Voilà le bouche-trou
Dont mon cœur est avide
Il me comble impavide
Surtout la bouche : écrou
De son amour turgide
Bouche-à-bouche jamais
Juste il me remplit toute
Murmurant Ma louloute
À genoux yeux fermés
Qu’au clapet je te foute
J’aime tant ce sagouin
Avant j’étais si vaine
Prête à m’ouvrir les veines
Vrai ça m’en bouche un coin
Que son membre me prenne
Mais bientôt peu ou prou
Il me gicle l’infâme
Ô ravaler mes larmes
J’étais le bouche-trou
En attendant sa femme
Hexasyllabes (6)
-
À genoux yeux fermés
Catégories : Hexasyllabes (6) -
Dur comme avant personne
Catégories : Hexasyllabes (6)Étendues dans le blé
Ensemble elles frissonnent
Sous l’assaut des teubs les
Perçant ô polissonnes
Au ventre dédoublé
Car pinée sous les nues
Chacune sait que sa
Copine est saoule et nue
De défoncez-moi-ça
Et d’ardeur ingénue
Ailleurs à la villa
Le monde les réclame
Mais lorsque le vit la
Perfore quelle femme
Se soucie des prélats
Oui toutes deux frissonnent
Le ventre écartelé
Dur comme avant personne
Bourré de bites les
Perçant ô polissonnes -
Un rien m’effrène
Catégories : Hexasyllabes (6)Puisqu’au doux nom de Roy
Tu réponds je suis reine
Tu porteras ma traîne
Je fais de toi mon boy
Caressant mes migraines
Mon ventre de sirène
D’un massage au monoï
Et comme un rien m’effrène
Viens-t’en que je te prenne
Munie d’un long sextoy
En fibre néoprène
Au galop vers l’Ukraine
Jolie lope ô cowboy -
Direct au buffet
Catégories : Hexasyllabes (6), SonnetDentelles qu’on découd
Violence aux voies de fée
Ô s’ouvrir sous les coups
Avoir le corps défait
Qu’on la pousse à la faute
L’agressée se dépiaute
Se fend les commissures
Mon ventre et sa blessure
Vit sur la brèche et saute
Au vit de qui susurre
Je me pendrai au cou
Si l’on veut m’agrafer
Brandissant un six-coups
Ô direct au buffet -
Sex happenings
Catégories : Hexasyllabes (6)Madone des parkings
Sur le béton tirée
Avalant la purée
Au pied des grands buildings
Mouche aux yeux qui s’effarent
Insecte que les glands
Épinglent pantelant
Dans la lueur des phares
Fée se calant les durs
De la cité voisine
Qui un à un l’usinent
Au capot des voitures
Humide agrume rose
S’ouvrant pour pas un rond
Sac à foutre et fleuron
De nos banlieues moroses
Par tes sex happenings
Ô majestueuse ô caille
Tu gommes la grisaille
Et le froid des parkings -
Nos grisants tord-boyaux
Catégories : Hexasyllabes (6)D’un palais délicat,
Je snobe vos vodkas,
Préférant la menstrue
Des bougresses des rues ;
Pour les whiskys, les gins,
J’ai la langue trop fine ;
Rien ne vaut le kummel
Violent qu’une femelle
Malpropre et repue d’hommes
Pisse : c’est là mon rhum,
Mon tafia, mon genièvre :
Je m’en rince les lèvres,
M’en gargarise, m’en
Salope éperdument ;
Oh ! foin de vos absinthes !
Chaque soir, je prie sainte
Ermentrude la folle
De me verser l’alcool
Abject, odieux, maudit,
Le fabuleux brandy
Coulant du con des grues,
La rincette incongrue
Que je lampe à genoux,
Le pif en leur minou
Dégueulasse, aux aurores,
Dans les fumées du port…
Puis, titubant, je vais,
Sans même me laver,
Rejoindre un époux ivre
Qui, lui aussi, sait vivre,
Puisqu’il boit de bon cœur,
Tète au vit la liqueur
De vieux curés maniaques
(Chacun son armagnac) ;
Et, nos sanglots baveux
Échangeant leurs aveux,
Nos mains à nouveau moites,
Nos bas-ventres s’emboîtent…
Ah ! non, gardez vos vins !
Vous nous offrez en vain
L’arak et le pastis,
Pure eau face à nos vices
Avilissants, royaux,
Nos grisants tord-boyaux. -
L’envie maousse
Catégories : Hexasyllabes (6)Ta tignasse à la chien
Ta chaude odeur de rousse
Ton boule à va-et-vient
M’ont mis l’eau à la trousse
Jolie gosse es-tu gousse ?
