Garde le feu (17/06/2026)
Mémoire ample mémoire
Pleine de ceux qui m’ont ensemencée
Fermant les yeux j’ai dans le noir
Leur goût recommencé
Je rouvre ainsi mes déchirures
Sans bruit je jouis de ces frottées d’hier
Dont la rumeur murmure
Entière encore en toi mémoire
Amie mémoire
Que j’étais belle
Tout enlisée de foutre et de mains d’hommes
Mémoire ô mémoire fidèle
J’ai oublié l’enfance et la tristesse et Rome
Me souviens de Sodome
Et d’où mon ventre s’écartèle
Ne lâche rien mémoire
Garde le feu
Les jours d’été consumant mon histoire
Et sur mes lèvres
La poisse ardente des aveux
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