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  • J’aime un galop

    Catégories : Octosyllabes (8)

    D’un membre à l’autre mon œil erre,
    Jaugeant ce que la mèche vaut :
    D’aucuns, montés tels des chevaux,
    Me font palpiter les œillères.

    Fouettez mes sens, hardis cochers !
    Postillons, crachez vos salives
    Droit dans cet œil à la dérive !
    Pas question de le rempocher.

    Parmi vous, ceux qui m’étrillèrent
    Savent combien j’aime un galop
    Mouillant ma robe, ô, jusqu’à l’eau,
    Tant je me sais fringante et fière.

    Jurez ! Insultez-moi, ruffians !
    Décochez-moi les mots qui fâchent !
    Plus vous cinglez à la cravache
    Et plus je vais me liquéfiant.

    Jument chaude à l’ample crinière,
    Aux reins fermes, au beau jarret,
    Je piaffe aussitôt qu’effaré
    D’un membre à l’autre mon œil erre…

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  • Envies cavalières

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Aux crins lécha leur palefroi
    Mon œil emmouillé par les troupes
    Le jour où tu m’as prise en croupe…
    Ô, crains les chaleurs, pas le froid !

    Fleurant ces lents vits qu’avale hier
    Des preux et galants paladins,
    Frottait ma lampe d’Aladin,
    Fleur en selle — envies cavalières !

    Aux crins câlins, bel ange, fi ! L’
    Amour me traîne à leurs genoux ;
    Fond, perle mon ventre et se noue…
    Ô, crains qu’à l’un, bêlant, je file !

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  • Graine d’ogresse

    Catégories : Quadrisyllabes (4)

    Flirt carnivore
    Tu prends les mouches
    Au bouche à bouche
    Et les dévores

    Lionne et dionée
    Plante animale
    Avide et mal
    Intentionnée

    Flirt insatiable
    Tes poils poissés
    Jamais assez
    Ne passent à table

    Goule indolente
    Tu nous fais choir
    Sous tes mâchoires
    Puis nous violentes

    Flirt à rejet
    Dès qu’on t’effleure
    En moins d’une heure
    L’âme est mangée

    Graine d’ogresse
    Tu t’incorpores
    Les autres corps
    Avec ivresse

    Flirt de bitume
    Rôdant aux squares
    Gavée d’histoires
    Déjà posthumes

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  • Sur la photo

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Doriane aurait dû se méfier : même les Papous des tribus les plus reculées savent que la photographie capture l’âme du modèle.

    Et la restitue.

    Avec les poils et tout.

    https://www.atramenta.net/lire/sur-la-photo/105212

     

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  • Sexe à gérer

    Catégories : Décasyllabes (10), Pentasyllabes (5)

          Quand j’ai bu j’abuse
    Chienne hallucinée j’aboie comme un trou
    Appelle à ces vices où je suis l’écrou
    Pour vingt avinés m’abreuvant la buse

          J’enfle quand j’ai bu
    Éponge absorbant le mousseux la goutte
    Grimpant les degrés rien ne me dégoûte
    Ça fuse et ça sabre en mes attributs

          Quand j’ai bu je pousse
    Au crime amoureux les intempérants
    Pochtrons dont j’extrais l’âme en soupirant
    Au mépris que leur pichet m’éclabousse

          J’outre quand j’ai bu
    Regrossis les traits les revide ô l’outre
    Pompe avide écluse à partout s’en foutre
    J’étais pourtant pas soiffarde au début

          Quand j’ai bu je roule
    Sous la table avant d’avoir digéré
    Ces fourbes excès de sexe à gérer
    Qui me font fondre et m’imbiber des foules
    Quand j’ai bu j’abuse et baise et m’écroule

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  • Belle des joncs

    Catégories : Chanson

    Tu t’envoies des messieurs de tous les âges
    Qui t’éclatent le panier, belle des joncs
    On t’éjacule au bide ou au visage
    Fourrée de la tête aux pieds, belle des joncs

          Tu s’rais pas la plus cochonne de Bayonne à Dijon ?
          Cochonne chonne chonne, dis, belle belle des joncs

    Exprès tu t’adonnes au covoiturage
    Avec dix hommes ou bien vingt, belle des joncs
    Qui t’enfilent au milieu des pâturages
    Sous l’œil tout rond des bovins, belle des joncs

          Oh putain tu te donnes, ça tu te donnes à fond !
          Tu donnes donnes donnes tout, belle belle des joncs

    Tu tombes aussi parfois sur des sauvages
    T’alpaguant par les naseaux, belle des joncs
    Pourtant t’es jamais déçue du voyage
    Puisque soumise et maso, belle des joncs

          Sitôt qu’un gars te l’ordonne, t’écartes les jambons !
          Pas nonne nonne nonne, ça non, belle des joncs

