Je vis du souvenir des hommes, mes amants
d’autrefois, ceux pour qui je dépêchais des sources,
ceux qui grimpaient les flancs de ma montagne aux ours,
m’appelaient l’allongée, la terre indécemment
ouverte sous l’élan sans repos de leur course.
Je vis du souvenir des amours, des chevaux
de sang cabré, des bondissants qui m’emportèrent,
reniflant mes toisons, y cherchant le mystère
dont je détresse encore aujourd’hui l’écheveau
dans ma fuite avortée, pâle écho solitaire.
Il me reste les fleurs, leurs pétales mouillés
du chuchotis d’anciens parfums dans ma mémoire ;
il me reste un buisson qu’agite au gré du soir
le doigt du vent d’hier — mais on l’a dépouillé
de ces chercheurs de ciel qui me versaient à boire.
De mon sommeil, en somme.
Je vis du souvenir des hommes,
mes histoires…
Ton pantoum dans mon haïku - Page 3
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Mes histoires
Catégories : Alexandrins (12 pieds) -
Terre accostée
Catégories : Vers libresCe corps se souvenait d’elle
qui s’est rouvert sans un mot
à ses doigts en dépit des pincements des gifles
à sa langue en dépit du verbe cruel écho vibrant vivant encore
à ses désirs
tous ses désirs
Volupté de la mémoire
Un horizon s’est décousu sous nos yeux
et mon ventre glissait
tel un fleuve d’huile chaude
sucré des fruits toujours mûrs de l’été dernier
Ce corps se souvenait d’elle
étendue pleine immensité lumière étale
d’elle
ce corps drossé
qui s’est allongé là
dans un soupir grinçant de terre accostée
de pays retrouvé
Elle sentait bon les soleils lointains -
Terre à terre
Catégories : Octosyllabes (8)C’était un garçon distingué
Fort bien vêtu, honnête et gai
C’était un garçon sans histoire
Qui m’offrit juste un coup à boire
C’était un garçon merveilleux
Avec du rire au fond des yeux
C’était un garçon simple et drôle
Doté de superbes épaules
C’était un garçon si poli
Qu’on n’alla pas direct au lit
C’était un garçon terre à terre
Il m’encula dans les waters -
Maîtresse O
Catégories : Jocelyn Witz
Stop !
Odile en a plus qu’assez de sa vie de bobonne soumise.
Pourquoi ne pas se faufiler ni vu ni connu dans la peau de sa sœur jumelle Élodie, cette maîtresse femme menant les hommes à la baguette ?…
https://www.atramenta.net/lire/maitresse-o/104256
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L’invitation au pinage
Catégories : Heptasyllabes (7), Pentasyllabes (5)Mon enfant, ma sœur,
Songe à l’épaisseur
De leur vit, cette chimère !
Ils sont au moins dix :
Je les vis jadis,
De loin, pinant notre mère.
Ton con tout mouillé,
Fourré, affouillé,
Se découvrira utile,
Et ton cœur heureux
Trouvera que Dieu
Avec ses lois nous mutile.
Là, tout n’est qu’orgie, gaieté,
Vice et stupre azimuté.
De gros glands luisants
Cannibalisant
Le trou de notre bas-ventre,
Puis, en profondeur,
Crevant l’impudeur
De l’autre, étroit et noir antre,
Se satisferont,
Et nous nous paierons,
Quoique nonnes et bigotes,
De violents transports
Quand ces joyeux porcs
Nous niqueront côte à côte.
Là, rien que cons culbutés,
Jusqu’au ciel catapultés.
À chaque coucher,
Le cul débouché,
Nous remercierons la Vierge
Pour nous endormir
Gavées de plaisir
Et du bon jus de leur verge.
Ô les francs assauts
Qui, recto-verso,
Nous bouleverseront l’âme !
Crois bien que, souvent,
Ensuite, au couvent,
Nous en ferons la réclame.
