Je suis la biche et l’éléphante
Et le reste aussi je m’invente
Les mille saisons de la fente
À moi seule un kamasutra
Maman putain ou écolière
Sainte aujourd’hui salope hier
Je redessine mon derrière
Pour être ce que tu voudras
Ton pantoum dans mon haïku
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Ce que tu voudras
Catégories : Octosyllabes (8) -
Perle d’O n° 196
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OIl dit ce que je suis
Ce nouvel affront je l’essuie
Et ces ardents regards je les affronte
Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte
Il dit montre tes seins
Candeurs chamarrées du dessin
Lilas qu’a là griffonné la cravache
Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche
Il dit viens là catin
J’en rougis sous mon fond de teint
Messieurs jusques au soir je vous la laisse
La sachant se prêter aux plus rêches caresses
Sent-il que l’horizon
De ma servilité touche à la déraison
Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
La miss au diapason
À complaire à tous habituée ? -
De nul appartenue
Catégories : Hexasyllabes (6)Un jour je serai nue
Habitée d’envies veuves
Bête que nul n’abreuve
De nul appartenue
Un jour vacante et creuse
Dans un soupir énorme
Je reverrai les formes
Qui me rendaient heureuse
Graine oubliée des meules
Peau laissée par la mue
Sang que nul ne remue
Un jour je serai seule -
Parfaite était la trajectoire
Catégories : Octosyllabes (8)Ça rime à rien nos arrimages
Mes sas ont beau rester ouverts
Je plane plus dans l’univers
Trop de retard à l’allumage
À quoi bon encore orbiter
Quand nos vaisseaux se désencastrent
Glacés dans le miroir des astres
Sous ces espaces inhabités
Parfaite était la trajectoire
Pourtant : lorsque dans le ciel clair
Nos engins s’envoyaient en l’air
Ensemble on écrivait l’histoire
Las ! aujourd’hui le vide affreux
S’engouffrant partout me ravage
Ça rime à rien nos arrimages
J’échoue lors de la mise à feu -
Un intrus dans la Ruche
Catégories : Jocelyn Witz
Tu fuis les hommes ?
Tu rêves d’échapper une bonne fois à leurs sales pattes, à leurs manigances, à leur logique égoïste, aux brutalités et aux vexations incessantes d’une civilisation indécrottablement machiste ?
Tu te sens désespérée ? en danger de mort ? prête à tout ?
Il existe une solution : la Ruche.
Là-bas, loin de la Terre, à l’abri parmi tes sœurs, aucun homme ne pourra te retrouver.
Aucun ne pourra plus jamais t’atteindre.
https://www.atramenta.net/lire/un-intrus-dans-la-ruche/102461
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Perle d’O n° 57
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÀ la niche O levrette
Digne seulement des donjons
Ce pelage allongeons
À même le sol qu’on nous prête
Terre battue d’envies secrètes
À la niche O chaînon
Manquant d’entre animal et fille
Au pain sec les chevilles
Entravées nous nous entraînons
À ne dire plus jamais non -
Curieux rêves
Catégories : Heptasyllabes (7)Je me suis vue les mains pleines
D’un beau bouquet de joncs longs
Et tu me disais Vilaine
Où donc est ton pantalon
Je m’aperçus entourée
De vifs et poisseux poissons
Crachant comme une purée
Et riant l’œil polisson
Je me suis rêvée en chatte
Dieu que c’était impoli
Miaulant nue à quatre pattes
Au beau milieu de mon lit
Une autre fois j’étais morte
Souillée par un fossoyeur
En attendant que m’emportent
De grands diables aboyeurs
Certaines nuits j’imagine
Le chêne ou le cornouiller
Poussant leur vieille racine
Dans mon ventre tout mouillé
Croyant m’éveiller je trouve
Entre mes cuisses Papa
Le noir museau d’une louve
Grognant comme en plein repas
Je vois mille autres sottises
Qui me font les joues en feu
Le seins durs sous la chemise
Lorsque je passe aux aveux
Oh Papa ces curieux rêves
Témoignent que ton enfant
Crève d’envie Papa crève
D’être enfilée plus souvent -
Aux ciels que j’atteins
Catégories : Pentasyllabes (5)Toute la journée
