J’attends
J’attends qu’il me sourie
J’attends qu’il me prenne les mains
J’attends mouillée de rêveries
J’attends la nuit le lendemain
J’attends qu’il me voie me regarde
J’attends de fondre dans ses yeux
J’attends le sein planté d’échardes
J’attends morte les joues en feu
J’attends qu’il me fasse renaître
J’attends qu’il me fasse un enfant
J’attends j’attends qu’il soit mon maître
Tâtant et prenant les devants
J’attends et mon ventre s’enflamme
J’attends le désirant des doigts
J’attends je l’attends le réclame
J’attends sa chaleur et son poids
Au bois dormant j’attends sans cesse
J’attends un prince indifférent
J’attends sang bouillant de princesse
J’attends mon cœur est un tyran
J’attends tant pis si je halète
J’atteins le point de non-retour
A-t-il ou non levé la tête ?
J’attends
J’attends
J’attends son tour
Ton pantoum dans mon haïku - Page 2
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Un prince indifférent
Catégories : Octosyllabes (8) -
Les rêves sont inutiles
Catégories : Heptasyllabes (7), SonnetChaque chaleur humaine il
Faut l’alimenter l’étendre
L’embraser de gestes tendres
Foin des cœurs déjà séniles
Chaque peau prompte à se fendre
Couche-la dans le fenil
Cherche les sources du Nil
Perds-toi parmi ses méandres
Les rêves sont inutiles
Ils ont tous un goût de cendre
Ô apprends à redescendre
Chaque chaleur humaine il
Faut s’y brûler sans attendre
Tant le temps est volatil -
Monde tombé
Catégories : Octosyllabes (8)Ton ventre éclosant sous la lune
Monde tombé vibre en silence
Autour mille et cent astres lancent
Leur vain appel tracent des runes
Fusées mes doigts à la surface
Posément cherchent s’aventurent
Traquant l’étrange créature
Couchée là morte ou qui rêvasse
Tous tes gémirs je les explore
Je saurai l’eau l’air les collines
J’y creuserai des puits de mine
Dresserai la faune et la flore
Il m’appartient velours et moelle
Je le sillonne et le baptise
Je luis pour lui de convoitise
Ton ventre tombé des étoiles -
Gris sans toi
Catégories : Heptasyllabes (7)Où avais-je avant les yeux
Étais-je aveugle ou prêtresse
Avais-je égaré mes fesses
Avant que m’ouvrît ton pieu
Où avais-je avant les yeux
Où avais-je avant la tête
Pour ignorer que l’on pût
Me remplir d’un fût trapu
Tout à coup la mignonnette
Où avais-je avant la tête
Où avais-je avant les seins
Étais-je encore en mes langes
Avant tes mains de boulange
Qui en dressent le dessin
Où avais-je avant les seins
Où avais-je avant la bouche
Je n’avais jamais crié
Quand soudain à m’étriller
Le premier tu me débouches
Où avais-je avant la bouche
Où ai-je fourré l’esprit
L’as-tu mis dans ta valise
Je stresse et m’animalise
Gris sans toi le monde est gris
En partant tu m’as tout pris -
Dans Lewis Carroll
Catégories : Octosyllabes (8)Un jour hélas tu baisseras
Alice ton slip pour une ale
Croyant voir le bout du tunnel
Un jour Alice oui tu seras
Morte on t’aura coupé les ailes
Tu partiras tu fuiras mes
Tendres lèches de cœur Alice
Lèches à la reine au calice
Car s’il est vrai que tu m’aimais
Déjà d’entre mes doigts tu glisses
Un jour ce désir qui te fend
Cèdera la place à un drôle
Ainsi que dans Lewis Carroll
Tu te seras perdue enfant
Un homme usurpera mon rôle -
L’humidité
Catégories : Pentasyllabes (5)Elle est retrouvée
Quoi ? L’humidité
C’est l’amer Picon
Cul sec au réveil
Elle est retrouvée
Qui ? L’autre excitée
C’est ma mère avec
Un doigt dans l’oreille
Elle est retrouvée
Quoi ? La boule à thé
C’est Tom qui l’avait
Filée à Sergueï
Elle est retrouvée
What ? L’oralité
C’est ma mère cuitée
À poil qui bégaye
Elle est retrouvée
Cool ! T’as qu’à tweeter
Après on ira
S’lécher la groseille
Elle est retrouvée
Quoi ? L’antiquité
C’est ma mère en string
Qui baille aux corneilles
Elle est retrouvée
Hein ? Ma mob kitée
J’l’avais mal garée
C’est toujours pareil
Elle est retrouvée
Sûr ? La cavité ?