    Ta teuch ressemble à un vrai marécage
    Alors un slip à quoi bon ? belle des joncs
    Les bourgeois, les curés, tu les outrages
    En leur léchant les bonbons, belle des joncs

          Oh t’es trop bonne, attends-moi, j’veux brouter ton bourgeon !
          T’es bonne bonne bonne, ma belle belle des joncs

    Mais tu restes hétéro, c’est bien dommage
    C’est leur queue que t’aimes mieux, belle des joncs
    S’il est blanc, s’il est crémeux, leur fromage
    Tu t’en mettrais jusqu’aux yeux, belle des joncs

          Eh dis voir, tu m’en donnes un p’tit peu ? Partageons !
          Donne donne donne, dis, belle belle des joncs

    Lalalala…

    Sur la musique de l’excellent Gotainer :

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  • Suave procédure

    Catégories : Heptasyllabes (7)

    Ô ferme les yeux Justice
    Sur ces liens que Vénus tisse
    Sitôt que le soir descend
    Mes doux maris se font cent
    Défonçant tout interstice

    Ces gémirs près du parquet
    Ce pleur intime extorqué
    Par leur désir je l’endure
    Longue et suave procédure
    Dont mon corps se sait marqué

    Ô ferme les yeux Justice
    Sur ces liens que Vénus tisse
    Seul l’usuel ou le banal
    Vaut qu’on bêle au tribunal
    Et brebis qu’on s’y blottisse

    En toute légalité
    Les gars venus m’aliter
    Nue dans la première chambre
    Raidis du barreau sont membres
    D’un jury de qualité

    Ô ferme les yeux Justice
    Sur ces liens que Vénus tisse
    Reste donc sourde en tes cours
    À tout appel au secours
    Ou autre plainte adventice

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  • Épaisseur poétique

    Catégories : Octosyllabes (8)

     

    À lui…

     

    Je te salue, vieille au séant
    Avide et foutrement béant !
    Voici venir ton empaleuse
    Munie d’un braquemard géant.

    Oh ! non, ne joue pas les bécasses
    Face à ton amie, fée du casse-
    Rondelle, avec son zizi d’or
    Fin ciselé, car ça m’agace !

    Je te salue, vieille au séant
    Plus profond que nuit d’océan !
    Si peu de vits s’y aventurent,
    Moi j’ai trouvé un suppléant.

    Ton con, ton con… la belle affaire !
    C’est pas l’endroit que je préfère.
    Tourne vers moi l’autre et, à mon
    Commandement, laisse-toi faire !

    Je te salue, vieille au séant
    Ouvrant — qui sait ? — sur le néant !
    Sens-tu l’épaisseur poétique
    De ce beau dard télescopique ?
    Tu jouiras, le cas échéant.

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  • Poupées d’hôtel

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Histoire de sexe, de violence, de fric

    Histoire d’amitié et d’amour

    https://www.atramenta.net/lire/poupees-dhotel/105116

     

     

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  • Rubensienne

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Baleine et ce corset
    Qui te laissait si mince
    Telle un arbre écorcé ?

    Te gorgeant à l’extrême
    De desserts trop corsés
    Sans doute as-tu forcé
    Sur le beurre et la crème

    Baleine et ce corset
    Qu’il fallait que l’on pince
    À gorge renversée ?

    Ton épaisseur nouvelle
    Grasse et controversée
    Autre bombe amorcée
    T’explose et te révèle

    Délaissons les corsets !
    Car après tout Rubens
    Est au musée d’Orsay…

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  • En l’infime archipel

    Catégories : Octosyllabes (8)

    À cœur de cuisse au bijou rose
    Voyage au centre de la chair
    Aux sources que les dieux cherchèrent
    Aux verges drues qui les arrosent

    À l’ineffable au ventre au cri
    Dont la profondeur vous pénètre
    Au savoir mourir et renaître
    Ainsi qu’un fou l’avait écrit

    À ce sillage où les peaux bruissent
    Cousues d’impossibles appels
    Périple en l’infime archipel
    Au bijou rose à cœur de cuisse

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  • Doux grelots

    Catégories : Hexasyllabes (6)

    Cloches de mon église
    Qui balancez sans bruit
    Velues et indécises
    À la main tel un fruit

    Citerne intarissable
    De foutre délicieux
    Plus que les grains de sable
    Vous agacez les yeux

    Cloches de mon église
    Sœurs ou frères couillons
    Sans fin je m’éternise
    À traire vos bouillons

    Vous doux grelots préface
    À toutes mes amours
    Engluez-moi la face
    En regiclant toujours

    Cloches de mon église
    Pendant sous le radis
    Vos blancs jus tant me grisent
    Que j’entre au paradis

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  • Sous des ciels à bascule

    Catégories : Vers libres

    Mon trop d’amour
    Se fait chair et poisseux
    Court s’étendre au flagrant des lits
    Sous des ciels à bascule

