Il suffisait que tu parusses
Pour que rampante à tes orteils
Et quelque honte que j’en eusse
Je redevinsse enfant qui suce
Ton ventre débouchée bouteille
Perlant les lents laits de Vénus
Que ton œil strict et dur errât
Sur mes chairs nues mes chairs soumises
Semblant dire Tu le paieras
Pour que je me changeasse en rat
En larve aux cruautés promise
Et que mon cœur y adhérât
Il suffisait que tu souhaitasses
D’une obscène sévérité
Me rappeler quelle est ma place
Pour qu’aussitôt putain pétasse
J’ouvrisse les fesses à tes
Caprices et les implorasse
D’un mot tu savais exiger
Ce qu’il est choquant que j’écrive
Car l’amour de toi me rongeait
Écartant morale et dangers
Un mot d’ordre une directive
Et je devenais ton objet
Ton pantoum dans mon haïku
-
Mon cœur abject
Catégories : Octosyllabes (8) -
Un pro sinon rien
Catégories : Heptasyllabes (7)Qu’un clinicien me dissèque !
Que me tire un artilleur !
Qu’un imam me croit sa Mecque !
Que me découse un tailleur !
Que me fouille un gars des douanes !
Que m’asperge un beau pompier !
Qu’un boucher goûte à ma couenne !
Qu’un chausseur soit à mes pieds !
Qu’un ex-sapeur me désape !
Qu’un psy tète à mes deux seins !
Que me palpe et lape un pape !
Que m’éventre un assassin !
Qu’un huissier de sa clé m’ouvre !
Que me fore un tunnelier !
Qu’un inventeur me découvre !
Qu’un costaud me voie plier !
Qu’un vieux fourreur me fourrage !
Que me rudoient deux doyens !
Qu’un soutier saoul me soulage
De ces ruts qui sont les miens
Dès que je suis au chômage ! -
Sont-ils tous ainsi ?
Catégories : Octosyllabes (8)Moi, m’habituer à être tuée,
Tout éventrée de par sa bite
Épaisse et forçant la trouée ?
Comment m’y faire, ô Aphrodite ?
Vois ! la gloutonne avait les yeux
Trop grand, la fente trop petite.
Moi, me soumettre à cet essieu
De fol acier qui m’écartèle ?
Sont-ils tous ainsi les messieurs ?
Je pleurniche et le supplie telle
La truie d’envoyer la purée,
J’oublie de quel nom l’on m’appelle.
Dieux fous ! combien sait-il durer ?
Qu’il dure et dure… ah ! qu’elle est dure…
Je crois que je m’habituerai. -
Sous le hennin
Catégories : ChansonPleine, ma pleine
Encore une ou deux semaines
À peine avant que perce ce rond giron
Mais nos amours resurgiront
Pleine, ma pleine
Ce bébé, la belle aubaine
T’enfle et confère à ta tournure épanouie
Un lustre illuminant nos nuits
Pleine, ma pleine
Mienne amie de Mytilène
Si je loue qui te rendit mûre à ce point
Qu’à jamais il demeure au loin
Pleine, ma pleine
Écoute la cantilène
D’une rêvant au rose de tes sillons
Dès que nous nous déshabillons
Pleine, ma pleine
Ma Vénus en porcelaine
Sens-tu mes doigts épris, mes doigts insolents
Égaler le vit des galants
Pleine, ma pleine
Ta beauté m’ôte l’haleine
Sans déranger ton heureux envahisseur
Je te ferai jouir en douceur
Pleine, ma pleine
Nul époux ne nous réfrène
Je suce le lait de tes longs mamelons
Dans le stupre nous pédalons
Pleine, ma pleine
Ta chatte, ô ma châtelaine
Lance à ma langue un appel ébouriffant
Et tu vagis telle une enfant
Vienne, ma pleine
Au jour ton grain de pollen
Fille ou garçon il vivra sous le hennin
Nourri d’arcanes féminins
Sur l’air de « Plaine, ma plaine »
(Armand Mestral, paroles de l’immense Francis Blanche) -
Telle une fille
Catégories : Heptasyllabes (7)Pour Alain
C’était un soir au milk-bar
Mon ventre perdit l’haleine
Quand jaillis du boulevard
Aux yeux brillants de phalènes
Ont déboulé deux loubards
Lors mes membres se crispèrent
Sur le drink je voulus fuir
Mais voici qu’ils me repèrent