Je l’ai sur le dos
L’envie forcenée
D’éternelle ado
Se rêvant pinée
Du soir au matin
Je pense à rien d’autre
Qu’à l’heure où catin
Je m’ouvre et me vautre
Aux ciels que j’atteins
Pas une seconde
À laisser passer
Que mon ventre fonde
Sur les vits dressés
Tout autour du monde
Du matin au soir
Et des nuits entières
L’envie m’en fait voir
Tirant des rivières
De leurs arrosoirs -
Perle d’O n° 64
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8), Perles d’OSimple et souple je suis encline
À m’ouvrir à sa discipline
M’ouvrir sans cesse ou vivre entrouverte plutôt
Comme avec les gens du château
Ne dresser de barrière aucune
N’être que troublantes lacunes
Disponible à loisir ainsi qu’un peu plus tôt
Dans les corridors du château
Rêve infiniment accessible
Cible avide de flèches cible
Courant s’offrir aux dards comme sur un plateau
Blessure béante au possible
Douve aux eaux de cruor que dragua staccato
Chaque suzerain du château -
La vie jusqu’au vertige
Catégories : Hexasyllabes (6)Cueille mon écureuil
Les glands et les noisettes
Lance les épuisettes
Déjà l’été s’effeuille
Enfilant sa nuisette
Lisse mon écureuil
Les poils de ta fourrure
Et lustre à toute allure
L’antre en te rinçant l’œil
Dans quelque flaque impure
Ronge mon écureuil
Tout l’hiver tes dépôts
Ces brûlants oripeaux
Qui franchissaient le seuil
Et te trouaient la peau
Cueille mon écureuil
Te rembourrant de tiges
La vie jusqu’au vertige
Suffit que tu le veuilles
Ô cueille encor te dis-je -
Que vienne un loup
Catégories : Octosyllabes (8)Déculottée pour mieux sauter
Malgré le recul de la chair
C’est l’autre la chatte beauté
J’ai pas de pantoufle de vair
Que vienne un loup pour qu’on se mente
Le prince en pince et m’antichambre
Seule laide au bois je tourmente
Ma chevillette amie du membre
Déculottée pour mieux sauter
Me retremper à d’autres peaux
Malgré mes défauts ma faute et
Ma métamorphose en crapaud
Que m’avale un ogre ou me lèche
Une sorcière c’est tout comme
De tout bois d’amour je fais flèche
Depuis que m’a quittée mon homme -
La fin du Petit Chaperon Rouge
Catégories : Jocelyn Witz
J’ai jamais aimé ce conte.
Les grands-mères impotentes et grabataires, déjà, c’est à l’EHPAD direct, pas au fin fond de je ne sais quelle forêt interlope et mal desservie.
Deuzio, on n’envoie pas une fillette prépubère (même à capuche) affronter seule, sans arme, les bêtes sauvages et les répugnants bisous poilus de mémé.
Enfin, un loup réduit à dévorer des vieilles toutes desséchées alors qu’il a à sa disposition des chevreuils, des marcassins, des lapins succulents par centaines, excusez-moi, c’est pas crédible une seconde.
Qui s’est permis de jeter à la face du monde littéraire un tel tissu d’absurdités ?
Voici la véritable histoire du Petit Chaperon Rouge.
https://www.atramenta.net/lire/la-fin-du-petit-chaperon-rouge/102365
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Perle d’O n° 20
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’O, Quadrisyllabes (4)Aimée pourtant je l’aime aussi
Même s’il presse
Entre ses doigts le fouet de tresse
Je l’aime aussi
Il n’a qu’à dire Allons caresse
M’embrasse ici
Soulignant l’arc de mes sourcils
Avec tendresse
Je perds la clé d’autres soucis
Dès que se dresse
Celle qui branle à mon adresse
Je l’aime aussi
Fi donc des terreurs qui m’oppressent
Le cœur ainsi
À genoux toute ! elle durcit
Ma brute épaisse -
Apprentie sorcière
Catégories : Vers libresDevenir membre
c’est ainsi que je me rêve en frissons
tête haute
œil cyclope et larges épaules de pourpre
dressée sur mes ergots de sang
faisant corps avec la bête
centaure aux poils trempés de musc
remplissant ma propre bouche
mystérieusement
mon ventre jusqu’au fond jusqu’au cri déchirant
gonflée de cet orgueil de petit garçon
forçant pour m’immaculer
mille écumes aux lèvres de satin
deux fois heureuse
m’habiter
