Simple et souple je suis encline
À m’ouvrir à sa discipline
M’ouvrir sans cesse ou vivre entrouverte plutôt
Comme avec les gens du château
Ne dresser de barrière aucune
N’être que troublantes lacunes
Disponible à loisir ainsi qu’un peu plus tôt
Dans les corridors du château
Rêve infiniment accessible
Cible avide de flèches cible
Courant s’offrir aux dards comme sur un plateau
Blessure béante au possible
Douve aux eaux de cruor que dragua staccato
Chaque suzerain du château
Octosyllabes (8) - Page 2
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Perle d’O n° 64
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’O -
Que vienne un loup
Catégories : Octosyllabes (8)Déculottée pour mieux sauter
Malgré le recul de la chair
C’est l’autre la chatte beauté
J’ai pas de pantoufle de vair
Que vienne un loup pour qu’on se mente
Le prince en pince et m’antichambre
Seule laide au bois je tourmente
Ma chevillette amie du membre
Déculottée pour mieux sauter
Me retremper à d’autres peaux
Malgré mes défauts ma faute et
Ma métamorphose en crapaud
Que m’avale un ogre ou me lèche
Une sorcière c’est tout comme
De tout bois d’amour je fais flèche
Depuis que m’a quittée mon homme -
Perle d’O n° 20
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O, Quadrisyllabes (4)Aimée pourtant je l’aime aussi
Même s’il presse
Entre ses doigts le fouet de tresse
Je l’aime aussi
Il n’a qu’à dire Allons caresse
M’embrasse ici
Soulignant l’arc de mes sourcils
Avec tendresse
Je perds la clé d’autres soucis
Dès que se dresse
Celle qui branle à mon adresse
Je l’aime aussi
Fi donc des terreurs qui m’oppressent
Le cœur ainsi
À genoux toute ! elle durcit
Ma brute épaisse -
Le sillon
Catégories : Octosyllabes (8)Vous m’avez ravi un million
De baisers chauds me rendant prête
Trouvez trouvez-moi le sillon
Le sourire aux quatre lévrettes
N’attendez ! plus ne sursoyons
Vos lents atermoiements m’atterrent
Fendez fendez-moi le sillon
D’un glaive ou d’un soc volontaire
Ne me laissez pas vermillon
Lapine que votre œil envoûte
Écartelez-moi le sillon
Plus largement qu’une autoroute
Il n’est que temps que nous soyons
Un seul bel animal d’écume
Enfoncez-vous dans le sillon
Pour battre au cœur de mon enclume
Ah ! nos yeux nous les dessillons
Et l’immense avenir commence
Quand vous me comblez le sillon
De sang de rêve et de semence -
Perle d’O n° 185
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OQu’on m’accorde le fouet de cordes
Paillarde aussi je me repais
De voir les tendrons qui se tordent
Quand vient mon tour de les frapper
Qu’on me l’attribue la cravache
Pour châtier céans quelque sœur
Chaque cri que je lui arrache
M’est un plaisir de connaisseur
Laissez je la battrai nue blême
Puis assécherai les sanglots
De cette identique à moi-même
Ligotée là pétale éclos
Oui m’accordez le fouet de cordes
Que je lui refasse un portrait
Et ses membres les désaccorde
J’aime quand ces tendrons se tordent
Qui me ressemblent trait pour trait -
Devant l’entonnoir
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Plonger l’œil aux ténèbres rouges
Voir brasiller le désir quand
Couvent les ardeurs d’un volcan
Dont rien ne bouge
Défaillir devant l’entonnoir
Face à la faille ouverte immense
Se faire tendrement violence
Nue dans le noir
Chaque matin je te contemple
Et m’aime à m’érupter le sang
Quand ton sommeil m’offre indécent
Ton petit temple -
Perle d’O n° 162
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’OUn jour je quitterai la maison close
Afin qu’il m’offre à ses amis
Mais je resterai sienne il l’a promis
Toujours à lui toujours sa chose
Toujours son animal soumis
Un jour je porterai sur moi secrète
Quelque empreinte ou preuve à l’appui
Ma vérité pourra sortir du puits
