Toute nue sous ses voiles
Elle avait chaud l’été
Cette nana au poil
Grassement moquettée
Sitôt que sa fourrure
Ô ses pilosités
Si touffues m’apparurent
J’en fus tout hébétée
Kiffant les amours zarbs
Je voulus mettre en nage
La jolie femme à barbe
Sous son soyeux pelage
Épaisse à la culbute
Dans des rousseurs mohair
Sa vénusté hirsute
Avait tout pour me plaire
Romantique à tout crin
Je la sortis à Londres
Mais un Anglais chagrin
L’attira pour la tondre
Adieu nana au poil
Grassement moquettée
Glabre je suis restée
Triste jusqu’à la moelle
Ton pantoum dans mon haïku - Page 3
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Histoire d’une nana au poil
Catégories : Hexasyllabes (6) -
Perle d’O n° 117
Catégories : Heptasyllabes (7), Perles d’OMiel sirop bonbon réglisse
D’eux tous me voici complice
Tablant sur les deux tableaux
Alcool fort ou menthe à l’eau
Miel sirop bonbon réglisse
Que nos destins s’accomplissent
Mes dix doigts prêtant la main
Au pouvoir du mâle humain
Miel sirop bonbon réglisse
Débusquons sous la peau lisse
De nos amies le halo
Où s’allient le feu et l’eau
Miel sirop bonbon réglisse
Moi femme de père en fils
Moi suif de mèche avec eux
Serpente avalant sa queue
Miel sirop bonbon réglisse
Leurs miroirs me réfléchissent
M’écartelant des Bosphore
Tout pantelant d’alcool fort -
Un cas pathologique
Catégories : Octosyllabes (8)Il lui desserrait les rondelles
À force de trépidation
Tant il y mettait de passion
Car le gaillard était fou d’elle
Et la foutait sans sommation
Par des secousses ahurissantes
Il lui détraquait les gicleurs
Elle hurlait qu’elle a mal au cœur
Mais lui attaquait la descente
Debout sur l’accélérateur
Il lui déjointait la culasse
L’aplatissait tel un vingt-tonnes
Chaque fois qu’il rivait bobonne
Car ce gros homme avait hélas
La maladie de Parkinson -
Tropiques
Catégories : Alexandrins (12 pieds)Je rêve d’un brûlant pays où les nanas
Poussent sur les buissons comme des ananas
Où quand le jour s’achève un autre fruit se crée
Vous tendant sa verdeur et sa pulpe sucrée
Sous l’écorce brunie que le soleil tanna
Dans cet ailleurs les fleurs même cachent des langues
Chacune babillant y va de sa harangue
Qui tendre vous attire et vous englue le cœur
À force d’allusions de rires de langueur
Vers leur calice empli de chaud sirop de mangue
Puisqu’il n’est nul hiver on y vit sans tricot
Et batifolant aux rivages tropicaux
D’exquises et soupirantes grappes de filles
S’entretètent les seins au parfum de vanille
Et s’offrent pour dessert leurs ventres d’abricots
Ô rêve d’où la volupté l’amour émanent
Ô lointains ô tendrons qui jamais ne se fanent
À vous imaginer j’ai le sang qui rebout
Et souvent je me branle en souvenir debout
De ce pays d’où l’on a banni la banane -
Ce que tu voudras
Catégories : Octosyllabes (8)Je suis la biche et l’éléphante
Et le reste aussi je m’invente
Les mille saisons de la fente
À moi seule un kamasutra
Maman putain ou écolière
Sainte aujourd’hui salope hier
Je redessine mon derrière
Pour être ce que tu voudras -
Perle d’O n° 196
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OIl dit ce que je suis
Ce nouvel affront je l’essuie
Et ces ardents regards je les affronte
Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte
Il dit montre tes seins
Candeurs chamarrées du dessin
Lilas qu’a là griffonné la cravache
Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche
Il dit viens là catin
J’en rougis sous mon fond de teint
Messieurs jusques au soir je vous la laisse
La sachant se prêter aux plus rêches caresses
Sent-il que l’horizon
De ma servilité touche à la déraison
Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
La miss au diapason
À complaire à tous habituée ? -
De nul appartenue
Catégories : Hexasyllabes (6)Un jour je serai nue
Habitée d’envies veuves
Bête que nul n’abreuve
De nul appartenue
Un jour vacante et creuse
Dans un soupir énorme
Je reverrai les formes
Qui me rendaient heureuse
Graine oubliée des meules
Peau laissée par la mue
Sang que nul ne remue
Un jour je serai seule -
Parfaite était la trajectoire
Catégories : Octosyllabes (8)Ça rime à rien nos arrimages
Mes sas ont beau rester ouverts
Je plane plus dans l’univers
Trop de retard à l’allumage
À quoi bon encore orbiter
Quand nos vaisseaux se désencastrent
Glacés dans le miroir des astres
Sous ces espaces inhabités
Parfaite était la trajectoire
Pourtant : lorsque dans le ciel clair
Nos engins s’envoyaient en l’air
Ensemble on écrivait l’histoire
Las ! aujourd’hui le vide affreux
S’engouffrant partout me ravage
Ça rime à rien nos arrimages
J’échoue lors de la mise à feu -
Un intrus dans la Ruche
Catégories : Jocelyn Witz
Tu fuis les hommes ?