Ma reum se la sonde
À l’ouvre-bouteille
Elle est retrouvée
Quoi ? La parité
C’est mon gode au cul
D’l’ingénieur-conseil
Elle est retrouvée
Ouais ! La nudité
C’est ma mère (un show
Que j’vous déconseille)
Elle est retrouvée
Ah ? La quiddité
Mais ça sert à rien
Et pis j’ai sommeil
etc…
Franchement, Rimbaud il est pas un peu surfait ?... -
À fond le feu
Catégories : Heptasyllabes (7)Fais-la fais la fellation
Cueille la queue lactifère
Mords au fruit de la passion
La quenouille se veut faire
Tel un bœuf en sudation
Pas moyen que tu diffères
Fais-la fais la fellation
Tète et pompe après la pipe
Pour que grimpe la pression
Que se tortille le type
Objet de tes attentions
Branche où tes lèvres s’agrippent
Fais-la fais la fellation
Lèche embouche aspire et suce
Faut que ce grand polisson
Vibre depuis le prépuce
Jusqu’au cœur de l’émotion
Jusqu’aux cris et sauts de puce
Fais-la fais la fellation
Turlutte et pousse au délire
À fond le feu de l’action
Sache ô pompière conduire
Lampe avec délectation
Fais-le fais-le fais-le jouir -
Vibrer pour toi
Catégories : Octosyllabes (8)Je crois en Toi Gode un peu trop
Partout je ressens Ta présence
Au taf au lit dans le métro
Mes pensées Tu les réagences
Tu démolis ma vigilance
Je crois en Toi Gode à jamais
Qui remplis si bien tout l’espace
Petite déjà je T’aimais
Il n’était guère un jour qui passe
Sans que je prie devant la glace
Bien sûr mon culte ardent se voit
Lorsque je m’écrie hors d’haleine
Ô Gode Tu m’ouvres des voies
De Ton amour je suis plus pleine
Même que Marie-Madeleine
Je crois en Toi Gode bon dieu
Possède-moi trouve le centre
Mon corps aspire aux désirs pieux
Je veux Te porter dans mon ventre
Sentir comme Tu sors et entres
Mais ma fièvre de Toi déplaît
Gode on me boucle on me ligote
On complote de m’accoupler
À un mortel d’allure idiote
Tout blême et mou dans la culotte
Je crois en Toi Gode au secours
Si Tu me sors de cette ornière
On se donnera libre cours
Vibrant pour Toi ma vie entière
Je m’abîmerai en prière
Je crois en Toi Gode aie pitié
Emporte-moi loin des sauvages
Impies cherchant à me châtier
Branle et brûle-moi sans partage
J’ai poussé à fond le voltage -
Sont-y pas canons ?
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaVive les gentils androgynes
Les incertains du genre humain
Les perdus loin des origines
Que ces bijoux fous de demain
Sous l’œil des projos se pavanent
À loilpé la main dans la main
Salivez straights ouvrez les vannes
Bandez écarquillez les yeux
Quand passera la caravane
Ils vont remplacer tous vos dieux
Ils feront du cul table rase
Pour rebâtir le monde en mieux
Les rôles sexuels vous écrasent ?
Vous rêvez de coïts nouveaux ?
