Il lui desserrait les rondelles
À force de trépidation
Tant il y mettait de passion
Car le gaillard était fou d’elle
Et la foutait sans sommation
Par des secousses ahurissantes
Il lui détraquait les gicleurs
Elle hurlait qu’elle a mal au cœur
Mais lui attaquait la descente
Debout sur l’accélérateur
Il lui déjointait la culasse
L’aplatissait tel un vingt-tonnes
Chaque fois qu’il rivait bobonne
Car ce gros homme avait hélas
La maladie de Parkinson
Octosyllabes (8)
-
Un cas pathologique
Catégories : Octosyllabes (8) -
Ce que tu voudras
Catégories : Octosyllabes (8)Je suis la biche et l’éléphante
Et le reste aussi je m’invente
Les mille saisons de la fente
À moi seule un kamasutra
Maman putain ou écolière
Sainte aujourd’hui salope hier
Je redessine mon derrière
Pour être ce que tu voudras -
Perle d’O n° 196
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OIl dit ce que je suis
Ce nouvel affront je l’essuie
Et ces ardents regards je les affronte
Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte
Il dit montre tes seins
Candeurs chamarrées du dessin
Lilas qu’a là griffonné la cravache
Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche
Il dit viens là catin
J’en rougis sous mon fond de teint
Messieurs jusques au soir je vous la laisse
La sachant se prêter aux plus rêches caresses
Sent-il que l’horizon
De ma servilité touche à la déraison
Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
La miss au diapason
À complaire à tous habituée ? -
Parfaite était la trajectoire
Catégories : Octosyllabes (8)Ça rime à rien nos arrimages
Mes sas ont beau rester ouverts
Je plane plus dans l’univers
Trop de retard à l’allumage
À quoi bon encore orbiter
Quand nos vaisseaux se désencastrent
Glacés dans le miroir des astres
Sous ces espaces inhabités
Parfaite était la trajectoire
Pourtant : lorsque dans le ciel clair
Nos engins s’envoyaient en l’air
Ensemble on écrivait l’histoire
Las ! aujourd’hui le vide affreux
S’engouffrant partout me ravage
Ça rime à rien nos arrimages
J’échoue lors de la mise à feu -
Perle d’O n° 57
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÀ la niche O levrette
Digne seulement des donjons
Ce pelage allongeons
À même le sol qu’on nous prête
Terre battue d’envies secrètes
À la niche O chaînon
Manquant d’entre animal et fille
Au pain sec les chevilles
Entravées nous nous entraînons
À ne dire plus jamais non -
Perle d’O n° 64
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’OSimple et souple je suis encline
À m’ouvrir à sa discipline
M’ouvrir sans cesse ou vivre entrouverte plutôt
Comme avec les gens du château
Ne dresser de barrière aucune
N’être que troublantes lacunes
Disponible à loisir ainsi qu’un peu plus tôt
Dans les corridors du château
Rêve infiniment accessible
Cible avide de flèches cible
Courant s’offrir aux dards comme sur un plateau
Blessure béante au possible
Douve aux eaux de cruor que dragua staccato
Chaque suzerain du château -
Que vienne un loup
Catégories : Octosyllabes (8)Déculottée pour mieux sauter
Malgré le recul de la chair
C’est l’autre la chatte beauté
J’ai pas de pantoufle de vair
Que vienne un loup pour qu’on se mente
Le prince en pince et m’antichambre
Seule laide au bois je tourmente
Ma chevillette amie du membre
Déculottée pour mieux sauter
Me retremper à d’autres peaux
Malgré mes défauts ma faute et
Ma métamorphose en crapaud
Que m’avale un ogre ou me lèche
Une sorcière c’est tout comme
De tout bois d’amour je fais flèche
Depuis que m’a quittée mon homme -
Perle d’O n° 20
