
Innommable cochon
Dont le poison la graine
Mauvaise au fond m’entraîne
Sitôt que nous couchons
Je te hais tu m’envoûtes
Je pense tout le temps
À ton vit qui dégoutte
Pervers monstre va-t’en
Je te tuerais sans doute
Si je jouissais pas tant -
Connexion illimitée
Catégories : Heptasyllabes (7)Qu’il se nomme Ali ou Sam
Kurt ou Caleb que m’importe
D’un clic il ouvre ma porte
L’inconnu de la webcam
Souvent je suis déjà nue
On se regarde haut débit
Puis il tombe les habits
Dresse une tige charnue
Je lui lance Hello I am
Cute isn’t it et l’aimante
Par mes façons infamantes
L’inconnu de la webcam
On se touche afin que puissent
Monter du bonheur les crans
Je fixe des yeux l’écran
En écartant bien les cuisses
Il me dit toujours Madame
Seul mot de français qu’il sache
À mon gémir il se lâche
L’inconnu de la webcam
Aucun risque d’amour Notre
Jouir est sans désillusion
Chaque fois la connexion
Zappe et m’en propose un autre
Qu’il habite à Amsterdam
Ou même au bout de la terre
Il me rend moins solitaire
L’inconnu de la webcam -
Un prince indifférent
Catégories : Octosyllabes (8)J’attends
J’attends qu’il me sourie
J’attends qu’il me prenne les mains
J’attends mouillée de rêveries
J’attends la nuit le lendemain
J’attends qu’il me voie me regarde
J’attends de fondre dans ses yeux
J’attends le sein planté d’échardes
J’attends morte les joues en feu
J’attends qu’il me fasse renaître
J’attends qu’il me fasse un enfant
J’attends j’attends qu’il soit mon maître
Tâtant et prenant les devants
J’attends et mon ventre s’enflamme
J’attends le désirant des doigts
J’attends je l’attends le réclame
J’attends sa chaleur et son poids
Au bois dormant j’attends sans cesse
J’attends un prince indifférent
J’attends sang bouillant de princesse
J’attends mon cœur est un tyran
J’attends tant pis si je halète
J’atteins le point de non-retour
A-t-il ou non levé la tête ?
J’attends
J’attends
J’attends son tour -
Les rêves sont inutiles
Catégories : Heptasyllabes (7), SonnetChaque chaleur humaine il
Faut l’alimenter l’étendre
L’embraser de gestes tendres
Foin des cœurs déjà séniles
Chaque peau prompte à se fendre
Couche-la dans le fenil
Cherche les sources du Nil
Perds-toi parmi ses méandres
Les rêves sont inutiles
Ils ont tous un goût de cendre
Ô apprends à redescendre
Chaque chaleur humaine il
Faut s’y brûler sans attendre
Tant le temps est volatil -
Monde tombé
Catégories : Octosyllabes (8)Ton ventre éclosant sous la lune
Monde tombé vibre en silence
Autour mille et cent astres lancent
Leur vain appel tracent des runes
Fusées mes doigts à la surface
Posément cherchent s’aventurent
Traquant l’étrange créature
Couchée là morte ou qui rêvasse
Tous tes gémirs je les explore
Je saurai l’eau l’air les collines
J’y creuserai des puits de mine
Dresserai la faune et la flore
Il m’appartient velours et moelle
Je le sillonne et le baptise
Je luis pour lui de convoitise
Ton ventre tombé des étoiles -
Gris sans toi
Catégories : Heptasyllabes (7)Où avais-je avant les yeux
Étais-je aveugle ou prêtresse
Avais-je égaré mes fesses
Avant que m’ouvrît ton pieu
Où avais-je avant les yeux
Où avais-je avant la tête
Pour ignorer que l’on pût
Me remplir d’un fût trapu
Tout à coup la mignonnette
Où avais-je avant la tête
Où avais-je avant les seins
Étais-je encore en mes langes
Avant tes mains de boulange
Qui en dressent le dessin
Où avais-je avant les seins
Où avais-je avant la bouche
Je n’avais jamais crié
Quand soudain à m’étriller
Le premier tu me débouches
