Tant de désirs en ce bois me cavalent,
Un tel appel frémissant d’étalons
Que je panique et mouille mes crins blonds
En voulant fuir, moi que leurs voix ravalent
Au rang de bête aux abois, de jument
Chaude dont les flancs rêvent dans la crainte
À leur amour, leurs membres, leur empreinte,
Mes cris, ô, mes rauques hennissements…
Tant d’ombres, oui, me suivent là-derrière
Dont je sens l’haleine brûler ma peau
Que, dépouillant mes derniers oripeaux,
J’irai m’étendre nue dans la clairière.
Ton pantoum dans mon haïku - Page 3
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L’appel des étalons
Catégories : Décasyllabes (10) -
Ballade des ribaud(e)s
Catégories : Ballade, Octosyllabes (8)D’aucunes vont par les boutiques
Sempiternellement rôder,
Ou, kiffant les travaux pratiques,
Se cousent des fichus brodés ;
D’autres, ne sachant trop que faire,
Lisent tout d’Alphonse Daudet —
Activités qui m’indiffèrent :
Mon trip à moi, c’est ribauder.
Entourée de nanas salopes,
Voire de mecs ou de baudets,
Je tète au bout des seins, des clopes,
Écluse burnes et godets,
M’attirant d’affreux épithètes…
Mais quoi ? le reste est démodé
Et, de surcroît, me prend la tête :
Mon trip à moi, c’est ribauder.
Vous qui traînez une âme en rade,
Je viens pour vous enquinauder ;
Rejoignez-nous, ô camarade,
Et nous jouerons ma chatte aux dés ;
Faut-il l’écrire en majuscules,
En vers, en langage codé ?
Foutre ! à nouveau je l’articule :
Mon trip à moi, c’est ribauder.
Toi qui nous rejoins dans la danse
Le cœur et la bite échaudés,
Chante avec nous cette évidence :
Mon trip à moi, c’est ribauder ! -
Cruelle méprise au couvent
Catégories : Alexandrins (12 pieds)Une vierge à genoux sur son lit de cellule
(Fille pourtant très-sage et n’ayant jamais eu
D’amant), battant des cils comme des libellules,
Caressa d’un regard suppliant son Jésus,
Puis, gémissante, sans rogner à la dépense,
Elle s’échauffe et frictionne (hélas ! rien n’y fit)
De ses linges mouillés la tache sur la panse
Qu’arborait le Divin rivé au crucifix.
« On croira qu’est de moi, se disait la novice,
Ce sang ! On conclura que, d’un cœur mal-bigot
Et d’une âme lascive habitée par le vice,
J’ai fait entrer le Christ entre mes blancs gigots ! »
Elle tâta des verges au bout de l’aventure,
Mais ce fut pour avoir, dans sa sotte ferveur,
De l’idole en Passion esquinté la peinture
Et, par un franc récit, émoustillé ses sœurs. -
Un amour de créature
Catégories : Jocelyn Witz
Quoi la Saint-Valentin ?
J’en ai trop rien à branler de ce calendrier rempli de gugusses à auréole.
Mais bon, comme je vous aime bien, voici une histoire d’amûûûûr.
Une avec coups de foudre, déclarations, demandes en mariage, œillades et baisers à tire-larigot.
Une où on s’offre des bouquets de fleurs.
Une où on vilipende la guerre, la haine et l’agressivité.
Une où on s’enfile, aussi.
La vache ! qu’est-ce qu’on s’enfile dans cette histoire…
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En double
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetEnzo se caressait les boules,
Tandis que laissait pendre Alain
Sa langue avec un air malin
À vous donner la chair de poule.
L’heure était tendue ; il urgeait
D’enculer Riri et Jean-Marc
Qui jusque-là menaient la marque.
S’étant auparavant murgé
De longs pastis sans flotte aucune,
L’Enzo gardait quelque rancune
À l’endroit de ce con d’Alain
Dont l’œil, qui sans arrêt riboule,
Voyait le cochonnet, les boules
Danser sur l’allée de falun… -
Nos grisants tord-boyaux
Catégories : Hexasyllabes (6)D’un palais délicat,
Je snobe vos vodkas,
Préférant la menstrue
Des bougresses des rues ;
Pour les whiskys, les gins,
J’ai la langue trop fine ;
Rien ne vaut le kummel
Violent qu’une femelle
Malpropre et repue d’hommes
Pisse : c’est là mon rhum,
Mon tafia, mon genièvre :
Je m’en rince les lèvres,
M’en gargarise, m’en
Salope éperdument ;
Oh ! foin de vos absinthes !