Là, tout n’est que turlutte et
Pines au gland velouté. -
Boum !
Catégories : Octosyllabes (8), SonnetMimer l’émoi quand ils nous mettent
Au ventre leur fin vermisseau
Se rêvant montant à l’assaut…
Si, certes, au fond c’est malhonnête,
On répugne à peiner ces sots
Qui croient fendre à la baïonnette
Et vous polluent tôt la minette
De leur gougoutte de puceau.
Donnez-nous des pines explosives,
D’ardents dragons à queue dum-dum
Nous éclatant chatte et gencives,
De grands bourrins qui nous burinent,
Des giclées nitroglycérine
Qui nous inondent et qui font boum ! -
Auquel se vouer ?
Catégories : Décasyllabes (10)Seins de Thérèse
Brillez pour nous
Vous dont la majesté d’opale apaise
L’œil et dont le tétin tutoie les fraises
Sous vos deux rondeurs j’adjure à genoux
Seins d’Alexandra
Je vous encense
Sûr à vous sucer ma lippe éteindra
Ces nards entêtants qu’épouse le drap
Évocateurs de la plus tendre enfance
Seins d’Adeline
Greniers à miel
Promesses sans fin de douceur câline
Double autel auquel ravie je m’incline
Vous semblez des fruits droit tombés du ciel
Seins de Marie-Salomé
Vos grâces
À l’envi je veux me les empaumer
Jouer la joue là-haut rêver aux sommets
Qui se dressent dru lorsqu’on les embrasse
Seins de Pénélope
Ayez pitié
De votre idolâtre éprise et salope
Dont les privautés froissent l’enveloppe
Et tordent les bouts que vous présentiez
Seins d’Isis
À moi depuis l’aisselle
Jusques au nombril ce bel oasis
Puits de chaleur d’amour de catharsis
Dont la blanche eau purge et désensorcelle
Seins des saintes
Ô pardonnez-moi
Mes obscènes envies de femme enceinte
Aspirant au marbre enveiné d’absinthe
De vos flancs de neige et peau de chamois -
Brave toutou
Catégories : Hendécasyllabes (11)Cet homme est mon chien : il se couche à mes pieds,
levant des regards épris, n’osant mendier
qu’un câlin furtif, une vague amitié.
Cet homme est mon chien : je le balade en laisse,
nu, par les prairies et les forêts épaisses,
admirant son dos, sa queue, ses jolies fesses.
Cet homme est mon chien : mes amies rient beaucoup
de le voir ramper, se branler à genoux,
sucer un dildo sur un ordre de nous.
Cet homme est mon chien : quand j’ai le cœur morose,
il lape sans fin mes tendres replis roses
et pompe le miel dont mon ventre l’arrose.
Cet homme est mon chien : cent fois je l’ai puni
pour avoir grogné ou s’être rembruni
lorsque me pinaient mes amants réunis.
Cet homme est mon chien, mais, par coutume ancienne,
chaque nuit de pleine lune il me fait sienne :
je tombe en levrette et je deviens sa chienne. -
Les Guadalupéens sont tous des menteurs
Catégories : Jocelyn Witz
Armistice, mon œil !
Dans l’Euramerica Great Again, même après guerre, les retombées de l’impérialisme nucléaire n’en finissent pas de vous poursuivre… et de vous rattraper.