Piaulaient leurs blousons de cuir
L’un se tripotait la paire
Salut baby tu nous r’mets
Moi j’avalai ma salive
L’autre paraissait camé
Ô mon cœur à la dérive
C’était celui que j’aimais
Très vite le feu m’emporte
J’aspire à des rocks barbares
Vacillant sous bonne escorte
On traversa le milk-bar
Mon camé m’ouvrait la porte
Cette nuit-là dans les ors
Les soieries de mon hôtel
Voyous épuisants trésors
Vous m’avez pris tiré telle
Une fille en jarretelles
Et lopé jusqu’aux aurores -
Celle aux seins ballants
Catégories : Octosyllabes (8)C’est dans la glace de l’armoire
Qu’à genoux le soir il me prend
L’espace s’y ouvre plus grand
Il me fait gémir en entrant
Et ma pupille en devient noire
Telle est sa frasque sa lubie
M’aimer ainsi face à moi-même
Voir comme ma joue vire au blême
La buée dessinant des poèmes
Autour de mes lèvres rubis
Il nous pine et j’ai peine à croire
Que mon jouir soit aussi brûlant
Que l’autre celle aux seins ballants
Qui se donne avec tant d’allant
Là dans la glace de l’armoire -
À la guerre comme à la guerre
Catégories : Jocelyn WitzN’écoutez pas les ragots !
En vérité, celui qu’on a surnommé Barbe-Bleue n’avait rien du psychopathe sanguinaire qui trucide des nanas comme on respire. C’était au contraire, sous ses dehors de soudard à bedaine, un garçon sensible et très épris. Presque un gentleman.
À peine osa-t-il jouer un beau matin à sa jeune épouse un tour plein d’espièglerie. Et encore était-ce avec les meilleures intentions du monde. Doit-on lui jeter la pierre sous prétexte que les choses ont un peu mal tourné ?
Non, oubliez la version délirante et calomnieuse au possible de ce con de Charles Perrault. Voici la véritable histoire de Barbe-Bleue (et de sa femme).
https://www.atramenta.net/lire/a-la-guerre-comme-a-la-guerre/100885
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Aux profondes Brocéliandes
Catégories : Heptasyllabes (7)J’aime les filles d’ailleurs
Leur regard bardé de khôl
La lèvre au pli batailleur
D’où leurs baisers dégringolent
Les nanas venues de loin
Qui dévoilent au hammam
Un ventre sentant le foin
Une chaude odeur de femme
J’aime les filles d’ailleurs
Dont les mains vous parlent vite
Usant d’idiomes meilleurs
Et pressés de néophytes
Le miel jusqu’à leurs pieds nus
Coule coule et les rend suaves
Leurs seins corsent le menu
D’un fruit noir dur comme lave
J’aime les filles d’ailleurs
Aux profondes Brocéliandes
Où vit avide et bailleur
Leur sexe aux rebords de viande
Contre leur peau je deviens
L’animale aux sueurs premières
Reptile antédiluvien
Créature à la charnière
J’aime ces femmes d’ailleurs
Aux spasmes si réussis
Si passionnés et d’ailleurs
J’aime leurs maris aussi -
Cendre les corps incandescents
Catégories : Octosyllabes (8)L’amour naissant l’amour blessant
Cirque toujours recommençant
La résistance est inutile
Il te saisit foudroie ton sang
Cendre les corps incandescents
Volent au vent où s’en vont-ils
L’amour soulève ô l’amour crève
Ton ventre innocent de nacre Ève
Il te recrée te reconçoit
T’emporte et te noie loin des grèves
Que de ravage après la rave
Vagin gisant rouge hors de soie -
Lueurs d’amour
Catégories : Octosyllabes (8)La fuite sourd tant va la cruche
Allô qui est à l’appareil
Silence mordant les oreilles
Dans l’ombre des jalousies veille
La vieille à l’estomac d’autruche
Au cou des coupables se pend
Une rumeur qui les emporte
Loin d’elle On baise entre deux portes
De blancs mensonges en cohortes
Glissent partout leurs doigts rampants
