Mon trop d’amour
Se fait chair et poisseux
Court s’étendre au flagrant des lits
Sous des ciels à bascule
Mon trop d’amour s’envase
Débite des romans fleuves
Coule et coule des rivières piégées
Pour s’engloutir entre les derniers bras qui traînent
Il saute en croupe
Galope jusqu’au bord des lèvres du temps
Puis grimpe front contre terre
Et prend du lard
Arrachant à pleines mains les caresses qui lui reviennent
Décuplées
Mon trop d’amour se brûle parfois
Sombre aux derniers bras aux derniers bars encore ouverts
Et saignant se referme
S’éveille au gras d’un prince
Rincé
Ton pantoum dans mon haïku - Page 2
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Sous des ciels à bascule
Catégories : Vers libres -
Traînée d’amour
Catégories : Jocelyn Witz
En vraie traînée bien entraînée, Milie se laisse entraîner par ses moindres envies sexuelles, vagabonde de pine en chatte et trace derrière elle un long sillage d’infidélité et de putasserie.
La punir ? Mais comment ? Quoi qu’on lui fasse, cette salope finit toujours par aimer ça...
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Mordre dedans
Catégories : Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Fille facile ô t’en prends plein la face
La jute la gifle et les mots
Ton ventre aura le cri des animaux
Quoique tu dises ou fasses
Fille docile tu plantes les dents
Au vit tendu des nymphos mâles
Devinant tôt leurs envies pas normales
Pour y mordre dedans
Fille fossile fonçant jamais fausse
Jamais d’embrouille ou de lézard
Ta bouche en cœur goûte aux fruits du hasard
Qui suce et boit la sauce
Fille facile ô fille au cul sensass
Se prenant des ventrées de pines
Fille à l’ouverture facile opine
Du bonheur plein la face -
Une infâme amoureuse
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)Aux plaines des garçons j’ai beaucoup galopé,
Moi qui fus, à coups sûrs, une humble salope et
Une infâme amoureuse ;
Mon cœur voulant sans cesse au plaisir se doper,
J’ébranlais sur l’échine amie des verges creuses
Ma foutue canopée,
Ô, pleine des garçons, fille des bois, coureuse ! -
Sur les brisées des saintes
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)C’est à genoux, telle une nonne,
Les mains jointes et nue, tout pénétrée d’ardeur,
Sentant du Paradis déjà la bonne odeur,
À deux genoux qu’on m’encanonne.
C’est contre mes reins s’arrimant,
À deux genoux aussi, que mon raide ministre,
Homme de foi robuste, ahane et m’administre
Au sacrum son saint sacrement.
C’est en marchant sur les brisées
Des saintes du temps jadis que je fais l’amour
À deux genoux, pieusement — peut-être un jour
Me verra-t-on canonisée. -
À papa-maman
Catégories : Octosyllabes (8)Je suis votre amour de jeunesse,
Parents par qui tout arriva,
Car il a suffi que je naisse,
Bambine armée du droit d’aînesse,
Pour que vous poussiez des vivats.
Je suis cet amour de sirène
Qui vous séduisis jusqu’à l’os ;
En un clin d’œil je devins reine,
Torchée sitôt que je m’embrène,
Promise au paternel phallos.
Je suis votre amour de jeunesse,
Mais quelque chose a dû partir
En live, et je zone à Gonesse
Aujourd’hui, cuite à la Guinness,
Mariée en outre à un satyre.
Je suis cette ado trentenaire
Qui pointe encore au Pôle Emploi,
Minée par ceux qui la pinèrent ;
Où sont mes gaietés liminaires,
L’âge où je refaisais la loi ?
Je suis votre erreur de jeunesse,
Parents par qui tout arriva… -
La bête qui hantait les collines
Catégories : Jocelyn Witz
Quand on est copropriétaire d’une toute petite exploitation agricole et qu’on ne dispose que de quatre têtes de bétail, on veille évidemment à ne pas se les faire voler.
Au prix où sont les hommes...