Tes nichons plein d’élan
M’ont flanqué des secousses
Ton œil étincelant
M’allume un feu de brousse
Dis mignonne es-tu gousse ?
Ah ! te bouffer l’oursin
Ah ! lécher ta frimousse
Et baver sur ton sein
Sentant bon la cambrousse
J’en ai l’envie maousse
Mais tu t’enfuis gloussant
Tandis que se trémousse
Ton prose incandescent
Tu vas suçant ton pouce
T’ai-je filé la frousse
À ce point jolie gousse ? -
Petit je
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Mon je s’aime à tous vents
En attendant l’autre de pluie
Je sillonne pour lui
Ce nuage au ventre crevant
Mon je dépressionnaire
Dévale et fournit son aval
Aux sanglots qu’il ravale
En attendant son partenaire
Petit je qu’on défend
Aux enfants dont les envies croissent
Sans moi moi j’ai la poisse
Les doigts dans mon ventre crevant -
Vice et service
Catégories : Hexasyllabes (6)Foutu fauteuil roulant
Enjamber ta béquille
Et fondre en empalant
M’asseoir un truc de fille
Infirmière en cheville
Vice et service entier
Chez ce mec à roulettes
Raide encore à moitié
Assez pour qu’on halète
Infirmière à branlettes
L’impersonnel soignant
À d’autres ! j’invalide
Ses maux les empoignant
Transfusant les liquides
Infirmière ô torride -
Jouez ! Sonnez !
Catégories : Hexasyllabes (6)Muse ô comme il t’encorne
Et t’enfle le biniou
Tu sais plus quand ni où
Il fait sauter les bornes
Rejoint les happy few
Muse ô le pal musette
T’usera tôt le sac
Et l’on verra tout secs
Les tuyaux du poète
Mec épuisant et fake
Muse en attendant chante
Jouez sonnez au bois
La bourrée pleine voix
Muse ô sois pas méchante
Souffle encore une fois -
Perle d’O n° 85
Catégories : Hexasyllabes (6), Perles d’OAccepter n’était rien :
Quelle O jamais refuse
Qu’on la couvre de liens,
Qu’on s’empare et mésuse
D’elle en fauve, en vaurien ?
Dire oui ? La belle affaire !
Pouvais-je émettre un non
Quand leurs quatre yeux de verre,
Braqués comme un canon,
Me promettaient l’enfer ?
Consentir ? Oh ! si peu…
Juste à rouvrir la boîte
À mes désirs râpeux,
Ravoir le ventre moite
S’emplissant tant qu’il peut.
Dire oui m’était aisé :
J’acceptai par la force
De ces visions retorses
Cachées sous mes écorces
Et jamais apaisées. -
Fouette cocher
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)Faire une croix sur mes devoirs
Et mes futurs à engendrer
Dans la chambre face au miroir
Faire une croix de saint André
Je voudrais vous y voir
J’ai coché les flèches une à une
Que le désir m’a décochées
Sacrifié fortune après thune
Voulant jouer à fouette cocher
Pour aller dans la lune
Puis déchaînée j’ai déboulé
Sus aux bonshommes à recadrer
Tordants leurs membres de poulets
Sur cette croix de saint André
Le cœur aux pieds foulé -
Le tricotin (chanson paillarde)
Catégories : Chanson, Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6)Elle croisa l’abbé
En voulant enjamber
La rivière un beau soir
À deux pas du lavoir
L’aida-t-il à charrier
Son linge encor mouillé
Manon lui souriait
Gentiment sans savoir…
Qu’il avait le tricotin sous sa bure
Des fois, quand même on voit rien, ça carbure
Il avait le tricotin sous sa bure
Et Manon ne s’en apercevait point ah ah !
Aux abords du village
Les voilà tout en nage
Le bon moine ahanait
Saignant un peu du nez
Alors la lavandière
Tirant de par derrière
Une jupe incendiaire
Vint le lui tamponner…
Il avait le tricotin sous sa bure
Et aussi pas mal de pensées impures
Il avait le tricotin sous sa bure
Et la belle s’en aperçut soudain ah ah !
Je ne vais pas vous dire
Ce jour-là ce qu’ils firent
Voilons pudiquement
Les jeux de nos amants
Mais une chose est sûre
Dès qu’un drôle à tonsure
Au prieuré murmure
Le doux nom de Manon…
L’abbé a le tricotin sous sa bure
Un machin aussi dur qu’Excalibur
L’abbé a le tricotin sous sa bure
Et Manon vient le voir tous les matins ah ah !