Rejoignez-les sortez des cases
Ou bavez branlez-vous les veaux
Nases nazis d’ancienne espèce
Enfermés dans vos vieux cerveaux
Foin de vos traditions épaisses
Sont-y pas canons ? matez-les
Z’ont des lèvres des seins des fesses
Sitôt qu’ils passent à la télé
Vous allumez ça vous excite
Ces êtres au génome emmêlé
Cherchez pas la fouffe ou la bite
Ces machins-là c’est dépassé
Place enfin aux hermaphrodites
C’est classe et même à tout casser
Les gros clitos les minipines
Il y en aura jamais assez
Vive les gentils androgynes
Je veux les voir j’en ai des suées
Ô monoïques intersexués
Ô l’avenir que j’imagine… -
Conte express (d’après Hoffmann)
Catégories : Octosyllabes (8)Ô Olympia
Un fol en fièvre nue l’épia
À travers sa loupe et ses verres
Un falot un pâle un pervers
Lorgna les charmes d’Olympia
Ô Olympia
Dans son boudoir aux tons sépia
Un godmiché sous sa tunique
Mu par énergie galvanique
S’envoyait au ciel Olympia
Ô Olympia
L’autre dément le galapiat
Voulant l’avoir toute à son vice
Se munissant d’un tournevis
Démonta le cœur d’Olympia -
Mille et cent bêtises
Catégories : Heptasyllabes (7)La fillette que je fus
Disait oui à tous les êtres
N’opposait point de refus
N’envoyait personne paître
Qui désirât la connaître
L’accorte ado que j’étais
Prisait les mises légères
Et les touffeurs de l’été
Découvrant ses jeunes chairs
Aux gens comme à l’atmosphère
La bimbo que je devins
Se mourait pour les dimanches
Y assouvissait sa faim
Grappillant de branche en branche
Les fruits lourds de sève blanche
La femme eut plus d’un mari
Téta plus d’une autre fille
Elle sillonnait Paris
Quêtant le slip aux chevilles
Un autre sexe qui brille
La vieillarde se souvient
Et se branlant poétise
Au chaud de ses poils pubiens
Rêve à mille et cent bêtises
Tant pis si peu la courtisent -
Un jour d’été
Catégories : Octosyllabes (8)Dans l’herbe mouillée de nos sueurs
Dans l’air déchiré de tes plaintes
Je t’ai léchée petite sœur
J’en avais rêvé mainte et mainte
Fois Je m’étais branlée à cœur
Risquant que mon sexe s’esquinte
Dans l’herbe qu’arrachaient tes doigts
Tu valais la fleur en corolle
Moi l’abeille qui la nettoie
Pas question d’inverser les rôles
J’avais si soif et faim de toi
Que je jouissais pourtant c’est drôle
Dans l’herbe écrasée d’émotion
Sous le ciel et l’ombre des trembles
Je te léchais avec passion
Puis on nous a punies ensemble
Petite sœur mais nous pissions
Le jus et nos cœurs battaient l’amble -
Constellations du désir
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8)Je dirai haut ce que les autres turent
L’amour tout cru avec du poil autour
Les doigts creusant la confiture
La langue canine et le souffle court
Je dirai Montre ! à qui me dit Je t’aime
Et Viens ! à qui la perche me tendra
Épaisse et gorgée de poèmes
Constellations du désir en mes draps
Je dirai tout Les envies récurrentes
Les occasions et les besoins profonds
Les fantasmes fous qui nous hantent
Je dirai haut ce que les autres font -
Comme un ventre
Catégories : Octosyllabes (8)Viens faire un tour dans ma cahute
Me tripoter les bas instincts
Ce soir mon âme un peu putain
T’accoste Viens-t’en qu’on chahute
Monte avec moi Laissons raison
Bourgeoise et freins dans l’antichambre
Et sois pour un moment le membre
Viril au sein de ma maison
Viens faire un saut sous ma soupente
Pour rire et m’envoyer en l’air
J’ai lu Nin Louÿs Henry Miller
Et tous les Virginie Despentes
Aux gonds suprêmement graissés
Ma porte s’ouvre comme un ventre
Écoute ta bonne amie Entre
Une heure ou deux me caresser
Viens faisons les zouaves Exécute
Un show pour calmer mes chaleurs
De toi j’ai le désir à fleur
Ce soir Viens-t’en dans ma cahute -
Quand nos désirs s’escaladent
Catégories : Heptasyllabes (7), Terza rimaSi saccadés nos élans
Sautant du tendre à l’inique
Des fureurs lapines au lent
Variant sans arrêt nos niques
Nous procurent un sport divers
Sans remontées mécaniques
Quand se ramollit le ver
S’attrapant par la tignasse
On se remet le couvert
Nul ennui pas de feignasse
Entre nos secousses et nous
Jamais les bougies s’encrassent
Assis debout à genoux
Baises peinardes ou violentes
Tout me ravit le minou
Sans trêve on expérimente
Se pinte aux cocktails salés
Dénués de vertus calmantes
Sans cesse on se laisse aller
Passant des mamours au crade
De la pisse au petit-lait
Que d’à-coups que de saccades
Au sommier que de rebonds
Quand nos désirs s’escaladent
C’est si bon -
L’amour vaudou
Catégories : Jocelyn WitzAuthentique marabout honnête et sérieux
Rituels vaudou, messes, offrandes aux esprits, sacrifices de porcs
Puissants services occultes au cul
Charmes charnels
Maléfices aux orifices
Chance, voyance, jouissance
Guérison (très) spirituelle
Magie noire, blanche, rose fuchsia, grise à pois verts, etc.