Où avais-je avant la bouche
Où ai-je fourré l’esprit
L’as-tu mis dans ta valise
Je stresse et m’animalise
Gris sans toi le monde est gris
En partant tu m’as tout pris -
Dans Lewis Carroll
Catégories : Octosyllabes (8)Un jour hélas tu baisseras
Alice ton slip pour une ale
Croyant voir le bout du tunnel
Un jour Alice oui tu seras
Morte on t’aura coupé les ailes
Tu partiras tu fuiras mes
Tendres lèches de cœur Alice
Lèches à la reine au calice
Car s’il est vrai que tu m’aimais
Déjà d’entre mes doigts tu glisses
Un jour ce désir qui te fend
Cèdera la place à un drôle
Ainsi que dans Lewis Carroll
Tu te seras perdue enfant
Un homme usurpera mon rôle -
L’humidité
Catégories : Pentasyllabes (5)Elle est retrouvée
Quoi ? L’humidité
C’est l’amer Picon
Cul sec au réveil
Elle est retrouvée
Qui ? L’autre excitée
C’est ma mère avec
Un doigt dans l’oreille
Elle est retrouvée
Quoi ? La boule à thé
C’est Tom qui l’avait
Filée à Sergueï
Elle est retrouvée
What ? L’oralité
C’est ma mère cuitée
À poil qui bégaye
Elle est retrouvée
Cool ! T’as qu’à tweeter
Après on ira
S’lécher la groseille
Elle est retrouvée
Quoi ? L’antiquité
C’est ma mère en string
Qui baille aux corneilles
Elle est retrouvée
Hein ? Ma mob kitée
J’l’avais mal garée
C’est toujours pareil
Elle est retrouvée
Sûr ? La cavité ?
Ma reum se la sonde
À l’ouvre-bouteille
Elle est retrouvée
Quoi ? La parité
C’est mon gode au cul
D’l’ingénieur-conseil
Elle est retrouvée
Ouais ! La nudité
C’est ma mère (un show
Que j’vous déconseille)
Elle est retrouvée
Ah ? La quiddité
Mais ça sert à rien
Et pis j’ai sommeil
etc…
Franchement, Rimbaud il est pas un peu surfait ?... -
À fond le feu
Catégories : Heptasyllabes (7)Fais-la fais la fellation
Cueille la queue lactifère
Mords au fruit de la passion
La quenouille se veut faire
Tel un bœuf en sudation
Pas moyen que tu diffères
Fais-la fais la fellation
Tète et pompe après la pipe
Pour que grimpe la pression
Que se tortille le type
Objet de tes attentions
Branche où tes lèvres s’agrippent
Fais-la fais la fellation
Lèche embouche aspire et suce
Faut que ce grand polisson
Vibre depuis le prépuce
Jusqu’au cœur de l’émotion
Jusqu’aux cris et sauts de puce
Fais-la fais la fellation
Turlutte et pousse au délire
À fond le feu de l’action
Sache ô pompière conduire
Lampe avec délectation
Fais-le fais-le fais-le jouir -
Vibrer pour toi
Catégories : Octosyllabes (8)Je crois en Toi Gode un peu trop
Partout je ressens Ta présence
Au taf au lit dans le métro
Mes pensées Tu les réagences
Tu démolis ma vigilance
Je crois en Toi Gode à jamais
Qui remplis si bien tout l’espace
Petite déjà je T’aimais
Il n’était guère un jour qui passe
Sans que je prie devant la glace
Bien sûr mon culte ardent se voit
Lorsque je m’écrie hors d’haleine
Ô Gode Tu m’ouvres des voies
De Ton amour je suis plus pleine
Même que Marie-Madeleine
Je crois en Toi Gode bon dieu
Possède-moi trouve le centre
Mon corps aspire aux désirs pieux
Je veux Te porter dans mon ventre
Sentir comme Tu sors et entres
Mais ma fièvre de Toi déplaît
Gode on me boucle on me ligote
On complote de m’accoupler
À un mortel d’allure idiote
Tout blême et mou dans la culotte
Je crois en Toi Gode au secours
Si Tu me sors de cette ornière
On se donnera libre cours
Vibrant pour Toi ma vie entière
Je m’abîmerai en prière
Je crois en Toi Gode aie pitié
Emporte-moi loin des sauvages
Impies cherchant à me châtier
Branle et brûle-moi sans partage
J’ai poussé à fond le voltage -
Sont-y pas canons ?
