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Ton pantoum dans mon haïku - Page 2

  • Sous des ciels à bascule

    Catégories : Vers libres

    Mon trop d’amour
    Se fait chair et poisseux
    Court s’étendre au flagrant des lits
    Sous des ciels à bascule

    Mon trop d’amour s’envase
    Débite des romans fleuves
    Coule et coule des rivières piégées
    Pour s’engloutir entre les derniers bras qui traînent

    Il saute en croupe
    Galope jusqu’au bord des lèvres du temps
    Puis grimpe front contre terre
    Et prend du lard
    Arrachant à pleines mains les caresses qui lui reviennent
    Décuplées

    Mon trop d’amour se brûle parfois
    Sombre aux derniers bras aux derniers bars encore ouverts
    Et saignant se referme
    S’éveille au gras d’un prince
    Rincé

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  • Traînée d’amour

    Catégories : Jocelyn Witz

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    En vraie traînée bien entraînée, Milie se laisse entraîner par ses moindres envies sexuelles, vagabonde de pine en chatte et trace derrière elle un long sillage d’infidélité et de putasserie.

    La punir ? Mais comment ? Quoi qu’on lui fasse, cette salope finit toujours par aimer ça...

    https://www.atramenta.net/lire/trainee-damour/104917

     

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  • Mordre dedans

    Catégories : Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)

    Fille facile ô t’en prends plein la face
          La jute la gifle et les mots
    Ton ventre aura le cri des animaux
                Quoique tu dises ou fasses

    Fille docile tu plantes les dents
          Au vit tendu des nymphos mâles
    Devinant tôt leurs envies pas normales
                Pour y mordre dedans

    Fille fossile fonçant jamais fausse
          Jamais d’embrouille ou de lézard
    Ta bouche en cœur goûte aux fruits du hasard
                Qui suce et boit la sauce

    Fille facile ô fille au cul sensass
          Se prenant des ventrées de pines
    Fille à l’ouverture facile opine
                Du bonheur plein la face

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  • Une infâme amoureuse

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)

    Aux plaines des garçons j’ai beaucoup galopé,
    Moi qui fus, à coups sûrs, une humble salope et
          Une infâme amoureuse ;
    Mon cœur voulant sans cesse au plaisir se doper,
    J’ébranlais sur l’échine amie des verges creuses
          Ma foutue canopée,
    Ô, pleine des garçons, fille des bois, coureuse !

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  • Sur les brisées des saintes

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)

          C’est à genoux, telle une nonne,
    Les mains jointes et nue, tout pénétrée d’ardeur,
    Sentant du Paradis déjà la bonne odeur,
          À deux genoux qu’on m’encanonne.

          C’est contre mes reins s’arrimant,
    À deux genoux aussi, que mon raide ministre,
    Homme de foi robuste, ahane et m’administre
          Au sacrum son saint sacrement.

          C’est en marchant sur les brisées
    Des saintes du temps jadis que je fais l’amour
    À deux genoux, pieusement — peut-être un jour
          Me verra-t-on canonisée.

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  • À papa-maman

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Je suis votre amour de jeunesse,
    Parents par qui tout arriva,
    Car il a suffi que je naisse,
    Bambine armée du droit d’aînesse,
    Pour que vous poussiez des vivats.

    Je suis cet amour de sirène
    Qui vous séduisis jusqu’à l’os ;
    En un clin d’œil je devins reine,
    Torchée sitôt que je m’embrène,
    Promise au paternel phallos.

    Je suis votre amour de jeunesse,
    Mais quelque chose a dû partir
    En live, et je zone à Gonesse
    Aujourd’hui, cuite à la Guinness,
    Mariée en outre à un satyre.

    Je suis cette ado trentenaire
    Qui pointe encore au Pôle Emploi,
    Minée par ceux qui la pinèrent ;
    Où sont mes gaietés liminaires,
    L’âge où je refaisais la loi ?

    Je suis votre erreur de jeunesse,
    Parents par qui tout arriva…

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  • La bête qui hantait les collines

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Quand on est copropriétaire d’une toute petite exploitation agricole et qu’on ne dispose que de quatre têtes de bétail, on veille évidemment à ne pas se les faire voler.

