J'ai sur la lèvre un goût de chatte
D'une qui t'aima hors raison
On traîne partout ses pénates
Promesse d'homme ou goût de chatte
J'irai la voir à l'occasion
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J'ai sur la lèvre un goût de chatte
D'une qui t'aima hors raison
On traîne partout ses pénates
Promesse d'homme ou goût de chatte
J'irai la voir à l'occasion
Mon ch'val fume comme une usine
Dans l'avril encore âpre et frais
Au fond du val, près des forêts
L'échine du bourg se dessine
On s'sent le cœur démesuré
Devant tant d'beauté on s'incline
Même on tremblote d'la babine
Mais c'est pas l'tout : faut labourer
Au soir je trouv'rai la Fernande
Après la soupe ou récurer
Ça, on peut pas lui reprocher
La chaumière est toujours pimpante
Mais j'en suis plus guère amouré
Sans être vraiment repoussante
Quand elle m'ouvre son énorme fente
Ben c'est pas l'tout... faut la bourrer
Le cœur du cul cache l'écho
D'une condition plus qu'humaine
Souvenir caressant qu'entraîne
La tendre claque d'un bécot
Au creux du cul dort un poème
Un pays radieux d'abricots
Toujours mûrs sous le calicot
Abreuvé de belles fontaines
Du fond du cul gicle l'oubli
D'un monde à l'avenir en loques
Où le fric est devenu coke
Et la haine un rite établi
Grâce mâtinée de cris rauques
Du cœur du cul tu nous souris
Vallée où l'orchidée fleurit
Suave soleil d'une autre époque
Je vais travailler ma sexo
Promis je reverrai les bases
Bûcherai les universaux
Afin d'être un peu plus en phase
L'ennui c'est quand il pleut à seaux
J'ai pas le machin qui s'embrase
Je vais travailler ma sexo
Fignoler pourtant mon ouvrage
On vit des jours paradoxaux
Faut souvent se mettre à la page
Cent fois comme dit mon proxo
Sur le trottoir file et qu'ça gaze !
Amour ! unique latitude
S'offrant aux pauvres prisonniers
D'une vie en décrépitude
Amours douces ou amours rudes
Je veux le dessus du panier
Mon cul sonnait, c'était l'étude
Qu'à quatre mains vous repreniez
Je ne faisais jamais la prude
Amours douces ou amours rudes
Je veux le dessus du panier
Il m'aime grave, y a pas photo
Il m'aime au point que des mots crades
Sortent de sa bouche en cascade
Chaque fois qu'on va au dodo
Je voudrais pondre aussi des phrases
Olé-olé qui font rougir
Mais rien ne vient, j'ai un soupir
J'ouvre les cuisses et je m'écrase
Il me dit : mets ça dans ta chatte
Branle-toi, lèche à fond mon cul
Aussitôt je produis du jus
Toute tremblante sur mes pattes
Il m'aime grave, y a pas photo
Il me fait décoller de terre
Rien qu'avec son vocabulaire
Chaque fois qu'on va au dodo
Le con ? Le cul ? Aucun remords
Les mots sont là pour qu'on les use
Je chanterai jusqu'à ma mort
Les joies du mandrin dans la buse
Même en dormant, même en foutant
Sans y penser je les proclame
C'est pas pour vicier les enfants
Ni pour me faire de la réclame
C'est juste qu'on les trouve écrits
Ces « gros » mots dans le dictionnaire
Il y a pine, il y a mistigri
Il y a salope et puis lanlaire
Si quelqu'un les a inventés
Ou quelqu'une, c'est pour qu'ils bruissent
Tout comme un mâle bien monté
Est fait pour jouir entre mes cuisses
O baiseuses, baiseurs, baisons
Par les oreilles ou autre fente
Qui voudra entendre raison
Fût-elle obscène et indécente !
Je ne croirai au Père Noël
Que si, lorsque revient la date
Au lieu des joujoux habituels
Le vieux m'emporte dans sa hotte
Et me prend sans ôter ses bottes
(Ni même son rouge futal)
Sous un arc-en-ciel boréal
Je ne retournerai aux urnes
Qu'au prix que Macron (sinon rien)
Daignant enfin sonder ma turne
Me repolitise au moyen
D'arguments forts auxquels le mien
Sera sensible s'il l'enfourne
Et que je tâte un peu ses burnes
Les récits de petits hommes verts
J'en ricane, je suis méfiante
A moins que l'un d'eux (un pervers)
Ne m'emmène en soucoupe volante
M'étudie partout et me plante
Dix vits nerveux comme des vers
Dans mes replis de l'univers
Avant de fréquenter la messe
Je veux que Christ pose sa croix
Ote son pagne, offre ses fesses
Aux vœux pieux de tous mes doigts
Puis (afin d'éprouver ma foi)
Me foute en hurlant : « Ah, diablesse
Montons au ciel par voie expresse ! »
Bref, pour croire il me faut palper
Mettre l'index au fond des prises
Pour voir si ça me fait grimper
Au lustre ou si ça m'électrise
Aboulez les choses promises :
Les extases, l'éternité !
— Sans ça je reste à me shooter