Chaque soir, je prie sainte
Ermentrude la folle
De me verser l’alcool
Abject, odieux, maudit,
Le fabuleux brandy
Coulant du con des grues,
La rincette incongrue
Que je lampe à genoux,
Le pif en leur minou
Dégueulasse, aux aurores,
Dans les fumées du port…
Puis, titubant, je vais,
Sans même me laver,
Rejoindre un époux ivre
Qui, lui aussi, sait vivre,
Puisqu’il boit de bon cœur,
Tète au vit la liqueur
De vieux curés maniaques
(Chacun son armagnac) ;
Et, nos sanglots baveux
Échangeant leurs aveux,
Nos mains à nouveau moites,
Nos bas-ventres s’emboîtent…
Ah ! non, gardez vos vins !
Vous nous offrez en vain
L’arak et le pastis,
Pure eau face à nos vices
Avilissants, royaux,
Nos grisants tord-boyaux. -
J’en veux encore
Catégories : Heptasyllabes (7)L’amour fou l’amour foudroie
Crevant les yeux de la tête
Pour coûter bonbon sucette
Caramel qui colle aux doigts
L’amour fou l’amour fourrage
Sous mes habits l’animal
Lance l’eau et perce val
Pâturage et labourage
L’amour fou l’amour fourbit
Son foutoir dans ma chambrette
À mesure au fur furète
Tout pour dénicher zobi
L’amour fou l’amour fournaise
Sous le ciel pas dit pas d’eau
On enlève aussi le haut
Et nos cœurs se mettent à l’aise
L’amour fou l’amour foutu
Mon corps tique au lit patraque
Sans sommeil un sommier craque
Je veux encore où es-tu ? -
Ta truffe
Catégories : Alexandrins (12 pieds), ThéâtreTragédie en cinq actes de M. de Molle-Hier
Personnages :
DON LOPE DE RUTABAGA, mari de Doña Putana
DOÑA PUTANA, épouse de Don Lope et amante de Sancho (entre autres)
SANCHO, (l’un des nombreux) amant(s) de Doña PutanaL’action se déroule dans la chambre à coucher des époux.
Entre Sancho, grand et beau Black qui, d’un geste mâle, arrache les vêtements de Doña Putana et lui roule une pelle des familles sous l’œil hagard de Don Lope qui bave en leur tournant autour à quatre pattes.
SANCHO
Me revoilà, poupée ! Quand tu veux je te lime.
Est-il prêt le cocu, ton époux légitime ?DOÑA PUTANA
Hélas ! il va et vient comme un homme hébété
Depuis que de ta truffe on le voit tant téter.
Il l’appelle sa sœur et l’aime dans son âme
Au point d’en négliger putains, filles et femme.
Il rêve — il m’en a fait le discours impudent —
Que tu daignes un jour la lui mettre dedans.
Il la choie, il l’embrasse, il la prend pour maîtresse
Et n’a plus envers moi qu’un soupçon de tendresse.
Au lieu, tel un toutou, de rester sage ici,
Il se jette entre nous, veut te sucer aussi
Ce bon morceau de chair qu’il faut que je lui cède,
Me branlant à côté, car ton foutre l’obsède,
Enfin, il en est fou ; tu sors ta bite et bing !…
Je voyais autrement les joies du cuckolding.SANCHO
Vertuchou ! que…
Le reste du manuscrit est perdu à jamais.
Dommage, ça commençait bien…
Mais il semblerait qu’un certain Poquelin ait pas mal pompé (acte I, scène 2). -
Soleil solitude éclatant
Catégories : Octosyllabes (8)Soleil à foison tout l’hiver
Sur mes amours bien alignées
Jamais de travers de revers
J’abats sans plainte à la cognée
Tous les chagrins morts au printemps
Nulle femme n’est épargnée
Soleil solitude éclatant
Sur le bourgeon d’autres poèmes
Fermés que personne n’attend
Ô cueillez mes fictifs je t’aime
Je chante échaudée tout l’hiver
Je rêve à l’envers dans mes vers -
L’envie maousse
Catégories : Hexasyllabes (6)Ta tignasse à la chien
Ta chaude odeur de rousse
Ton boule à va-et-vient
M’ont mis l’eau à la trousse
Jolie gosse es-tu gousse ?
Tes nichons plein d’élan
M’ont flanqué des secousses
Ton œil étincelant
M’allume un feu de brousse
Dis mignonne es-tu gousse ?
Ah ! te bouffer l’oursin
Ah ! lécher ta frimousse
Et baver sur ton sein
Sentant bon la cambrousse
J’en ai l’envie maousse
Mais tu t’enfuis gloussant
Tandis que se trémousse
Ton prose incandescent
Tu vas suçant ton pouce
T’ai-je filé la frousse
À ce point jolie gousse ? -
La faute à Clarabelle
Catégories : Jocelyn Witz
On a beau être un tueur à gages bestial et sanguinaire, on n’en est pas moins homme.