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La cendre brûle encor
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Jeanne ô lubrique enfant du moyen âge
Que disaient donc ces voix
Va-t’en quérir le mâle en armes et pavois
Ceux-là sauront te mettre en nage
Jeanne ô putain tu réclamas du roi
Des bataillons de pines
Pour complaire aux démons t’ardant comme une épine
Que tu voyais en cent endroits
Jeanne ô ma sainte ô follette incomprise
La cendre brûle encor
De ton ventre d’amour en dépit des efforts
Pour les étouffer de l’Église -
On s’entendait bien
Catégories : Octosyllabes (8)C’était un vieux salaud sénile
Qu’avait joué dans Mort sur le Nil
Il me disait des trucs honteux
Tout en tirant sur sa Dunhill
C’était un vieux goret gâteux
Qui pour se taper mon péteux
Me l’emballait dans du vinyl
En râlant comme un comateux
C’était un vieux soûlot débile
Sosie raté de Benny Hill
Atrabilaire et cafardeux
Kiffant surtout mon côté pile
On s’entendait bien tous les deux
Avec ce vieux hibou hideux
Riche à nous vautrer sur son île
Quoique enculeur assez piteux -
Sauvageonne
Catégories : Alexandrins (12 pieds)Je suis celle qui tremble en guettant à l’orée
Celle qui se repaît de vous la voir sortir
Celle au souffle coupé quand la pine adorée
Gorgée de pluie paraît et s’ajuste le tir
Je suis la folle à lier la jamais déflorée
La sauvageonne sans culotte sans honneur
Qui mate à s’en pâmer la cascade dorée
Le jaune ru jailli du vit des promeneurs
Puis le jet tarissant puis la bite essorée
L’homme parti j’accours pour m’emplir les naseaux
Des doux parfums hantant l’ortie la chicorée
Depuis que mon oisif y a vidé ses eaux
Alors à genoux telle une veuve éplorée
Sur la mousse écumante et qui frémit encor
Je caresse sans fin de mes mains décorées
D’urine obscènement les bauges de mon corps
Je suis celle qui fuit qui joue les mijaurées
Celle qui s’alimente en pillant les épis
La déséquilibrée souffrant d’aménorrhée
Qui glorifie le mâle et son brûlant pipi -
Dans l’odeur du formol
Catégories : Hexasyllabes (6)Ce porc pine les mortes
Qu’il lui faut embaumer
C’est un dingue un paumé
Que le diable l’emporte
Dans l’odeur du formol
Dans la nuit sans censure
Il graisse leurs blessures
Pour y glisser Popaul
Trépassées ses épouses
À leur corps défendant
Se font mettre dedans
La fente ou la bagouze
Puis ce fou d’embaumeur
Beau comme un dieu de Thrace
Sait effacer ses traces
Et meure ce qui meurt
Moi qui guigne à la porte
Dans l’odeur du formol
La guibolle ô fort molle
Je voudrais être morte -
Quand les rêves s’incrustent
Catégories : Jocelyn Witz
Alerte ! Des créatures de rêve se sont introduites au sein de la réalité et y sèment leur souk.
À commencer par la blonde que vous voyez sur la photo, là.
Gentille certes, peu farouche d’accord, mais infiniment dangereuse.
