Les bucoliques (24/03/2026)
Amour, soleil, vous triomphâtes !
Nous courûmes baiser dehors,
Tout nus parmi les épis d’or,
Toussant en raison des phosphates.
Puis, réfugiés sous l’épaisseur
D’un hallier de puissant volume,
Brûlant de désir nous voulûmes
Tirer en dépit des chasseurs.
Lui bramais : « Viens que je te foute
Ma bite au con, tel un vaurien ! »
Hélas ! moi je n’entendais rien :
À deux pas passait l’autoroute.
Plus tard, comme il bandait d’airain
Sur ma lippe libidineuse,
Voilà débouler trois bouseuses
Charriant dix tonnes de purin.
D’où ces foutues bêtes à quatre
Pattes partout, ces sangliers,
Ô Nature ? Vous sembliez
Nous en vouloir de nous ébattre.
Ce nonobstant, il m’embougra
(Comme à la Poste entre une lettre)
Au milieu d’un décor champêtre
De vieux pneus et de papiers gras.
Enfin, d’avoir lavé sa bite
Dans l’eau limpide d’un ruisseau,
Nous chopâmes de colossaux
Bubons ainsi qu’une hépatite.
Verdures, vous eûtes raison
De nos fantasmes bucoliques !
Lui et moi, désormais, on nique
À l’appart en toute saison.
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