Ma salive, je te la prête
Tu me la rendras cette nuit
Sous quelque forme que tu souhaites
Par quelque source ou quelque puits
Du bord de moi, pauvre gargouille
J'ai le vertige du péché
De laides pensées qui m'embrouillent
Des choses qu'il me faut cracher
Car je suis maîtresse des fleuves
Aux désirances d'océan —
Qui devient soif, moi je l'abreuve
Pour peu qu'il s'ouvre à moi béant
De l'erg aride où tu t'enferres
Mille geysers dégorgeront
Fini le silence des pierres
Fini le cœur qui tourne en rond
Bel ogre, espère la tempête !
Le plafond de ton antre fuit
Ma salive, je te la prête
Tu me la rendras cette nuit