À demeure et quoiqu’on me prête
Toujours son automate à lui
Un jour je m’ouvrirai désenfermée
Percée par d’autres tour à tour
Mais sa prise à jamais sa Pompadour
Sa favorite et mieux aimée
Toujours à lui toujours
Toujours -
Au débouché
Catégories : Octosyllabes (8)Visage au cinabre fermé
Âme sourde indémonstrative
Mais grisée d’émoi je salive
Te revêts d’eau l’épiderme et
Les monts rosés les faux cratères
Mille accidents de ce terrain
Que tu promènes au bas des reins
Reliés de parfums solitaires
J’irai me frayer un canyon
Tout de lagunes déguisée
Jusqu’au cœur souple des brisées
Où ton cru d’écorces bouillonne
Et qu’au débouché mon empreinte
En mouillant l’orgue aille plein sel
T’éjaculer ô demoiselle
Les râles que tu tais étreinte -
Perle d’O n° 195
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OAu clou les fouets et les ficelles
Fixés juste face à mon lit
Dévisageant par défi celle
Qui rêva son corps avili
Lançant cinglé des étincelles
Aussi la cravache au crochet
Pour compléter la panoplie
De celle au cœur bien accroché
L’O qui sans se plaindre se plie
Se laisse enchaîner aux rochers
Au clou les cordes et les verges
Déjà mon bas-ventre frémit
De vice et s’enfle sur les berges
Mais si le choix m’en est remis
On n’est pas sortis de l’auberge -
Rêves femelles
Catégories : Octosyllabes (8)Voiles de poils ceints des sirènes
Sillages de mouille où se traînent
Leurs hanches de rut écumant
À travers l’algue ô tout s’emmêle
En ces poisseux rêves femelles
Depuis que je n’ai plus d’amant
Au ventre lisse et hypocrite
Des falaises le blanc s’effrite
Et mes nuits forgent des trous d’eau
Où nagent de perverses filles
Qui m’attrapent par la cheville
Depuis qu’il est parti trop tôt
Cheveux vos voluptés m’étouffent
Mes doigts se perdent dans les touffes
Liquide est l’aube au fond du drap
Les pieuvres rôdeuses étravent
De caresses ma chair épave
Depuis qu’il n’est plus dans mes bras
Faut-il que défaite je cède
À ces sirènes qui m’obsèdent
Au rire aigu à l’œil dément
Ô ventre nu je me fissure
Mais suce pourtant leurs eaux sures
Depuis que je n’ai plus d’amant -
Après la nuit
Catégories : Octosyllabes (8)Il fait jouissance à mon réveil
Il fait pine dure amoureuse
Un bris de cris monte au soleil
Au fur que mon plaisir se creuse
Il fait splendeur élévation
Après le sommeil sans mémoire
Il fait doux que nous effacions
Ce reste en nous d’une humeur noire
Il fait bonheur aux seins pressés
Au ventre éventail il fait vie
Pays d’hier incaressés
Que négligions-nous vos envies
Il fait chêne enraciné loin
Mes eaux en ont retrouvé sens
Il faisait nuit seuls dans nos coins
À mon réveil il fait jouissance -
Perle d’O n° 50
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÔ élargissement
Tige dedans courroies ceinture
Me font incessamment
Béante l’intime ouverture
À lents gémissements
Mes entrailles à capsuler
Accueillant l’instrument
Vibrent d’opprobre écartelées
Et ces vits s’affirmant
Me desserrant indubitables
Prennent tout doucement
Des épaisseurs de pied de table
Moi pleine à tout moment
De desseins durs à me distendre
Otage des tourments
Pantin d’un attachement tendre
Ô avilissement
Chacun loufiat ou fille ou maître
Mesure indécemment
Quel calibre âpre me pénètre
Et m’élargit le fond de l’être -
Sa proie
Catégories : Octosyllabes (8)Je lèche l’eau des odeurs fauves
Au puits d’aisselles de my love
Tandis que lui me glisse un doigt
Un seul suffit je suis sa proie
De force me rouvre my love
Et me rend chienne de Pavlov
Giclant les braises du chaudron
Mes souffles perdus reviendront
En attendant tout vibre mauve
Entre les ailleurs où my love
Aiguise à mes chenaux étroits
Sa rauquerie de tous les droits
De musc et de muscle est my love
