La nuit, dans la cité qu’étourdit le silence
des parkings oubliés et des hauts murs de craie,
habitées d’un désir immense,
les vierges remuent leurs secrets.
Chemise de coton, ventre et slip aux tons blêmes,
quelque part un cri sourd qu’on ne reconnaît pas…
chacune rêvant à celui qu’elle aime,
les vierges ont le cœur qui bat.
Poèmes troubles, chansons d’ombre
rampent sous le drap rose et parlent de chaleurs :
les autres gens jouent des drames sans nombre,
mais les vierges cachent le leur.
Patientes et moites, les vierges
yeux de miel, antre ouvert au sein de la cité
endormie, les tétons durs, excités
comme des verges,
— les vierges restent sur la berge,
toute la nuit, du ventre inhabité.
Les vierges
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