Voiles de poils ceints des sirènes
Sillages de mouille où se traînent
Leurs hanches de rut écumant
À travers l’algue ô tout s’emmêle
En ces poisseux rêves femelles
Depuis que je n’ai plus d’amant
Au ventre lisse et hypocrite
Des falaises le blanc s’effrite
Et mes nuits forgent des trous d’eau
Où nagent de perverses filles
Qui m’attrapent par la cheville
Depuis qu’il est parti trop tôt
Cheveux vos voluptés m’étouffent
Mes doigts se perdent dans les touffes
Liquide est l’aube au fond du drap
Les pieuvres rôdeuses étravent
De caresses ma chair épave
Depuis qu’il n’est plus dans mes bras
Faut-il que défaite je cède
À ces sirènes qui m’obsèdent
Au rire aigu à l’œil dément
Ô ventre nu je me fissure
Mais suce pourtant leurs eaux sures
Depuis que je n’ai plus d’amant
Ton pantoum dans mon haïku - Page 3
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Rêves femelles
Catégories : Octosyllabes (8) -
Après la nuit
Catégories : Octosyllabes (8)Il fait jouissance à mon réveil
Il fait pine dure amoureuse
Un bris de cris monte au soleil
Au fur que mon plaisir se creuse
Il fait splendeur élévation
Après le sommeil sans mémoire
Il fait doux que nous effacions
Ce reste en nous d’une humeur noire
Il fait bonheur aux seins pressés
Au ventre éventail il fait vie
Pays d’hier incaressés
Que négligions-nous vos envies
Il fait chêne enraciné loin
Mes eaux en ont retrouvé sens
Il faisait nuit seuls dans nos coins
À mon réveil il fait jouissance -
Perle d’O n° 99
Catégories : Perles d’O, Tétradécasyllabes (14)Comme une flèche, enfin, c’est en ma bouche qu’il s’enfiche,
Ma bouche qu’il perce longtemps, dont il cherche le fond,
Et du reste à genoux, mon giron, ma fesse, il s’en fiche.
Mon ourlet de plaisir bave ainsi qu’un vieux carafon
Renversé sur la table, avili, confus, inutile ;
Ah ! les mâles cruels de tous mes pièges se défont.
Mes lèvres du haut sont ce qu’il distingue et qu’il récure,
C’est ma gorge meurtrie que son viril organe étouffe,
Et du reste baillé, mon cul, ma faille, il n’en a cure.
Mon four à l’abandon couve un incendie sous les touffes
Dédaignées de fourrure, et mes tétons se découragent,
Deux index décochés, piteux, y allant à l’esbroufe…
Mais les dieux sont odieux : il persiste en son rude outrage. -
Et nos draps de cavaler
Catégories : Heptasyllabes (7)Chevaucheur bouillant d’écume
Qu’aspire un ventre secret
Par œuvre au noir il se crée
Des ors que ton membre exhume
Jaillissent des prés salés
Un cri ravi nous festonne
Le printemps en fait des tonnes
Et nos draps de cavaler… -
Le feu au derrière
Catégories : Chanson, Décasyllabes (10), Heptasyllabes (7)Dieu si j’avais dix ans d’moins
Rev’nant un poil en arrière
Au temps du feu au derrière
J’pourrais encore faire carrière
Causer pas mal de tintouin
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’ai rendez-vous dans la forêt phallique
Ah si j’avais vingt ans d’moins
Je s’rais milf et la jeunesse
Rien qu’pour effleurer mes fesses
Voir tous mes tétins qui s’dressent
Viendrait d’Hong Kong ou plus loin
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’replong’rais bien dans l’océan des triques
Si j’avais que trente ans d’moins
Hantant les foutus mariages
À loilpé sous mon corsage
Je s’rais celle que dévisagent
Toute la smala des témoins
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
Je ref’rai l’tour d’mes connaissances bibliques
Si j’avais quarante ans d’moins
J’pass’rais mes nuits dans les boîtes
La jupe courte et le con moite
Je s’rais la nana qu’on doigte
Et qui turlute dans les coins
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’te jure de plus m’enculer en public
Si j’avais cinquante ans d’moins
Tonton me fil’rait des fraises
Tagada après la baise
J’aurais des tifs à l’anglaise
Et du foutre au bord du groin
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’vais fourrer un cierge à la basilique
Si j’avais soixante ans d’moins
Fœtus je s’rais bourrée d’vie
Me f’sant reluire par défi
Pendant les échographie
J’aurais déjà trouvé l’joint
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
Laisse-moi r’goûter à la vie idyllique
Merde à soixante-dix ans d’moins
Je s’rais juste un connard d’ange
Dont pas une plume le démange
J’suis pas sûre que ça m’arrange
Que Dieu m’rajeunisse à c’point