puis m’essuyant aux cuisses cingler ailleurs
vers d’autres mouillages éphémères
un jour oui j’entrerai dans la bande -
Le sillon
Catégories : Octosyllabes (8)Vous m’avez ravi un million
De baisers chauds me rendant prête
Trouvez trouvez-moi le sillon
Le sourire aux quatre lévrettes
N’attendez ! plus ne sursoyons
Vos lents atermoiements m’atterrent
Fendez fendez-moi le sillon
D’un glaive ou d’un soc volontaire
Ne me laissez pas vermillon
Lapine que votre œil envoûte
Écartelez-moi le sillon
Plus largement qu’une autoroute
Il n’est que temps que nous soyons
Un seul bel animal d’écume
Enfoncez-vous dans le sillon
Pour battre au cœur de mon enclume
Ah ! nos yeux nous les dessillons
Et l’immense avenir commence
Quand vous me comblez le sillon
De sang de rêve et de semence -
Perle d’O n° 185
Catégories : Octosyllabes (8), Perles d’OQu’on m’accorde le fouet de cordes
Paillarde aussi je me repais
De voir les tendrons qui se tordent
Quand vient mon tour de les frapper
Qu’on me l’attribue la cravache
Pour châtier céans quelque sœur
Chaque cri que je lui arrache
M’est un plaisir de connaisseur
Laissez je la battrai nue blême
Puis assécherai les sanglots
De cette identique à moi-même
Ligotée là pétale éclos
Oui m’accordez le fouet de cordes
Que je lui refasse un portrait
Et ses membres les désaccorde
J’aime quand ces tendrons se tordent
Qui me ressemblent trait pour trait -
Monde Vénus
Catégories : Vers libresÀ Francine Caron,
pour les mots vibrants que je lui ai empruntés…
Mon sexe intempéré
pesé du sang d’hommes et d’écume
gonflant ses voiles
sous le bouillon intime d’un désir
source
qui ne meurt jamais
Mon sexe aux ailes fripées
pays de pluie
à la dérive sur le ventre du monde
fend par son sourire
qui quête amériques
longs gratte-ciel à refondre
avant l’aube
Mon sexe brassé
embrassé éclaboussé
tiré des cartes du tendre viol
là où nul combat blesse
l’insondable
qu’ont léché les flammes à cœur à cri
Mon sexe clairière au dolmen
lavoir aux marches roses glissantes
qui se pénètre chandelle en main
soupirant
brillant dru les tertres sous la lune
couchant les herbes
crevassant la terre pour faire pousser les fleurs
Mon sexe lèvre
parlant éternellement les voluptés
du monde Vénus -
Devant l’entonnoir
Catégories : Octosyllabes (8), Quadrisyllabes (4)Plonger l’œil aux ténèbres rouges
Voir brasiller le désir quand
Couvent les ardeurs d’un volcan
Dont rien ne bouge
Défaillir devant l’entonnoir
Face à la faille ouverte immense
Se faire tendrement violence
Nue dans le noir
Chaque matin je te contemple
Et m’aime à m’érupter le sang
Quand ton sommeil m’offre indécent
Ton petit temple -
Éléments (bien) bâtis à protéger
Catégories : Jocelyn Witz
Un service trois-pièces comme on n’en fait plus !
Du travail à l’ancienne, souple et fonctionnel, d’un fini irréprochable.
Astiqué quasi quotidiennement à la main.
Dans la famille depuis toujours, transmis de père en fils et conservé avec le plus grand soin à l’abri des regards indiscrets.
Quelques salopes sans scrupule tentèrent bien de s’en emparer en promettant à son heureux propriétaire monts de Vénus et autres merveilles, mais elles restaient loin du compte.
Un trésor pareil, vous pensez…
https://www.atramenta.net/lire/elements-bien-batis-a-proteger/102249
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Perle d’O n° 162
Catégories : Décasyllabes (10), Octosyllabes (8), Perles d’OUn jour je quitterai la maison close
Afin qu’il m’offre à ses amis
Mais je resterai sienne il l’a promis
Toujours à lui toujours sa chose
Toujours son animal soumis
Un jour je porterai sur moi secrète
Quelque empreinte ou preuve à l’appui
Ma vérité pourra sortir du puits
À demeure et quoiqu’on me prête
Toujours son automate à lui
Un jour je m’ouvrirai désenfermée
Percée par d’autres tour à tour
Mais sa prise à jamais sa Pompadour
Sa favorite et mieux aimée
Toujours à lui toujours
Toujours