On vous avait pourtant bien dit de faire attention.https://www.atramenta.net/lire/quand-les-reves-sincrustent/104744
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Paysager ton corps
Catégories : Octosyllabes (8)Soif d’étaler ta propre mouille
Sur ton visage et sur tes seins
Afin de pouvoir à dessein
Lécher ces beautés je les souille
Je te rendrai plus chaude encor
En te recouvrant de salive
Nous partirons à la dérive
Sur les mers salées de ton corps
S’il est une île à ma portée
Profonde et sentant bon la nuit
J’en fouillerai les moindres puits
Des vagues t’auront emportée
Soif de paysager ton corps
Te poisser du ventre au visage
Puis arpenter tous tes mouillages
Et te rendre plus chaude encor -
Rapine
Catégories : Hexasyllabes (6)On entre on sort on entre
Ma moule est un moulin
Vide béant les pleins
M’ont découvert un centre
On sort on entre on sort
Pour s’ébattre entre potes
Dont pas un ne chipote
À chiper mes trésors
On entre on sort on creuse
On pille l’univers
Mon ventre grand ouvert
De fille court la gueuse
On sort on entre on jouit
Dans les doux puits que j’offre
On rapine mes coffres
Jusqu’au bout de la nuit -
Sois pas si rigide
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaNos marbres sont placés si près
L’un de l’autre que je t’enfile
Après minuit sous les cyprès
Je n’ai qu’à tendre une main vile
Pour toucher ton ventre poisseux
De tous les plaisirs de la ville
Pleurent un peu je le vois ceux
Qui vivante te possédèrent
De chair sur leurs membres osseux
Feue courtisane ex-bayadère
Morte en pleine jeunesse et dont
Désormais le désir vide erre
Sois pas si rigide ô fais don
De tes seins qui déjà bleuissent
Et de tes cuisses céladon
Moi trépassé d’une jaunisse
Je viens te tirer du tombeau
Pour honorer tes orifices
Tant pis si je ne suis pas beau
Si mes os gris de pourriture
Grincent en toi comme un rabot
Je te promets que l’amour dure
Plus que la viande et ses apprêts
Chassant à jamais la froidure
Bref ils nous ont placés si près
Que c’eût été presque une injure
Que de taire mon envie pure
De t’enfiler sous les cyprès -
Elles sortaient du bain
Catégories : Heptasyllabes (7)Tripotant sa longue-vue
Il reluquait d’autres mondes
De jolies lunes girondes
Tout en cratères touffus
Elles sortaient du bain blondes
Lui se tenait à l’affût
Invisible s’il en fût
Scrutant leurs moiteurs profondes
L’une se laissait tresser
Parfois face à la fenêtre
Lui rêvant qu’il la pénètre
Seul là-bas se caressait
Il s’agissait d’un vieil être
Misanthrope et délaissé
N’ayant rien excepté ces
Beautés nues venant de naître
L’astronome à demi-fou
Chaque soir montait la garde
Vit brandi prunelle hagarde
C’était presque un rendez-vous
Il ignorait qu’elles fardent
Pour lui jusqu’à leur minou
Et s’écartent les genoux
En sachant qu’il les regarde -
Vers… à viande

15 poèmes glauques, morbides, chelous, tordus, bizarres, dégueus, sataniques, horribles, malsains, pervers, violents, crapuleux… et néanmoins cochons.
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Ma nuit vous est propice
Catégories : Hexasyllabes (6)Bandez bandez messieurs
Réglez vos épinglettes
Si vous bandez mes yeux
Je tringle à l’aveuglette
Bandez-moi défendez
Que je vous reconnaisse
Prenez sans demander
Ni la moindre promesse
Bandez je n’y vois rien
Ma nuit vous est propice
Profitez ô vauriens
De mes chauds précipices
Bandez fussiez-vous vingt
Cent démons invisibles
Chaque vit me convainc
De péter les fusibles
Bandez messieurs fendez
De vos rudes rapières
Ces antres inondés
Qui n’ont plus de repères
Bandez libres de tout
Le doux comme l’infâme
Que vos brûlants atouts
Ruinent mon corps de femme
Bandez jusqu’au matin
Yeux bandés bouche grande
Ouverte la putain
S’envoie toute la bande -
Garde le feu
Catégories : Vers libresMémoire ample mémoire
Pleine de ceux qui m’ont ensemencée
Fermant les yeux j’ai dans le noir
Leur goût recommencé
Je rouvre ainsi mes déchirures
Sans bruit je jouis de ces frottées d’hier
Dont la rumeur murmure
Entière encore en toi mémoire
Amie mémoire
Que j’étais belle
Tout enlisée de foutre et de mains d’hommes
Mémoire ô mémoire fidèle
J’ai oublié l’enfance et la tristesse et Rome
Me souviens de Sodome
Et d’où mon ventre s’écartèle
Ne lâche rien mémoire
Garde le feu
Les jours d’été consumant mon histoire
Et sur mes lèvres
La poisse ardente des aveux -
L’antre morveux
Catégories : Hexasyllabes (6)Ma vulve consumée
Avale la fumée
Nuage lactescent
Qui tout au fond descend
Puis ruisselle indécent
Ô narine enrhumée
Pâle comme un aveu
Dans l’aurore embrumée
Qu’on lape je le veux
Cette mer écumée
Au bel antre morveux
Sous l’envie assumée
De la femme allumée
Qui te les jette au front
Tu bois et nous bâfrons
Ensemble tes fumées