    Au prix où sont les hommes...

    https://www.atramenta.net/lire/la-bete-qui-hantait-les-collines/104784

     

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  • La cendre brûle encor

          Jeanne ô lubrique enfant du moyen âge
                      Que disaient donc ces voix
    Va-t’en quérir le mâle en armes et pavois
                Ceux-là sauront te mettre en nage

          Jeanne ô putain tu réclamas du roi
                      Des bataillons de pines
    Pour complaire aux démons t’ardant comme une épine
                Que tu voyais en cent endroits

          Jeanne ô ma sainte ô follette incomprise
                      La cendre brûle encor
    De ton ventre d’amour en dépit des efforts
                Pour les étouffer de l’Église

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  • On s’entendait bien

    Catégories : Octosyllabes (8)

    C’était un vieux salaud sénile
    Qu’avait joué dans Mort sur le Nil
    Il me disait des trucs honteux
    Tout en tirant sur sa Dunhill

    C’était un vieux goret gâteux
    Qui pour se taper mon péteux
    Me l’emballait dans du vinyl
    En râlant comme un comateux

    C’était un vieux soûlot débile
    Sosie raté de Benny Hill
    Atrabilaire et cafardeux
    Kiffant surtout mon côté pile

    On s’entendait bien tous les deux
    Avec ce vieux hibou hideux
    Riche à nous vautrer sur son île
    Quoique enculeur assez piteux

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  • Sauvageonne

    Catégories : Alexandrins (12 pieds)

    Je suis celle qui tremble en guettant à l’orée
    Celle qui se repaît de vous la voir sortir
    Celle au souffle coupé quand la pine adorée
    Gorgée de pluie paraît et s’ajuste le tir

    Je suis la folle à lier la jamais déflorée
    La sauvageonne sans culotte sans honneur
    Qui mate à s’en pâmer la cascade dorée
    Le jaune ru jailli du vit des promeneurs

    Puis le jet tarissant puis la bite essorée
    L’homme parti j’accours pour m’emplir les naseaux
    Des doux parfums hantant l’ortie la chicorée
    Depuis que mon oisif y a vidé ses eaux

    Alors à genoux telle une veuve éplorée
    Sur la mousse écumante et qui frémit encor
    Je caresse sans fin de mes mains décorées
    D’urine obscènement les bauges de mon corps

    Je suis celle qui fuit qui joue les mijaurées
    Celle qui s’alimente en pillant les épis
    La déséquilibrée souffrant d’aménorrhée
    Qui glorifie le mâle et son brûlant pipi

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  • Dans l’odeur du formol

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Ce porc pine les mortes
    Qu’il lui faut embaumer
    C’est un dingue un paumé
    Que le diable l’emporte

    Dans l’odeur du formol
    Dans la nuit sans censure
    Il graisse leurs blessures
    Pour y glisser Popaul

    Trépassées ses épouses
    À leur corps défendant
    Se font mettre dedans
    La fente ou la bagouze

    Puis ce fou d’embaumeur
    Beau comme un dieu de Thrace
    Sait effacer ses traces
    Et meure ce qui meurt

    Moi qui guigne à la porte
    Dans l’odeur du formol
    La guibolle ô fort molle
    Je voudrais être morte

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  • Quand les rêves s’incrustent

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Alerte ! Des créatures de rêve se sont introduites au sein de la réalité et y sèment leur souk.
    À commencer par la blonde que vous voyez sur la photo, là.
    Gentille certes, peu farouche d’accord, mais infiniment dangereuse.
    On vous avait pourtant bien dit de faire attention.

    https://www.atramenta.net/lire/quand-les-reves-sincrustent/104744

     

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  • Paysager ton corps

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Soif d’étaler ta propre mouille
    Sur ton visage et sur tes seins
    Afin de pouvoir à dessein
    Lécher ces beautés je les souille

    Je te rendrai plus chaude encor
    En te recouvrant de salive
    Nous partirons à la dérive
    Sur les mers salées de ton corps

    S’il est une île à ma portée
    Profonde et sentant bon la nuit
    J’en fouillerai les moindres puits
    Des vagues t’auront emportée

    Soif de paysager ton corps
    Te poisser du ventre au visage
    Puis arpenter tous tes mouillages
    Et te rendre plus chaude encor

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  • Rapine

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    On entre on sort on entre
    Ma moule est un moulin
    Vide béant les pleins
    M’ont découvert un centre

    On sort on entre on sort
    Pour s’ébattre entre potes
    Dont pas un ne chipote
    À chiper mes trésors

    On entre on sort on creuse
    On pille l’univers
    Mon ventre grand ouvert
    De fille court la gueuse

    On sort on entre on jouit
    Dans les doux puits que j’offre
    On rapine mes coffres
    Jusqu’au bout de la nuit