Divan de chair où je me love
Immense son mât qui m’emplit
De frissons sonores et d’oubli -
L’amour soit loué
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaC’est beau les chaînes au cou d’un jouet
Quand plie ce corps que je jugule
Cinglé de mes jambes et mon fouet
C’est beau son nœud sous ma férule
Tout tremblant de sang effaré
Giclant le sel de ses cellules
C’est beau d’envisager sa raie
S’ouvrir un puits dans l’espérance
Que mon poing va s’en emparer
C’est beau ce pouvoir cette immense
Volupté ô l’amour soit loué
Qui m’enchaîne au cou de mon jouet -
À la ramasse
Catégories : Octosyllabes (8)Tombée au champ du déshonneur
Tombée sur un os escrimeur
Repose endormie sous le drap
Rêvant du jour où reviendra
Celui pour qui son ventre meurt
Étendue raide à la ramasse
Prise au collet nus dans la nasse
S’asphyxie en attendant l’heure
Du retour du vit du pécheur
Lui clouant le corps ô connasse
Tombée au champ du déshonneur -
Sur nos lèvres
Catégories : Octosyllabes (8)Nos poils mêlés draperie d’ulves
Nous deux nous salivant la vulve
Se léchant l’œil de la matrice
Sur nos lèvres le sable crisse
Nos seins de lise à s’écraser
Douleur même au cœur du baiser
Ton soupir dit la joie tactile
Sur nos lèvres l’amour rutile
Nous deux ventre à ventre vivant
D’eaux bavées de joie par-devant
Giclée des luttes quotidiennes
Sur nos lèvres qui s’appartiennent -
Perle d’O n° 37
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OPourtant mon ami semble heureux
Peu nous importe à qui je cède
C’est toujours Lui qui me possède
Jouit de ma chair à travers eux
Ils pourront bien donner les verges
À sa conquise aux cent colliers
Aucun des tyrans affiliés
N’aura ce que mon cœur héberge
Car c’est à Lui que j’appartiens
Même s’il livre et s’il procure
À d’autres vits sa créature
Lui l’immanent Lui le gardien
Oui mon despote est amoureux
Et quand trente mâles s’emparent
De moi pour leurs bonheurs barbares
C’est Lui qui jouit à travers eux -
La grande avaleuse
Catégories : Octosyllabes (8)Femme à femme léchée luisante
Ouverte et paresseuse amie
Couchée de moiteurs infinies
Harem fou que la lune argente
Femme à femme crevée d’îlots
Gémir d’écumes jamais tu
Nue dans ton ventre de tortue
Agitée des branles de l’eau
Femme à femme accrue de caresses
Éternité d’ondulation
Lèvres où nous nous émacions
Grande avaleuse ô pute ogresse
Femme à femme hachurée parfois
D’éclairs qui l’enflent d’ombres sales
Mais tu ne t’avoueras vassale
D’aucun matelot quel qu’il soit
Femme à femme affamée liane
S’envoyant les quatre horizons
Ta sueur d’algue est ma raison
Ô moirure ô mer océane -
Perle d’O n° 215
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OMon maître m’attendait, superbe et mécontent,
L’œil assoiffé d’un orifice
Ruisselant d’obédience, ou bien qu’on me punisse ;
Mon maître m’attendait : j’aime lorsqu’il m’attend,
Car moi je l’attends tout le temps.
Je me souviens d’un conte où la chaste princesse
Vit entre les murs d’une tour,
Patiente, disponible, en regardant autour,
Tâchant de voir ce prince à qui tendre les fesses…
De même je l’attends sans cesse.
Dans l’ombre du bureau se dressait mon sultan ;
De crainte mêlée de délices,
J’avais le sang remué : sait-il de nouveaux vices
Pour sa poupée de cire au ventre palpitant
Qui l’attend tout le temps ? -
Le tigre et le dragon
Catégories : Octosyllabes (8)Viens petit scarabée femelle
Et ôte ta robe à froufrou
Tu verras comment la quenelle
Martiale de maître Kung fout
Que David et son cas radinent
Aussi pour se joindre au combat
Et t’enseigner l’art du coup bas
En cas d’échec c’est la badine
Viens petit scarabée joli
Fi des gredins qui nous dénigrent
Viens en découdre avec le tigre
Et le dragon à rebrousse-lit