https://www.atramenta.net/lire/les-guadalupeens-sont-tous-des-menteurs/104104
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Avec Paulette
Catégories : Chanson, Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)On a des jules enamourés
À plus savoir où les fourrer
Mais on aim’ mieux causer toilettes
Avec Paulette
Ça les rend trist’ les pauv’ chéris
Surtout quand tout’s les deux on rit
En s’tripotant comm’ des follettes
Avec Paulette
Ceuss’s qui vienn’nt nous baratiner
On leur dit qu’on veut pas piner
Pisqu’on préfèr’ les gigolettes
Avec Paulette
Y en a même un qu’est général
Mais on y a démoli l’moral
En y chipant ses épaulettes
Avec Paulette
Un autr’ qui nous offrait des fleurs
Et nous suppliait tout en pleurs
On y a cassé la margoulette
Avec Paulette
Leur vilain nœud nous attir’ pas
Nous qu’avons tâté çui d’papa
On veut pas non plus d’leur galette
Avec Paulette
On vit seul’s avec nos matous
Ma sœur et moi on partag’ tout
On a lu les livr’s de Colette
Avec Paulette
À s’regarder dans l’blanc des yeux
I nous vient des désirs vicieux
Et subit’ment v’là qu’on halète
Avec Paulette
Y a guèr’ besoin d’mots entre nous
Aussi sec on s’retrouve à g’noux
Et pis tout’s nues comm’ des ablettes
Avec Paulette
Faut voir comm’ très vite on manqu’ d’air
En s’tordant comm’ des bayadères
Faut voir comm’ nos p’tit’s mains volètent
Avec Paulette
Ah ! nous parlez pas des garçons
Leur vit nous file aucun frisson
Rien n’vaut au monde eun’ bonn’ branlette
Avec Paulette
Sur l’air de « À la Glacière » (Aristide Bruant) -
Incorrigible
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Tenant mes poignets prisonniers
Mon ventre vous le tisonniez
Sous ma chemise
Devant vos amis réunis
Leur montrant comment on punit
Les insoumises
J’aurais craché des mots vilains
Sans doute si de son vit l’un
De vos complices
Ne m’avait tôt cloué le bec
Me bâillonnant tout net avec
Cet appendice
D’autres me caressaient la peau
M’arrachaient l’ultime oripeau
Couvrant à peine
Ce corps qui se tordait bavant
De jouir honteux sur le divan
À perdre haleine
Vous cruel maître de ballet
Regardiez mon cœur s’emballer
Ma mouille épandre
Sur vos doigts durs sa chaude odeur
Mêlée de vicieuse impudeur
Et d’amour tendre
Tant est douce ma rébellion
Quand je deviens la proie des lions
Qui me pénètrent
Le remords peut me déchirer
Demain je vous retrahirai
De tout mon être -
Finir en live
Catégories : Octosyllabes (8)On jouira jusqu’au chant du coq
On vivra en tirant la langue
Souriant au temps qui nous gangbangue
Le cœur usé le ventre en loque
On jouira jusqu’au chant du coq
Dans les lointains résonne un gong
Oh putain déjà five o’clock
On a voulu revoir Bangkok
Cinq cents amants à pine oblongue
Finir en live en protest song
On jouira jusqu’au chant du coq
Le ventre usé le cœur exsangue
Niquant le temps qui nous gangbangue
Main dans la main sur ce paddock
On jouira jusqu’au chant du coq -
Un vice ancré
Catégories : Heptasyllabes (7)Bien que n’étant plus gamin
Il ne visse sa saucisse
Qu’entre les doigts de sa main
Snobant tout autre chemin
Narcisse
En lui c’est un vice ancré
Sorte de satyriasis
Dès qu’il trouve un coin discret
Il s’onanise à son gré
Narcissse
Je lui dis d’un ton nerveux
« Ma collection d’orifices
Tout aussi doux et baveux
T’attend là si tu la veux
Narcisse
Dans mon cul subordonné
Viens tracer la droite abscisse
D’un désir amidonné
La gougoutte au bout du nez
Narcisse
Aime un peu différemment
Reprenons le synopsis
Mon con peut t’être un amant
Docile autant que gourmand
Narcisse
Ta menotte est un désert
Mon corps la belle oasis
D’où jaillira le geyser
Que tes doigts prophétisèrent
Narcisse
— Branle-toi ô nymphe Écho
Me fit-il l’œil en coulisse
Tu n’auras pas un bécot
Il se fout des abricots
Narcisse »
Je l’ai si bien écouté
Qu’auxiliaire à sa praxis
Je m’astique à ses côtés
Puis tète ce qu’a juté
Narcisse -
La becquée
Catégories : Jocelyn Witz
Fête du travail ?