L’abbé a le tricotin…
ad lib. -
Histoire d’une nana au poil
Catégories : Hexasyllabes (6)Toute nue sous ses voiles
Elle avait chaud l’été
Cette nana au poil
Grassement moquettée
Sitôt que sa fourrure
Ô ses pilosités
Si touffues m’apparurent
J’en fus tout hébétée
Kiffant les amours zarbs
Je voulus mettre en nage
La jolie femme à barbe
Sous son soyeux pelage
Épaisse à la culbute
Dans des rousseurs mohair
Sa vénusté hirsute
Avait tout pour me plaire
Romantique à tout crin
Je la sortis à Londres
Mais un Anglais chagrin
L’attira pour la tondre
Adieu nana au poil
Grassement moquettée
Glabre je suis restée
Triste jusqu’à la moelle -
Perle d’O n° 196
Catégories : Alexandrins (12 pieds), Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OIl dit ce que je suis
Ce nouvel affront je l’essuie
Et ces ardents regards je les affronte
Sans trêve pour autant d’âpre amour et de honte
Il dit montre tes seins
Candeurs chamarrées du dessin
Lilas qu’a là griffonné la cravache
Vite ouvre ce corsage ou sinon je me fâche
Il dit viens là catin
J’en rougis sous mon fond de teint
Messieurs jusques au soir je vous la laisse
La sachant se prêter aux plus rêches caresses
Sent-il que l’horizon
De ma servilité touche à la déraison
Lorsqu’il dit que je suis la prostituée
La miss au diapason
À complaire à tous habituée ? -
De nul appartenue
Catégories : Hexasyllabes (6)Un jour je serai nue
Habitée d’envies veuves
Bête que nul n’abreuve
De nul appartenue
Un jour vacante et creuse
Dans un soupir énorme
Je reverrai les formes
Qui me rendaient heureuse
Graine oubliée des meules
Peau laissée par la mue
Sang que nul ne remue
Un jour je serai seule -
Perle d’O n° 57
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÀ la niche O levrette
Digne seulement des donjons
Ce pelage allongeons
À même le sol qu’on nous prête
Terre battue d’envies secrètes
À la niche O chaînon
Manquant d’entre animal et fille
Au pain sec les chevilles
Entravées nous nous entraînons
À ne dire plus jamais non -
La vie jusqu’au vertige
Catégories : Hexasyllabes (6)Cueille mon écureuil
Les glands et les noisettes
Lance les épuisettes
Déjà l’été s’effeuille
Enfilant sa nuisette
Lisse mon écureuil
Les poils de ta fourrure
Et lustre à toute allure
L’antre en te rinçant l’œil
Dans quelque flaque impure
Ronge mon écureuil
Tout l’hiver tes dépôts
Ces brûlants oripeaux
Qui franchissaient le seuil
Et te trouaient la peau
Cueille mon écureuil
Te rembourrant de tiges
La vie jusqu’au vertige
Suffit que tu le veuilles
Ô cueille encor te dis-je -
Maman lesbiche
Catégories : Hexasyllabes (6)Sans doute qu’c’est du vice
Et qu’mon vieux cœur s’égare
Mais au premier regard
J’ai eu envie d’un kiss
J’kiffe la meuf à mon fils
Son body s’échancrant
Sans tambour ni trompette
M’fait pivoter la tête
Au lieu d’zyeuter l’écran
J’mate la môme à mon grand
Elle en garce avertie
Me frôle dans les couloirs
Au dodo m’dit bonsoir
Ah j’en perds l’appétit
J’guigne la greluche au p’tit
J’lui propose des biff’tons
Rien qu’pour une heure au page
Elle pousse au dérapage
Voire même à la baston
La drôlesse au fiston
C’est limite inhumain
Moi la maman lesbiche
Trébuchant sur l’chemin
À tout bout d’champ j’m’entiche
Des copines au gamin -
Perle d’O n° 50
Catégories : Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8), Perles d’OÔ élargissement
Tige dedans courroies ceinture
Me font incessamment
Béante l’intime ouverture
À lents gémissements
Mes entrailles à capsuler
Accueillant l’instrument
Vibrent d’opprobre écartelées
Et ces vits s’affirmant
Me desserrant indubitables
Prennent tout doucement
Des épaisseurs de pied de table
Moi pleine à tout moment
De desseins durs à me distendre
Otage des tourments
Pantin d’un attachement tendre
Ô avilissement
Chacun loufiat ou fille ou maître
Mesure indécemment
Quel calibre âpre me pénètre
Et m’élargit le fond de l’être