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaVive les gentils androgynes
Les incertains du genre humain
Les perdus loin des origines
Que ces bijoux fous de demain
Sous l’œil des projos se pavanent
À loilpé la main dans la main
Salivez straights ouvrez les vannes
Bandez écarquillez les yeux
Quand passera la caravane
Ils vont remplacer tous vos dieux
Ils feront du cul table rase
Pour rebâtir le monde en mieux
Les rôles sexuels vous écrasent ?
Vous rêvez de coïts nouveaux ?
Rejoignez-les sortez des cases
Ou bavez branlez-vous les veaux
Nases nazis d’ancienne espèce
Enfermés dans vos vieux cerveaux
Foin de vos traditions épaisses
Sont-y pas canons ? matez-les
Z’ont des lèvres des seins des fesses
Sitôt qu’ils passent à la télé
Vous allumez ça vous excite
Ces êtres au génome emmêlé
Cherchez pas la fouffe ou la bite
Ces machins-là c’est dépassé
Place enfin aux hermaphrodites
C’est classe et même à tout casser
Les gros clitos les minipines
Il y en aura jamais assez
Vive les gentils androgynes
Je veux les voir j’en ai des suées
Ô monoïques intersexués
Ô l’avenir que j’imagine… -
Conte express (d’après Hoffmann)
Catégories : Octosyllabes (8)Ô Olympia
Un fol en fièvre nue l’épia
À travers sa loupe et ses verres
Un falot un pâle un pervers
Lorgna les charmes d’Olympia
Ô Olympia
Dans son boudoir aux tons sépia
Un godmiché sous sa tunique
Mu par énergie galvanique
S’envoyait au ciel Olympia
Ô Olympia
L’autre dément le galapiat
Voulant l’avoir toute à son vice
Se munissant d’un tournevis
Démonta le cœur d’Olympia -
Mille et cent bêtises
Catégories : Heptasyllabes (7)La fillette que je fus
Disait oui à tous les êtres
N’opposait point de refus
N’envoyait personne paître
Qui désirât la connaître
L’accorte ado que j’étais
Prisait les mises légères
Et les touffeurs de l’été
Découvrant ses jeunes chairs
Aux gens comme à l’atmosphère
La bimbo que je devins
Se mourait pour les dimanches
Y assouvissait sa faim
Grappillant de branche en branche
Les fruits lourds de sève blanche
La femme eut plus d’un mari
Téta plus d’une autre fille
Elle sillonnait Paris
Quêtant le slip aux chevilles
Un autre sexe qui brille
La vieillarde se souvient
Et se branlant poétise
Au chaud de ses poils pubiens
Rêve à mille et cent bêtises
Tant pis si peu la courtisent -
Un jour d’été
Catégories : Octosyllabes (8)Dans l’herbe mouillée de nos sueurs
Dans l’air déchiré de tes plaintes
Je t’ai léchée petite sœur
J’en avais rêvé mainte et mainte
Fois Je m’étais branlée à cœur
Risquant que mon sexe s’esquinte
Dans l’herbe qu’arrachaient tes doigts
Tu valais la fleur en corolle
Moi l’abeille qui la nettoie
Pas question d’inverser les rôles
J’avais si soif et faim de toi
Que je jouissais pourtant c’est drôle
Dans l’herbe écrasée d’émotion
Sous le ciel et l’ombre des trembles
Je te léchais avec passion
Puis on nous a punies ensemble
Petite sœur mais nous pissions
Le jus et nos cœurs battaient l’amble -
Constellations du désir
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Je dirai haut ce que les autres turent
L’amour tout cru avec du poil autour
Les doigts creusant la confiture
La langue canine et le souffle court
Je dirai Montre ! à qui me dit Je t’aime
Et Viens ! à qui la perche me tendra
Épaisse et gorgée de poèmes
Constellations du désir en mes draps
Je dirai tout Les envies récurrentes
Les occasions et les besoins profonds
Les fantasmes fous qui nous hantent
Je dirai haut ce que les autres font