    Mon trop d’amour s’envase
    Débite des romans fleuves
    Coule et coule des rivières piégées
    Pour s’engloutir entre les derniers bras qui traînent

    Il saute en croupe
    Galope jusqu’au bord des lèvres du temps
    Puis grimpe front contre terre
    Et prend du lard
    Arrachant à pleines mains les caresses qui lui reviennent
    Décuplées

    Mon trop d’amour se brûle parfois
    Sombre aux derniers bras aux derniers bars encore ouverts
    Et saignant se referme
    S’éveille au gras d’un prince
    Rincé

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  • Traînée d’amour

    Catégories : Jocelyn Witz

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    En vraie traînée bien entraînée, Milie se laisse entraîner par ses moindres envies sexuelles, vagabonde de pine en chatte et trace derrière elle un long sillage d’infidélité et de putasserie.

    La punir ? Mais comment ? Quoi qu’on lui fasse, cette salope finit toujours par aimer ça...

    https://www.atramenta.net/lire/trainee-damour/104917

     

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  • Mordre dedans

    Catégories : Décasyllabes (10), Hexasyllabes (6), Octosyllabes (8)

    Fille facile ô t’en prends plein la face
          La jute la gifle et les mots
    Ton ventre aura le cri des animaux
                Quoique tu dises ou fasses

    Fille docile tu plantes les dents
          Au vit tendu des nymphos mâles
    Devinant tôt leurs envies pas normales
                Pour y mordre dedans

    Fille fossile fonçant jamais fausse
          Jamais d’embrouille ou de lézard
    Ta bouche en cœur goûte aux fruits du hasard
                Qui suce et boit la sauce

    Fille facile ô fille au cul sensass
          Se prenant des ventrées de pines
    Fille à l’ouverture facile opine
                Du bonheur plein la face

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  • Une infâme amoureuse

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Hexasyllabes (6)

    Aux plaines des garçons j’ai beaucoup galopé,
    Moi qui fus, à coups sûrs, une humble salope et
          Une infâme amoureuse ;
    Mon cœur voulant sans cesse au plaisir se doper,
    J’ébranlais sur l’échine amie des verges creuses
          Ma foutue canopée,
    Ô, pleine des garçons, fille des bois, coureuse !

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  • Sur les brisées des saintes

    Catégories : Alexandrins (12 pieds), Octosyllabes (8)

          C’est à genoux, telle une nonne,
    Les mains jointes et nue, tout pénétrée d’ardeur,
    Sentant du Paradis déjà la bonne odeur,
          À deux genoux qu’on m’encanonne.

          C’est contre mes reins s’arrimant,
    À deux genoux aussi, que mon raide ministre,
    Homme de foi robuste, ahane et m’administre
          Au sacrum son saint sacrement.

          C’est en marchant sur les brisées
    Des saintes du temps jadis que je fais l’amour
    À deux genoux, pieusement — peut-être un jour
          Me verra-t-on canonisée.

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  • À papa-maman

    Catégories : Octosyllabes (8)

    Je suis votre amour de jeunesse,
    Parents par qui tout arriva,
    Car il a suffi que je naisse,
    Bambine armée du droit d’aînesse,
    Pour que vous poussiez des vivats.

    Je suis cet amour de sirène
    Qui vous séduisis jusqu’à l’os ;
    En un clin d’œil je devins reine,
    Torchée sitôt que je m’embrène,
    Promise au paternel phallos.

    Je suis votre amour de jeunesse,
    Mais quelque chose a dû partir
    En live, et je zone à Gonesse
    Aujourd’hui, cuite à la Guinness,
    Mariée en outre à un satyre.

    Je suis cette ado trentenaire
    Qui pointe encore au Pôle Emploi,
    Minée par ceux qui la pinèrent ;
    Où sont mes gaietés liminaires,
    L’âge où je refaisais la loi ?

    Je suis votre erreur de jeunesse,
    Parents par qui tout arriva…

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  • La bête qui hantait les collines

    Catégories : Jocelyn Witz

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    Quand on est copropriétaire d’une toute petite exploitation agricole et qu’on ne dispose que de quatre têtes de bétail, on veille évidemment à ne pas se les faire voler.

    Au prix où sont les hommes...

    https://www.atramenta.net/lire/la-bete-qui-hantait-les-collines/104784

     

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  • La cendre brûle encor

          Jeanne ô lubrique enfant du moyen âge
                      Que disaient donc ces voix
    Va-t’en quérir le mâle en armes et pavois
                Ceux-là sauront te mettre en nage

          Jeanne ô putain tu réclamas du roi
                      Des bataillons de pines
    Pour complaire aux démons t’ardant comme une épine
                Que tu voyais en cent endroits

          Jeanne ô ma sainte ô follette incomprise
                      La cendre brûle encor
    De ton ventre d’amour en dépit des efforts
                Pour les étouffer de l’Église

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