L’amant lui sème et n’en a cure
Des copeaux de rêves gâchés
Des aveux en papier mâché
Des sentiments mal harnachés
Qui voient s’emballer la voiture
Garder le cap et l’appétit
Tant pis si pissent l’eau les vases
Aux larmes citoyens Ça jase
Qui dit prises de bec de gaz
Dit lueurs d’amour abêti -
Après ça tout avaler
Catégories : Heptasyllabes (7), Tétradécasyllabes (14)Mon œil brille de luxure et de foutre mon visage
Quoiqu’affichant une moue aguichante d’enfant sage
Ai-je assez bu de saké
Béante ma bouche est pleine où ma langue gesticule
Comme noyée dans un blanc lac de jus de testicules
Les gars ont mis le paquet
À genoux je m’offre pute en rut nue enfermée toute
Entre trente hommes frottant leur pine afin qu’elle ajoute
Sa gougoutte à ma becquée
Les nanas font bande à part Une jalouse sanglote
Mais je vois d’ici qu’elle a aussi mouillé sa culotte
Y a de quoi s’estomaquer
Je m’astique en douce car que voulez-vous ça m’excite
D’être au centre d’une sarabande de raides bites
Jouant à ne pas me niquer
Mais le jeu s’achève et les burettes sont quasi sèches
Après ça tout avaler Oh pourvu qu’ils se dépêchent
Je commence à suffoquer
On me tire le portrait en couleur On m’encourage
Mon œil brille de luxure et de foutre mon visage
C’est la soirée bukkake -
Garçons, l’addition !
Catégories : Octosyllabes (8)Vite un vit ou je me recuite
Mon cul trime et fait les trois-huit
Le temps est un cheval en fuite
Le boule à zéro des ascètes
À d’autres ! j’ai mes cinq-à-sept
Mes doubles six et mes fixettes
À couper les espoirs en deux
Qu’a-t-on jamais retiré d’eux
Le temps est un chemin merdeux
Du vin ! venez divins cousins
Me mettre en quatre au magasin
Posant neuf vits j’en retiens un -
Sœur vagabonde
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)À Manon prise encore à se mouiller les doigts,
La mèr’ sup’ dit : « Quittez sur-le-champ notre toit !
Cherchez de par le vaste monde
Un but plus altruiste et qui plaise au bon Dieu,
Sauvez des âmes en sauvant la vôtre. Adieu,
Je vous nomme sœur vagabonde. »
Après avoir versé les larmes de son corps,
Manon imagina un challenge en accord
Avec à la fois ces consignes
Et son propre besoin de se faire enfiler :
Ramener l’égaré, l’homosexuel dans les
Honnêtes clous, la droite ligne.
La novice, enfilant un habit de putain
En place de la bure, en convainquit plus d’un
Par ses arguments imparables ;
Se bousculant au seuil de son appartement,
Quelque mille invertis, tour à tour ses amants,
Vinrent lui sauter sur le râble.
Ce puissant sacrifice — il convient sans détour
De l’avouer — ne pesa sur le monde pas lourd ;
Sitôt niquée la jolie nonne
(D’ailleurs, en général, par l’antre défendu),
Les homos refoutaient d’autres hommes perdus,
La laissant là comme une conne.
La mèr’ sup’ au couvent reprit bientôt Manon,
Craignant qu’elle se fît faire un enfant sinon,
À tant se donner de la peine ;
La branleuse, ravie de retrouver ses sœurs,
Et partageuse, au fond, leur offrit ses douceurs :
Elle était devenue lesbienne. -
Brève idylle au XXXIᵉ siècle
Catégories : Jocelyn WitzGrâce au ralentisseur métabolique, Moon et son père enjambent les siècles, fuient à travers le temps, espérant échapper à la folie guerrière de leur époque. Trouveront-ils finalement une ère de paix ? Et, dans l’immédiat, un homme de l’an 3000 et quelques s’est-il réellement introduit dans leur abri anti-atomique ?...
Première publication dans mon recueil de nouvelles intitulé Évolution(s), N’co éditions, 2021. Prix Bob Morane 2022.