Tu rêves d’échapper une bonne fois à leurs sales pattes, à leurs manigances, à leur logique égoïste, aux brutalités et aux vexations incessantes d’une civilisation indécrottablement machiste ?
Tu te sens désespérée ? en danger de mort ? prête à tout ?
Il existe une solution : la Ruche.
Là-bas, loin de la Terre, à l’abri parmi tes sœurs, aucun homme ne pourra te retrouver.
Aucun ne pourra plus jamais t’atteindre.
https://www.atramenta.net/lire/un-intrus-dans-la-ruche/102461
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Perle d’O n° 57
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÀ la niche O levrette
Digne seulement des donjons
Ce pelage allongeons
À même le sol qu’on nous prête
Terre battue d’envies secrètes
À la niche O chaînon
Manquant d’entre animal et fille
Au pain sec les chevilles
Entravées nous nous entraînons
À ne dire plus jamais non -
Curieux rêves
Catégories : Heptasyllabes (7)Je me suis vue les mains pleines
D’un beau bouquet de joncs longs
Et tu me disais Vilaine
Où donc est ton pantalon
Je m’aperçus entourée
De vifs et poisseux poissons
Crachant comme une purée
Et riant l’œil polisson
Je me suis rêvée en chatte
Dieu que c’était impoli
Miaulant nue à quatre pattes
Au beau milieu de mon lit
Une autre fois j’étais morte
Souillée par un fossoyeur
En attendant que m’emportent
De grands diables aboyeurs
Certaines nuits j’imagine
Le chêne ou le cornouiller
Poussant leur vieille racine
Dans mon ventre tout mouillé
Croyant m’éveiller je trouve
Entre mes cuisses Papa
Le noir museau d’une louve
Grognant comme en plein repas
Je vois mille autres sottises
Qui me font les joues en feu
Le seins durs sous la chemise
Lorsque je passe aux aveux
Oh Papa ces curieux rêves
Témoignent que ton enfant
Crève d’envie Papa crève
D’être enfilée plus souvent -
Aux ciels que j’atteins
Catégories : Pentasyllabes (5)Toute la journée
Je l’ai sur le dos
L’envie forcenée
D’éternelle ado
Se rêvant pinée
Du soir au matin
Je pense à rien d’autre
Qu’à l’heure où catin
Je m’ouvre et me vautre
Aux ciels que j’atteins
Pas une seconde
À laisser passer
Que mon ventre fonde
Sur les vits dressés
Tout autour du monde
Du matin au soir
Et des nuits entières
L’envie m’en fait voir
Tirant des rivières
De leurs arrosoirs -
Perle d’O n° 64
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’OSimple et souple je suis encline
À m’ouvrir à sa discipline
M’ouvrir sans cesse ou vivre entrouverte plutôt
Comme avec les gens du château
Ne dresser de barrière aucune
N’être que troublantes lacunes
Disponible à loisir ainsi qu’un peu plus tôt
Dans les corridors du château
Rêve infiniment accessible
Cible avide de flèches cible
Courant s’offrir aux dards comme sur un plateau
Blessure béante au possible
Douve aux eaux de cruor que dragua staccato
Chaque suzerain du château -
La vie jusqu’au vertige
Catégories : Hexasyllabes (6)Cueille mon écureuil
Les glands et les noisettes
Lance les épuisettes
Déjà l’été s’effeuille
Enfilant sa nuisette
Lisse mon écureuil
Les poils de ta fourrure
Et lustre à toute allure
L’antre en te rinçant l’œil
Dans quelque flaque impure
Ronge mon écureuil
Tout l’hiver tes dépôts
Ces brûlants oripeaux
Qui franchissaient le seuil
Et te trouaient la peau
Cueille mon écureuil
Te rembourrant de tiges
La vie jusqu’au vertige
Suffit que tu le veuilles
Ô cueille encor te dis-je -
Que vienne un loup
Catégories : Octosyllabes (8)Déculottée pour mieux sauter
Malgré le recul de la chair
C’est l’autre la chatte beauté
J’ai pas de pantoufle de vair
Que vienne un loup pour qu’on se mente
Le prince en pince et m’antichambre
Seule laide au bois je tourmente
Ma chevillette amie du membre
Déculottée pour mieux sauter
Me retremper à d’autres peaux
Malgré mes défauts ma faute et
Ma métamorphose en crapaud
Que m’avale un ogre ou me lèche
Une sorcière c’est tout comme
De tout bois d’amour je fais flèche
Depuis que m’a quittée mon homme -
La fin du Petit Chaperon Rouge
Catégories : Jocelyn Witz
J’ai jamais aimé ce conte.