Enfin, à peu près…
https://www.atramenta.net/lire/la-faute-a-clarabelle/102888
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Petit je
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Mon je s’aime à tous vents
En attendant l’autre de pluie
Je sillonne pour lui
Ce nuage au ventre crevant
Mon je dépressionnaire
Dévale et fournit son aval
Aux sanglots qu’il ravale
En attendant son partenaire
Petit je qu’on défend
Aux enfants dont les envies croissent
Sans moi moi j’ai la poisse
Les doigts dans mon ventre crevant -
Herbe à chatte
Catégories : Heptasyllabes (7), Terza rimaBrouter le ventre d’Hélène
Le nez au fond du gazon
Façon de purger ma peine
De me faire une raison
D’éliminer ton vit d’ange
L’évacuer des horizons
J’ai forcé sur les mélanges
Entre nous deux quel pastis
Hélène ô ma catharsis -
Une paille
Catégories : Heptasyllabes (7)Cinq cents pines et des poussières
Par monts par vaux soulevés
Les glands sèment à la lisière
Du brave petit gousset
Cinq cents peaux et des bananes
Pour les creux chemin faisant
Cueillir avant qu’ils se fanent
Les fruits de l’instant présent
Cinq cents bites et des bretelles
Soudain décontenancés
Les pantalons nous pantellent
Et se retrouvent à valser
Cinq cents gosses et des bricoles
Ce kit d’amour amateur
C’était notre bonne école
Nos goûters sur les quatre heures
Cinq cents baises ô peu de chose
De gentils jeux indécents
Cela dit puisqu’on en cause
J’en reprendrais bien cinq cents -
Vice et service
Catégories : Hexasyllabes (6)Foutu fauteuil roulant
Enjamber ta béquille
Et fondre en empalant
M’asseoir un truc de fille
Infirmière en cheville
Vice et service entier
Chez ce mec à roulettes
Raide encore à moitié
Assez pour qu’on halète
Infirmière à branlettes
L’impersonnel soignant
À d’autres ! j’invalide
Ses maux les empoignant
Transfusant les liquides
Infirmière ô torride -
Perle d’O n° 212
Catégories : Décasyllabes (10), Pentasyllabes (5), Perles d’OUn lit de silex et sa main d’acier
Mes lèvres percées d’un amour qui pèse
Le knout comme ascèse
Me comblent de joie quoi que vous pensiez
Les cordes d’antan n’était que de paille
Le roc un caillou
Et mon premier maître un piètre voyou
Périmé dès les premières batailles
L’anneau dans la chair
La peau cochée qui jamais ne s’efface
Mes tranchées qu’on cède au pékin qui passe…
Céladons fadasses
Quoi que vous disiez tout cela m’est cher -
Écouter cœur
Catégories : Ennéasyllabes (9)Lécher le doigt qui revient de l’oint
Réveil a geint pour rien me délivre
Vivre et laisser vivre et lécher ivre
Mouiller dans l’œuf couler par les joints
Lécher moi seule avec ma tartine
De jour nouveau s’en va par les trous
Écouter cœur si l’ami s’ébroue
Et boire un jus plein de vitamines
Lécher de moi l’index avoir soin
Des plaies ô corps d’accord il me plaît
Bouche alléchante et cheveux de blé
Ce soir qui sait
Rouler dans le foin -
Sur le bout des doigts
Catégories : Jocelyn Witz
À force de me tâter, me tripoter, m’explorer sans relâche, sillonnant en tous sens mes épidermes torrides, écumant mes muqueuses, déflorant mes territoires vierges (s’il en reste), hantant mes vallées de l’amour, m’acharnant sur mes parties charnues, escaladant mes monts et mes buttes, câlinant mes collines, fourrageant au sein de mes buissons ardents, sondant mes crevasses humides et m’auscultant les régions occultes, à force, à force, je finirai bien par me connaître.
Ou par bien me connaître.
Bibliquement.
Par cœur, à donf, à la perfection, de fond en comble d’obscénité et de la tête aux pieds d’enfer que je m’autoprocure quand j’ai personne… ou quand j’ai quelqu’un pour mater.
On n’est jamais si bien fourbie que par soi-même.
Bref, après Plaisirs solitaires, voici un nouveau petit recueil de poèmes qui ne tournent pas longtemps autour du pot, mais s’empressent au contraire de mettre le(s) doigt(s) juste là où ça fait reluire en plongeant au vif du sujet : la branlette.
https://www.atramenta.net/lire/sur-le-bout-des-doigts/102694
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À la sauvette
Catégories : Octosyllabes (8)Ça m’arrive à tout un chacun
à tout bout de chambre secrète
ça me prend me prends pas la tête
si je m’offre le saint-frusquin
si parfois la fête est parfaite
quand je savonne à la sauvette
ça m’arrive à tout un chacun -
Jouez ! Sonnez !
Catégories : Hexasyllabes (6)Muse ô comme il t’encorne
Et t’enfle le biniou
Tu sais plus quand ni où
Il fait sauter les bornes
Rejoint les happy few
Muse ô le pal musette
T’usera tôt le sac
Et l’on verra tout secs
Les tuyaux du poète
Mec épuisant et fake
Muse en attendant chante
Jouez sonnez au bois
La bourrée pleine voix
Muse ô sois pas méchante
Souffle encore une fois


