D’amour amenuisé (09/03/2026)

À force de limer, tendre ami, tu t’émousses,
      Et je sens que le jour viendra
Où, même ayant le sang saturé de Viagra,
      Ce membre fourbu dira pouce.

Plus rien n’émoustillant ton moucheté fleuret,
      C’en sera fait du geste auguste
Du limeur d’autrefois ; il me restera juste
      La fente et les yeux pour pleurer.

Et plus tu t’uses, plus — dame ! — moi, je me mine,
      Envahie par d’épais crayons
Qui remplacent ta pine : eux et moi bataillons
      Comme lorsque j’étais gamine.

Oui, ton vit épuisé à force de puiser
      Pendouille ; elles sont loin ses frasques ;
Chaque fois tes élans se font un peu plus flasques,
      Bandant d’amour amenuisé.

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