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  • Sois pas si rigide

    Catégories : Octosyllabes (8), Terza rima

    Nos marbres sont placés si près
    L’un de l’autre que je t’enfile
    Après minuit sous les cyprès

    Je n’ai qu’à tendre une main vile
    Pour toucher ton ventre poisseux
    De tous les plaisirs de la ville

    Pleurent un peu je le vois ceux
    Qui vivante te possédèrent
    De chair sur leurs membres osseux

    Feue courtisane ex-bayadère
    Morte en pleine jeunesse et dont
    Désormais le désir vide erre

    Sois pas si rigide ô fais don
    De tes seins qui déjà bleuissent
    Et de tes cuisses céladon

    Moi trépassé d’une jaunisse
    Je viens te tirer du tombeau
    Pour honorer tes orifices

    Tant pis si je ne suis pas beau
    Si mes os gris de pourriture
    Grincent en toi comme un rabot

    Je te promets que l’amour dure
    Plus que la viande et ses apprêts
    Chassant à jamais la froidure

    Bref ils nous ont placés si près
    Que c’eût été presque une injure
    Que de taire mon envie pure
    De t’enfiler sous les cyprès

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  • Elles sortaient du bain

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    Tripotant sa longue-vue
    Il reluquait d’autres mondes
    De jolies lunes girondes
    Tout en cratères touffus
    Elles sortaient du bain blondes
    Lui se tenait à l’affût
    Invisible s’il en fût
    Scrutant leurs moiteurs profondes

    L’une se laissait tresser
    Parfois face à la fenêtre
    Lui rêvant qu’il la pénètre
    Seul là-bas se caressait
    Il s’agissait d’un vieil être
    Misanthrope et délaissé
    N’ayant rien excepté ces
    Beautés nues venant de naître

    L’astronome à demi-fou
    Chaque soir montait la garde
    Vit brandi prunelle hagarde
    C’était presque un rendez-vous
    Il ignorait qu’elles fardent
    Pour lui jusqu’à leur minou
    Et s’écartent les genoux
    En sachant qu’il les regarde

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  • Vers… à viande

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    15 poèmes glauques, morbides, chelous, tordus, bizarres, dégueus,  sataniques, horribles, malsains, pervers, violents, crapuleux… et néanmoins cochons.

    https://www.atramenta.net/lire/vers-a-viande/104596

     

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  • Ma nuit vous est propice

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Bandez bandez messieurs
    Réglez vos épinglettes
    Si vous bandez mes yeux
    Je tringle à l’aveuglette

    Bandez-moi défendez
    Que je vous reconnaisse
    Prenez sans demander
    Ni la moindre promesse

    Bandez je n’y vois rien
    Ma nuit vous est propice
    Profitez ô vauriens
    De mes chauds précipices

    Bandez fussiez-vous vingt
    Cent démons invisibles
    Chaque vit me convainc
    De péter les fusibles

    Bandez messieurs fendez
    De vos rudes rapières
    Ces antres inondés
    Qui n’ont plus de repères

    Bandez libres de tout
    Le doux comme l’infâme
    Que vos brûlants atouts
    Ruinent mon corps de femme

    Bandez jusqu’au matin
    Yeux bandés bouche grande
    Ouverte la putain
    S’envoie toute la bande

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  • Garde le feu

    Catégories : Vers libres

    Mémoire ample mémoire
    Pleine de ceux qui m’ont ensemencée
    Fermant les yeux j’ai dans le noir
    Leur goût recommencé

    Je rouvre ainsi mes déchirures
    Sans bruit je jouis de ces frottées d’hier
    Dont la rumeur murmure
    Entière encore en toi mémoire
    Amie mémoire

    Que j’étais belle
    Tout enlisée de foutre et de mains d’hommes
    Mémoire ô mémoire fidèle
    J’ai oublié l’enfance et la tristesse et Rome
    Me souviens de Sodome
    Et d’où mon ventre s’écartèle

    Ne lâche rien mémoire
    Garde le feu
    Les jours d’été consumant mon histoire
    Et sur mes lèvres
    La poisse ardente des aveux

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  • L’antre morveux

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Ma vulve consumée
    Avale la fumée
    Nuage lactescent
    Qui tout au fond descend
    Puis ruisselle indécent

    Ô narine enrhumée
    Pâle comme un aveu
    Dans l’aurore embrumée

    Qu’on lape je le veux
    Cette mer écumée
    Au bel antre morveux

    Sous l’envie assumée
    De la femme allumée
    Qui te les jette au front
    Tu bois et nous bâfrons
    Ensemble tes fumées

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