Ma vulve consumée
Avale la fumée
Nuage lactescent
Qui tout au fond descend
Puis ruisselle indécent
Ô narine enrhumée
Pâle comme un aveu
Dans l’aurore embrumée
Qu’on lape je le veux
Cette mer écumée
Au bel antre morveux
Sous l’envie assumée
De la femme allumée
Qui te les jette au front
Tu bois et nous bâfrons
Ensemble tes fumées
Ton pantoum dans mon haïku - Page 2
-
L’antre morveux
Catégories : Hexasyllabes (6) -
Toujours en laisse
Catégories : Heptasyllabes (7)Dans une cave à Soho
Mains liées dans le dos soumise
Tu t’ouvrais par l’entremise
De ton ventre nu ô O
Ta chair que chacun pénètre
Cravachée de bas en haut
Ton visage tout en eau
Appartenaient à nos maîtres
Dans une cave à Soho
Moi l’autre foutue servante
Je salivais sur les fentes
Qu’ils t’enfilaient d’assaut O
Tout en rêvant qu’on me laisse
Sous leur membre de taureau
Lécher lécher ton corps O
Fussé-je toujours en laisse
Puisque je t’aimais ô O
Moi la fille à leur service
Qui t’écartelais les cuisses
Dans cette cave à Soho -
Copie conforme
Catégories : Jocelyn Witz
Balance ton porc, d’accord... encore faut-il s’assurer que c’en est bien un. On le fréquentera donc le temps de se rendre compte, de prendre la mesure de sa porcinité et d’évaluer son degré de porcitude.
C’est ce que fait la courageuse Morgane, héroïne de ma petite histoire : telle une espionne sous couverture, elle revêt un habile déguisement qui lui permet d’infiltrer la porcherie.
Plongée immersive en territoire (très) cochon...
https://www.atramenta.net/lire/copie-conforme/104561
♥
-
La gifle
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Mouillant d’avance aussitôt qu’il me siffle
Dispose et nue les poignets pris au dos
Cuisses à angle droit grosso modo
Les yeux baissés j’attends la gifle
Lui me mate tâte écarte en visant
Mais prend son temps m’insulte et me persifle
Puis ses doigts fusent le 22 long rifle
N’est pas plus rapide et cuisant
Mouillant déjà je tremble je renifle
Ma faille ouverte mouillant plus encor
Et je vibre et jouis au fond de mon corps
À mesure qu’il me la gifle -
Trait pour trait
Catégories : Hexasyllabes (6)Les vits qu’on me montrait,
Rien ne put m’en distraire :
Tôt je les voulus traire,
Avalant à longs traits
Les litres qu’ils foutraient.
Et tant ils se vautrèrent
Entre mes lèvres très
Pleines (mon seul attrait),
S’enfilant mon portrait,
Qu’il fallut les extraire.
Une vieille arbitrait
Qui, tous, les avait traits
Longtemps avant notre ère ;
Nos soifs se rencontrèrent,
Jumelles trait pour trait. -
Pigeonnante
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)C’est moi la mamelue
C’est moi l’heureuse élue
Qui débordant du balconnet
Vous brandit dru sa loche au nez
C’est ma zone érogène
Que sans trêve et sans gêne
Je sème à vos yeux polissons
Pour me procurer les suçons
Mon sein d’antique idole
Aux pourpres aréoles
Vous dispense le lait divin
Plus suave encore que le vin
C’est moi la lactophore
Dont les rondeurs d’amphore
Vous rappellent les jeux d’amant
Que vous jouiez avec maman
C’est ma chair pigeonnante
Qui tendre vous aimante
Et vous gorge de sang le vit
Tétez, tétez... et je revis ! -
Déboussolée
Catégories : Heptasyllabes (7)Nord perdu le cœur déçu de
L’autre sexe et l’âme à l’ouest
J’ai le ventre qui exsude
Façon de lâcher du lest
Déboussolée je me tâte
Aux quatre points cardinaux
Errant seule à quatre pattes
Toute nue sur le lino -
Dernière sortie avant l’Âge d’or
Catégories : Jocelyn Witz
C’est bien ici, l’Âge d’or ?
Le paradis, quoi ?
Le royaume dernier de l’harmonie et du vivre-ensemble ?
Le nouveau jardin d’Éden, où les hommes sont tous des femmes à poil et les femmes des anges pétris de bienveillance, d’amour du prochain, de sensualité ?