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O, Quadrisyllabes (4)Aimée pourtant je l’aime aussi
Même s’il presse
Entre ses doigts le fouet de tresse
Je l’aime aussi
Il n’a qu’à dire Allons caresse
M’embrasse ici
Soulignant l’arc de mes sourcils
Avec tendresse
Je perds la clé d’autres soucis
Dès que se dresse
Celle qui branle à mon adresse
Je l’aime aussi
Fi donc des terreurs qui m’oppressent
Le cœur ainsi
À genoux toute ! elle durcit
Ma brute épaisse -
Le sillon
Catégories : Octosyllabes (8)Vous m’avez ravi un million
De baisers chauds me rendant prête
Trouvez trouvez-moi le sillon
Le sourire aux quatre lévrettes
N’attendez ! plus ne sursoyons
Vos lents atermoiements m’atterrent
Fendez fendez-moi le sillon
D’un glaive ou d’un soc volontaire
Ne me laissez pas vermillon
Lapine que votre œil envoûte
Écartelez-moi le sillon
Plus largement qu’une autoroute
Il n’est que temps que nous soyons
Un seul bel animal d’écume
Enfoncez-vous dans le sillon
Pour battre au cœur de mon enclume
Ah ! nos yeux nous les dessillons
Et l’immense avenir commence
Quand vous me comblez le sillon
De sang de rêve et de semence -
Perle d’O n° 185
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OQu’on m’accorde le fouet de cordes
Paillarde aussi je me repais
De voir les tendrons qui se tordent
Quand vient mon tour de les frapper
Qu’on me l’attribue la cravache
Pour châtier céans quelque sœur
Chaque cri que je lui arrache
M’est un plaisir de connaisseur
Laissez je la battrai nue blême
Puis assécherai les sanglots
De cette identique à moi-même
Ligotée là pétale éclos
Oui m’accordez le fouet de cordes
Que je lui refasse un portrait
Et ses membres les désaccorde
J’aime quand ces tendrons se tordent
Qui me ressemblent trait pour trait -
Devant l’entonnoir
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Plonger l’œil aux ténèbres rouges
Voir brasiller le désir quand
Couvent les ardeurs d’un volcan
Dont rien ne bouge
Défaillir devant l’entonnoir
Face à la faille ouverte immense
Se faire tendrement violence
Nue dans le noir
Chaque matin je te contemple
Et m’aime à m’érupter le sang
Quand ton sommeil m’offre indécent
Ton petit temple -
Perle d’O n° 162
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’OUn jour je quitterai la maison close
Afin qu’il m’offre à ses amis
Mais je resterai sienne il l’a promis
Toujours à lui toujours sa chose
Toujours son animal soumis
Un jour je porterai sur moi secrète
Quelque empreinte ou preuve à l’appui
Ma vérité pourra sortir du puits
À demeure et quoiqu’on me prête
Toujours son automate à lui
Un jour je m’ouvrirai désenfermée
Percée par d’autres tour à tour
Mais sa prise à jamais sa Pompadour
Sa favorite et mieux aimée
Toujours à lui toujours
Toujours -
Au débouché
Catégories : Octosyllabes (8)Visage au cinabre fermé
Âme sourde indémonstrative
Mais grisée d’émoi je salive
Te revêts d’eau l’épiderme et
Les monts rosés les faux cratères
Mille accidents de ce terrain
Que tu promènes au bas des reins
Reliés de parfums solitaires
J’irai me frayer un canyon
Tout de lagunes déguisée
Jusqu’au cœur souple des brisées
Où ton cru d’écorces bouillonne
Et qu’au débouché mon empreinte
En mouillant l’orgue aille plein sel
T’éjaculer ô demoiselle
Les râles que tu tais étreinte -
Perle d’O n° 195
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OAu clou les fouets et les ficelles
Fixés juste face à mon lit
Dévisageant par défi celle
Qui rêva son corps avili
Lançant cinglé des étincelles
Aussi la cravache au crochet
Pour compléter la panoplie
De celle au cœur bien accroché
L’O qui sans se plaindre se plie