En lecture libre ici :
https://www.atramenta.net/lire/breve-idylle-au-xxxi7497-siecle/100773♥
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Surfait
Catégories : Hexasyllabes (6)On a beau changer d’homme
C’est plus le même effet
Le chemin mène à Rome
Et fade est le café
Adieu contes de fées
Je les choisis solides
Endurants bien briefés
Un arbre au bas du bide
Mais le sexe est surfait
Adieu contes de fées
On a beau leur offrir
De la fente à bouffer
Certains ça les fait rire
Ces foutus empaffés
Adieu contes de fées
J’ai essayé les filles
Mais hélas c’est un fait
D’un mec à la cheville
Arrive une meuf et
Adieu contes de fées
On a beau changer d’homme
Ouvrir grand le buffet
Leur crier mets la gomme…
Adieu contes de fées
De mensonges truffés -
Véritable puits
Catégories : Pentasyllabes (5)Où faut-il que j’aille
Voyez comme il baille
Mon petit pertuis
Véritable faille
On voit mes entrailles
Véritable puits
Il me rend frivole
Se cherche une idole
Le jour et la nuit
Mais chacun rigole
Et bien peu le violent
Même on m’éconduit
Où faut-il que j’aille
Presque je défaille
Des vouloirs de lui
Je supplie je braille
Tant il me travaille
Véritable faille
Véritable puits -
Un beau salopard
Catégories : Octosyllabes (8)Virée mon mari m’a virée
Vous trouvez pas ça un peu raide
Chers amis j’en appelle à l’aide
En plus ma robe est déchirée
Virée larguée mise au rancart
Foutue dehors après pendant
Trois ans m’avoir foutue dedans
Vous parlez d’un beau salopard
Bon d’accord OK pour les courses
Et passer l’aspi j’étais nulle
Tandis qu’il bosse au fond je bulle
Mais j’excelle à vider les bourses
Virée ou pas moi j’ai viré
Tout l’argent sur un compte à part
Je vais prendre un nouveau départ
Ce con j’en ai rien à cirer
Comme une merde il m’a virée
Pour un peu j’en deviendrais folle
Il faut que quelqu’un me console
Venez tous on part en virée -
La mauvaise graine
Catégories : Hexasyllabes (6), SonnetSorcier tu me subornes
Chaque soir on descend
Plus bas dans l’indécent
En dépassant les bornes
Innommable cochon
Dont le poison la graine
Mauvaise au fond m’entraîne
Sitôt que nous couchons
Je te hais tu m’envoûtes
Je pense tout le temps
À ton vit qui dégoutte
Pervers monstre va-t’en
Je te tuerais sans doute
Si je jouissais pas tant -
Connexion illimitée
Catégories : Heptasyllabes (7)Qu’il se nomme Ali ou Sam
Kurt ou Caleb que m’importe
D’un clic il ouvre ma porte
L’inconnu de la webcam
Souvent je suis déjà nue
On se regarde haut débit
Puis il tombe les habits
Dresse une tige charnue
Je lui lance Hello I am
Cute isn’t it et l’aimante
Par mes façons infamantes
L’inconnu de la webcam
On se touche afin que puissent
Monter du bonheur les crans
Je fixe des yeux l’écran
En écartant bien les cuisses
Il me dit toujours Madame
Seul mot de français qu’il sache
À mon gémir il se lâche
L’inconnu de la webcam
Aucun risque d’amour Notre
Jouir est sans désillusion
Chaque fois la connexion
Zappe et m’en propose un autre
Qu’il habite à Amsterdam
Ou même au bout de la terre
Il me rend moins solitaire
L’inconnu de la webcam -
Un prince indifférent
Catégories : Octosyllabes (8)J’attends
J’attends qu’il me sourie
J’attends qu’il me prenne les mains
J’attends mouillée de rêveries
J’attends la nuit le lendemain
J’attends qu’il me voie me regarde
J’attends de fondre dans ses yeux
J’attends le sein planté d’échardes
J’attends morte les joues en feu
J’attends qu’il me fasse renaître
J’attends qu’il me fasse un enfant
J’attends j’attends qu’il soit mon maître
Tâtant et prenant les devants
J’attends et mon ventre s’enflamme
J’attends le désirant des doigts
J’attends je l’attends le réclame
J’attends sa chaleur et son poids
Au bois dormant j’attends sans cesse
J’attends un prince indifférent
J’attends sang bouillant de princesse
J’attends mon cœur est un tyran
J’attends tant pis si je halète
J’atteins le point de non-retour
A-t-il ou non levé la tête ?
J’attends
J’attends
J’attends son tour