Je voyais pas ça comme ça, mais bon.
S’il vous reste un peu de place, je poserais bien mes valises, mes névroses, mes angoisses, mon mal-être, mes regrets, mes impostures, mes peurs, ma bassesse, mes envies de meurtre, mes failles irrémédiables, mon désespoir, ma jalousie maladive, mes pulsions autodestructrices, etc., etc....
https://www.atramenta.net/lire/derniere-sortie-avant-lage-dor/104681
♥
-
Signes fastes
Catégories : Octosyllabes (8)Bel et bâti tel un gymnaste
Il fit sur moi tant d’impression
Qu’éclataient les boutons-pression
De mon corsage — un signe faste
Le reluquant au pantalon
Je sus qu’il avait là de vastes
Potentialités car baste !
Sa cambrure en révélait long
L’homme en outre n’était pas chaste
M’avoua-t-il avec gaieté
De haut en bas je m’excitais
Hélas ! il était pédéraste… -
Un chinois si poli
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)De bouche en bouche étendons, ô mes sœurs,
Ce velouté d’asperge davantage
via d’avides baisers suceurs.
De bouche en bouche avec vous je partage
ma joie d’aimer ce chinois si poli
à travers son crémeux potage.
De bouche en bouche avalez l’eau du lit,
le jus de nœud que j’ai liché, farouche ;
lui nous observe et rembellit,
se demandant laquelle, sur sa couche,
fera sa touche prochaine, ô mes sœurs
qui le goûtez de bouche en bouche. -
Tant de phalles
Catégories : Heptasyllabes (7)Sur le sofa tu t’affales
Fleur entourée d’inconnus
Te tendant leur membre nu
Pour toi seule ô tant de phalles
Sur le sofa vingt vits drus
Se farcissent la morfale
La font reluire en rafale
Pour toi seule ô que d’intrus
Sur le sofa tu t’affales
Sous tes chevaliers servants
Ô rêve rêvé souvent
Issu de ton encéphale
Tant qu’à la fin sur le flanc
Toi leur fleur philosophale
Tétant les glands triomphale
Tu les bois les désenflant -
À mon service
Catégories : Octosyllabes (8)Langue qui caresse et voussoie
Aux élans mêlés de respect
Mon ventre encore insatisfait
Où frissonne où s’ouvre la soie
D’un pétale étrange échauffé
Langue à polir l’apostrophé
M’obéissant telle une esclave
Elle entre où je lui dis d’entrer
Au ventre encore impénétré
Là sa salive effleure et lave
Mes plus attendrissants secrets
À petits coups lents et discrets
Puis voici qu’il enfonce et visse
Sous mes désirs agenouillé
Sa langue habile à me fouiller
Ô langue d’homme à mon service
Voussoie mon ventre tout mouillé
Bois de mes miels en pointillé -
Sirène au clair de lune
Catégories : Jocelyn Witz
L’été approche. Les plages vous sourient. Le soleil, la mer, parfois le clair de lune, telles des putes, vous murmurent d’irrésistibles invites. Et je ne parle même pas des sirènes en maraude qui vous épient, planquées entre deux eaux, se rinçant l’œil, remuant la queue et tendant vers vous leurs griffes poisseuses...
Accrochez-vous à votre bouée canard !