Se laisse enchaîner aux rochers
Au clou les cordes et les verges
Déjà mon bas-ventre frémit
De vice et s’enfle sur les berges
Mais si le choix m’en est remis
On n’est pas sortis de l’auberge -
Rêves femelles
Catégories : Octosyllabes (8)Voiles de poils ceints des sirènes
Sillages de mouille où se traînent
Leurs hanches de rut écumant
À travers l’algue ô tout s’emmêle
En ces poisseux rêves femelles
Depuis que je n’ai plus d’amant
Au ventre lisse et hypocrite
Des falaises le blanc s’effrite
Et mes nuits forgent des trous d’eau
Où nagent de perverses filles
Qui m’attrapent par la cheville
Depuis qu’il est parti trop tôt
Cheveux vos voluptés m’étouffent
Mes doigts se perdent dans les touffes
Liquide est l’aube au fond du drap
Les pieuvres rôdeuses étravent
De caresses ma chair épave
Depuis qu’il n’est plus dans mes bras
Faut-il que défaite je cède
À ces sirènes qui m’obsèdent
Au rire aigu à l’œil dément
Ô ventre nu je me fissure
Mais suce pourtant leurs eaux sures
Depuis que je n’ai plus d’amant -
Après la nuit
Catégories : Octosyllabes (8)Il fait jouissance à mon réveil
Il fait pine dure amoureuse
Un bris de cris monte au soleil
Au fur que mon plaisir se creuse
Il fait splendeur élévation
Après le sommeil sans mémoire
Il fait doux que nous effacions
Ce reste en nous d’une humeur noire
Il fait bonheur aux seins pressés
Au ventre éventail il fait vie
Pays d’hier incaressés
Que négligions-nous vos envies
Il fait chêne enraciné loin
Mes eaux en ont retrouvé sens
Il faisait nuit seuls dans nos coins
À mon réveil il fait jouissance -
Perle d’O n° 50
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÔ élargissement
Tige dedans courroies ceinture
Me font incessamment
Béante l’intime ouverture
À lents gémissements
Mes entrailles à capsuler
Accueillant l’instrument
Vibrent d’opprobre écartelées
Et ces vits s’affirmant
Me desserrant indubitables
Prennent tout doucement
Des épaisseurs de pied de table
Moi pleine à tout moment
De desseins durs à me distendre
Otage des tourments
Pantin d’un attachement tendre
Ô avilissement
Chacun loufiat ou fille ou maître
Mesure indécemment
Quel calibre âpre me pénètre
Et m’élargit le fond de l’être -
Sa proie
Catégories : Octosyllabes (8)Je lèche l’eau des odeurs fauves
Au puits d’aisselles de my love
Tandis que lui me glisse un doigt
Un seul suffit je suis sa proie
De force me rouvre my love
Et me rend chienne de Pavlov
Giclant les braises du chaudron
Mes souffles perdus reviendront
En attendant tout vibre mauve
Entre les ailleurs où my love
Aiguise à mes chenaux étroits
Sa rauquerie de tous les droits
De musc et de muscle est my love
Divan de chair où je me love
Immense son mât qui m’emplit
De frissons sonores et d’oubli -
L’amour soit loué
Catégories : Octosyllabes (8), Terza rimaC’est beau les chaînes au cou d’un jouet
Quand plie ce corps que je jugule
Cinglé de mes jambes et mon fouet
C’est beau son nœud sous ma férule
Tout tremblant de sang effaré
Giclant le sel de ses cellules
C’est beau d’envisager sa raie
S’ouvrir un puits dans l’espérance
Que mon poing va s’en emparer
C’est beau ce pouvoir cette immense
Volupté ô l’amour soit loué
Qui m’enchaîne au cou de mon jouet -
À la ramasse
Catégories : Octosyllabes (8)Tombée au champ du déshonneur
Tombée sur un os escrimeur
Repose endormie sous le drap
Rêvant du jour où reviendra
Celui pour qui son ventre meurt
Étendue raide à la ramasse
Prise au collet nus dans la nasse
S’asphyxie en attendant l’heure
Du retour du vit du pécheur
Lui clouant le corps ô connasse
Tombée au champ du déshonneur