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’ai jamais trop eu la fibre angélique
Jésus Jésus si t’entends ma prière
J’en finis pas d’avoir l’feu au derrière
Jésus Jésus si t’entends ma supplique
J’ai rendez-vous dans la forêt phallique
Jésus Jésus…
(ad lib.) -
Perle d’O n° 50
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÔ élargissement
Tige dedans courroies ceinture
Me font incessamment
Béante l’intime ouverture
À lents gémissements
Mes entrailles à capsuler
Accueillant l’instrument
Vibrent d’opprobre écartelées
Et ces vits s’affirmant
Me desserrant indubitables
Prennent tout doucement
Des épaisseurs de pied de table
Moi pleine à tout moment
De desseins durs à me distendre
Otage des tourments
Pantin d’un attachement tendre
Ô avilissement
Chacun loufiat ou fille ou maître
Mesure indécemment
Quel calibre âpre me pénètre
Et m’élargit le fond de l’être -
Sa proie
Catégories : Octosyllabes (8)Je lèche l’eau des odeurs fauves
Au puits d’aisselles de my love
Tandis que lui me glisse un doigt
Un seul suffit je suis sa proie
De force me rouvre my love
Et me rend chienne de Pavlov
Giclant les braises du chaudron
Mes souffles perdus reviendront
En attendant tout vibre mauve
Entre les ailleurs où my love
Aiguise à mes chenaux étroits
Sa rauquerie de tous les droits
De musc et de muscle est my love
Divan de chair où je me love
Immense son mât qui m’emplit
De frissons sonores et d’oubli -
N’y mettez pas le doigt
Catégories : Hexasyllabes (6)J’ai sous mon pantalon
Dans mon slip en nylon
L’aspirateur à bites
Elles le voient venir
Lui dressent des menhirs
Mais rarement l’évitent
Sous son air innocent
C’est traître à 100 %
Cette trayeuse à pines
N’y mettez pas le doigt
Il ne faut surtout pas
Se fier à sa bobine
Combien ont engagé
La jugeant sans danger
Leur vit dans l’avaleuse
Il en est ressorti
Tout flapi tout petit
Erreur malencontreuse
Le pauvre gars bandant
Sitôt qu’il entre dans
Ce bouffeur de biroute
Est pris de soubresauts
Brûle tous ses vaisseaux
Foutant coûte que coûte
Plus bas que mon nombril
J’ai parmi mes poils gris
Une bouche insatiable
Pompe à sexes suçant
Les vidant de leur sang
C’est peut-être le diable -
Perle d’O n° 181
Catégories : Heptasyllabes (7), Perles d’OVoici l’anneau de métal
Le disque orné d’un triskel
À l’autre côté duquel
Ma preuve d’amour total
S’étalera sans remords
Être à lui jusqu’à la mort
Voici le définitif
Fer gris me devant percer
À sang l’avant reversé
Semblable au coup de canif
Au cœur d’un amour dément
Être à lui infiniment
Voici le cercle d’inox
Où l’on gravera demain
Le nom qui me lie les mains
Il fera de moi le fox
Du maître un toutou privé
Tout à lui d’amour rivé -
L’amour soit loué
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaC’est beau les chaînes au cou d’un jouet
Quand plie ce corps que je jugule
Cinglé de mes jambes et mon fouet
C’est beau son nœud sous ma férule
Tout tremblant de sang effaré
Giclant le sel de ses cellules
C’est beau d’envisager sa raie
S’ouvrir un puits dans l’espérance
Que mon poing va s’en emparer
C’est beau ce pouvoir cette immense
Volupté ô l’amour soit loué
Qui m’enchaîne au cou de mon jouet -
Moul’-burnes
Catégories : Heptasyllabes (7)Le futal copie ta peau
Tous tes attributs s’étalent
Moul’-burnes ô vision fatale
M’attirant tel un appeau
Mon vagin se la joue gueuse
En miroir du presque à poil
Moul’-burnes ô ton os sacral
Me rend direct amoureuse
Ça devrait être interdit
Se la balader royale
Sauf les anges en paradis
Moul’-burnes ô je me régale
À te regarder pardi ! -
Perle d’O n° 19
Catégories : Hexasyllabes (6), Perles d’O, Terza rimaAppelée la contrainte,
Voulus l’anneau, les fers,
Les cruelles étreintes,
Je plongeais en l’enfer
De mes propres cellules,
L’esprit mis à l’envers.
Que mes amants pullulent !
Qu’on me tire à l’envi
Les larmes ! Qu’on m’annule !
Relevant le défi,
Je serais veule et sainte,
Ivre sous la contrainte. -
À la ramasse
Catégories : Octosyllabes (8)Tombée au champ du déshonneur
Tombée sur un os escrimeur
Repose endormie sous le drap
Rêvant du jour où reviendra
Celui pour qui son ventre meurt
Étendue raide à la ramasse
Prise au collet nus dans la nasse
S’asphyxie en attendant l’heure
Du retour du vit du pécheur
Lui clouant le corps ô connasse
Tombée au champ du déshonneur -
Ça urge !
