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Vers libres - Page 2

  • Toujours vomissant la lumière

    Catégories : Vers libres

    Ma fente a bercé l’aube
    Englouti des peut-être
    Rêvé en s’ébrouant
    Rompu des lances et des lances
    L’insensée
    Avec des adversaires
    Beaucoup plus râblés qu’elle

    Elle n’a ni passé ni sommeil
    Tout est neuf
    L’œuf
    Brille pareil à la pluie
    Ma fente splitte
    Schize à mort et sans remords
    Ouvre un œil de poisson polisson
    Cherche à s’emparer du germe de demain
    Qu’elle poussera
    Poussera à la faute

    Ma fente est grave
    Parfois rieuse
    Toujours vomissant la lumière
    Crachant l’âme des poumons du monde
    Calcinée ma fente grotesque
    Proteste
    En redemande
    Mille liens cendrés de sang
    Cent mêlées de mâles
    Cinglée de sangles et d’ongles sales
    J’ai peur pour elle
    Ma fente a perdu l’esprit
    À miauler ses romances visionnaires
    Au front des foudres jaunes

    C’est pas raisonnable

    Ma fente en rajoute
    Saute un peu vite aux conclusions
    A bercé l’aube vomi la lumière croqué un bout du soleil levant
    Impatience…

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  • Envoyez le jus !

    Catégories : Vers libres

    Les hommes je m’en fiche
    Un ici
    Un autre là
    Plus si affinités grande et belle forme jour faste
    Si le courant passe entre nos atomes crochus
    Si des câbles et des câbles se déroulent en souplesse
    En tension
    Froissements soyeux joyeux fusibles
    Prise mâle prise femelle
    Prise en sandwich
    Éprise éprise à maintes reprises
    Le doigt déjà sur l’interrupteur
    Envoyez le jus

    Condamnée toute petite à la fichaise
    Électrique
    Les hommes je m’en fiche
    Plusieurs à la fois
    Tout le temps
    À la centrale je suis juste un numéro
    Une ampoule qui clignote
    Circulent s’enculent les particules élémentaires et me délivrent
    De quoi j’ai oublié
    Ô nous machines inertes
    Nos âmes à jamais déconnectées du monde
    Augmenter le rendement éviter les pertes en ligne
    Guetter la panne éventuelle
    Ventiler recharger décharger pomper
    Booster
    Ne jamais perdre le contact
    La foi le fluide l’espoir l’envie féconde génératrice
    Sauter les repas
    Fondre les plombs fondre en larmes
    Aimer l’ombre pour elle-même
    Et dans l’ombre suivre l’arc ou le faisceau ionisé
    Nos compteurs presque morts qui défilent
    Défient les chiffres de l’impossible
    La foudre a dû tomber
    C’est ce qu’ils se diront à la station relais
    Quand ils verront se dessiner nos sinusoïdes folles
    Alternateurs malades d’amour

    Oui les hommes je m’en fiche
    En circuit fermé nos sens tournent en rond
    Nos yeux se renvoient les étincelles
    L’air sent l’ozone
    Et ça crépite et fume aux points de jonction
    Où chaque effet de seuil nous propulse plus haut encore
    Rien qu’eux et moi
    Cosmos de poche
    Physique des hautes énergies

    Les hommes je m’en fiche
    Bien profond
    Sans combinaison protectrice ni caoutchouc
    J’ai déchiré le revêtement isolant
    En gémissant le curseur remonte lentement l’échine du potard
    S’épousent nos enroulements de cuivre
    Déjà chauds brillants parcourus de frissons
    T’en fais une drôle de bobine
    Et le murmure s’élève
    Vrombissement sourd des forces fondamentales
    Déferlant depuis l’autre rive de l’univers
    Depuis le temps d’avant le temps d’avant les hommes
    Promesse d’un prochain big bang
    Claquez la langue ô disjoncteurs !
    Shuntez ô chant des résistances !
    On risque gros
    Tout faire péter n’importe
    Accrochez-vous les garçons
    Pleine intensité
    Puissance maximale
    Surtension
    TILT !

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  • Le digicode je m’en souviens

    Catégories : Vers libres

    Je viens !
    Réserve-moi tes pétales intacts
    Une joie neuve et bien en chair

    Tu m’appelles je viens
    Je t’ai cueilli un long serpent de baisers
    Il rampera sur ta peau
    Rampera si vite que jamais tu ne pourras le rattraper
    Si lentement que le Temps lui-même cessera de nous battre aux tempes
    Et noiera son chagrin dans l’éternité

    Je viens
    Tu m’attendras plus lumineuse que la nuit
    Plus scintillante que l’hiver aux dents sales qui nous a éparpillées

    Oh oui putain je viens
    Ventre à terre me vautrer contre ton ventre
    Le digicode je m’en souviens
    Ta scandaleuse beauté je m’en souviens
    Mes doigts n’ont rien oublié

    De toutes mes pattes plus ou moins épilées
    De toute ma solitude à crever ma libido j’accours vers toi
    Je te ferai gémir crier mourir rêver
    Je te ferai tout
    Comme autrefois tu seras celle nonchalante que l’on butine et moi
    Moi
    Je serai la pluie d’orage qui te laissera rouge et trempée
    La griffe qui t’ouvrira comme un fruit

    Je viens
    Seule
    Si seule
    Bientôt seule avec toi Sarah
    Bientôt te pénétrant pour me fondre en toi
    Et disparaître
    M’ancrer sous ta peau quelque part
    Ne plus jamais refaire surface

    J’en viens à ne plus trop y croire
    Tu seras là ?
    Bien vrai ?
    Réserve-moi tous tes pétales
    Une joie neuve
    Le digicode je m’en souviens

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