Sois pas si rigide (23/06/2026)
Nos marbres sont placés si près
L’un de l’autre que je t’enfile
Après minuit sous les cyprès
Je n’ai qu’à tendre une main vile
Pour toucher ton ventre poisseux
De tous les plaisirs de la ville
Pleurent un peu je le vois ceux
Qui vivante te possédèrent
De chair sur leurs membres osseux
Feue courtisane ex-bayadère
Morte en pleine jeunesse et dont
Désormais le désir vide erre
Sois pas si rigide ô fais don
De tes seins qui déjà bleuissent
Et de tes cuisses céladon
Moi trépassé d’une jaunisse
Je viens te tirer du tombeau
Pour honorer tes orifices
Tant pis si je ne suis pas beau
Si mes os gris de pourriture
Grincent en toi comme un rabot
Je te promets que l’amour dure
Plus que la viande et ses apprêts
Chassant à jamais la froidure
Bref ils nous ont placés si près
Que c’eût été presque une injure
Que de taire mon envie pure
De t’enfiler sous les cyprès
06:11 | Lien permanent | Commentaires (0)