Les grands-mères impotentes et grabataires, déjà, c’est à l’EHPAD direct, pas au fin fond de je ne sais quelle forêt interlope et mal desservie.
Deuzio, on n’envoie pas une fillette prépubère (même à capuche) affronter seule, sans arme, les bêtes sauvages et les répugnants bisous poilus de mémé.
Enfin, un loup réduit à dévorer des vieilles toutes desséchées alors qu’il a à sa disposition des chevreuils, des marcassins, des lapins succulents par centaines, excusez-moi, c’est pas crédible une seconde.
Qui s’est permis de jeter à la face du monde littéraire un tel tissu d’absurdités ?
Voici la véritable histoire du Petit Chaperon Rouge.
https://www.atramenta.net/lire/la-fin-du-petit-chaperon-rouge/102365
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Perle d’O n° 20
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O, Quadrisyllabes (4)Aimée pourtant je l’aime aussi
Même s’il presse
Entre ses doigts le fouet de tresse
Je l’aime aussi
Il n’a qu’à dire Allons caresse
M’embrasse ici
Soulignant l’arc de mes sourcils
Avec tendresse
Je perds la clé d’autres soucis
Dès que se dresse
Celle qui branle à mon adresse
Je l’aime aussi
Fi donc des terreurs qui m’oppressent
Le cœur ainsi
À genoux toute ! elle durcit
Ma brute épaisse -
Apprentie sorcière
Catégories : Vers libresDevenir membre
c’est ainsi que je me rêve en frissons
tête haute
œil cyclope et larges épaules de pourpre
dressée sur mes ergots de sang
faisant corps avec la bête
centaure aux poils trempés de musc
remplissant ma propre bouche
mystérieusement
mon ventre jusqu’au fond jusqu’au cri déchirant
gonflée de cet orgueil de petit garçon
forçant pour m’immaculer
mille écumes aux lèvres de satin
deux fois heureuse
m’habiter
puis m’essuyant aux cuisses cingler ailleurs
vers d’autres mouillages éphémères
un jour oui j’entrerai dans la bande -
Le sillon
Catégories : Octosyllabes (8)Vous m’avez ravi un million
De baisers chauds me rendant prête
Trouvez trouvez-moi le sillon
Le sourire aux quatre lévrettes
N’attendez ! plus ne sursoyons
Vos lents atermoiements m’atterrent
Fendez fendez-moi le sillon
D’un glaive ou d’un soc volontaire
Ne me laissez pas vermillon
Lapine que votre œil envoûte
Écartelez-moi le sillon
Plus largement qu’une autoroute
Il n’est que temps que nous soyons
Un seul bel animal d’écume
Enfoncez-vous dans le sillon
Pour battre au cœur de mon enclume
Ah ! nos yeux nous les dessillons
Et l’immense avenir commence
Quand vous me comblez le sillon
De sang de rêve et de semence -
Perle d’O n° 185
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OQu’on m’accorde le fouet de cordes
Paillarde aussi je me repais
De voir les tendrons qui se tordent
Quand vient mon tour de les frapper
Qu’on me l’attribue la cravache
Pour châtier céans quelque sœur
Chaque cri que je lui arrache
M’est un plaisir de connaisseur
Laissez je la battrai nue blême
Puis assécherai les sanglots
De cette identique à moi-même
Ligotée là pétale éclos
Oui m’accordez le fouet de cordes
Que je lui refasse un portrait
Et ses membres les désaccorde
J’aime quand ces tendrons se tordent
Qui me ressemblent trait pour trait