Non, cessons d’opiner à ce triste oxymore.
Cessons de défiler, l’œil vitulin, parmi les hordes capitalisto-cégétisto-pétainisto-trostkisto-bienpensantes.
Cessons surtout de retourner dès lundi matin fabriquer des gadgets en plastique, des produits financiers, de la bouffe industrielle ou pire encore.
Prenons plutôt exemple sur la Gilda de ma petite histoire : ne foutons jamais rien !
https://www.atramenta.net/lire/la-becquee/103263
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Cœur méchant
Catégories : Octosyllabes (8), RondelLes cruels instincts de la horde
vivent en moi — tu vas hurler.
Il faut, crevant le refoulé,
que, pour te posséder, je morde
tes gros seins enroulés de cordes,
devenus laids et violets :
Les cruels instincts de la horde
vivent en moi — tu vas hurler.
Que saigne ta peau ! Que débordent
tes pleurs ! Je veux les voir couler.
Lors, je pourrai te violer,
car en mon cœur méchant se tordent
les cruels instincts de la horde. -
Mon épitaphe
Catégories : Hexasyllabes (6)Je flirte avec un tough
Un bad boy dur à cuire
Qui m’fait lécher son cuir
Et bouffer son pilaf
Je fraye avec un ouf
Qui m’fout le paf en loques
Un carrément cinoque
Qui m’équarrit la fouffe
Je zone avec un gonz
Bourru vache et sadique
Aux pieds duquel j’abdique
Paraît qu’il sort de zonz
Lisez mon épitaphe
Quand il m’aura torchée
Pourfendue écorchée
À grand renfort de baffes
Ci-gît la mal-léchée
Qui kiffait l’amour tough -
Dormir chaudes
Catégories : Vers libresÀ Valérie Rouzeau
Je coule de source à un point dorloté dans le noir
Sous tes doigts souterrain
Ainsi fond font tes mimines ta langue qui trop polit pour être au net
Je sourds au reste du monde même à toi les yeux fermés ailleurs
D’ailleurs tu m’ouvres
Alors ça surgit cool on pourrait remplir un bassin
Ma vie si terne avant
Tu fouilles trifouilles et ça cafouille au corps
Nymphe mouillée j’affleure de peau
Crachant la bave l’écume du crapaud de mes fontaines
Eau sacro-sainte à libation hello oh ah ô
Puis s’épuiser dormir chaudes -
Du fond du labyrinthe
Catégories : Hexasyllabes (6), SonnetDès que je fus étreinte
Et prise enfin son vit
Dans ma chair inscrivit
L’ineffaçable empreinte
Je n’eus plus de regret
Ni l’ombre d’une crainte
Dès que je fus étreinte
Je perdis mes secrets
Du fond du labyrinthe
Je l’ai longtemps suivi
Des yeux sur le parvis
Quelque voie qu’il emprunte
Il faut lui savoir gré
De vous avoir étreinte -
La réalité ultime
Catégories : Jocelyn Witz
Des fois, je me demande si la vie qu’on vit c’est vraiment la vraie vie...
Tu vois ce que je veux dire ?
https://www.atramenta.net/lire/la-realite-ultime/103882
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Échapper à l’ordinaire
Catégories : Octosyllabes (8)Vis mon vice ô mon chuchoteur
Versant l’impur à mes pensées
Dis-moi les envies insensées
Qui sont ma drogue et mon moteur
Vis mon vice ô trouble la bête
Limpidité de mes amours
Corromps-moi fais-moi le sang lourd
Des instincts violents de la bête
Je veux vivre je veux pécher
Pour échapper à l’ordinaire
Des plaisirs valétudinaires
Vis mon vice hante ma psyché
Elle qui t’a longtemps cherché




