Je dis l'amour pâle et fragile
Bonheur sans cesse menacé
Aux cœurs morts ou chargés de bile
Cadenassés
Je dis le sexe au goût d'épices
Qui réveille l'homme endormi
Par une absurde et peu propice
Vie de fourmi
Je dis ma bouche est avenante
Venez donc vous y inviter
Pour savourer à gorgées lentes
L'éternité
Je dis mes seins imperturbables
Droits comme papes au sénat
Mais au beau milieu de la table
Un fruit grenat
Je dis mon ventre où d'aucuns entrent
Et sortent comme en un moulin
De toute façon c'est vous l'Autre
Ou c'est nous l'Un
Je dis mes fesses ô mes fesses
Si leur nom je n'ai jamais su
Que comme moi vos chairs épaisses
S'assoient dessus
Je dis la blondeur de mes cuisses
Menant au chaud des culs-de-sac
Plaine où dégouline en coulisse
L'eau de mes lacs
Je dis mon trou du cul farouche
Pétomane et ensulfuré
Plus sale encore que la bouche
D'un vieux curé
Je dis ma chatoune vermeille
Mon chakra ample et jamais sec
Mon con mon fauve ma merveille
Mon piège à mecs
Mon piège à mecs...