https://www.atramenta.net/lire/sirene-au-clair-de-lune/104332
♥
-
Sur les lits
Catégories : Vers libresC’est sur les lits qu’on se délie
qu’on fait ses gammes
qu’on prend forme et qu’on devient femme
en traversant les flammes
C’est sur les lits qu’on se relie
au ciel terrestre et ses racines
qu’on se dessine
des seins qui les fascinent
qu’on s’ouvre à leurs rêveries assassines
C’est clouées sur les lits qu’on lit
l’avenir caché dans la chair de l’être
c’est là que nous pénètre
chaude la volonté des maîtres
C’est sur les lits que l’on polit
pour décoller
pour se fuir s’affoler
son sentiment de ventre écartelé
C’est toujours sur les lits qu’on se réconcilie
avec l’œil noir avilissant des brutes
pour qui l’on se met à la flûte
on se révèle on s’exécute
C’est sur les lits qu’on se salit
à caresser l’amour des membres
là qu’on se cambre
qu’on joue les chiennes en déchirant sa robe ses nuits sa chambre
C’est sur les lits
toutes nues sur les lits qu’on s’abolit
en tant qu’enfance
c’est là qu’on se frotte et s’avance
au devant du désir sa propre soif immense
sans regarder à la dépense
c’est là c’est là c’est sur les lits
que nos vies s’élancent -
L’amour fête
Catégories : Heptasyllabes (7)L’amour mais en palanquin
en compagnie d’hindous doux
à dos d’éléphant rouquin
L’amour mais balancier fou
sous des foulards rouge sang
tandis que des tigres vous
reniflent en rugissant
L’amour mais dans la cabine
ballottée d’un loup des mers
vêtu de cuir et de fer
L’amour mais en concubine
sous l’œil gris des dromadaires
L’amour mais au bord du monde
basculant dans les étoiles
lancée loin par une fronde
pierre bleue nue lisse et ronde
brûlante jusqu’à la moelle
L’amour mais parmi les bêtes
perdre pied perdre la tête
quand vous emporte la ronde
de l’amour fête -
Mère immense
Catégories : Octosyllabes (8)Femme de graisse et de chair molle
Dont les parfums puissants m’affolent
Voluptueuse femme obèse
Dont la vue me porte à la baise
Femme ventrue femme à brioche
Où mon cœur blotti pique un blush
Dans vos replis sans fin je rôde
Dondon énorme et toujours chaude
Femme à massifs monde montagne
Femme où tout fond quand on l’empoigne
Mère absolue qu’un rien engrosse
Je vous aime en sucre et en sauce -
Profonde, gémissante
Catégories : Hexasyllabes (6)Prise par le sommeil
Dans les bras de Morphée
Ses seins nus si parfaits
Embrassés de soleil
Son ventre ébouriffé
Prise par le sommeil
Qu’aurait-elle entendu
De l’appel éperdu
De son téton vermeil
À mes lèvres tendu
Prise par le sommeil
J’ai sondé le nacré
Des plaines échancrées
Et je prêtais l’oreille
À nos désirs secrets
Prise par le sommeil
Profonde, gémissante
Sans jamais qu’elle sente
Quand mon souffle entre et veille
Aux rêves qui la hantent
Puis surprise au réveil
De trouver endormie
Près d’elle son amie
Défit l’origami
Brûlant de mon sommeil
… Simulé à demi -
Aux prises avec l’ignoble Leatherface
Catégories : Jocelyn Witz
Un garçon très sympathique, au fond.
Faut juste pas le contrarier...
https://www.atramenta.net/lire/aux-prises-avec-lignoble-leatherface/104445
♥
-
À l’été dévoreur
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)Ô sauvages festins, banquets de cannibales !
Ô chairs toujours plus crues
Luisant sous le soleil, étalées dans les rues…
Tout à coup j’ai la dalle.
Volets écartés, je me livre au ciel, au vent,
À l’été dévoreur,
Moi la zombie, la morte affamée, moi l’horreur
Au ventre ouvert devant.
Je cours en ramasser sur les plages de fraîches
Qui sentent fort la viande,
Les saupoudrer de sel pour pas qu’elles faisandent
Avant que je les lèche.
Sang chaud, sang rubis, sang qui bouillonne, ô bon sang,
Appétits d’animal
Sitôt que je renifle un frisson aromal
De corps adolescents… -
Mes histoires
Catégories : Alexandrins (12 pieds)Je vis du souvenir des hommes, mes amants
d’autrefois, ceux pour qui je dépêchais des sources,
ceux qui grimpaient les flancs de ma montagne aux ours,
m’appelaient l’allongée, la terre indécemment
ouverte sous l’élan sans repos de leur course.
Je vis du souvenir des amours, des chevaux
de sang cabré, des bondissants qui m’emportèrent,
reniflant mes toisons, y cherchant le mystère
dont je détresse encore aujourd’hui l’écheveau
dans ma fuite avortée, pâle écho solitaire.
Il me reste les fleurs, leurs pétales mouillés
du chuchotis d’anciens parfums dans ma mémoire ;
il me reste un buisson qu’agite au gré du soir
le doigt du vent d’hier — mais on l’a dépouillé
de ces chercheurs de ciel qui me versaient à boire.
De mon sommeil, en somme.
Je vis du souvenir des hommes,
mes histoires…