Retour de l’être aimé (même contre son gré)
Zombification, envoûtement, désenvoûtement et tout le tremblement
Inutile de m’expliquer votre problème : j’ai déjà tout compris
Je résous tout
Fournir photo, poils et rognures d’ongles
Paiements acceptés : liquide (dollars de préf.), carte bancaire, chèque
Dons acceptés aussi
Déplacement possible dans toutes les Petites Antilles
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Un esthète
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Taz le désaxé aux lézards
Né de mère inconnue
Les fait courir sur ma peau nue
En écoutant Mozart
Taz me ligote au lit me baise
À sa façon bizarre
Puis lâche ses amis lézards
Sur mon corps qui s’apaise
Douze langues allant au hasard
Lèchent là sueur et mouille
Quand cent griffes menues gribouillent
Tels de zélés thésards
Alors je geins mon sang se fige
Souffle comme un blizzard
Et Taz contemple ses lézards
En s’astiquant la tige
Moi pétrifiée plus que Lazare
Avant que Jésus vienne
Je perle une pluie diluvienne
Qu’ils boivent à mon bazar
Ce tableau Taz ému le scrute
De son œil de buzzard
Il aurait bien fait les Beaux-Arts
Malgré ses airs de brute -
Un total plus grand que la somme
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)Nous avons tel un pain partagé notre amante
Enfant tendre ô ma mie épaisse assez pour deux
Pourquoi ne pas suivre la pente
Soudain du triangle hasardeux
D’un bout à l’autre de ses mille itinéraires
Main dans la main nous reconnûmes nos chemins
De brebis bêlant sous la mère
De miel et d’ambre féminin
En elle nous avons comme un champ qu’on sillonne
De nos ongles creusé les plaies vives ouvert
Nos chauds et noirs terriers de lionnes
S’offrant le gîte et le couvert
D’elle nous nous tendions par-dessus ses soupirs
La chair encore tremblante où nous avions léché
Mordu de nos dents de vampires
Sans parvenir à l’assécher
Par elle à travers elle à nouveau nous nous sommes
Donné ô gloire à elle à ce corps consentant
Un total plus grand que la somme
De nos torts et folies d’antan
Goûte-moi ce filet qui perle sous la menthe
De son pubis et toi suce sa langue en soie
Ce soir partageons notre amante
Ce soir plus de chacun pour soi -
Je te rejoins
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaLes lèvres de nos plaies s’écartent
Dès qu’on effleure le passé
On se sent vieille on se sent tarte
Nos doigts ont peur de s’immiscer
Où dorment plaisir et souffrance
Si quelque chose était cassé
Et si l’antique délivrance
D’amour mimé ne venait plus
Mais déjà nos bassins s’avancent
Déjà l’herbe mouille il a plu
L’index retrouve la mémoire
De toi l’hier pris dans ma glu
Seule avec les bleus du miroir
Je te rejoins pour jouir oh je
Tombe à genoux devant l’armoire
Demain sera moins nuageux
Le souvenir rebat les cartes
Pas moyen de perdre à ce jeu
Les lèvres de nos plaies s’écartent
Dès qu’on effleure le passé
Je ne voulais pas que tu partes -
À la sauvette
Catégories : Octosyllabes (8)Sous le peignoir de mousseline
Lili se sait chaude et féline
Son corps entier déjà s’incline
Vers vos lèvres bel officier
Qui donc connaîtra la défaite
Ce soir au terme de la fête
Que quelque chose ou rien la vête
Lili aime à s’en peu soucier
Vous pouvez la coucher en joue
En travers des draps de neige ou
D’une table elle elle déjoue
Vos maléfices et vous bat
À votre rêverie d’enfance
Lili sait déjà par avance
Que vos armes sont sans défense
Et qu’on ne tombe pas bien bas
Sans le peignoir couvrant le ventre
S’abandonnant à ceux qui entrent
Lili halète et se recentre
Sur l’étui noir de vos couteaux
Dans l’ombre elle se donne entière
Sa tête heurtant comme des pierres
Plus rien au fond ne fait barrière
Et jaillit le plaisir bientôt
Vous pouvez la prendre pour cible
De vos ambitions impossibles
Rire aux longs crachats qui la criblent
Mordre à sa chair en carnassier
Quelque crûment qu’on la dévête
Lili au terme de la fête
Jouissant de vous à la sauvette
Gagnera quoi que vous fassiez