Catégories : Heptasyllabes (7)Par ma gaufrette à fourrer
Par mes grognes et mes mouilles
Mon bide où les désirs grouillent
Me v’là chaude énamourée
Ô vite une bête à couilles !
Pitié pour l’amour du miel
Le sang gronde et m’engredine
J’ai l’sirop plein la tartine
Mon bloc-moteur coule un’ bielle
Vite un animal à pine !
Ça s’enfle ça rue ça bout
J’ai beau colmater d’un gode
Ça fuite et j’en mets partout
Qu’on me plante une électrode
Voire un colosse de Rhodes
Ça urge ô dépêchez-vous ! -
Sur nos lèvres
Catégories : Octosyllabes (8)Nos poils mêlés draperie d’ulves
Nous deux nous salivant la vulve
Se léchant l’œil de la matrice
Sur nos lèvres le sable crisse
Nos seins de lise à s’écraser
Douleur même au cœur du baiser
Ton soupir dit la joie tactile
Sur nos lèvres l’amour rutile
Nous deux ventre à ventre vivant
D’eaux bavées de joie par-devant
Giclée des luttes quotidiennes
Sur nos lèvres qui s’appartiennent -
Perle d’O n° 37
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OPourtant mon ami semble heureux
Peu nous importe à qui je cède
C’est toujours Lui qui me possède
Jouit de ma chair à travers eux
Ils pourront bien donner les verges
À sa conquise aux cent colliers
Aucun des tyrans affiliés
N’aura ce que mon cœur héberge
Car c’est à Lui que j’appartiens
Même s’il livre et s’il procure
À d’autres vits sa créature
Lui l’immanent Lui le gardien
Oui mon despote est amoureux
Et quand trente mâles s’emparent
De moi pour leurs bonheurs barbares
C’est Lui qui jouit à travers eux -
Couchée !
Catégories : Hexasyllabes (6)Vénus issue des zoos
Mi-guenon mi-déesse
Plus d’un pensant roseau
Kiffa la mettre en laisse
Vénus un peu maso
À la conque habitée
Habituée des réseaux
Toujours prête à fuiter
Vénus à un peso
Et quelques clopinettes
Qui vous ouvre en ciseaux
L’accès à sa minette
Vénus au beau museau
Divinité en rut
S’emplissant les naseaux
D’innocents sniffs de jute
Vénus pinée des eaux
Que son baveux sanglote
Vit sans robe fuseau
Ni la moindre culotte -
La grande avaleuse
Catégories : Octosyllabes (8)Femme à femme léchée luisante
Ouverte et paresseuse amie
Couchée de moiteurs infinies
Harem fou que la lune argente
Femme à femme crevée d’îlots
Gémir d’écumes jamais tu
Nue dans ton ventre de tortue
Agitée des branles de l’eau
Femme à femme accrue de caresses
Éternité d’ondulation
Lèvres où nous nous émacions
Grande avaleuse ô pute ogresse
Femme à femme hachurée parfois
D’éclairs qui l’enflent d’ombres sales
Mais tu ne t’avoueras vassale
D’aucun matelot quel qu’il soit
Femme à femme affamée liane
S’envoyant les quatre horizons
Ta sueur d’algue est ma raison
Ô moirure ô mer océane -
Grô ! grôô !
Catégories : Jocelyn Witz
J’ai faim !
Faim de vous ! Faim de sexe !
Qu’on morde à mes pulpes et m’aspire les jus !
Qu’on fasse grande chère de mes chairs !
Qu’on me remplisse le ventre !
Qu’on me le bourre de viande, de bonne bidoche épaisse et gorgée de sang !
Qu’on lâche la purée dans mes brûlants chaudrons jusqu’à ce que j’éructe des cris de bonheur qu’aucune bête ne saurait produire !
Car en vérité je vous le dis : les deux plus géniales inventions humaines sont l’érotisme et la gastronomie.
Et elles vont de pair.
https://www.atramenta.net/lire/gro-groo/101817
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Perle d’O n° 215
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OMon maître m’attendait, superbe et mécontent,
L’œil assoiffé d’un orifice
Ruisselant d’obédience, ou bien qu’on me punisse ;
Mon maître m’attendait : j’aime lorsqu’il m’attend,
Car moi je l’attends tout le temps.
Je me souviens d’un conte où la chaste princesse
Vit entre les murs d’une tour,
Patiente, disponible, en regardant autour,
Tâchant de voir ce prince à qui tendre les fesses…
De même je l’attends sans cesse.
Dans l’ombre du bureau se dressait mon sultan ;
De crainte mêlée de délices,
J’avais le sang remué : sait-il de nouveaux vices
Pour sa poupée de cire au ventre palpitant
Qui l’attend tout le temps ?

